Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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Écrits du temps de la guerre (Pages 415 à 432)


Marcel COMBY / LES NOMS DE LA MATIÈRE
La vision du monde de Teilhard de Chardin nous entraîne vers un horizon dont l’aspect est novateur et singulier, en opposition avec toutes les rigidités idéologiques qui freinent le progrès humain dans ce qu’il a d’authentique d’un point de vue absolu. Notre société occidentale brille par ses œuvres technologiques mais aussi par ses attraits pour le superficiel en matière d’idéal de vie et l’on n’y parle que de croissance matérielle. Et pourtant l’être humain a naturellement soif de connaître. Un des pionniers de la recherche en anthropologie : Charles Darwin nous livra en son temps une première clé qui nous ouvre la porte de nos origines. Il s’agit de la théorie de l’évolution qui nous montre comment s’articulent certains aspects de notre condition humaine. Cependant Darwin buta sur la finalité de notre vie. D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Teilhard nous apporta en son temps une réponse à des questionnements qui, en fait, nous enferment dans notre intellect souvent pétrifié par l’inconnu. Teilhard nous offre une certaine hauteur de vue sur la vie en général et sur le rôle des religions ; il insiste, pour cela, sur la nature et le rôle de cette réalité cosmique qu’il appelle Matière. Il faudrait ajouter que, lorsque nous abordons des questions de nature spirituelle, notre esprit se trouve enchaîné par la logique binaire. En réalité, c’est une logique ternaire qu’il nous faut appliquer. Justement les cheminements prodigieux à travers les recherches sur la matière et sur le cosmos nous invitent à contempler ce mystère selon lequel l’homme est à la fois libre et entrainé dans un processus de déification. Nous ne sommes pas des marionnettes aux yeux de Dieu. Ce Dieu des chrétiens reste présent et actif par sa grâce dans tous les états et toutes les situations qui concernent sa créature. Faire la volonté divine consiste tout simplement à se placer entre les mains d’un Créateur qui vous protège. Reprenons cet aphorisme de Teilhard : « Dieu fait que les choses se fassent »
     Pour Teilhard de Chardin, le mot : Matière concerne une réalité fondamentale qui sert de support à un questionnement métaphysique. D’où venons-nous et où allons-nous ? Il n’est pas interdit de remonter à la symbolique des quatre Éléments : l’air, l’eau, le feu et la terre. On les distingue suivant leur nature intime :
  • La séparativité moléculaire
  • La mobilité moléculaire
  • L’agitation moléculaire
  • La rigidité moléculaire
Chacun d’eux étant considéré au sein de la dualité : bien / mal et, de plus, il concerne tous les niveaux de la création. Teilhard nous parle alors d’étoffe de l’Univers et il écrit dans son ouvrage  « Écrits du temps de la guerre » :
« Rien n’est à la fois plus proche et plus loin de nous que la Matière (…) C’est que, fondue avec notre être, la Matière est, en même temps aux antipodes de notre âme »
 
     Le symbolisme étant la transparence de toute chose, il en résulte que toute chose est symbole. Nous retrouvons les quatre Élément dans les récits évangéliques. On dira qu’ils ont une image céleste dans ce qu’on nomme l’Origine où condition constitutive de tout ce qui est.
     « La Matière est, autour de notre esprit, la profondeur d’où notre substance émerge »
      Disons qu’elle est tour à tour : souffle, onde, énergie, communion
     Au stade de l’unification, nous reconnaissons l’existence du Verbe, du Fis de Dieu, de l’Esprit -Saint  et du Royaume divin.
     Teilhard donne sept qualificatifs à la Matière : formelle – concrète – universelle – totale – relative – libérée – ressuscitée. Pour Teilhard, la Matière est essentiellement ce qui donne à un être le caractère d’Élément. C’est ce qui rend cet être unissable à d’autres être dans la perfection d’un Tout. L’homme étant créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance, il est nécessaire qu’il existe une entité qui rende la chose possible, sans quoi, cette formulation reste purement de nature abstraite, sans consistance, sans contenu, sans relations, sans amour, etc. En fait, à la fin des temps, la Matière doit entrer dans une phase ultime : celle de ce que Teilhard appelle la Matière ressuscitée qui, pour tout homme, reste un mystère insondable.
Dans les récits bibliques, on trouve beaucoup d’allégories telles ce char et ces chevaux de feu dont le tourbillon envoie Elie dans le ciel. Teilhard fait comprendre que cette image fantastique représente la Matière qui entraîne et libère ceux qui savent en saisir la puissance spirituelle.
     « L’unification du Multiple, qui est le rôle de l’esprit, n’est pas encore achevée. Ainsi l’Esprit a – t – il sans cesse besoin de matière nouvelle pour monter plus haut dans l’unification (à condition de ne pas se laisser ramener en arrière, vers le plural, par cette matière). La matière est, en quelque sorte, ce dont se nourrit l’Esprit dans son effort ascensionnel. Elle a, en ce sens, une puissance spirituelle. Par sa résistance, elle oblige l’esprit à travailler et à lutter ; par sa nouveauté (évolution), elle l’oblige à chercher sans cesse ; par son opacité, elle nous fait désirer l’au – delà ? etc. »
Mardi 21 Mars 2017 08:53

Écrits du temps de la guerre (page 397)


Henri Guyot / L'ÉLÉMENT  UNIVERSEL
Selon Teilhard, l'élément universel est, pour les hommes (et sans doute pour tous les êtres vivants), « l'élément physique qui met en relation avec l'Absolu en eux et autour d'eux.»

In fine dans le cadre d'une « solution chrétienne », le chrétien animé d'une conscience cosmique doit tenir par dessus tout que Dieu, le seul Absolu, est essentiellement distinct de la création. Si bien que je ne comprends pas bien, car pour moi Dieu crée tout le temps. Il a créé, Il crée et Il créera encore. L'articulation avec l'Absolu finit par m'échapper.

Poursuivant la lecture on trouve plus loin « chaque homme porte en soi, en plus d'un corps et d'une âme, une certaine entité physique le référant tout entier à l'univers (final?) en lequel il trouve son seul achèvement – l'élément universel c'est le Christ. »

Ces réflexions ont pour moi un caractère un peu déstabilisant. En effet je crois que l’homme d'aujourd'hui est encore plus en évolution. Ce n'est plus l'homme des évangiles, c'est un être différent. A travers ses gènes et ses mitochondries, il est une mosaïque sans cesse une évolution à travers les accidents et incidents qu'il accumule. Ceci est un fait scientifique constaté et n'est pas, si peu que ce soit, une idée philosophique incertaine.

On s'aperçoit alors que pour le reste le texte de Teilhard ne fait que poser des questions fondamentales multiformes :

- Qu'est-ce que l'individu ?

- Qu'est-ce que l'autre ?

- Comment les autres sont-ils reliés entre eux ?

- Est-ce par l'intermédiaire d'un Christ cosmique (à démontrer) ?

A force d'essayer d'imaginer quelques réponses possibles à ces questions, je me suis trouvé dans l'obligation de confesser qu'une autre notion s'imposait peut-être un peu inhabituelle et à l'envers du cheminement habituel de la pensée : c'est celle du moi, ce sentiment profond que nous avons chacun d'être moi. A force d'essayer de bien comprendre, je me suis aperçu que je pouvais être moi dans la plupart des autres. Et ce n'est pas ce moi qui suffit à individualiser chacun.

On peut être moi chez n'importe qui d'autre, mais avec d'autres acquis, d'autres capacités, d'autres handicaps, un autre corps qui limite ou amplifie les capacités d'action. Moi serait le liquide amniotique contenant l'énergie vitale. Un peu à la façon d'un pilote qui, changeant de véhicule, doit changer de manettes. Il reste fermement pilote, mais entravé ou augmenté par des capacités nouvelles et différentes.

On s'est trop longtemps persuadé que cette notion du moi était très individuelle, personnifiante et exclusive. Ce sont les événements antérieurs à notre naissance et surtout les expériences de la vie qui nous personnifient. Ce moi est comme une énergie vitale liée à l'être et peut être parfois partageable.

Cette sensation du moi change le cours de la réflexion sur beaucoup de sujets d'autant que nous sommes peu habitués à comprendre les choses de cette façon. Voici une liste de sujets sur lesquels il conviendrait de réfléchir avec ce nouvel éclairage :


- Quelles conséquences l'usage de cette notion a-t-il dans les relations avec les autres ?

- Cette notion provoque-t-elle un élargissement de la compréhension mutuelle ?

- Est-elle un facteur d'accroissement de la sensibilité et de l'émotivité ?

- Quelle influence exerce-t-elle sur l'égoïsme et les réflexes d'autodéfense ?

- Y a-t-il une variation géographique de l'importance du moi ? Les peuples les plus largement métissés sont-ils plus compréhensifs et moins agressifs ?

- Est-ce que l'étude plus particulière de ce moi réduit les oppositions entre les religions, entre les politiques, entre les générations ?

- Le moi est-il cosmique ?


Voici donc quelques idées d'études et de réflexions sur les domaines souvent explorés, explorés, oui, mais pas par cette face tant nous sommes habitués à des explorations par la face individuelle et ultra-personnalisée.

Le feuillage nous cache le tronc de l'arbre.
Dimanche 19 Mars 2017 20:21

ASSOCIATION LYONNAISE PIERRE TEILHARD DE CHARDIN
Présentation

D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?
Telles sont les questions que la sagesse impose à toutes personnes en quête de sens. C’est à cet aspect fondamental de notre réalité que notre association tente de répondre en s’appuyant sur l’oeuvre scientifique, philosophique, spirituelle et mystique du père Pierre Teilhard de Chardin, tout en s'appuyant sur les connaissances acquises depuis sa disparition en 1955. Pour cela, un des nombreux ouvrages de Teilhard est mis à l’étude pour l’ensemble des adhérents. Notre groupe de lecture se réunit ensuite une fois par mois pour lire les réflexions de chacun sur le sujet en cours, pour ainsi créer des échanges fructueux entre les membres dans le respect des différences et des remises en cause des uns et des autres. Pour ceux qui l’acceptent, ces travaux sont régulièrement mis en ligne sur le site de associationlyonnaisre-teilhard.com, site que nous vous invitons à découvrir. Ces travaux se présentent sous forme d’articles ou de commentaires. Même si l'origine de cette réflexion est profondément chrétienne, elle s'adresse à toutes personnes de toutes croyances, ouvertes aux dimensions spirituelles et universelles des êtres et des choses.

Notre Association, émanation indépendante de l’Association parisienne « Les Amis de Teilhard de Chardin » a été créée en octobre 2007 par Jean-Pierre Frésafond qui en a assuré activement la présidence jusqu’en mai 2015.
Depuis, Jean-Marie Mermaz a été élu pour assumer cette charge. C’est donc à lui que vous pouvez à tout moment vous adresser pour recevoir toutes informations complémentaires ou pour remettre votre bulletin d’adhésion. Pour cela vous trouverez ci-joint :
• Un résumé succinct de la pensée et de l’oeuvre de Teilhard.
• Un formulaire d’adhésion avec les différentes options possibles.

Bien cordialement,
Jean-Marie MERMAZ
Président de l’Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin
16, rue du Murger – 38080 – L’Isle d’Abeau
Email : mermazjm@orange.fr - Tél. : 06 85 21 26 46

Esprit, matière et réalité Qu’est-ce que le Réel ?

La réponse est liée au mystère du connaître : la compréhension de l’action créatrice divine. Dans la conception de Descartes et de Newton, la matière est inerte et passive.
Avec les progrès scientifiques, le Réel devient d’abord création, mouvement, métamorphose, impermanence, turbulence. La matière n’est plus distincte de l’esprit. Ainsi le réel n’est plus accessible directement à nos sens et à notre raison. Au XIXe siècle sont apparues des théories de l’évolution avec Darwin puis Teilhard de Chardin.

Qui est Teilhard de Chardin ?

Pierre Teilhard de Chardin (1881 – 1955) fut, à la fois, un jésuite visionnaire et un scientifique spécialisé en paléontologie. Dès 1925, commencent ses difficultés avec le Vatican en raison de ses conceptions mystiques des choses qui vont à l’encontre des positions rigoureuses du Magistère romain. Son livre le plus célèbre « Le phénomène humain » est édité l’année de sa mort, mais de 1955 à 1976, son oeuvre (treize volumes)
sera publiée à titre posthume par sa secrétaire et collaboratrice, Jeanne Mortier.

Que nous apprend Teilhard ?
Il met en évidence un principe d’union dans l’évolution de la matière-énergie et une montée de la complexité-conscience. On passe de la matière inerte à la matière vivante. Tout est Un dans l’Univers et l’homme en est une infime mais grandiose manifestation. Il existe un travail d’enfantement du Monde qui converge vers un point oméga. Une union dans la différenciation a permis l’avènement de la pensée humaine, de
l’autonomie et de la liberté. A la notion de relation mise en évidence au sein des sciences dures est associée la notion de personne : ainsi l’homme est intimement lié avec tout le cosmos.

Que nous révèle la mystique teilhardienne ?

Elle repose sur l’idée universelle que les relations de l’homme et de son créateur ne sont pas d’ordre simplement moral et juridique mais essentiellement organique. Dieu s’accomplit par le monde qui se complexifie, qui se spiritualise jusqu’à pleinement réaliser le Christ qui est Dieu accompli. L’Amour est la forme la plus sublime d’une énergie universellement présente. Ainsi le monde ne serait pas formé d’objets statiques
en interaction, mais de dynamismes spirituels, de forces d’union (d’amour au niveau humain), dont les interactions constituent la trame solide du monde et prennent, pour nous, l’apparence d’objets inertes. Entre la matière et l’esprit, il existerait donc une fonction dynamique réconciliant les deux. Le point de convergence « Oméga » est le Christ qui vient : telle est la grandiose intuition de Teilhard qui fait que l’évolution créatrice se situe d’alpha (commencement) à oméga (accomplissement) Il s’agit d’un Christ évoluteur qui féconde par son Amour et sa Croix, l’humanité et l’ensemble du cosmos. La réalité se révèle, pour Teilhard, dans la Christo genèse.

ASSOCIATION LYONNAISE
Pierre TEILHARD De CHARDIN
16, rue du Murger
38080 – L'Isle d'Abeau
Courriel : asso.lyon.teilhardechardin@gmail.com
Site : http://www.associationlyonnaise-teilhard.com/
Tel président Jean-Marie MERMAZ
06 85 21 26 46

DEMANDE D’ADHÉSION à L’ASSOCIATION LYONNAISE PIERRE TEILHARD DE CHARDIN

☐ Mr. ☐ Mme
Nom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adresse : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Code postal : . . . . . . . . . . . . . . Ville : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Pays : . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tél. fixe : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Tél. mobile : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . .
Email : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . @ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Profession : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je suis intéressé par une adhésion complémentaire à
l’Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin à Paris : OUI NON
• Abonnement à la revue + cotisation nationale…………………..82€
• Cotisation nationale sans la revue……………………………..………45€
• Abonnement à la revue uniquement………………………………...35€
• Forfait cotisations couple avec la revue………………......……..100€
• Cotisation association lyonnaise seule ………………………………45€
Pour les Étudiant(e)s ………………………………………..……20€
Possibilité de dons avec réduction sur revenus :
Pour toute demande d’informations complémentaires, veuillez contacter :
Jean-Marie Mermaz
Président de l’association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin
16, rue du Murger
38080 – L’Isle d’Abeau
06 85 21 26 46
Vendredi 17 Mars 2017 05:05

Trafic Février 2017 sur le site Association Lyonnaise Teilhard de Chardin
-nombre de visites = 1490
-nombre de visiteurs = 685
-nombre de pages vues = 5890

1) Les 5 premiers pays visiteurs par nombre de pages vues :

France (4079), USA (510), Autriche (250), Allemagne (238),Ukraine (175)

2) Autres visiteurs par ordre décroissant de pages vues :

Russie (163), Israël (160), Chine (48), Royaume-Uni (25), Belgique (21), Bulgarie (19), Canada (19), Italie (11), Suisse (11)

3) Pays visiteurs dont le nombre de pages vues est inférieur à 11

Congo-Zaïre, Corée du Sud , Espagne, Philippines, Pologne, Norvège, Roumanie, Suède Thaïlande
Mercredi 1 Mars 2017 09:19

ETUDE DU CHAPITRE DU LIVRE "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE"


Catherine GODINOT / TERRE PROMISE
Dans le chapitre intitulé « Terre promise » de l'ouvrage « Ecrits du temps de Guerre », Teilhard de Chardin (TDC) nous décrit les déceptions qu'il ressent en voyant le comportement des hommes maintenant que la Paix a été signée :
« Alors, dit-il, ce n'était donc que cela la Paix ». Durant les années de souffrance, lui et ses compagnons se battaient avec courage, soutenus par l'espoir de Paix en pensant lutter pour un monde nouveau. « Après cinq années de nuit, le jour a fini par éclairer les champs de bataille, et ce jour que tous attendaient apparaît tout aussi morne et triste que ceux qui les avaient précédé.
Les hommes qui se serraient les coudes dans le stress du danger se recroquevillent dans un repli sur soi égoïste et jaloux. A quoi ont servi tant d'efforts et tant d'abnégation pour s'être si bien battu ? La question de savoir à quoi ça sert nous harcèle encore aujourd'hui pour tout ce qui nous entoure:

« A quoi ça sert la fleur qui meurt sous les fougères ?
A quoi ça sert le musicien qui joue seul dans sa chambre ?
A quoi ça sert l'aveugle puisqu'il ne voit pas, le sourd puisqu'il n'entend pas, le paralysé puisqu'il ne marche pas, le malade puisqu'il ne sort pas de sa chambre ?
A quoi ça sert d'être là puisqu'on est là pour rien ?
Si la note disait : ce n'est pas une note qui fait la musique,
il n'y aurait pas de symphonie.
Si la pierre disait, ce n'est pas une pierre qui peut monter un mur,
il n'y aurait pas de maison.
Si l'homme disait ce n'est pas un geste d'amour qui peut sauver l'humanité, il n'y aurait jamais de justice et de paix, de dignité et de bonheur sur la terre des hommes.
Comme la symphonie a besoin de chaque note, comme la maison a besoin de chaque pierre, l'humanité toute entière a besoin de toi, là où tu es, unique et donc irremplaçable.
Le poids d'amour que tu mets au monde, même si tu n'en vois pas d'utilité redonne un sang nouveau au corps exsangue de l'humanité.
Nous avons besoin de voir au milieu de nous des hommes et des femmes qui ne servent d'abord à rien si ce n'est à aimer. » [Jean-Luc Grizolle, d'après Michel Quoist : « Si la note disait »]
« L'humanité s'est trouvée momentanément meilleure pour avoir vécu quelques mois sous l'influence d'un idéal commun.» Cela nous a donné confiance dans la valeur de l'effort humain. Lors de ces épreuves, de nouvelles ressources ont émergé du fond de notre être. Nous avons réalisé tout le potentiel de notre espèce. De nouvelles énergies restent à être dévoilées. Les forces que la guerre a exercé sur nous contre le mal, il faut maintenant qu'elles apparaissent durablement pour le bien.
Est-il impossible à l'amour de créer entre nous l'âme d'union qu'a fait palpiter la crainte ? La condition du progrès humain, la voilà telle que la guerre nous l'a montrée. C'est que les hommes cessant enfin de vivre isolément arrivent à apercevoir un but commun pour leurs vies. » Ce but doit nous rapprocher. L'idéal vers lequel doivent converger les puissances de la vie humaine, c'est le Christ – Roi et centre de la création. Pour atteindre cet idéal, il manque encore à l'humanité le sens de l'unité et de l'intégration à l'univers.
Pour une grande cause, la Paix, nous nous sommes sentis unis et, du haut de la montagne, nous avons entrevu la TERRE PROMISE.
Jeudi 23 Février 2017 12:27

Chapitre écrit à Bade en 1919, extrait du livre "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE"


Renée JOUBERT / TERRE PROMISE
Teilhard a écrit ce texte au retour d'une permission en France. Il est effaré par ce qu'il a entendu .Il a pu se rendre compte de la déception de ses compatriotes. Le peuple retrouve le pays comme il était avant la guerre.” À nouveau c'est le règne de beaucoup de vice, beaucoup d'exploitation éhontée, beaucoup d'utilitarisme”.

La déception est d'autant plus grande que la paix était tellement attendue: ” La paix qui nous donnait le courage de tenir et d'attaquer parce que nous pensions lutter pour un monde nouveau.”

Le bilan au sortir de la guerre est négatif aux yeux des hommes. Ils éprouvent un dégoût profond et sont révoltés que tant de mal ,tant de souffrances, tant de malheurs se révèlent inutiles. Tant de familles ont été éprouvées au plus profond d'elles-mêmes par la perte d'êtres chers !. Le pays ravagé n'est plus qu'un champ de ruines

.Alors se demande le Père ’’ à quoi bon tant d'efforts prodigués ? Est-ce que le travail imposé aux êtres ne serait qu'un leurre perpétuel ? Une suite de désillusions ? Ce serait grave une constatation pareille.’( (page 390 )

Pour justifier sa pensée que la guerre n’est pas que catastrophes ,il fait appel à l’histoire qui ,si nous l’étudions, nous apprend que “ Le Monde s’est amélioré à chaque refonte nouvelle .b[De plus le but de la guerre 1914-1918 était de faire triompher la justice sur la force . Jamais on ne s’était battu pour des buts aussi vastes et désintéressés." Il est vrai que cette guerre n’était pas une guerre de conquêtes coloniales ou de religion "par exemple.Teilhard la considère ” comme une crise de croissance. Le monde est devenu meilleur parce-que nous avons résisté jusqu’au sang.” Les vices ont pullulé,je le sais mais ce ne sont là que des déchets... des effets secondaires en dépit de leur éclat à mes yeux

Comment la vie humaine a-t-elle réagi? Par un déploiement extraordinaire d’énergie spirituelle. Dans les ordres les plus divers( économique, industriel, morale..)"

On a vu se produire des efforts qu'en temps normal les sages eussent déclarés irréalisables. Sous la pression d'une urgente et noble nécessité commune, les hommes ont manifesté une puissance de travail, de recherche, de volonté, de dévouement, qu'ils ne se soupçonnaient guère, auparavant .

Partout où le rayonnement de la cause sacrée a été plus actif, ils se sont découverts une force d'union, une tendance à sympathiser, une capacité de sacrifice qui, momentanément, a balayé les différends et décuplé les énergies. Au cours de la guerre, indubitablement, les hommes ont atteint (au moins quelques instants )une région de spiritualité supérieure où leurs facultés individuelles se sont exaltées dans l'exécution d'une œuvre collective .Voilà le fait capital qui parmi les incertitudes et les aigreurs de la Paix doit nous rester comme l'enseignement définitif de la guerre .(page 391)


Teilhard pense en homme de foi. Il a en lui deux passions: celle du monde et celle de Dieu. il doit concilier l'une et l'autre mais moi qui suis femme, mère, et citoyenne je ne peux me résoudre à accepter la guerre. j'ai lu des témoignages de soldats dans le livret” Paroles de poilus “( lettres et carnets du front 1914-1918) Ces lettres sont poignantes et si beaucoup parmi ces messages disent l'enthousiasme du départ, la certitude de partir combattre pour une juste cause ,plus tard elles deviennent témoignages de souffrance intolérable: la misère, la faim, la séparation d’avec ceux qu'on aime, la mort qui rôde partout .J'ai perdu mon grand-père à la guerre et j'ai vu ma mère et ma grand-mère à jamais blessées. Maman qui n'avait que 5 ans au départ de son père nous a parlé, sa vie durant ,de cet homme bon père bon mari ,bon artisan . J'imagine leur vie après la disparition de l'homme qu'elles aimaient. Il leur a fallu affronter la misère, la solitude .Et combien de femmes étaient dans la même situation? Non ,ma condition de femme s'insurge et s'insurgera toujours contre la guerre même si je ne peux nier que ,comme le dit Teilhard ,il y a eu des changements positifs ensuite.

Des progrès médicaux importants ont été faits en médecine, en science et surtout les hommes se sont rendus compte que la guerre ne devait plus jamais exister. Ils ont alors créé la SDN pour améliorer les relations entre les peuples mais je sais que 20 ans plus tard le monstre était de retour.
Vendredi 10 Février 2017 17:58

chapitre extrait du livre "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE (Pages 397 à 413)


Marcel COMBY / L'ELEMENT UNIVERSEL

Teilhard veut signifier, par ce titre, qu’il s’agit d’une réalité physique universelle qui met l’être humain en relation avec l’Absolu. Il écrit (Page 408) :
« En chaque créature, en plus des caractères matériels, spirituels, individuels que nous lui connaissons, il existe physiquement (en vertu de l’élection du Christ à être Chef de l’Univers) une certaine relation de tout l’être à Jésus – une adaptation particulière de l’essence créée à Jésus – quelque chose de Jésus, en somme, qui prend naissance, se développe, et donne à l’individu entier (même naturel) sa personnalité ultime et sa valeur ontologique dernière »
Face à la folie des puissances de mort à l’œuvre dans le monde, Teilhard de Chardin s’est appuyé sur la foi au mystère du salut par le Christ. Méditant sur son expérience spirituelle, Teilhard introduisit la notion de Christ cosmique pour manifester l’ampleur et l’universalité du salut. Le langage religieux de son époque, qui ne parlait souvent que du salut personnel des âmes, lui paraissait trop insuffisant. Jusqu’ici, explicitement, la pensée des fidèles ne distinguait que deux aspects du Christ : l’Homme – Jésus et le Verbe – Dieu. Un troisième aspect se rapporte donc à cet élément universel qui fait du Christ celui qui ramène tout à son Père. Il met au premier plan une spiritualité de la Création qui tient compte d’une bénédiction originelle. Il tient à distance la notion de péché originel afin de promouvoir une théologie de la nature qui lui accorde toute sa valeur et qui lui accorde d’être ordonnée à un accomplissement eschatologique.

Pour parler de Christ cosmique, il suffit de prendre conscience de la dimension de son humanité glorifiée par l’acte de Dieu lui attribuant la gloire promise au Messie et l’établissant nouvel Adam. L’humanité admet un tel enracinement cosmique que nous pouvons affirmer que tout corps humain est une sorte de récapitulation de l’histoire cosmique ; poussière d’étoile, comme l’écrivit Hubert Reeves, puisque les atomes qui le constituent sont le fruit de la vie et de mort d’étoiles d’une génération antérieure au système solaire. Cela concerne en premier lieu la personne de Jésus pendant sa vie terrestre en terre d’Israël. Mais cette réalité est magnifiée par la résurrection d’entre les morts. Ainsi mieux connaitre la place de l’homme dans l’univers permet de mieux comprendre l’action de Jésus sauveur du monde. Transformé par la résurrection, il agit dès maintenant sur ceux qui sont attachés à lui. Ceux-ci sont appelés à reproduire à tout instant dans leur esprit et dans leur corps la vie de Jésus de Nazareth qui passa par les souffrances de la crucifixion et par la résurrection. Le salut ne concerne pas seulement les hommes, mais l’univers tout entier. Telle est cette réalité mystérieuse que Teilhard désigna sous le vocable : élément universel. Mais comment le reconnaitre ? Avec nos formules rationnalisées à l’extrême ? Pas vraiment ! Dans la revue PELERIN de cette semaine (N° 7002) à propos d’un article intitulé : Un pape qui dérange ?, la journaliste Laurence Faure écrit : « Il (le pape François) possède un très grand réalisme anthropologique. C’est sur cette base qu’il nous appelle à défendre l’alliance délicate entre l’exigence folle de l’Évangile et l’infinie miséricorde de Dieu, qui accompagne l’homme là où il en est. »
 
Vendredi 10 Février 2017 14:10

Chapitre extrait du livre "Ecrits du temps de la guerre"


Marcel PRADINES/ TERRE PROMISE
La grande guerre de 14:18 vient de se terminer. Teilhard y a participé en tant que brancardier. Il livre son état d’âme et ses réflexions sur ce qu'il a vu et vécu .Il débute par : « Alors ,ce n’était que cela la Paix ! »

Dans ce texte, il me semble retrouver la démarche volontaire de Descartes ,lorsque celui ci l'exerce, avec raison ,sur l'analyse de la vérité et du réel ; bien qu'ici ,ce soit tout de même une analyse faite à partir du ressenti et d’un constat vivant. En effet Teilhard est envahi par la suite logique de sentiments resentis successivement : de la perplexité, donc du doute, découvrant l'angoisse, nécessitant la réflexion laquelle conduit tout de même a l’émerveillement, apportant ainsi la certitude.
Vendredi 10 Février 2017 13:50

Chapitre extrait « Ecrits du temps de la guerre . »


Christiane LATRAICHE / TERRE PROMISE
« ALORS CE N’ETAIT DONC QUE CELA LA PAIX . » Teilhard est déçu, il pensait qu’après les monstruosités de la guerre le calme reviendrait ,que le monde prendrait conscience et que les esprits seraient plus calmes .

Point besoin d’être particulièrement méchant pour faire un mal considérable, il suffit d’être enthousiaste (André Comte -Sponville). Les croisades , Daech , Robespierre , Hitler . Il faut une raison pour faire le mal . mais que faire pour empêcher les guerres . Jésus ,tout pacifique qu’il se voulut n’en annonçait pas moins qu’il apportait « non la paix mais la guerre ».Cela condamne t-il son message ? Non, puisqu’il existe en effet des justes ou des violences nécessaires .
Vendredi 10 Février 2017 13:40

Chapitre extrait « Ecrits du temps de la guerre . »


Christiane LATRAICHE / FORMA CHRISTI

Dans ce chapitre le mot « Ame » revient très souvent . Comment décrire ce terme et quelle différence entre : Esprit et Ame ……
Sans matière il n’y a pas d’âme, c’est cette dernière qui nous conduit à Jésus .Jésus qui s’est fait homme et qui nous entraine avec lui vers l’âme du monde. Cet enrichissement de l’âme : par la création ,l’éveil aux autres, la puissance d’aimer nous pousse vers l’épanouissement humain .
 
Mardi 31 Janvier 2017 19:24

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