Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin


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dernier chapitre "Ecrits du temps de la guerre"


Anne-Marie TISSERAND  /  LA PUISSANCE SPIRITUELLE DE LA MATIERE
Le texte de Teilhard peut être perçu au prime abord comme un conte à la fois symbolique, une hallucination surréaliste et, au final, une envolée mystique :

Deux hommes marchent dans le désert quand, pour l’auteur, « la Chose fondit sur lui . De loin, elle lui était apparue toute petite, glissant sur le sable, pas plus grande que la paume d’un enfant, une ombre blonde et fuyante, semblable à un vol hésitant de cailles, ou à un nuage de moustiques dansant le soir dans le soleil, ou à un tourbillon de poussière ».

J’ai pensé à l’apparition du " Petit Prince " qu'eut Antoine de Saint-Exupéry, perdu seul en plein désert, son avion étant paralysé par une avarie mécanique. Mais la comparaison s’arrête et ne va guère plus loin.; exception faite pour la célèbre phrase extraite de ce livre : " on ne voit bien qu'avec le cœur " .

Continuons à lire ce passage :
« La Chose semblait ne pas se soucier des deux voyageurs. elle rôdait capricieusement dans la solitude. . Mais soudain, affermissant sa course, elle vint droit sur eux, comme une flèche. Et alors l’homme vit que la petite vapeur blonde n’était que le centre d’une Réalité infiniment plus grande, qui s’avançait , incirconscrite, sans forme et sans limite. Aussi loin qu’il pût voir, la Chose, à mesure qu’elle approchait, se développait avec une rapidité prodigieuse, envahissant tout l’espace.(…) Et, tout autour, l’éther, devenu vivant, vibrait palpablement sous la substance grossière des rochers et des plantes, ainsi que tremble en été le paysage derrière un sol surchauffé. Ce qui venait était le cœur mouvant d’une immense subtilité. L’homme tomba la face contre terre (…) un grand silence se fit autour de lui. Et puis, brusquement, un souffle ardent passa sur son front, força la barrière de ses paupières closes, et pénétra jusqu’à son âme. L’homme eut l’impression qu’il cessait d’être uniquement lui-même (…) En même temps, l’angoisse d’un danger surhumain l’opprima, le sentiment confus que la Force abattue sur lui était ambiguë et trouble, essence combinée de tout le mal avec tout le bien. » L’ouragan était en lui. Or, tout au fond de son être qu’elle avait envahi, la tempête de vie, infiniment douce et brutale, murmurait au seul point secret de l’âme (…). Tu m’as appelée, me voici. Chassé par l’Esprit hors des chemins suivis par la caravane humaine, tu as osé affronter la solitude vierge. Lassé des abstractions, des atténuations, du verbalisme de la vie sociale, tu as voulu te mesurer avec la Réalité entière et sauvage.
Tu avais besoin de moi pour grandir ; et moi je t’attendais pour que tu me sanctifies (…) LA MATIERE, C’EST MOI »

Dans la pensée chrétienne de Teilhard, l’Esprit est la puissance, le principe d’unification de la matière et l'auteur en perçoit chaque élément au-delà des apparences, comme un tout et non plus comme une « multitude » de pièces en vrac d’un puzzle . La Matière aurait besoin de l'Esprit afin de se rapprocher de Dieu Qui est UN et en Qui tout devient UN.

Dans ce chapitre, notons des mots qui portent le concept de « Centre » , Centre du Cosmos incirconscrit et Centre intime de l’Homme. Les deux se surcentrent afin de co-créer par l’union globalisante de l’Esprit et de la Matière. Cette union serait destinée à être divinisée.

Toute cette fantastique évolution individuelle et globale est inévitable dans LE « pèlerinage » de la vie de tout Etre Humain ici bas, véritable dédale, avec ses impasses, mais aussi de nouvelles liaisons connectées à d’autres points conduisant, à divers autres points, créant ainsi de nouvelles liaisons … un LABYRINTHE !
Par la Foi , nous est donné le « Fil d’Or d’Ariane » lequel conduit au centre et permet de remonter à l’Air Libre, de contempler La Lumière et le Ciel, c'est-à-dire l’Esprit. C'est par amour qu'Ariane donne le fil d'or à Thésée afin qu'il trouve la sortie, par le haut.

Le Labyrinthe a une structure en rhizome, touffe de racines, réserve d’énergie, lieu des conjectures et des hypothèse de renouveau. Une structure en rhizome change sans cesse de forme.

Le Labyrinthe de Chartres est particulièrement intéressant par rapport au sujet à étudier, suite aux dernières découvertes du Rectorat, en effet : par projection sur le labyrinthe de la rosace de la façade de la Cathédrale consacrée à la résurrection du Christ et à la résurrection des morts, deux centres s'y « Surcentrent » pour reprendre une expression fréquente chez Teilhard, se superposent, se correspondent, :
-Le Christ en Majesté centre de la rosace
-Et le centre du labyrinthe, lieu secret de la Matière, du Cosmos et de l’Homme

La coïncidence de ces deux centres sur le labyrinthe de Chartres donne d'autant plus de sens à " LA PUISSANCE SPIRITUELLE DE LA MATIERE " à la « Sainte Matière » selon Teilhard.
 
Vendredi 12 Mai 2017 09:50

"LE PHENOMENE HUMAIN"


Marcel COMBY / LA PRÉVIE / L’ÉTOFFE  DE  L’UNIVERS
Laissons d’abord s’exprimer Teilhard :

« L’Énergie représente actuellement pour la Science la forme la plus primitive de l’étoffe universelle. D’où une tendance instinctive de nos imaginations à la regarder comme une sorte de flux homogène, primordial, dont tout ce qui existe de figuré au Monde ne serait que de fugitifs « tourbillons », L’Univers, de ce point de vue, trouverait sa consistance et son unité finale au terme de sa décomposition. Il tiendrait par en bas…
Une observation plus complète des mouvements du Monde nous obligera peu à peu à la retourner, c’est-à-dire à découvrir que, si les choses tiennent et se tiennent, ce n’est qu’à force de complexité, par en haut».
Le phénomène humain (Page 37)

Poursuivons maintenant avec le Psaume 104 :

Tu as fait la lune pour marquer les temps,
le soleil connaît son coucher ;
tu poses la ténèbre, c’est la nuit,
toutes les bêtes des forêts s’y remuent,
les lionceaux rugissent après la proie
et réclament à Dieu leur manger.

Le soleil se lève, ils se retirent
et vont à leurs repaires se coucher ;
l’homme sort pour son ouvrage,
faire son travail jusqu’au soir.
Que tes œuvres sont nombreuses, Yahvé !
Toutes avec sagesse tu les fis,
la terre est remplie de ta richesse.

Le long de ces versets, nous découvrons bien sûr le mouvement, le déploiement des énergies, la beauté de la création, mais aussi le rythme. Rappelons-nous le vêtement qui recouvre la terre et posons-nous la question : le vêtement n’est-il pas confectionné à l’aide de deux sortes de fils : le fil de chaîne et le fil de trame. Nous sommes entrés là dans le monde de la dualité : jour – nuit ; travail – repos ; haut – bas ; supérieur – inférieur ; lumière – ténèbres…
La Chaîne, c’est le vertical, le transcendant, la lumière solaire, le masculin yang. Ce sont les Principes reliant tous les mondes et tous les états d’être. C’est le livre sacré par excellence, archétype de toutes les paroles.
La Trame, c’est l’horizontal, l’humain, les événements, le manifesté, le féminin yin, la lumière lunaire. La Trame correspond au schéma de cohérence énergétique de l’Univers, c'est-à-dire à des sortes de faisceaux énergétiques de nature ondulatoire, qui, en s’organisant selon un plan précis, vont générer les fondations de tout ce qui compose l’Univers. On peut comparer ces lignes aux méridiens de la médecine chinoise. Ce symbole de la trame n’est-il pas l’image de ces « sinusoïdes » lesquelles se faufilent alternativement au-dessus puis au-dessous des fils de chaîne. Tel est d’ailleurs le principe premier de tout tissage. Ici il s’agit de tissage « cosmique » dont on reconnait toute la complexité..
En outre, sur cette trame circulent des informations fondamentales, qui sont des énergies de nature ondulatoire. Nous pouvons penser là à nos émotions, positives ou négatives, ainsi qu’à toutes les bi – polarités qui permettent toute la dynamique de la Vie.
Ce que le symbolisme nous apprend encore, est que les fils de chaîne représentent ce qui apparaît immuable, les lignes de force sous-tendent la Manifestation ; le fil de trame représente au contraire ce qui est contingent, variable, muable, la substance unique qui se différencie en quatre éléments : air, eau, feu, terre. Alors, si l’on considère un fil de chaîne et un fil de trame, on s’aperçoit immédiatement que leur réunion forme la croix dont on connaît la sublime et universelle signification. Mais nous sommes là dans le pur symbolisme, transparence de toute chose. C’est là que l’Univers tient par le haut.
Naissance et mort se succèdent comme jour et la nuit ; elles se succèdent à l’image des phases de la lune, comme les phases de la respiration : inspire – expire, comme les battements de notre cœur : diastole – systole, comme les modes musicaux : majeur – mineur.
Dans son essence, la Vie est le retour au non manifesté et la mort est le passage vers une nouvelle manifestation, une « résolution des dualités », un processus de convergence vers le point Oméga évoqué par Teilhard. Au début de la Genèse, Dieu sépare…puis Dieu rassemble. L’Univers se trouve soumis à l’Union créatrice, réalité chère à Teilhard.



 
Vendredi 12 Mai 2017 09:36

Chapitre extraits du livre "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE'


Christiane LATRAICHE  /  L'ELEMENT UNIVERSEL
Teilhard de Chardin après toutes les épreuves de la guerre se pose des questions sur sa foi .

A certains moments de la vie l'Homme se sent poussé en avant vers quelque chose ,vers quelqu’un . Est-ce la volonté de Dieu qui nous pousse ainsi vers notre destin ? Notre liberté est de choisir, d’où l’intérêt d’être relié à son moi intérieur et d' être en harmonie avec soi même . Si nous sommes en phase avec l’amour divin il suffit d’être à l’écoute ,c’est lui qui nous guide nos choix de vie et non pas le hasard. Nous ne sommes pas des êtres terminés nous sommes en éternelle recherche . La pleine personnalité est acquise au contact des autres ils nous font découvrir notre être ." L’ unité ou mesure du monde, c’est le monde" . Nous avons un guide, à nous de le laisser guider vers le monde et par la même occasion vers l’unité . Tout être humain est différent, unique, mais il fait partie d’un tout en l’univers . Selon Teilhard nous avons deux choix s’abandonner ou résister ,subir ou lutter .
Lundi 24 Avril 2017 16:47

Chapitre extrait du livre "Ecrits du temps de la guerre"
réflexion proposée pour réunion à Brignais du 28/04/2017


Marcel COMBY / La puissance spirituelle de la matière
Ce titre fait état d’une sorte de paradoxe : Une même réalité peut-elle posséder une double nature ? La physique quantique nous met sur le chemin.
La notion d'Esprit-Matière a été proposée par Teilhard de Chardin comme une solution possible au problème des rapports difficilement concevables entre l'esprit et la matière, l'âme et le corps. Selon lui, le monde n'est pas constitué de deux substances distinctes, l'esprit d'une part, la matière d'autre part, mais d'une entité unique, à double face : l'Esprit-Matière. Cela permet d'éviter un dualisme peu conforme à notre besoin de cohérence et d’unification des choses : D'un côté l'Esprit et de l'autre, la matière et, entre eux, rien autre chose que l'affirmation d'un accolement inexpliqué et inexplicable. (L'activation de l'énergie, p 266)
Vendredi 14 Avril 2017 16:49

Du 1er au 30 mars 2017


TRAFIC SUR SITE ASSOCIATION LYONNAISE TEILHARD DE CHARDIN
-Nombre de pages vues 6 838

-Nombre de visites 1 665

-Nombre de visiteurs 700

-Les 5 premiers pays visiteurs par ordre décroissant de nombre de pages lues
France = 4140, Ukraine, = 596 USA = 361, Russie = 338, Canada = 295

-Viennent ensuite :

Allemagne = 261, Autriche = 250, Israël = 183, Italie = 98, Royaume-Uni = 44, île de la Dominique = 34, Belgique = 30, Taewan = 22, Chine = 20, Côte d’Ivoire = 11

-Pays dont le nombre de pages lues est inférieur à 11

Belarussie, Corée du Sud, Espagne, Kazakhstan, Martinique, Pays Bas, Pologne, Suède, Suisse,.. Roumanie,.. Turquie
Vendredi 31 Mars 2017 14:54

Écrits du temps de la guerre (Pages 415 à 432)


Marcel COMBY / LES NOMS DE LA MATIÈRE
La vision du monde de Teilhard de Chardin nous entraîne vers un horizon dont l’aspect est novateur et singulier, en opposition avec toutes les rigidités idéologiques qui freinent le progrès humain dans ce qu’il a d’authentique d’un point de vue absolu. Notre société occidentale brille par ses œuvres technologiques mais aussi par ses attraits pour le superficiel en matière d’idéal de vie et l’on n’y parle que de croissance matérielle. Et pourtant l’être humain a naturellement soif de connaître. Un des pionniers de la recherche en anthropologie : Charles Darwin nous livra en son temps une première clé qui nous ouvre la porte de nos origines. Il s’agit de la théorie de l’évolution qui nous montre comment s’articulent certains aspects de notre condition humaine. Cependant Darwin buta sur la finalité de notre vie. D’où venons-nous ? Où allons-nous ? Teilhard nous apporta en son temps une réponse à des questionnements qui, en fait, nous enferment dans notre intellect souvent pétrifié par l’inconnu. Teilhard nous offre une certaine hauteur de vue sur la vie en général et sur le rôle des religions ; il insiste, pour cela, sur la nature et le rôle de cette réalité cosmique qu’il appelle Matière. Il faudrait ajouter que, lorsque nous abordons des questions de nature spirituelle, notre esprit se trouve enchaîné par la logique binaire. En réalité, c’est une logique ternaire qu’il nous faut appliquer. Justement les cheminements prodigieux à travers les recherches sur la matière et sur le cosmos nous invitent à contempler ce mystère selon lequel l’homme est à la fois libre et entrainé dans un processus de déification. Nous ne sommes pas des marionnettes aux yeux de Dieu. Ce Dieu des chrétiens reste présent et actif par sa grâce dans tous les états et toutes les situations qui concernent sa créature. Faire la volonté divine consiste tout simplement à se placer entre les mains d’un Créateur qui vous protège. Reprenons cet aphorisme de Teilhard : « Dieu fait que les choses se fassent »
     Pour Teilhard de Chardin, le mot : Matière concerne une réalité fondamentale qui sert de support à un questionnement métaphysique. D’où venons-nous et où allons-nous ? Il n’est pas interdit de remonter à la symbolique des quatre Éléments : l’air, l’eau, le feu et la terre. On les distingue suivant leur nature intime :
  • La séparativité moléculaire
  • La mobilité moléculaire
  • L’agitation moléculaire
  • La rigidité moléculaire
Chacun d’eux étant considéré au sein de la dualité : bien / mal et, de plus, il concerne tous les niveaux de la création. Teilhard nous parle alors d’étoffe de l’Univers et il écrit dans son ouvrage  « Écrits du temps de la guerre » :
« Rien n’est à la fois plus proche et plus loin de nous que la Matière (…) C’est que, fondue avec notre être, la Matière est, en même temps aux antipodes de notre âme »
 
     Le symbolisme étant la transparence de toute chose, il en résulte que toute chose est symbole. Nous retrouvons les quatre Élément dans les récits évangéliques. On dira qu’ils ont une image céleste dans ce qu’on nomme l’Origine où condition constitutive de tout ce qui est.
     « La Matière est, autour de notre esprit, la profondeur d’où notre substance émerge »
      Disons qu’elle est tour à tour : souffle, onde, énergie, communion
     Au stade de l’unification, nous reconnaissons l’existence du Verbe, du Fis de Dieu, de l’Esprit -Saint  et du Royaume divin.
     Teilhard donne sept qualificatifs à la Matière : formelle – concrète – universelle – totale – relative – libérée – ressuscitée. Pour Teilhard, la Matière est essentiellement ce qui donne à un être le caractère d’Élément. C’est ce qui rend cet être unissable à d’autres être dans la perfection d’un Tout. L’homme étant créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance, il est nécessaire qu’il existe une entité qui rende la chose possible, sans quoi, cette formulation reste purement de nature abstraite, sans consistance, sans contenu, sans relations, sans amour, etc. En fait, à la fin des temps, la Matière doit entrer dans une phase ultime : celle de ce que Teilhard appelle la Matière ressuscitée qui, pour tout homme, reste un mystère insondable.
Dans les récits bibliques, on trouve beaucoup d’allégories telles ce char et ces chevaux de feu dont le tourbillon envoie Elie dans le ciel. Teilhard fait comprendre que cette image fantastique représente la Matière qui entraîne et libère ceux qui savent en saisir la puissance spirituelle.
     « L’unification du Multiple, qui est le rôle de l’esprit, n’est pas encore achevée. Ainsi l’Esprit a – t – il sans cesse besoin de matière nouvelle pour monter plus haut dans l’unification (à condition de ne pas se laisser ramener en arrière, vers le plural, par cette matière). La matière est, en quelque sorte, ce dont se nourrit l’Esprit dans son effort ascensionnel. Elle a, en ce sens, une puissance spirituelle. Par sa résistance, elle oblige l’esprit à travailler et à lutter ; par sa nouveauté (évolution), elle l’oblige à chercher sans cesse ; par son opacité, elle nous fait désirer l’au – delà ? etc. »
Mardi 21 Mars 2017 08:53

Écrits du temps de la guerre (page 397)


Henri Guyot / L'ÉLÉMENT  UNIVERSEL
Selon Teilhard, l'élément universel est, pour les hommes (et sans doute pour tous les êtres vivants), « l'élément physique qui met en relation avec l'Absolu en eux et autour d'eux.»

In fine dans le cadre d'une « solution chrétienne », le chrétien animé d'une conscience cosmique doit tenir par dessus tout que Dieu, le seul Absolu, est essentiellement distinct de la création. Si bien que je ne comprends pas bien, car pour moi Dieu crée tout le temps. Il a créé, Il crée et Il créera encore. L'articulation avec l'Absolu finit par m'échapper.

Poursuivant la lecture on trouve plus loin « chaque homme porte en soi, en plus d'un corps et d'une âme, une certaine entité physique le référant tout entier à l'univers (final?) en lequel il trouve son seul achèvement – l'élément universel c'est le Christ. »

Ces réflexions ont pour moi un caractère un peu déstabilisant. En effet je crois que l’homme d'aujourd'hui est encore plus en évolution. Ce n'est plus l'homme des évangiles, c'est un être différent. A travers ses gènes et ses mitochondries, il est une mosaïque sans cesse une évolution à travers les accidents et incidents qu'il accumule. Ceci est un fait scientifique constaté et n'est pas, si peu que ce soit, une idée philosophique incertaine.

On s'aperçoit alors que pour le reste le texte de Teilhard ne fait que poser des questions fondamentales multiformes :

- Qu'est-ce que l'individu ?

- Qu'est-ce que l'autre ?

- Comment les autres sont-ils reliés entre eux ?

- Est-ce par l'intermédiaire d'un Christ cosmique (à démontrer) ?

A force d'essayer d'imaginer quelques réponses possibles à ces questions, je me suis trouvé dans l'obligation de confesser qu'une autre notion s'imposait peut-être un peu inhabituelle et à l'envers du cheminement habituel de la pensée : c'est celle du moi, ce sentiment profond que nous avons chacun d'être moi. A force d'essayer de bien comprendre, je me suis aperçu que je pouvais être moi dans la plupart des autres. Et ce n'est pas ce moi qui suffit à individualiser chacun.

On peut être moi chez n'importe qui d'autre, mais avec d'autres acquis, d'autres capacités, d'autres handicaps, un autre corps qui limite ou amplifie les capacités d'action. Moi serait le liquide amniotique contenant l'énergie vitale. Un peu à la façon d'un pilote qui, changeant de véhicule, doit changer de manettes. Il reste fermement pilote, mais entravé ou augmenté par des capacités nouvelles et différentes.

On s'est trop longtemps persuadé que cette notion du moi était très individuelle, personnifiante et exclusive. Ce sont les événements antérieurs à notre naissance et surtout les expériences de la vie qui nous personnifient. Ce moi est comme une énergie vitale liée à l'être et peut être parfois partageable.

Cette sensation du moi change le cours de la réflexion sur beaucoup de sujets d'autant que nous sommes peu habitués à comprendre les choses de cette façon. Voici une liste de sujets sur lesquels il conviendrait de réfléchir avec ce nouvel éclairage :


- Quelles conséquences l'usage de cette notion a-t-il dans les relations avec les autres ?

- Cette notion provoque-t-elle un élargissement de la compréhension mutuelle ?

- Est-elle un facteur d'accroissement de la sensibilité et de l'émotivité ?

- Quelle influence exerce-t-elle sur l'égoïsme et les réflexes d'autodéfense ?

- Y a-t-il une variation géographique de l'importance du moi ? Les peuples les plus largement métissés sont-ils plus compréhensifs et moins agressifs ?

- Est-ce que l'étude plus particulière de ce moi réduit les oppositions entre les religions, entre les politiques, entre les générations ?

- Le moi est-il cosmique ?


Voici donc quelques idées d'études et de réflexions sur les domaines souvent explorés, explorés, oui, mais pas par cette face tant nous sommes habitués à des explorations par la face individuelle et ultra-personnalisée.

Le feuillage nous cache le tronc de l'arbre.
Dimanche 19 Mars 2017 20:21

ASSOCIATION LYONNAISE PIERRE TEILHARD DE CHARDIN
Présentation

D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?
Telles sont les questions que la sagesse impose à toutes personnes en quête de sens. C’est à cet aspect fondamental de notre réalité que notre association tente de répondre en s’appuyant sur l’oeuvre scientifique, philosophique, spirituelle et mystique du père Pierre Teilhard de Chardin, tout en s'appuyant sur les connaissances acquises depuis sa disparition en 1955. Pour cela, un des nombreux ouvrages de Teilhard est mis à l’étude pour l’ensemble des adhérents. Notre groupe de lecture se réunit ensuite une fois par mois pour lire les réflexions de chacun sur le sujet en cours, pour ainsi créer des échanges fructueux entre les membres dans le respect des différences et des remises en cause des uns et des autres. Pour ceux qui l’acceptent, ces travaux sont régulièrement mis en ligne sur le site de associationlyonnaisre-teilhard.com, site que nous vous invitons à découvrir. Ces travaux se présentent sous forme d’articles ou de commentaires. Même si l'origine de cette réflexion est profondément chrétienne, elle s'adresse à toutes personnes de toutes croyances, ouvertes aux dimensions spirituelles et universelles des êtres et des choses.

Notre Association, émanation indépendante de l’Association parisienne « Les Amis de Teilhard de Chardin » a été créée en octobre 2007 par Jean-Pierre Frésafond qui en a assuré activement la présidence jusqu’en mai 2015.
Vendredi 17 Mars 2017 05:05

Trafic Février 2017 sur le site Association Lyonnaise Teilhard de Chardin
-nombre de visites = 1490
-nombre de visiteurs = 685
-nombre de pages vues = 5890

1) Les 5 premiers pays visiteurs par nombre de pages vues :

France (4079), USA (510), Autriche (250), Allemagne (238),Ukraine (175)

2) Autres visiteurs par ordre décroissant de pages vues :

Russie (163), Israël (160), Chine (48), Royaume-Uni (25), Belgique (21), Bulgarie (19), Canada (19), Italie (11), Suisse (11)

3) Pays visiteurs dont le nombre de pages vues est inférieur à 11

Congo-Zaïre, Corée du Sud , Espagne, Philippines, Pologne, Norvège, Roumanie, Suède Thaïlande
Mercredi 1 Mars 2017 09:19

ETUDE DU CHAPITRE DU LIVRE "ECRITS DU TEMPS DE LA GUERRE"


Catherine GODINOT / TERRE PROMISE
Dans le chapitre intitulé « Terre promise » de l'ouvrage « Ecrits du temps de Guerre », Teilhard de Chardin (TDC) nous décrit les déceptions qu'il ressent en voyant le comportement des hommes maintenant que la Paix a été signée :
« Alors, dit-il, ce n'était donc que cela la Paix ». Durant les années de souffrance, lui et ses compagnons se battaient avec courage, soutenus par l'espoir de Paix en pensant lutter pour un monde nouveau. « Après cinq années de nuit, le jour a fini par éclairer les champs de bataille, et ce jour que tous attendaient apparaît tout aussi morne et triste que ceux qui les avaient précédé.
Les hommes qui se serraient les coudes dans le stress du danger se recroquevillent dans un repli sur soi égoïste et jaloux. A quoi ont servi tant d'efforts et tant d'abnégation pour s'être si bien battu ? La question de savoir à quoi ça sert nous harcèle encore aujourd'hui pour tout ce qui nous entoure:
Jeudi 23 Février 2017 12:27

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