Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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à propos du chapitre 18, "COMMENT JE CROIS" Editions du Seuil


AM Tisserand / LA MULTIPLICITE DES MONDES HABITES
Qu’il existe une « multiplicité (bas de page n° 1) de mondes habités » c'est probable, mais qu’est-ce que cela la change

-A la vie quotidienne du terrien, forcément isolé dans ses bonheurs, dans ses affrontements avec la nécessité vitale, dans ses désirs et dans ses certitudes faciles ?

-Peut-être qu'une prise de conscience de la dimension universelle de la vie pourrait aider à élargir notre vision et sortir des frontières immédiates ?

-Peut-être que, pour certains, la Présence universelle du Christ les fait s' agenouiller d’extase devant une telle sève magnificente d’Amour puisque
« Quand les mystères sont très malins ils se cachent dans la lumière." (Giono, Ennemonde et autres caractères) ».

-Peut-être que le flot d’immigration à Lampedusa, par exemple, peut faire réaliser que l’Homme est un E.T. pour l’Homme ?

-Pour ne plus pouvoir communiquer, il suffit de ne pas pouvoir attribuer le même sens aux simples mots et de constater, ô combien, que l’Homme est un étranger pour l’Homme , les échanges virant alors au syndrome de la Tour de Babel . Les choses vont ainsi : même au sein d'une même langue nous finissons par ne plus parler la même langue, ne nous enracinons plus réciproquement ni sur la même étymologie, ni sur la même grammaire, ni sur le même sens historique et académique, et encore moins sur la force du Logos véhiculée par chaque mot.


-Les scientifiques peuvent nous « évangéliser », le résultat de leur mission sera lent à prendre le dessus sur les idées reçues. Si certains d'entre eux se comprennent mutuellement, d'autres non... encore des E.T. ! Mais aussi vis à vis de ceux qui ont une démarche cognitive différente de la leur.

Conclusion :

- Au plus proche de nous, un constat : Souvent, même l’Homme et la Femme peuvent être d’irréductibles étrangers et, même pire, des adversaires, le désir charnel ayant ses limites.Mais voyons plus loin que les impostures à l'amour.

Le « Cantique des Cantiques » ne se lit pas seulement qu'au 1er degré. Ce poème se déchiffre à un autre niveau : celui des noces matière-esprit.
- La fiancée "noire et belle" symbolise la materia prima, principe féminin ou Vierge Noire,
- et le fiancé, principe masculin, symbolise l'Esprit.

C'est pourquoi ce poème dit de Salomon me fait penser à l'Hymne à la Matière de Teilhard, quelques millénaires plus tard : phénomène d'Amorisation (ou de répulsion, suivant la mise en présence ou pas d' atomes crochus),. L'amorisation, terme inventé par Teilhard, est une loi d'attraction originelle et ultime d'Alpha à Omega à tous les niveaux d'expression de la vie. Alors, effectivement, pourquoi n'y aurait-il pas de développements de la complexité, entrainant avec eux des niveaux de conscience successifs, nécessaires et suffisants, pour qu'apparaissent des sagas adamiques sur d'autres planètes ?

D'autant plus que, d'après Teilhard, tous les éléments suffisamment spiritualisés de l'univers ne seraient pas étrangers entre eux de quelle que manière que ce soit page 276 :
" la vie continue naturellement, et d'un double mouvement conjugué, à se complexifier extérieurement et à se "conscientiser" intérieurement jusqu'à l'émergence psychologique de la réflexion. En d'autres termes , l'apparition, désormais bien établie, de l'Homme sur terre au pliocène n'est pas autre chose que la manifestation normale (dans des conditions particulièrement favorables) d'une propriété générale à toute matière"

et quelques mots plus loin Teilhard enchaine la proposition suivante :

" Il y a dans l'univers des millions de galaxies en chacune desquelles la matière a la même composition générale, et subit essentiellement la même évolution "


Ce qu'expose Teilhard dans ce chapitre est à lire en "bugne à bugne" avec lui en silence, attentivement, avec respect. Pour autant je crains qu'il soit encore et toujours un précurseur difficile à appréhender par rapport à la Cosmogénèse et, surtout, par rapport à la Christogénèse.

Bas de page n° 1 : les mathématiciens seront peut-être intéressés si je remarque, dès le départ, que Teilhard a bien utilisé le terme "multiplicité" et non pas celui de "multitude" ; sans doute parce l'auteur appuie son raisonnement sur le principe qu' à partir de racines (matérielles et spirituelles) communes dans tout l'univers, les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets : la vie consciente


Vendredi 21 Mars 2014 12:57