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Jean-Pierre Fressafond
Actualités
"Lettre de liaison des groupes Teilhard" N° 16 - Janvier 2012
Samedi 14 Janvier 2012
1. Evènements récents
2. Initiatives proches et réflexions en cours
3. Evènements à venir
Chers amis,
Il est plus que temps que je reprenne contact avec vous. Car les évènements et les projets se succèdent, nombreux et denses.
Mais tout d'abord, en ce début d 'année nouvelle, je veux vous exprimer au nom des membres du Conseil de l'Association tous nos meilleurs vœux.
Vœux pour chacun de vous personnellement : Que cette année vous soit heureuse.
Vœux pour la cause qui nous unit : Qu'elle continue à voir sa notoriété se creuser, et à voir s'ouvrir devant elle un accueil et une réception toujours plus clairs.
Peut-être avez-vous su que nous avons eu la peine de voir l'un de nous, nous quitter assez brutalement. Michel AUBIN est décédé fin décembre à Saint Etienne. Il était membre du Conseil. C'est lui qui assumait la responsabilité de l'édition et de la diffusion de notre revue. Plusieurs membres de l'Association ont pu se rendre à ses obsèques. Nous étions ainsi bien présents autour de la peine de sa famille.
1. Evènements récents
Tout d'abord, voici un écho sur toutes les événements qui ont marqué le dernier trimestre 2011
- A St Maur, l'exposition « Ensemble, construisons la Terre » Cette magnifique exposition créée par Remo Vescia à la suite du Colloque d'Assise d'octobre 2010 (autour de Saint François, Teilhard et François Cheng) fut présentée du 29/9 au 20/10/2011 à St Maur des Fossés (93), répartie entre 2 lieux : la Mairie de St Maur et le lycée libre Teilhard de Chardin.
Nous avons déjà parlé de ce grand moment, et du rayonnement qui fut ainsi donné à la pensée de Teilhard. A cette occasion, a été édité un superbe catalogue, auquel est joint un DVD reprenant la séance de « Lecture en musique » du 20 octobre. Je ne saurais trop vous conseiller d'en prendre connaissance. Il est superbe ; et moi-même j'ai été heureuse de l'offrir en cadeau au moment de Noël. Car c'est un cadeau d'art… qui en outre propose un véritable voyage spirituel. L'Association le propose au prix de 12€.
Cette exposition va continuer à voyager en 2013. A voyager et à évoluer. Car elle va être traduite en italien et en anglais en vue du colloque de novembre 2013 à Rome (dont nous parlerons plus loin). Par ailleurs, elle va être mise sous PowerPoint, afin de pouvoir plus aisément circuler, notamment vers Aix en Provence grâce à Marie Jeanne Coutagne et vers Besançon grâce à Hélène Gheeraert.
- Le colloque aux Bernardins (4 et 5 novembre) : « "L'espérance à l'épreuve du mal : un dialogue avec Teilhard de Chardin"
Développé en partenariat avec les Bernardins et le Centre Sèvres, ce colloque fut un succès sur le plan médiatique, comme sur le plan financier (son bilan est légèrement positif).
C'est un bel exemple du succès d'une stratégie de partenariat. Il nous faut développer cette façon de procéder. Elle a en outre des retombées intéressantes. Ainsi la revue des Bernardins va prochainement publier un article du Père Martelet.
- Un article sur Teilhard publié par la « Documentation Catholique »
Cette revue est la revue officielle d'information de l'Eglise catholique. Elle est lue par tout le clergé. Y a été publiée, comme vous le savez, la traduction française d'un article du Père Alexandre Men, prêtre russe orthodoxe assassiné par le régime communiste en 1990. Cet article écrit en 1981 ( centenaire de la naissance de Teilhard) était destiné à servir d'introduction à la publication d'une traduction russe des œuvres de Teilhard. Il fait apparaître des pistes de rapprochement très intéressantes avec la théologie orthodoxe.
Le Père Jean-François Petit, rédacteur en chef adjoint de la revue (qui était venu nous rejoindre cet été pour intervenir lors de la session de Roc Estello) serait très intéressé de voir nos groupes travailler cet article. Il aimerait avoir des réactions et des remontées sur ce sujet. Ce serait bien que certains d'entre nous fassent ce travail. Tenez-nous informés, afin que nous puissions lui transmettre vos réflexions. Vous avez ce texte (Il était joint à ma dernière lettre, ainsi qu'intégré au dossier du colloque).
- Un « Centre Teilhard de Chardin » prochainement au Plateau de Saclay
Un magnifique projet … !!!
Le dernier numéro de la revue des Chantiers du Cardinal présente parmi ses projets, celui d'un centre spirituel et d'une résidence étudiante internationale (100 chambres), au cœur de la « future Silicon Valley » du Plateau de Saclay (le tout, sur environ 4000 m2). Autour de Saclay, sont regroupées nombre de grandes écoles d'ingénieur ( X, Sup Elec, Sup Optique … et bientôt Agro, Mines… ) et des centres de recherche de grands groupes internationaux (Thalès, CEA, Danone, Renault, EDF ..) Ce centre va offrir un cadre de rencontre et de réflexion spirituelle aux scientifiques. Il portera le nom de « Centre Teilhard de Chardin » …Quelle magnifique reconnaissance… implicite et silencieuse… pour Teilhard ! Il a vocation de devenir un lieu de convergence spirituelle (célébrations, accueil, rencontres…) et un centre de recherche sous la responsabilité de l'Institut Catholique de Paris. Celui-ci va y externaliser un 3ème cycle d' « éthique des sciences » et y implanter des formations de 2ème cycle. Des conférences et des séminaires y seront organisés avec les aumôneries des grandes écoles L'ouverture en est prévue pour 2014.
- Actions de l'Association
. Des fruits à notre action de communication (O.de Galzain)
On a pu entendre l'interview de G.Ordonnaud à la radio. Plusieurs articles du Père Madelin ont paru dans La Vie, La Croix.
. Code de déontologie
Comme nous en avons déjà parlé, la nécessité de disposer d'un code de déontologie nous est apparue. Il s'agit d'une sorte de charte régissant l'Association et ses rapports avec ses partenaires. Il a été élaboré et est maintenant à disposition de tous (ainsi que les statuts et le Règlement Intérieur) sur notre site « teilhard.org »
- Relations avec l'Académie Catholique de France
Notre Président a participé le 19 novembre à l'Université Catholique de Lyon, au Colloque organisé par l'Académie Catholique de France sur le thème du « Progrès ». Un point va être fait avec son Président, le Père Philippe Cappelle-Dumont, sur l'apport possible de notre Association au travail de cette Académie. Pour cela, nous travaillons actuellement à l'élaboration d'un texte de présentation de l'Association réactualisé.
-Réalisations artistiques
La troupe de Maria Munk-Farrigia (mmf.groupe@yahoo.fr) a monté un spectacle mettant en scène "La Messe sur le Monde". Ce spectacle a été donné à Paris successivement au Cloître des Billettes, à ND de l'Assomption puis à Ste Marie des Batignolles
Plusieurs d'entre nous l'ont vu. Les avis sont divers. Personnellement j'ai aimé…Vous en avez un écho dans notre dernière revue.
De toute façon, merci à ces artistes créateurs qui, d'eux-mêmes, viennent compléter notre action.
- On parle de Teilhard
En novembre à St Roch Gérard Leclerc, écrivain catholique bine connu, éditorialiste à « France Catholique » a donné une conférence : « Teilhard, la création et le cosmos »
Peu après cette même revue publiait un article d'Aimé Michel (mort en 1992) sur Teilhard : « Teilhard et les temps déchiffrés »
Intéressant de voir cette revue, jusque-là très distante, s'ouvrir à Teilhard.
A noter aussi, dans le livre de Max Gallo : « Dictionnaire amoureux de la France d'aujourd'hui », deux pages très élogieuses sur Teilhard.
2. Initiatives proches et réflexions en cours -
Avant tout, notre prochaine Assemblée Générale, le 24 mars 2012
Elle se tiendra de 14h à 16H au Siège de la Conférence des Evêques de France, 58 avenue de Breteuil, 75007 Paris, dans l'auditorium (120 places).
Outre une Assemblée Générale Ordinaire, ce sera une AG Extraordinaire. En effet, les statuts doivent être amendés afin d'officialiser la création d'une fonction de Secrétaire Général, et d'un Bureau exécutif. Ces modifications avaient été présentées à l'Assemblée Générale du 26 mars 2011 avec engagement de les entériner à l'issue d'une mise à l'essai concluante de un an, ce qui a bien été le cas.
Elle sera suivie à 16H 45 d'une conférence-débat ayant pour thème "La pensée de Teilhard peut-elle nous aider à orienter nos choix politiques ? ». Cette conférence est ouverte à tous ; vous pouvez y inviter vos amis. Pierre-Louis Mathieu, membre de l'association auteur d'un livre sur la vision politique de Teilhard, parlera de cette vision. Puis le Père Matthieu Rougé (délégué de l'épiscopat auprès des Assemblées parlementaires, curé de Sainte Clotilde) présentera le message des évêques de France à l'occasion des élections. Un débat s'ouvrira ensuite.
- Retraite de Montmartre 3- 4 mars
La prochaine retraite de Montmartre organisée par l'Association aura lieu les samedi 3 et dimanche 4 mars.
Elle sera animée par le Père Olivier Teilhard de Chardin et le Père Gustave Martelet sur le thème "L'amour de Dieu et l'amour du Monde dans la vie chrétienne" à partir de l'essai "Forma Christi" tiré des « Ecrits du temps de la guerre ».
- Journée à Besançon sur le thème du" Milieu Divin », le 17 mars. Organisée par le groupe Teilhard de Besançon (Hélène Gheeraert) et donnée par Claudine Lalonguière (du groupe de Toulon), elle se tiendra de 9h30 à 16h30 au Foyer Saint Anne à Montferand-le-Château,
- Site Web
Jean Joseph Henry, Hilaire Giron et Christian Meraud ont sélectionné la société prestataire, qui va prendre en charge les développements nécessaires.
- Revue « Teilhard Aujourd'hui »
La disparition de Michel Aubin pose un grave problème au niveau de la chaîne de production : maquette-imprimerie-routage. C'est lui qui assurait la coordination de l'aval et il est peu vraisemblable que ses fils puissent assurer cette succession. Le n°40 (janvier 2012) a pu cependant paraître. Mais pour le n°41 (qui contiendra les Actes du Colloque des Bernardins) il va falloir trouver un autre éditeur.
Par ailleurs, nous travaillons à la réactualisation de la liste des Personnalités à qui nous envoyons gracieusement notre revue. Il faut la revoir et l'élargir de nouveaux noms, notamment en direction des Universités, des mouvements de jeunes, de l'Eglise.
- Des groupes Teilhard sur Facebook
Jean Joseph Henry a repéré sur Facebook un groupe Teilhard de près de 700 membres, animé par un Américain. Il s'y est inscrit, s'y est déjà exprimé et y a évoqué l'Association Française.
Evelyne Maurice avait aussi créé un tel groupe en français (4 membres).
-Formation
Un cours est donné actuellement par Evelyne Maurice au Centre Sèvres « La spiritualité de Teilhard de Chardin » le mardi de 19h30 à 21h30. Il a débuté le 3 janvier et se terminera le 14 février.
Par ailleurs, aux Bernardins, Gérard Donnadieu va débuter son cours « Dire aujourd'hui Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme », proposant dans un esprit teilhardien une approche du Christ Universel. Il durera tout le second semestre (12 conférences le mardi, de 10h à 11h30) Premier cours le mardi 31 janvier 2012
3- Evènements à venir
De nombreux et magnifiques projets, comme vous allez le voir.
-Journée de Commémoration de Vézelay, vendredi 5 octobre 2012
Georges Ordonnaud prépare une journée de commémoration à Vézelay, le 5 octobre, pour le 30ème anniversaire du décès de Jeanne Mortier, et le 50ème anniversaire des sessions Teillhard de Chardin, de Vezelay (1960-1971),:
C'est en effet à Vézelay que Jeanne Mortier, fidèle collaboratrice du Père Teilhard, légataire de ses oeuvres et à qui on doit leur parution immédiatement après son décès, a organisé de 1960 à 1971 des sessions Teilhard de Chardin. Ceci en suite à la décade de Cerisy la Salle (24 juillet - 8 août 1958) qu'avaient organisée Max et Simone Bégouen.
A Vézelay, la première session de 1960 se tint dans la maison de Romain Rolland, grand ami de Jeanne Mortier. Y participaient Jean Pierre Demoulin, Président du Centre belge Teilhard de Chardin, et Anne Marie Ernst en présence de la Reine Marie José de Belgique. Pour les sessions suivantes, ils furent rejoints par bien d'autres Teilhardiens dont Maurice Ernst et Georges Ordonnaud. Ces sessions se tinrent alors dans la salle des fêtes de la Mairie de Vezelay. Une plaque pourrait y être apposée, à l'occasion de la journée du 5 octobre 2012.
- Colloque à Rome: Les 9 et10 novembre 2012
En partenariat avec l'Association Teilhard italienne, un colloque va se tenir à Rome les 9 et 10 novembre, à la Grégorienne, Université Jésuite de Rome. Dans ces moments du cinquantième anniversaire de l'ouverture de Vatican II, il portera sur un thème, encore à préciser, en référence sans doute à Vatican II et à la Nouvelle Evangélisation. Une équipe franco-italienne s'est constituée pour le préparer. Les Français impliqués dans le projet sont Itala Ménard, Marie Bayon, Marie-Anne Roger et Hilaire Giron.
Faisant suite au colloque, sera proposée une prolongation touristique.
- Autour du Centenaire de la Guerre 1914-1918
Une association prépare un dossier pour faire inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, les « paysages et sites de mémoire de la Guerre de 14/18 ». Georges Ordonnaud propose que notre association adhère à cet organisme, compte-tenu de l'importance de la guerre de 14/18 dans la formation de la pensée de Teilhard.
André Peltre va être très attentif aux préparatifs des Commémorations du Centenaire de la Grande Guerre. Il pense à juste titre y déceler des opportunités dans lesquelles Teilhard pourrait trouver place…Des opportunités à saisir, qui permettraient de placer Teilhard plus haut dans les esprits et les coeurs de nos contemporains.
Comme vous le voyez, les projets magnifiques foisonnent…
Très cordialement, Jacqueline Barthes au nom de l'équipe du Conseil
Il est plus que temps que je reprenne contact avec vous. Car les évènements et les projets se succèdent, nombreux et denses.
Mais tout d'abord, en ce début d 'année nouvelle, je veux vous exprimer au nom des membres du Conseil de l'Association tous nos meilleurs vœux.
Vœux pour chacun de vous personnellement : Que cette année vous soit heureuse.
Vœux pour la cause qui nous unit : Qu'elle continue à voir sa notoriété se creuser, et à voir s'ouvrir devant elle un accueil et une réception toujours plus clairs.
Peut-être avez-vous su que nous avons eu la peine de voir l'un de nous, nous quitter assez brutalement. Michel AUBIN est décédé fin décembre à Saint Etienne. Il était membre du Conseil. C'est lui qui assumait la responsabilité de l'édition et de la diffusion de notre revue. Plusieurs membres de l'Association ont pu se rendre à ses obsèques. Nous étions ainsi bien présents autour de la peine de sa famille.
1. Evènements récents
Tout d'abord, voici un écho sur toutes les événements qui ont marqué le dernier trimestre 2011
- A St Maur, l'exposition « Ensemble, construisons la Terre » Cette magnifique exposition créée par Remo Vescia à la suite du Colloque d'Assise d'octobre 2010 (autour de Saint François, Teilhard et François Cheng) fut présentée du 29/9 au 20/10/2011 à St Maur des Fossés (93), répartie entre 2 lieux : la Mairie de St Maur et le lycée libre Teilhard de Chardin.
Nous avons déjà parlé de ce grand moment, et du rayonnement qui fut ainsi donné à la pensée de Teilhard. A cette occasion, a été édité un superbe catalogue, auquel est joint un DVD reprenant la séance de « Lecture en musique » du 20 octobre. Je ne saurais trop vous conseiller d'en prendre connaissance. Il est superbe ; et moi-même j'ai été heureuse de l'offrir en cadeau au moment de Noël. Car c'est un cadeau d'art… qui en outre propose un véritable voyage spirituel. L'Association le propose au prix de 12€.
Cette exposition va continuer à voyager en 2013. A voyager et à évoluer. Car elle va être traduite en italien et en anglais en vue du colloque de novembre 2013 à Rome (dont nous parlerons plus loin). Par ailleurs, elle va être mise sous PowerPoint, afin de pouvoir plus aisément circuler, notamment vers Aix en Provence grâce à Marie Jeanne Coutagne et vers Besançon grâce à Hélène Gheeraert.
- Le colloque aux Bernardins (4 et 5 novembre) : « "L'espérance à l'épreuve du mal : un dialogue avec Teilhard de Chardin"
Développé en partenariat avec les Bernardins et le Centre Sèvres, ce colloque fut un succès sur le plan médiatique, comme sur le plan financier (son bilan est légèrement positif).
C'est un bel exemple du succès d'une stratégie de partenariat. Il nous faut développer cette façon de procéder. Elle a en outre des retombées intéressantes. Ainsi la revue des Bernardins va prochainement publier un article du Père Martelet.
- Un article sur Teilhard publié par la « Documentation Catholique »
Cette revue est la revue officielle d'information de l'Eglise catholique. Elle est lue par tout le clergé. Y a été publiée, comme vous le savez, la traduction française d'un article du Père Alexandre Men, prêtre russe orthodoxe assassiné par le régime communiste en 1990. Cet article écrit en 1981 ( centenaire de la naissance de Teilhard) était destiné à servir d'introduction à la publication d'une traduction russe des œuvres de Teilhard. Il fait apparaître des pistes de rapprochement très intéressantes avec la théologie orthodoxe.
Le Père Jean-François Petit, rédacteur en chef adjoint de la revue (qui était venu nous rejoindre cet été pour intervenir lors de la session de Roc Estello) serait très intéressé de voir nos groupes travailler cet article. Il aimerait avoir des réactions et des remontées sur ce sujet. Ce serait bien que certains d'entre nous fassent ce travail. Tenez-nous informés, afin que nous puissions lui transmettre vos réflexions. Vous avez ce texte (Il était joint à ma dernière lettre, ainsi qu'intégré au dossier du colloque).
- Un « Centre Teilhard de Chardin » prochainement au Plateau de Saclay
Un magnifique projet … !!!
Le dernier numéro de la revue des Chantiers du Cardinal présente parmi ses projets, celui d'un centre spirituel et d'une résidence étudiante internationale (100 chambres), au cœur de la « future Silicon Valley » du Plateau de Saclay (le tout, sur environ 4000 m2). Autour de Saclay, sont regroupées nombre de grandes écoles d'ingénieur ( X, Sup Elec, Sup Optique … et bientôt Agro, Mines… ) et des centres de recherche de grands groupes internationaux (Thalès, CEA, Danone, Renault, EDF ..) Ce centre va offrir un cadre de rencontre et de réflexion spirituelle aux scientifiques. Il portera le nom de « Centre Teilhard de Chardin » …Quelle magnifique reconnaissance… implicite et silencieuse… pour Teilhard ! Il a vocation de devenir un lieu de convergence spirituelle (célébrations, accueil, rencontres…) et un centre de recherche sous la responsabilité de l'Institut Catholique de Paris. Celui-ci va y externaliser un 3ème cycle d' « éthique des sciences » et y implanter des formations de 2ème cycle. Des conférences et des séminaires y seront organisés avec les aumôneries des grandes écoles L'ouverture en est prévue pour 2014.
- Actions de l'Association
. Des fruits à notre action de communication (O.de Galzain)
On a pu entendre l'interview de G.Ordonnaud à la radio. Plusieurs articles du Père Madelin ont paru dans La Vie, La Croix.
. Code de déontologie
Comme nous en avons déjà parlé, la nécessité de disposer d'un code de déontologie nous est apparue. Il s'agit d'une sorte de charte régissant l'Association et ses rapports avec ses partenaires. Il a été élaboré et est maintenant à disposition de tous (ainsi que les statuts et le Règlement Intérieur) sur notre site « teilhard.org »
- Relations avec l'Académie Catholique de France
Notre Président a participé le 19 novembre à l'Université Catholique de Lyon, au Colloque organisé par l'Académie Catholique de France sur le thème du « Progrès ». Un point va être fait avec son Président, le Père Philippe Cappelle-Dumont, sur l'apport possible de notre Association au travail de cette Académie. Pour cela, nous travaillons actuellement à l'élaboration d'un texte de présentation de l'Association réactualisé.
-Réalisations artistiques
La troupe de Maria Munk-Farrigia (mmf.groupe@yahoo.fr) a monté un spectacle mettant en scène "La Messe sur le Monde". Ce spectacle a été donné à Paris successivement au Cloître des Billettes, à ND de l'Assomption puis à Ste Marie des Batignolles
Plusieurs d'entre nous l'ont vu. Les avis sont divers. Personnellement j'ai aimé…Vous en avez un écho dans notre dernière revue.
De toute façon, merci à ces artistes créateurs qui, d'eux-mêmes, viennent compléter notre action.
- On parle de Teilhard
En novembre à St Roch Gérard Leclerc, écrivain catholique bine connu, éditorialiste à « France Catholique » a donné une conférence : « Teilhard, la création et le cosmos »
Peu après cette même revue publiait un article d'Aimé Michel (mort en 1992) sur Teilhard : « Teilhard et les temps déchiffrés »
Intéressant de voir cette revue, jusque-là très distante, s'ouvrir à Teilhard.
A noter aussi, dans le livre de Max Gallo : « Dictionnaire amoureux de la France d'aujourd'hui », deux pages très élogieuses sur Teilhard.
2. Initiatives proches et réflexions en cours -
Avant tout, notre prochaine Assemblée Générale, le 24 mars 2012
Elle se tiendra de 14h à 16H au Siège de la Conférence des Evêques de France, 58 avenue de Breteuil, 75007 Paris, dans l'auditorium (120 places).
Outre une Assemblée Générale Ordinaire, ce sera une AG Extraordinaire. En effet, les statuts doivent être amendés afin d'officialiser la création d'une fonction de Secrétaire Général, et d'un Bureau exécutif. Ces modifications avaient été présentées à l'Assemblée Générale du 26 mars 2011 avec engagement de les entériner à l'issue d'une mise à l'essai concluante de un an, ce qui a bien été le cas.
Elle sera suivie à 16H 45 d'une conférence-débat ayant pour thème "La pensée de Teilhard peut-elle nous aider à orienter nos choix politiques ? ». Cette conférence est ouverte à tous ; vous pouvez y inviter vos amis. Pierre-Louis Mathieu, membre de l'association auteur d'un livre sur la vision politique de Teilhard, parlera de cette vision. Puis le Père Matthieu Rougé (délégué de l'épiscopat auprès des Assemblées parlementaires, curé de Sainte Clotilde) présentera le message des évêques de France à l'occasion des élections. Un débat s'ouvrira ensuite.
- Retraite de Montmartre 3- 4 mars
La prochaine retraite de Montmartre organisée par l'Association aura lieu les samedi 3 et dimanche 4 mars.
Elle sera animée par le Père Olivier Teilhard de Chardin et le Père Gustave Martelet sur le thème "L'amour de Dieu et l'amour du Monde dans la vie chrétienne" à partir de l'essai "Forma Christi" tiré des « Ecrits du temps de la guerre ».
- Journée à Besançon sur le thème du" Milieu Divin », le 17 mars. Organisée par le groupe Teilhard de Besançon (Hélène Gheeraert) et donnée par Claudine Lalonguière (du groupe de Toulon), elle se tiendra de 9h30 à 16h30 au Foyer Saint Anne à Montferand-le-Château,
- Site Web
Jean Joseph Henry, Hilaire Giron et Christian Meraud ont sélectionné la société prestataire, qui va prendre en charge les développements nécessaires.
- Revue « Teilhard Aujourd'hui »
La disparition de Michel Aubin pose un grave problème au niveau de la chaîne de production : maquette-imprimerie-routage. C'est lui qui assurait la coordination de l'aval et il est peu vraisemblable que ses fils puissent assurer cette succession. Le n°40 (janvier 2012) a pu cependant paraître. Mais pour le n°41 (qui contiendra les Actes du Colloque des Bernardins) il va falloir trouver un autre éditeur.
Par ailleurs, nous travaillons à la réactualisation de la liste des Personnalités à qui nous envoyons gracieusement notre revue. Il faut la revoir et l'élargir de nouveaux noms, notamment en direction des Universités, des mouvements de jeunes, de l'Eglise.
- Des groupes Teilhard sur Facebook
Jean Joseph Henry a repéré sur Facebook un groupe Teilhard de près de 700 membres, animé par un Américain. Il s'y est inscrit, s'y est déjà exprimé et y a évoqué l'Association Française.
Evelyne Maurice avait aussi créé un tel groupe en français (4 membres).
-Formation
Un cours est donné actuellement par Evelyne Maurice au Centre Sèvres « La spiritualité de Teilhard de Chardin » le mardi de 19h30 à 21h30. Il a débuté le 3 janvier et se terminera le 14 février.
Par ailleurs, aux Bernardins, Gérard Donnadieu va débuter son cours « Dire aujourd'hui Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme », proposant dans un esprit teilhardien une approche du Christ Universel. Il durera tout le second semestre (12 conférences le mardi, de 10h à 11h30) Premier cours le mardi 31 janvier 2012
3- Evènements à venir
De nombreux et magnifiques projets, comme vous allez le voir.
-Journée de Commémoration de Vézelay, vendredi 5 octobre 2012
Georges Ordonnaud prépare une journée de commémoration à Vézelay, le 5 octobre, pour le 30ème anniversaire du décès de Jeanne Mortier, et le 50ème anniversaire des sessions Teillhard de Chardin, de Vezelay (1960-1971),:
C'est en effet à Vézelay que Jeanne Mortier, fidèle collaboratrice du Père Teilhard, légataire de ses oeuvres et à qui on doit leur parution immédiatement après son décès, a organisé de 1960 à 1971 des sessions Teilhard de Chardin. Ceci en suite à la décade de Cerisy la Salle (24 juillet - 8 août 1958) qu'avaient organisée Max et Simone Bégouen.
A Vézelay, la première session de 1960 se tint dans la maison de Romain Rolland, grand ami de Jeanne Mortier. Y participaient Jean Pierre Demoulin, Président du Centre belge Teilhard de Chardin, et Anne Marie Ernst en présence de la Reine Marie José de Belgique. Pour les sessions suivantes, ils furent rejoints par bien d'autres Teilhardiens dont Maurice Ernst et Georges Ordonnaud. Ces sessions se tinrent alors dans la salle des fêtes de la Mairie de Vezelay. Une plaque pourrait y être apposée, à l'occasion de la journée du 5 octobre 2012.
- Colloque à Rome: Les 9 et10 novembre 2012
En partenariat avec l'Association Teilhard italienne, un colloque va se tenir à Rome les 9 et 10 novembre, à la Grégorienne, Université Jésuite de Rome. Dans ces moments du cinquantième anniversaire de l'ouverture de Vatican II, il portera sur un thème, encore à préciser, en référence sans doute à Vatican II et à la Nouvelle Evangélisation. Une équipe franco-italienne s'est constituée pour le préparer. Les Français impliqués dans le projet sont Itala Ménard, Marie Bayon, Marie-Anne Roger et Hilaire Giron.
Faisant suite au colloque, sera proposée une prolongation touristique.
- Autour du Centenaire de la Guerre 1914-1918
Une association prépare un dossier pour faire inscrire sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, les « paysages et sites de mémoire de la Guerre de 14/18 ». Georges Ordonnaud propose que notre association adhère à cet organisme, compte-tenu de l'importance de la guerre de 14/18 dans la formation de la pensée de Teilhard.
André Peltre va être très attentif aux préparatifs des Commémorations du Centenaire de la Grande Guerre. Il pense à juste titre y déceler des opportunités dans lesquelles Teilhard pourrait trouver place…Des opportunités à saisir, qui permettraient de placer Teilhard plus haut dans les esprits et les coeurs de nos contemporains.
Comme vous le voyez, les projets magnifiques foisonnent…
Très cordialement, Jacqueline Barthes au nom de l'équipe du Conseil
Jean-Pierre Fressafond
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Conférence du Père Magnin à l’occasion de la parution de son nouveau livre "L'EXPERIENCE DE L'INCOMPLETUDE"
Lethielleux/DDB, 2011
LUNDI 16 JANVIER 2012 – 18h30, Salle Jean-Paul II
Université Catholique de Lyon, Faculté de Philosophie Faculté de Théologie
25 rue du Plat – 69002 Lyon
Contact : 04 72 32 50 63 ou 04 72 32 50 97
Entrée libre – Participation aux frais
Jean-Pierre Fressafond
Actualités
HONNEURS BIEN MERITES !
Mercredi 28 Décembre 2011
2011 a été l'année des 90 ans de notre ami, Yves Gourbeault. Il est bien connu sur notre site pour ses textes percutants et critiques de la pensée de Teilhard de Chardin... dont il est devenu l'un des fidèles adeptes, malgré sa sensibilité laïque et agnostique. En quatre années d'étude de la pensée du scientifique-philosophe, Teilhard a fait d'Yves Gourbeault un amoureux de l'évolution de la matière.
Yves est né à Saint Malo en 1921. Diplômé de H.E.C. il a rejoint la Résistance et s'est engagé dans l'Armée du Général De Lattre de Tassigny. Au cours d'une opération, il a sauté sur une mine qui le rendit handicapé d'une jambe (ce qui ne l'a pas freiné malgré tout pour randonnées pédestres, ski de fonds, etc...)
Après la guerre, il fut directeur commercial d'une entreprise qui vendait des bérets basques dans le monde entier.
Son entourage le considère comme un humaniste et donc tolérant, missionnaire prêchant par l'exemplarité de sa profonde bonté et de son humilité. Ses engagements politiques le poussent à devenir "Citoyen du Monde". Dans notre groupe de réflexion ses textes se terminent toujours par un "point d'interrogation" empreint d'intégrité mais aussi d'ouverture intellectuelle. Mais ce qui caractérise aussi Yves Gourbeault, c'est sa fidélité dans ses engagements et sa jeunesse d'esprit.
En 1983, Yves Gourbeault s'est découvert une vocation pour la minéralogie, activité dans laquelle il est devenu une référence, un expert. Grâce à son travail rigoureux il a contribué au succès de l'Amicale Laïque de Grigny (69) dont les activités sont une notoriété nationale, voire davantage.
C'est pour cette raison que le Maire de la Ville de Grigny a remis à Yves Gourbeault la médaille d'honneur de la Ville le 20 avril 2011, en présence de sa fille, Murièle Gourbeault, qui l'a aidé dans le domaine de la photographie, ainsi qu'en présence d'une soixantaine d'amis. Tous lui ont témoigné leur estime et leur amitié. A son tour, notre Association Lyonnaise Teilhard de Chardin le félicite et lui souhaite beaucoup d'années de bonheur.
Yves est né à Saint Malo en 1921. Diplômé de H.E.C. il a rejoint la Résistance et s'est engagé dans l'Armée du Général De Lattre de Tassigny. Au cours d'une opération, il a sauté sur une mine qui le rendit handicapé d'une jambe (ce qui ne l'a pas freiné malgré tout pour randonnées pédestres, ski de fonds, etc...)
Après la guerre, il fut directeur commercial d'une entreprise qui vendait des bérets basques dans le monde entier.
Son entourage le considère comme un humaniste et donc tolérant, missionnaire prêchant par l'exemplarité de sa profonde bonté et de son humilité. Ses engagements politiques le poussent à devenir "Citoyen du Monde". Dans notre groupe de réflexion ses textes se terminent toujours par un "point d'interrogation" empreint d'intégrité mais aussi d'ouverture intellectuelle. Mais ce qui caractérise aussi Yves Gourbeault, c'est sa fidélité dans ses engagements et sa jeunesse d'esprit.
En 1983, Yves Gourbeault s'est découvert une vocation pour la minéralogie, activité dans laquelle il est devenu une référence, un expert. Grâce à son travail rigoureux il a contribué au succès de l'Amicale Laïque de Grigny (69) dont les activités sont une notoriété nationale, voire davantage.
C'est pour cette raison que le Maire de la Ville de Grigny a remis à Yves Gourbeault la médaille d'honneur de la Ville le 20 avril 2011, en présence de sa fille, Murièle Gourbeault, qui l'a aidé dans le domaine de la photographie, ainsi qu'en présence d'une soixantaine d'amis. Tous lui ont témoigné leur estime et leur amitié. A son tour, notre Association Lyonnaise Teilhard de Chardin le félicite et lui souhaite beaucoup d'années de bonheur.
Jean-Pierre Fressafond
Actualités
Décès de notre Ami Michel AUBIN
Lundi 26 Décembre 2011
Nous avons la tristesse de vous faire part du décès de Michel AUBIN, survenu le 25 décembre 2011. Ses funérailles sont prévues vendredi 30 décembre 2011 à 10 heures en l'Eglise St Roch de St Etienne. Le Père Thierry Magnin, Recteur de la Faculté Catholique de Lyon, prononcera l'homélie.
La perte de notre Ami Michel va faire un grand vide dans notre Association Lyonnaise dont il était trésorier. Un grand vide aussi lié au fait que nous ne bénéficierons plus de sa présence chaleureuse et discrète . Michel était doué d'une belle modestie qui rendait plus précieuse encore sa pensée profonde, simple, accessible. Son attitude fédératrice, toujours à l'écoute de l'autre, a contribué pour une grande part à enrichir nos séances de réflexion et de travail.
Nous présentons à sa famille nos sincères condoléances
La perte de notre Ami Michel va faire un grand vide dans notre Association Lyonnaise dont il était trésorier. Un grand vide aussi lié au fait que nous ne bénéficierons plus de sa présence chaleureuse et discrète . Michel était doué d'une belle modestie qui rendait plus précieuse encore sa pensée profonde, simple, accessible. Son attitude fédératrice, toujours à l'écoute de l'autre, a contribué pour une grande part à enrichir nos séances de réflexion et de travail.
Nous présentons à sa famille nos sincères condoléances
Jean-Pierre Fressafond
Actualités
Renée JOUBERT / A propos du goût de vivre chez Teilhard
Vendredi 16 Décembre 2011
Le goût de vivre est pour Teilhard de CHARDIN une disposition psychique, intellectuelle et affective pour rendre le monde lumineux et intéressant.Il s’agirait d’une ENERGIE d’EVOLUTION UNIVERSELLE, un vouloir profond à développer par l’homme.
Mais la mort semble introduire un « vice de construction » dans une évolution dont la ligne générale paraissait parfaitement harmonieuse. Elle ne pourrait avoir produit qu’un être à la fois lucide et mortel qui connaîtrait la cruauté de sa condition, que les animaux ont au moins l’avantage d’ignorer. La mort de personnes conscientes ne serait pas la seule monstruosité de l’Univers. La souffrance et la mort des enfants restent toujours scandaleuses.
Teilhard a l’expérience de la misère physique et morale. Il les a rencontrées pendant la première guerre mondiale. Mais il a aussi pu découvrir chez les hommes le goût de se dépasser, une fraternité bienveillante, une communion imposée par les désordres des conflits, l’obligation de penser l’autre dans le danger.
Le père Teilhard a confiance en l’humain, l’Homme ne doit pas perdre le goût de l’Evolution. Il faut que vienne l’ère de « l’Ultra-Humain ». L’humanité doit trouver des raisons de vivre, se forger un idéal. Ce sera le rôle des religions.
Si l’on jette un regard en arrière on peut s’apercevoir que toutes les religions ont contenues en elles un germe de violence par leur désir d’exclusivité chacune étant convaincue de détenir « la vérité ».
La science par ses progrès dans l’approche de l’infiniment grand et de l’infiniment petit n’a pas fait que détruire. Par les nouveaux moyens mis à la disposition des hommes elle a permis à chacun de rencontrer l’un ou l’autre des croyances religieuses, de rechercher ce qu’elles avaient non seulement de différent mais aussi de commun : la Foi. Foi en un avenir où l’homme sera ouvert, attentif à l’autre, aimera l’autre.
L’émergence de mouvement toujours plus nombreux de solidarité, de défense des Droits de l’Homme, écologiques, b[« où s’élaborent, silencieusement, autour de nous, dans la rechercher, l’Ame nouvelle d’une humanité résolue à atteindre coûte que coûte […] l’extrême bout de sa puissance et de sa destinée »,]b nous donne confiance.
Il nous faut maintenant une religion de l’Humanité et de la Terre où « soutenus et guidés par la tradition des grands mystiques humains, nous réussirons par voie de prière et de contemplation à entrer directement en communication avec la source même de cet élan intérieur, l’Amour ».
En conclusion : « Le triomphe définitif et la philosophie de l’histoire, ne sera en réalité que la démonstration complète de la Providence, la découverte, par les procédés de la méthode scientifique, du plan divin qui introduit l’unité et l’harmonie dans le chaos apparent des choses humaines ».
b[i[
Mais la mort semble introduire un « vice de construction » dans une évolution dont la ligne générale paraissait parfaitement harmonieuse. Elle ne pourrait avoir produit qu’un être à la fois lucide et mortel qui connaîtrait la cruauté de sa condition, que les animaux ont au moins l’avantage d’ignorer. La mort de personnes conscientes ne serait pas la seule monstruosité de l’Univers. La souffrance et la mort des enfants restent toujours scandaleuses.
Teilhard a l’expérience de la misère physique et morale. Il les a rencontrées pendant la première guerre mondiale. Mais il a aussi pu découvrir chez les hommes le goût de se dépasser, une fraternité bienveillante, une communion imposée par les désordres des conflits, l’obligation de penser l’autre dans le danger.
Le père Teilhard a confiance en l’humain, l’Homme ne doit pas perdre le goût de l’Evolution. Il faut que vienne l’ère de « l’Ultra-Humain ». L’humanité doit trouver des raisons de vivre, se forger un idéal. Ce sera le rôle des religions.
Si l’on jette un regard en arrière on peut s’apercevoir que toutes les religions ont contenues en elles un germe de violence par leur désir d’exclusivité chacune étant convaincue de détenir « la vérité ».
La science par ses progrès dans l’approche de l’infiniment grand et de l’infiniment petit n’a pas fait que détruire. Par les nouveaux moyens mis à la disposition des hommes elle a permis à chacun de rencontrer l’un ou l’autre des croyances religieuses, de rechercher ce qu’elles avaient non seulement de différent mais aussi de commun : la Foi. Foi en un avenir où l’homme sera ouvert, attentif à l’autre, aimera l’autre.
L’émergence de mouvement toujours plus nombreux de solidarité, de défense des Droits de l’Homme, écologiques, b[« où s’élaborent, silencieusement, autour de nous, dans la rechercher, l’Ame nouvelle d’une humanité résolue à atteindre coûte que coûte […] l’extrême bout de sa puissance et de sa destinée »,]b nous donne confiance.
Il nous faut maintenant une religion de l’Humanité et de la Terre où « soutenus et guidés par la tradition des grands mystiques humains, nous réussirons par voie de prière et de contemplation à entrer directement en communication avec la source même de cet élan intérieur, l’Amour ».
En conclusion : « Le triomphe définitif et la philosophie de l’histoire, ne sera en réalité que la démonstration complète de la Providence, la découverte, par les procédés de la méthode scientifique, du plan divin qui introduit l’unité et l’harmonie dans le chaos apparent des choses humaines ».
b[i[
Jean-Pierre Fressafond
Actualités
lien Teilhard International
Bravo pour votre site que je découvre grâce à une "alerte" de Google.
Il me paraît très sympathique et donc très incitatif.
Aussi je vous invite à découvrir également celui mis au point l'année dernière par le Centre Européen Teilhard à l'occasion de l'opération ASSISE 2010 et qui demeure désormais consacré à l'Exposition Ensemble, construisons la Terre, qui en était issue.
Après avoir été présentée à la Mairie du XVIe arrondissement à Paris, l'Exposition est devenue itinérante, elle a été au Collège jésuite Tivoli, à Bordeaux, et vient de passer - avec grand succès - par deux endroits à St Maur des Fossés, dans le Val de Marne, pendant trois semaines. Voir :
- http://www.teilhard-international.com/assise2010/
- Association des amis de Pierre Teilhard de Chardin , 114 rue Vaugirard 75006 Paris, www.teilhard.org
Nous pourrions vous en faire parvenir le catalogue avec son DVD, si cela vous intéresse, il vous suffira de le demander à l'Association ou à moi-même directement. Je vous envoie déjà la 4e de couverture qui en donne une introduction. (1)
Après avoir pris connaissance à travers ces différents moyens je vous suggère pour commencer d'ajouter ce lien à ceux que vous signalez, très justement, déjà !
Il suffit de renvoyer simplement aussi à teilhard-international.com
Merci et encore bravo.
Unissons nos efforts pour faire connaître Teilhard à un monde qui en a grand besoin.
Amicalement, Remo Vescia
(1) Réunir par delà l’espace et le temps, trois personnages en apparence très différents, St. François, né à Assise, en 1181, en plein Moyen Âge, Teilhard de Chardin, né près de Clermont Ferrand, sept siècles plus tard, en 1881, et le poète et calligraphe franco-chinois François Cheng, né en 1929, à Nanchang, en pleine révolution chinoise, c’est reconnaître le lien spirituel, poétique et mystique qui les unit et les rend si proches dans leur foi en un même Dieu d’Amour Universel, le Christ, « sommet de l’Évolution ».
Chacun à sa manière invite à un chemin ascensionnel d’intériorité spirituelle. Un même regard vers l’Essentiel. A St. François, l’amour de la Création dans ses forces de vie obscures et lumineuses, astres, éléments, êtres vivants, et le rêve de restaurer l’Église de son temps. A Teilhard, la foi en la puissance spirituelle de la Matière organique et la vision dynamique d’un Monde en évolution vers l’Unique. A François Cheng, la connexion au Souffle primordial qui transforme son œuvre de calligraphe et son univers de poète de la Beauté.
Aussi, le parcours que propose l’Exposition TEILHARD DE CHARDIN « Ensemble, construisons la Terre dans la Paix et l’Amour » en une centaine de panneaux iconographiques, donne sens à la Vie ouverte par la Connaissance et l’Amour, vers la Joie spirituelle. Le mot sens, pris dans les trois acceptions chères à François Cheng : de sensation au niveau physique, de direction au niveau intellectuel, et de signification au niveau spirituel, qui « cristallisent les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l’univers vivant ».
Ainsi le message unitaire que délivrent nos trois guides s’éclaire mutuellement : à partir du même Souffle d’Énergie qui nous porte, s’inscrire dans le flux qui élève et, sans rien négliger de la souffrance du monde, vivre dans la Paix et s’accomplir dans l’Amour universel dans la Joie spirituelle de la création en devenir.
Remo Vescia
Commissaire de l’Exposition vesciaremo@gmail.com
Centre Européen Teilhard site : teilhard-international.com
Président honoraire du Centre Européen Teilhard
1, quai aux Fleurs
75004 Paris
tél. 01 43 54 88 30 et O6 70 32 17 88
Il me paraît très sympathique et donc très incitatif.
Aussi je vous invite à découvrir également celui mis au point l'année dernière par le Centre Européen Teilhard à l'occasion de l'opération ASSISE 2010 et qui demeure désormais consacré à l'Exposition Ensemble, construisons la Terre, qui en était issue.
Après avoir été présentée à la Mairie du XVIe arrondissement à Paris, l'Exposition est devenue itinérante, elle a été au Collège jésuite Tivoli, à Bordeaux, et vient de passer - avec grand succès - par deux endroits à St Maur des Fossés, dans le Val de Marne, pendant trois semaines. Voir :
- http://www.teilhard-international.com/assise2010/
- Association des amis de Pierre Teilhard de Chardin , 114 rue Vaugirard 75006 Paris, www.teilhard.org
Nous pourrions vous en faire parvenir le catalogue avec son DVD, si cela vous intéresse, il vous suffira de le demander à l'Association ou à moi-même directement. Je vous envoie déjà la 4e de couverture qui en donne une introduction. (1)
Après avoir pris connaissance à travers ces différents moyens je vous suggère pour commencer d'ajouter ce lien à ceux que vous signalez, très justement, déjà !
Il suffit de renvoyer simplement aussi à teilhard-international.com
Merci et encore bravo.
Unissons nos efforts pour faire connaître Teilhard à un monde qui en a grand besoin.
Amicalement, Remo Vescia
(1) Réunir par delà l’espace et le temps, trois personnages en apparence très différents, St. François, né à Assise, en 1181, en plein Moyen Âge, Teilhard de Chardin, né près de Clermont Ferrand, sept siècles plus tard, en 1881, et le poète et calligraphe franco-chinois François Cheng, né en 1929, à Nanchang, en pleine révolution chinoise, c’est reconnaître le lien spirituel, poétique et mystique qui les unit et les rend si proches dans leur foi en un même Dieu d’Amour Universel, le Christ, « sommet de l’Évolution ».
Chacun à sa manière invite à un chemin ascensionnel d’intériorité spirituelle. Un même regard vers l’Essentiel. A St. François, l’amour de la Création dans ses forces de vie obscures et lumineuses, astres, éléments, êtres vivants, et le rêve de restaurer l’Église de son temps. A Teilhard, la foi en la puissance spirituelle de la Matière organique et la vision dynamique d’un Monde en évolution vers l’Unique. A François Cheng, la connexion au Souffle primordial qui transforme son œuvre de calligraphe et son univers de poète de la Beauté.
Aussi, le parcours que propose l’Exposition TEILHARD DE CHARDIN « Ensemble, construisons la Terre dans la Paix et l’Amour » en une centaine de panneaux iconographiques, donne sens à la Vie ouverte par la Connaissance et l’Amour, vers la Joie spirituelle. Le mot sens, pris dans les trois acceptions chères à François Cheng : de sensation au niveau physique, de direction au niveau intellectuel, et de signification au niveau spirituel, qui « cristallisent les trois niveaux essentiels de notre existence au sein de l’univers vivant ».
Ainsi le message unitaire que délivrent nos trois guides s’éclaire mutuellement : à partir du même Souffle d’Énergie qui nous porte, s’inscrire dans le flux qui élève et, sans rien négliger de la souffrance du monde, vivre dans la Paix et s’accomplir dans l’Amour universel dans la Joie spirituelle de la création en devenir.
Remo Vescia
Commissaire de l’Exposition vesciaremo@gmail.com
Centre Européen Teilhard site : teilhard-international.com
Président honoraire du Centre Européen Teilhard
1, quai aux Fleurs
75004 Paris
tél. 01 43 54 88 30 et O6 70 32 17 88
Jean-Pierre Fressafond
Actualités
Marcel Comby/chapitre 18/L'AVENIR DE L'HOMME/Le coeur du problème
Dimanche 30 Octobre 2011
Ce diagramme d’où jaillissent trois forces OX, OY, OR me fait penser au symbolisme de la Croix. Pour Teilhard , la Croix ne doit en aucun cas disparaître de l'horizon de la Foi, ni revêtir un caractère purement doloriste. Il précise :
« il est parfaitement vrai que la Croix signifie évasion hors du monde sensible et même en un sens rupture avec ce monde...
Par les derniers termes de l'Ascension où elle nous convie, elle nous force en effet à franchir un palier, un point critique par où nous perdons pied avec la Zone des Réalités sensibles...
Cet "excès" final , entrevu et accepté dès les premiers pas, jette forcément un jour, un esprit particulier sur toutes nos démarches ...
Et voilà précisément où gît la folie chrétienne au regard des "sages" qui ne veulent risquer sur un total " Au-delà" aucun des biens qu'ils ont actuellement entre les mains ». ( Milieu Divin 118)
Au chapitre 18 de son livre : « L’avenir de l’homme » et dans le cadre de la crise religieuse moderne, Teilhard de Chardin tente d’expliquer les sources de conflit entre l’horizontalité, image de la modernité, et la verticalité, image de la foi chrétienne dans tout son absolu. Il parle de foi chrétienne rectifiée. Comme tout scientifique, il ne manque pas de recourir à un modèle mathématique dont le but est de résumer sa pensée. A son modèle je préfère celui de la roue ou celui de la rosace.
Avec le centre, le cercle et le carré, la croix est un des symboles les plus universels et les plus puissants. Son existence est attestée depuis le XVIème siècle avant J.- C. en Egypte et en Chine. Elle établit une relation avec les trois autres symboles dans certaines configurations géométriques présentes dans le patrimoine de nombreuses civilisations. Ce jeu de relations assez complexe fait de la croix le symbole le plus totalisant. Dirigée vers les quatre points cardinaux, la croix est associée à la notion d’orientation qui participe à tous les rapports de l’homme avec son environnement et les réalités cosmiques et transcendantales. Elle ouvre son centre sur l’extérieur et possède également une valeur ascensionnelle . Son pied, à l’instar des racines d’un arbre, plonge dans les enfers, alors que son sommet se dresse vers le trône de Dieu.
Dans les légendes orientales, la croix est assimilable à la symbolique du pont ou de l’échelle par le moyen duquel les âmes accèdent à Dieu. La tradition chrétienne a prodigieusement enrichi le symbole, en y représentant la passion du Sauveur et toute l’histoire du salut de l’homme. La croix symbolise le crucifié, le Christ, le Sauveur, le Verbe, la seconde personne de la Trinité. Des fêtes liturgiques et des hymnes lui sont consacrés : l’invention, l’exaltation, O Crux spes unica. La croix récapitule la création dans son aspect cosmique.
Irénée s’exprime ainsi : « Il est venu sous une forme visible vers ce qui lui appartient et il est devenu chair et il a été accroché à la croix de façon à y résumer en soi l’Univers ».
Cyrille de Jérusalem affirme que : « Dieu a ouvert ses mains sur la croix pour embrasser les limites de l’Oecumene et c’est pourquoi le Mont Golgotha est le pôle du monde ».
On retrouve aussi le symbolisme de la croix au sein de la nature. L’homme les bras étendus, par exemple. Le vol des oiseaux, le bateau et son mât et divers instruments agricoles utilisés dans le labourage de la terre, l’antenne de télévision, la croix gammée, etc…
La croix est présente dans certains thèmes bibliques. Elle est : arbre de vie (Genèse ), Sagesse ( Proverbes ), le bois de l’arche, les baguettes de Moïse qui firent jaillir l’eau, l’arbre planté au bord des eaux courantes, bois auquel est suspendu le serpent d’airain, autant de préfigurations de la croix. On doit faire remarquer la dualité qui caractérise le sens de la croix , en distinguant la croix du Christ souffrant, le gibet et la croix glorieuse, envisagée dans son sens eschatologique, celle de la parousie qui doit apparaître avant le retour du Christ.
Le mystère de la Rédemption est généralement conçu de la manière suivante :
L’homme déchu de l’état primordial et devenu esclave du péché, est « racheté » par le sang du Christ. Cette conception juridique, accessible à toute mentalité moraliste, mérite qu’on s’attarde sur le symbolisme qui permet de se délivrer des rigidités de la pensée.
Les notions de verticale et d’horizontale amènent à distinguer deux domaines
profondément différents :
Le monde créé et l’univers visible ou mesurable qui se situe symboliquement sur un plan horizontal.
Le monde spirituel ou surnaturel qui se situe symboliquement sur la verticale.
Le point de rencontre des deux directions orthogonales peut être considéré comme le « centre » d’un monde où s’établissent les communications entre le domaine de la manifestation et le domaine du divin.
Dans ces conditions, la spiritualité n’a rien à voir avec les seules interactions entre l’homme et les réalités terrestres, qui se situent alors sur la circonférence de la « Roue cosmique ». Elle est plutôt un « retour au centre » suivant les rayons de la roue, dont la configuration ne laisse pas sans évoquer le symbolisme évangélique de la « Porte étroite » ( Mat, VII, 13 ). Ce symbolisme est aussi celui du Cœur, qui n’est pas le siège du sentiment, mais le lieu de la manifestation du Principe Suprême, du Verbe ou du Saint – Esprit.
La dynamique de l’image réside dans le fait que le retour au centre ne peut se produire à l’initiative de la circonférence, mais par un rayonnement du centre qui atteint tous les points de la circonférence afin de les ramener au Centre vital.
La « chute » correspond en fait, à l’éloignement du Centre, à la rupture de l’unité et de l’harmonie avec le Centre et la dispersion suivant toutes les multiplicités sur la circonférence. Cette dernière constitue l’ensemble où se vit l’illusion de la séparativité.
La Rédemption est le « retour à l’Unité principielle. Citons ces affirmations évocatrices :
« Et moi quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » ( Jean, XII, 32 )
«Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » ( Jean VI, 44 )
Caïphe prophétise que Jésus devait mourir « afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés » ( Jean XI, 52 )
On peut enfin citer l’Epitre aux Ephésiens où l’on découvre que le désir divin est de « réunir toutes choses en Jésus- Christ »
« …étant enracinés et fondés dans la charité, vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu » ( III, 17-19 )
Il importe de bien comprendre que le double mouvement d’éloignement du centre ( la Chute ) et de retour au centre ( la Rédemption ), est tout à fait analogue aux deux phases de la respiration ou aux pulsations du cœur. Par contre, il ne peut être conçu de manière anthropologique. Il est essentiellement intemporel.
Pour reprendre un langage symbolique, disons que cette « respiration mystique » ne s’effectue pas sur la circonférence, mais le long des rayons de la roue, ce qui est conforme à la parole évangélique : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » ( Luc XVII, 20 ).
Il s’en suit que le mystère de la Croix est de caractère « extra social », donc non humain, bien que l’homme soit invité à vivre et à partager cet événement qui est à la base de toutes les réalités liées au Christianisme. La croix est souvent associée à la souffrance de l’homme qui se trouve inexorablement voué à supporter toutes les épreuves de sa vie.
D’ailleurs la forme de la croix suggère un écartèlement de la personne entre la voie de l’horizontalité et celle de la verticalité. On évoque parfois cette notion psychanalytique de « névrose chrétienne ».
En réalité, porter sa croix, signifie : tracer la croix à l’intérieur du cercle, c'est-à-dire réunir en son cœur le culte dévolu à Dieu par la foi, et le rapport avec l’humanité à travers la morale, la science et la politique, afin de tout ramener au Centre. C’est le sens de la direction OR du modèle teihardien.
Le Christianisme n’est pas qu’un humanisme universel ! En réalité la circonférence est fermée et on ne peut en sortir qu’en suivant la verticale :
« Celui qui perd sa vie la trouvera ».
En dépit du paradoxe, c’est la mort qui donne un « sens » à la vie. Elle est un accomplissement où tout ce qui a été effectué au cours de la vie est
« résumé » et « jugé ».
Dans le cadre des interrogations de Teilhard, on doit faire remarquer que la personne humaine contient, en son âme, à la fois un principe immanent et un principe transcendant qui fait que le conflit évoqué par lui est à considérer avec une grande prudence. De l’athéisme tout relatif au mysticisme le plus exalté, en passant par l’idéalisme d’un christianisme purement sociologique, il existe une myriade de comportements divers tous aussi respectables car fondés sur des expériences de vie. Il serait bon cependant de mettre l’accent sur certaines caractéristiques fondamentales du christianisme négligées par nos contemporains. Ainsi il convient d’examiner de plus près la grande question de la condition humaine à travers la souffrance dans tous ses aspects.
Dans le cadre des religions orientales, la pratique de la méditation fait qu’on applique les règles inspirées par Bouddha selon lesquelles l’homme doit échapper aux contraintes de son ego et se laisser conduire sans crispation vers un certain état de fusion avec les autres, avec l’univers tout entier. Dans cette démarche de la personne, il est largement question de s’affranchir de certaines formes de souffrances et d’acquérir une sagesse propice à l’éclosion d’un certain bonheur terrestre. Pour cette raison, on doit remarquer tout le succès rencontré en Europe par diverses philosophies d’origine extrême-orientales qui proposent une manière de conduire sa vie selon une logique satisfaisante pour des hommes soumis à tous les inconvénients de la société moderne. Le Bouddhisme, me disait un moine zen, est la plus rationnelle de toutes les religions. Il avait, en partie raison et on peut dire que la réalité de la réincarnation procède d’un raisonnement logique des plus cartésiens mais, en réalité, il s’agit là d’une hypothèse invérifiable.
Dans le cas du Christianisme, les choses ne se présentent pas sous le même aspect de bonheur immédiat, de lutte contre soi-même dans la recherche d’une perfection totalement immanente. Le problème de la souffrance, par exemple, ne peut être envisagé suivant un même schéma logique. La métaphysique orientale est une métaphysique tronquée car elle évacue l’essentiel du Mystère Chrétien et le symbolisme profond de la Croix du Christ. L’homme moderne ne saisit pas vraiment le sens qui en émane et il ne voit souvent que le côté doctrinal et dogmatique. Il n’y a qu’à ouvrir un débat sur la valeur et l’utilité des religions pour constater le vide qui sous tend une pensée démunie de repères véritables. Il est reconnu que de nos jours, la religion s’est figée dans de multiples opinions et démarches de caractère foncièrement individuel. De plus l’héritage chrétien devient de plus en plus impossible à transmettre.
La souffrance fait partie de notre condition terrestre mais reste toutefois un profond mystère. On dit d’ailleurs, pour les plantes du monde végétal, que même la fleur est associée à un processus de souffrance. Toute l’humanité est soumise à cette alternative de paix et de violence, de joie et de tristesse, de plénitude et de douleurs morales ou physiques. Tout homme est, au moins une fois dans sa vie, face à une épreuve, mais c’est souvent l’épreuve qui fortifie son être…à moins que cette épreuve ne le détruise… La souffrance reste une énigme et nous sommes devant elle des êtres souvent démunis mais libres, au moins en partie. L’échec est vécu comme un drame de sorte que la vieillesse et la mort enferment l’homme dans une situation d’angoisse qui le terrorise. Alors la vie devient un non sens et une recherche des seuls plaisirs immédiats. Même les religions ne jouent plus leur rôle de faiseuses de sens car l’être humain de notre temps ne comprend et n’admet que ce qui est “tangible” et d’ordre de l’émotionnel.
Durant son séjour ici-bas, l’homme rencontre, en de multiples occasions des états de souffrance physiques ou morales dont il ne connaît ni l’issue ni le sens. Son intelligence et sa liberté relative lui donnent souvent la possibilité de faire face à sa douleur par l’utilisation de thérapeutiques appropriées. Il existe des cas particulièrement tragiques où se trouvent en cause des contraintes morales ou religieuses qui affectent le mental et le soma de manière irréversible. L’illusion consiste à penser, en toute logique, que des circonstances plus ou moins malheureuses, peuvent conduire la personne concernée à un échec inexorable. C’est ainsi que certains vivront dans un perpétuel état d’insatisfaction pour des raisons diverses liées à un passé qui ne s’est pas très bien déroulé, à cause de soi ou à cause des autres,que sais-je? Des personnes reconnaissent : « ne pas s’aimer soi-même ! ».
La théologie chrétienne fournit une réponse à de multiples types de problèmes et s’inscrit nécessairement dans une anthropologie qui va à l’encontre des préjugés habituels.
-D’une part il n’existe aucune thérapie permettant, à tout moment, de prévenir et d’effacer définitivement la souffrance. Nous vivons à la fois avec notre liberté d’entreprendre tout ce qui nous conduira vers la guérison et avec la capacité plus ou moins grande de faire face à tout événement. Notre vie est d’une très importante complexité et une lutte permanente contre la déchéance passée, présente ou lointaine.
- D’autre part il faut bien comprendre et admettre que la souffrance de l’homme rappelle de manière mystérieuse mais inévitable les douleurs de la Crucifixion. Dans la théorie de l’évolution, on ne peut évacuer totalement l’idée que tout le vivant est soumis à l’épreuve d’un drame qui le concerne de la naissance à la mort et dont l’origine se situe dans le champ de la métaphysique. La doctrine chrétienne nous autorise cependant à faire face à toute situation insupportable mais elle n’autorise pas à en nier le sens mystique. L’homme est associé à la passion du Christ et à la Rédemption. Mais justement les Evangiles ne nous apportent pas seulement un message stoïcien, porteur des seules contraintes morales. Jésus nous parle essentiellement de souffrance mais aussi de guérison et ceci est fondamental dans la mesure où le message ne représente pas qu’une pure abstraction et un ticket de faveur pour la vie éternelle.
Je me permets de dresser un parallèle :
■ La science n’est pas seulement un ensemble d’équations mathématiques ; elle accorde une large place à l’expérience et à l’expérimentation. Cela, tout le monde le comprend et l’accepte. Nous sommes à la fois corps et esprit, filles et fils de la matière. De plus, il n’y a de science que du général, de l’universel.
■ La spiritualité chrétienne n’est pas non plus seulement un recueil de ce que certains appellent des « bondieuseries », des rites et des pratiques pour tout le moins formels ; elle accorde une large place à l’expérience et à l’œuvre de l’Esprit qui éprouve l’homme certes mais qui le guérit lorsque celui-ci se trouve en état d’abandon, de dépouillement de soi, de ce qu’on appelle la kénosis. L’œuvre de guérison peut se comprendre de différentes manières. « Dieu fait que les choses se fassent » écrit Teilhard. Il s’agit d’une bonne formulation mais elle est incomplète. Les choses vont beaucoup plus loin ; la relation de l’homme à Dieu comporte un certain travail sur soi qui entre dans le cadre d’une logique qui n’est pas la nôtre. C’est avant tout la volonté divine qui s’exprime et non la rationalité humaine. Dieu semble se manifester indirectement, incognito, mais, ce qui est difficile à faire admettre, c’est que Dieu peut se manifester directement et de manière singulière. On dira donc : il n’y a de métaphysique que du singulier et de l’improbable. Ce Dieu absent dont parlent les théologiens, ne l’est plus tout à fait ; mais le monde moderne a beaucoup de mal à intégrer le fait que la Christogenèse de Teilhard ne comporte pas qu’un aspect purement intellectuel. Cette présence authentique du Christ peut justement se traduire, soit dans une transformation psychique qui apaise l’esprit, soit par des manifestations d’ordre physique qui violent les lois naturelles. Le corps revêt autant d’importance que la psyché.
En parlant ainsi de ces choses là, nous abandonnons complètement le champ de la science pour ne retenir que le domaine le plus intime de la spiritualité. Teilhard peut avoir vécu ces expériences supra naturelles à sa manière.
Réconcilier nos civilisations déchristianisées avec les exigences de la morale chrétienne ne passe-t-il pas par une certaine révolution de la pensée et une saine conversion des âmes ? Le Christianisme, comme je l’ai entendu maintes fois, ne constitue pas en soi une religion au sens étymologique du terme, ni une philosophie, ni une culture, ni une idéologie. Il s’agit plutôt d’une Sagesse universelle qui comporte naturellement des valeurs que l’on retrouve facilement dans les spiritualités les plus antiques. Mais on ne doit pas l’enfermer dans un relativisme de circonstance qui ferait rêver tous ceux qui voudraient que ce soit Jésus et son Eglise qui s’adaptent à l’homme dans un renversement de valeurs. Cela n’est pas correct.. Mais cette révolution de la pensée que j’ai évoquée plus haut, s’adresse aussi à tous ceux qui ont pour charge de veiller à la conservation d’une pierre précieuse cachée encore dans sa gangue. Briser la coque du fruit, c’est sans doute ce que Teilhard désirait accomplir, avec les moyens dont il disposait. En fait, l’homme contemporain a atteint un étrange niveau de régression.
Nous sommes prisonniers des contingences : notre conception du monde, nos constructions intellectuelles, nos choix, nos organisations sociétales et toutes nos idées sur Dieu en fin de compte. Nous sommes limités par notre langage, par notre conscience cartésienne, par nos dialectiques qui s’affirment souvent comme l’expression de cette Vérité si lointaine. La condition humaine ne peut que nous engager à pratiquer la vertu de modestie ! Par contre les progrès de la Science et de la Recherche en général, ne dispensent pas de faire progresser les réflexions de fond sur le fait religieux et sur sa place dans le monde moderne.
Ce terme de « guérison » sur lequel j’ai volontairement insisté (et ce n’est pas là une foucade), n’est pas que la conséquence de nos recherches biologiques même si elles s’avèrent stupéfiantes ; il est aussi l’expression phénoménologique d’une réalité que Teilhard dirait cosmique. Je pense ne pas dériver en affirmant que, dans le cadre de la « Création continue », l’homme est associé dans la temporalité à tout le Mystère d’un Dieu qui s’est incarné, qui a souffert et qui a racheté chaque être humain. Il ne peut donc se soustraire à l’incertitude, à l’angoisse de la mort et à la souffrance. Par contre il possède, s’il le veut en toute liberté, la capacité d’avoir son regard tourné vers le ciel.
« il est parfaitement vrai que la Croix signifie évasion hors du monde sensible et même en un sens rupture avec ce monde...
Par les derniers termes de l'Ascension où elle nous convie, elle nous force en effet à franchir un palier, un point critique par où nous perdons pied avec la Zone des Réalités sensibles...
Cet "excès" final , entrevu et accepté dès les premiers pas, jette forcément un jour, un esprit particulier sur toutes nos démarches ...
Et voilà précisément où gît la folie chrétienne au regard des "sages" qui ne veulent risquer sur un total " Au-delà" aucun des biens qu'ils ont actuellement entre les mains ». ( Milieu Divin 118)
Au chapitre 18 de son livre : « L’avenir de l’homme » et dans le cadre de la crise religieuse moderne, Teilhard de Chardin tente d’expliquer les sources de conflit entre l’horizontalité, image de la modernité, et la verticalité, image de la foi chrétienne dans tout son absolu. Il parle de foi chrétienne rectifiée. Comme tout scientifique, il ne manque pas de recourir à un modèle mathématique dont le but est de résumer sa pensée. A son modèle je préfère celui de la roue ou celui de la rosace.
Avec le centre, le cercle et le carré, la croix est un des symboles les plus universels et les plus puissants. Son existence est attestée depuis le XVIème siècle avant J.- C. en Egypte et en Chine. Elle établit une relation avec les trois autres symboles dans certaines configurations géométriques présentes dans le patrimoine de nombreuses civilisations. Ce jeu de relations assez complexe fait de la croix le symbole le plus totalisant. Dirigée vers les quatre points cardinaux, la croix est associée à la notion d’orientation qui participe à tous les rapports de l’homme avec son environnement et les réalités cosmiques et transcendantales. Elle ouvre son centre sur l’extérieur et possède également une valeur ascensionnelle . Son pied, à l’instar des racines d’un arbre, plonge dans les enfers, alors que son sommet se dresse vers le trône de Dieu.
Dans les légendes orientales, la croix est assimilable à la symbolique du pont ou de l’échelle par le moyen duquel les âmes accèdent à Dieu. La tradition chrétienne a prodigieusement enrichi le symbole, en y représentant la passion du Sauveur et toute l’histoire du salut de l’homme. La croix symbolise le crucifié, le Christ, le Sauveur, le Verbe, la seconde personne de la Trinité. Des fêtes liturgiques et des hymnes lui sont consacrés : l’invention, l’exaltation, O Crux spes unica. La croix récapitule la création dans son aspect cosmique.
Irénée s’exprime ainsi : « Il est venu sous une forme visible vers ce qui lui appartient et il est devenu chair et il a été accroché à la croix de façon à y résumer en soi l’Univers ».
Cyrille de Jérusalem affirme que : « Dieu a ouvert ses mains sur la croix pour embrasser les limites de l’Oecumene et c’est pourquoi le Mont Golgotha est le pôle du monde ».
On retrouve aussi le symbolisme de la croix au sein de la nature. L’homme les bras étendus, par exemple. Le vol des oiseaux, le bateau et son mât et divers instruments agricoles utilisés dans le labourage de la terre, l’antenne de télévision, la croix gammée, etc…
La croix est présente dans certains thèmes bibliques. Elle est : arbre de vie (Genèse ), Sagesse ( Proverbes ), le bois de l’arche, les baguettes de Moïse qui firent jaillir l’eau, l’arbre planté au bord des eaux courantes, bois auquel est suspendu le serpent d’airain, autant de préfigurations de la croix. On doit faire remarquer la dualité qui caractérise le sens de la croix , en distinguant la croix du Christ souffrant, le gibet et la croix glorieuse, envisagée dans son sens eschatologique, celle de la parousie qui doit apparaître avant le retour du Christ.
Le mystère de la Rédemption est généralement conçu de la manière suivante :
L’homme déchu de l’état primordial et devenu esclave du péché, est « racheté » par le sang du Christ. Cette conception juridique, accessible à toute mentalité moraliste, mérite qu’on s’attarde sur le symbolisme qui permet de se délivrer des rigidités de la pensée.
Les notions de verticale et d’horizontale amènent à distinguer deux domaines
profondément différents :
Le monde créé et l’univers visible ou mesurable qui se situe symboliquement sur un plan horizontal.
Le monde spirituel ou surnaturel qui se situe symboliquement sur la verticale.
Le point de rencontre des deux directions orthogonales peut être considéré comme le « centre » d’un monde où s’établissent les communications entre le domaine de la manifestation et le domaine du divin.
Dans ces conditions, la spiritualité n’a rien à voir avec les seules interactions entre l’homme et les réalités terrestres, qui se situent alors sur la circonférence de la « Roue cosmique ». Elle est plutôt un « retour au centre » suivant les rayons de la roue, dont la configuration ne laisse pas sans évoquer le symbolisme évangélique de la « Porte étroite » ( Mat, VII, 13 ). Ce symbolisme est aussi celui du Cœur, qui n’est pas le siège du sentiment, mais le lieu de la manifestation du Principe Suprême, du Verbe ou du Saint – Esprit.
La dynamique de l’image réside dans le fait que le retour au centre ne peut se produire à l’initiative de la circonférence, mais par un rayonnement du centre qui atteint tous les points de la circonférence afin de les ramener au Centre vital.
La « chute » correspond en fait, à l’éloignement du Centre, à la rupture de l’unité et de l’harmonie avec le Centre et la dispersion suivant toutes les multiplicités sur la circonférence. Cette dernière constitue l’ensemble où se vit l’illusion de la séparativité.
La Rédemption est le « retour à l’Unité principielle. Citons ces affirmations évocatrices :
« Et moi quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » ( Jean, XII, 32 )
«Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » ( Jean VI, 44 )
Caïphe prophétise que Jésus devait mourir « afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés » ( Jean XI, 52 )
On peut enfin citer l’Epitre aux Ephésiens où l’on découvre que le désir divin est de « réunir toutes choses en Jésus- Christ »
« …étant enracinés et fondés dans la charité, vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu » ( III, 17-19 )
Il importe de bien comprendre que le double mouvement d’éloignement du centre ( la Chute ) et de retour au centre ( la Rédemption ), est tout à fait analogue aux deux phases de la respiration ou aux pulsations du cœur. Par contre, il ne peut être conçu de manière anthropologique. Il est essentiellement intemporel.
Pour reprendre un langage symbolique, disons que cette « respiration mystique » ne s’effectue pas sur la circonférence, mais le long des rayons de la roue, ce qui est conforme à la parole évangélique : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » ( Luc XVII, 20 ).
Il s’en suit que le mystère de la Croix est de caractère « extra social », donc non humain, bien que l’homme soit invité à vivre et à partager cet événement qui est à la base de toutes les réalités liées au Christianisme. La croix est souvent associée à la souffrance de l’homme qui se trouve inexorablement voué à supporter toutes les épreuves de sa vie.
D’ailleurs la forme de la croix suggère un écartèlement de la personne entre la voie de l’horizontalité et celle de la verticalité. On évoque parfois cette notion psychanalytique de « névrose chrétienne ».
En réalité, porter sa croix, signifie : tracer la croix à l’intérieur du cercle, c'est-à-dire réunir en son cœur le culte dévolu à Dieu par la foi, et le rapport avec l’humanité à travers la morale, la science et la politique, afin de tout ramener au Centre. C’est le sens de la direction OR du modèle teihardien.
Le Christianisme n’est pas qu’un humanisme universel ! En réalité la circonférence est fermée et on ne peut en sortir qu’en suivant la verticale :
« Celui qui perd sa vie la trouvera ».
En dépit du paradoxe, c’est la mort qui donne un « sens » à la vie. Elle est un accomplissement où tout ce qui a été effectué au cours de la vie est
« résumé » et « jugé ».
Dans le cadre des interrogations de Teilhard, on doit faire remarquer que la personne humaine contient, en son âme, à la fois un principe immanent et un principe transcendant qui fait que le conflit évoqué par lui est à considérer avec une grande prudence. De l’athéisme tout relatif au mysticisme le plus exalté, en passant par l’idéalisme d’un christianisme purement sociologique, il existe une myriade de comportements divers tous aussi respectables car fondés sur des expériences de vie. Il serait bon cependant de mettre l’accent sur certaines caractéristiques fondamentales du christianisme négligées par nos contemporains. Ainsi il convient d’examiner de plus près la grande question de la condition humaine à travers la souffrance dans tous ses aspects.
Dans le cadre des religions orientales, la pratique de la méditation fait qu’on applique les règles inspirées par Bouddha selon lesquelles l’homme doit échapper aux contraintes de son ego et se laisser conduire sans crispation vers un certain état de fusion avec les autres, avec l’univers tout entier. Dans cette démarche de la personne, il est largement question de s’affranchir de certaines formes de souffrances et d’acquérir une sagesse propice à l’éclosion d’un certain bonheur terrestre. Pour cette raison, on doit remarquer tout le succès rencontré en Europe par diverses philosophies d’origine extrême-orientales qui proposent une manière de conduire sa vie selon une logique satisfaisante pour des hommes soumis à tous les inconvénients de la société moderne. Le Bouddhisme, me disait un moine zen, est la plus rationnelle de toutes les religions. Il avait, en partie raison et on peut dire que la réalité de la réincarnation procède d’un raisonnement logique des plus cartésiens mais, en réalité, il s’agit là d’une hypothèse invérifiable.
Dans le cas du Christianisme, les choses ne se présentent pas sous le même aspect de bonheur immédiat, de lutte contre soi-même dans la recherche d’une perfection totalement immanente. Le problème de la souffrance, par exemple, ne peut être envisagé suivant un même schéma logique. La métaphysique orientale est une métaphysique tronquée car elle évacue l’essentiel du Mystère Chrétien et le symbolisme profond de la Croix du Christ. L’homme moderne ne saisit pas vraiment le sens qui en émane et il ne voit souvent que le côté doctrinal et dogmatique. Il n’y a qu’à ouvrir un débat sur la valeur et l’utilité des religions pour constater le vide qui sous tend une pensée démunie de repères véritables. Il est reconnu que de nos jours, la religion s’est figée dans de multiples opinions et démarches de caractère foncièrement individuel. De plus l’héritage chrétien devient de plus en plus impossible à transmettre.
La souffrance fait partie de notre condition terrestre mais reste toutefois un profond mystère. On dit d’ailleurs, pour les plantes du monde végétal, que même la fleur est associée à un processus de souffrance. Toute l’humanité est soumise à cette alternative de paix et de violence, de joie et de tristesse, de plénitude et de douleurs morales ou physiques. Tout homme est, au moins une fois dans sa vie, face à une épreuve, mais c’est souvent l’épreuve qui fortifie son être…à moins que cette épreuve ne le détruise… La souffrance reste une énigme et nous sommes devant elle des êtres souvent démunis mais libres, au moins en partie. L’échec est vécu comme un drame de sorte que la vieillesse et la mort enferment l’homme dans une situation d’angoisse qui le terrorise. Alors la vie devient un non sens et une recherche des seuls plaisirs immédiats. Même les religions ne jouent plus leur rôle de faiseuses de sens car l’être humain de notre temps ne comprend et n’admet que ce qui est “tangible” et d’ordre de l’émotionnel.
Durant son séjour ici-bas, l’homme rencontre, en de multiples occasions des états de souffrance physiques ou morales dont il ne connaît ni l’issue ni le sens. Son intelligence et sa liberté relative lui donnent souvent la possibilité de faire face à sa douleur par l’utilisation de thérapeutiques appropriées. Il existe des cas particulièrement tragiques où se trouvent en cause des contraintes morales ou religieuses qui affectent le mental et le soma de manière irréversible. L’illusion consiste à penser, en toute logique, que des circonstances plus ou moins malheureuses, peuvent conduire la personne concernée à un échec inexorable. C’est ainsi que certains vivront dans un perpétuel état d’insatisfaction pour des raisons diverses liées à un passé qui ne s’est pas très bien déroulé, à cause de soi ou à cause des autres,que sais-je? Des personnes reconnaissent : « ne pas s’aimer soi-même ! ».
La théologie chrétienne fournit une réponse à de multiples types de problèmes et s’inscrit nécessairement dans une anthropologie qui va à l’encontre des préjugés habituels.
-D’une part il n’existe aucune thérapie permettant, à tout moment, de prévenir et d’effacer définitivement la souffrance. Nous vivons à la fois avec notre liberté d’entreprendre tout ce qui nous conduira vers la guérison et avec la capacité plus ou moins grande de faire face à tout événement. Notre vie est d’une très importante complexité et une lutte permanente contre la déchéance passée, présente ou lointaine.
- D’autre part il faut bien comprendre et admettre que la souffrance de l’homme rappelle de manière mystérieuse mais inévitable les douleurs de la Crucifixion. Dans la théorie de l’évolution, on ne peut évacuer totalement l’idée que tout le vivant est soumis à l’épreuve d’un drame qui le concerne de la naissance à la mort et dont l’origine se situe dans le champ de la métaphysique. La doctrine chrétienne nous autorise cependant à faire face à toute situation insupportable mais elle n’autorise pas à en nier le sens mystique. L’homme est associé à la passion du Christ et à la Rédemption. Mais justement les Evangiles ne nous apportent pas seulement un message stoïcien, porteur des seules contraintes morales. Jésus nous parle essentiellement de souffrance mais aussi de guérison et ceci est fondamental dans la mesure où le message ne représente pas qu’une pure abstraction et un ticket de faveur pour la vie éternelle.
Je me permets de dresser un parallèle :
■ La science n’est pas seulement un ensemble d’équations mathématiques ; elle accorde une large place à l’expérience et à l’expérimentation. Cela, tout le monde le comprend et l’accepte. Nous sommes à la fois corps et esprit, filles et fils de la matière. De plus, il n’y a de science que du général, de l’universel.
■ La spiritualité chrétienne n’est pas non plus seulement un recueil de ce que certains appellent des « bondieuseries », des rites et des pratiques pour tout le moins formels ; elle accorde une large place à l’expérience et à l’œuvre de l’Esprit qui éprouve l’homme certes mais qui le guérit lorsque celui-ci se trouve en état d’abandon, de dépouillement de soi, de ce qu’on appelle la kénosis. L’œuvre de guérison peut se comprendre de différentes manières. « Dieu fait que les choses se fassent » écrit Teilhard. Il s’agit d’une bonne formulation mais elle est incomplète. Les choses vont beaucoup plus loin ; la relation de l’homme à Dieu comporte un certain travail sur soi qui entre dans le cadre d’une logique qui n’est pas la nôtre. C’est avant tout la volonté divine qui s’exprime et non la rationalité humaine. Dieu semble se manifester indirectement, incognito, mais, ce qui est difficile à faire admettre, c’est que Dieu peut se manifester directement et de manière singulière. On dira donc : il n’y a de métaphysique que du singulier et de l’improbable. Ce Dieu absent dont parlent les théologiens, ne l’est plus tout à fait ; mais le monde moderne a beaucoup de mal à intégrer le fait que la Christogenèse de Teilhard ne comporte pas qu’un aspect purement intellectuel. Cette présence authentique du Christ peut justement se traduire, soit dans une transformation psychique qui apaise l’esprit, soit par des manifestations d’ordre physique qui violent les lois naturelles. Le corps revêt autant d’importance que la psyché.
En parlant ainsi de ces choses là, nous abandonnons complètement le champ de la science pour ne retenir que le domaine le plus intime de la spiritualité. Teilhard peut avoir vécu ces expériences supra naturelles à sa manière.
Réconcilier nos civilisations déchristianisées avec les exigences de la morale chrétienne ne passe-t-il pas par une certaine révolution de la pensée et une saine conversion des âmes ? Le Christianisme, comme je l’ai entendu maintes fois, ne constitue pas en soi une religion au sens étymologique du terme, ni une philosophie, ni une culture, ni une idéologie. Il s’agit plutôt d’une Sagesse universelle qui comporte naturellement des valeurs que l’on retrouve facilement dans les spiritualités les plus antiques. Mais on ne doit pas l’enfermer dans un relativisme de circonstance qui ferait rêver tous ceux qui voudraient que ce soit Jésus et son Eglise qui s’adaptent à l’homme dans un renversement de valeurs. Cela n’est pas correct.. Mais cette révolution de la pensée que j’ai évoquée plus haut, s’adresse aussi à tous ceux qui ont pour charge de veiller à la conservation d’une pierre précieuse cachée encore dans sa gangue. Briser la coque du fruit, c’est sans doute ce que Teilhard désirait accomplir, avec les moyens dont il disposait. En fait, l’homme contemporain a atteint un étrange niveau de régression.
Nous sommes prisonniers des contingences : notre conception du monde, nos constructions intellectuelles, nos choix, nos organisations sociétales et toutes nos idées sur Dieu en fin de compte. Nous sommes limités par notre langage, par notre conscience cartésienne, par nos dialectiques qui s’affirment souvent comme l’expression de cette Vérité si lointaine. La condition humaine ne peut que nous engager à pratiquer la vertu de modestie ! Par contre les progrès de la Science et de la Recherche en général, ne dispensent pas de faire progresser les réflexions de fond sur le fait religieux et sur sa place dans le monde moderne.
Ce terme de « guérison » sur lequel j’ai volontairement insisté (et ce n’est pas là une foucade), n’est pas que la conséquence de nos recherches biologiques même si elles s’avèrent stupéfiantes ; il est aussi l’expression phénoménologique d’une réalité que Teilhard dirait cosmique. Je pense ne pas dériver en affirmant que, dans le cadre de la « Création continue », l’homme est associé dans la temporalité à tout le Mystère d’un Dieu qui s’est incarné, qui a souffert et qui a racheté chaque être humain. Il ne peut donc se soustraire à l’incertitude, à l’angoisse de la mort et à la souffrance. Par contre il possède, s’il le veut en toute liberté, la capacité d’avoir son regard tourné vers le ciel.
Jean-Pierre Fressafond
Actualités
Daniel ANGRAND/ chapitres 14, 15 et 16
Mercredi 12 Octobre 2011réflexion pour le 23 septembre 2011, L'AVENIR DE L'HOMME, tome 5, Ed. du Seuil
Chapitre 14
Reprise des acquis précédents sur la vie, la réflexion : « Essence exceptionnelle du phénomène Pensée, capacité de se saisir dans un passé, un présent, un avenir » (p.281)
La socialisation, phénomène essentiel de l’hominisation (p.282) : l’homme ne se personnalise complètement que solidairement avec tous les hommes (organisation en réseau). D’où, en conscience, éveil en chacun d’un principe fondamental d’obligation d’agir solidaire (p.288).
La vie n’est pas un simple état, elle représente un vaste « mouvement dirigé » lié à la structure même de la Cosmogénèse : elle a un fil (p.293).
Donc la Révélation chrétienne rejoint la réalité organique expérimentale : l’individu humain ne s’achève et n’existe pleinement que dans une unification de tous les hommes en Dieu. (p.285).
« L’Eglise, axe même du rassemblement » (Quelle Eglise ?).Cf conclusion du chapitre 15 : le succès biologique de l’homme (face expérimentale de la Parousie) est non seulement une probabilité, mais une certitude, puisque le Christ est déjà »ressuscité (certitude dérivée d’un acte de foi surnaturel qui laisse subsister, à leur niveau, toutes les anxiétés de la condition humaine (p.304-305)
Chapitre 15 Les directions de l’avenir :
a) La montée continue de l’unification sociale (p.295,cf,supra)
b) La montée de la technique, du phénomène industriel, permet la montée de la vision vers un maximum de conscience pour un minimum d’efforts ; toujours plus de conscience formée sur des agencements toujours plus compliquées, pour plus d’autonomie (p.298) ; "non pas puissance d’asservissement mais force de libération" .
Les conditions de l’avenir De survie (respect de l’ecosystème). Prenons garde !
De santé : gérer l’explosion démographique, tournant dangereux !
De synthèse : de par la nature même du phénomène réfléchi, la personnalisation centrique requiert une atmosphère d’unanimité : b[« liées entre elles par coercition dans la fonction seule, les particules régressent (p.302) ; seule une union réalisée par amour et dans l’amour a « physiquement » la propriété de personnaliser les éléments qu’elle organise. »]b "Je persiste à croire à l’existence cachée de forces d’attraction liées au rayonnement de quelque Centre ultime (à la fois transcendant et immanent) de rassemblement psychique" (ou spirituel ? )
Conclusion personnelle C’est donc par la foi au Christ que nous pouvons croire au triomphe de l’humanisation, loin du « désespoir » de Comte-Sponville. Mais quel Christ ? Celui qui donne l’énergie spirituelle à des hommes capables, par l’action, de « sauver » leur part de société.
Chapitre 16 – L’essence de l’idée de démocratie
a) Rappel de l’état évolutif présent de l’humanité, en cours de compression planétaire et de compénétration psychique, donc d’irrésistible Unification, cfp.230 : « opérée dans la sympathie, l’union ne limite pas, elle exalte les possibilités de l’être . » ; sous réserve d’exalter l’originalité de chaque élément du système : « Totalisation personnalisante » (contraste avec le clivage redouté p.174 ? question de terme, d’horizon ?)
b) Définition et interprétation biologique de l’esprit de démocratie
. Ses attributs :
- Liberté, « chance offerte à chaque homme d’aller au bout de lui-même"
-Egalité, droit de participer selon ses moyens à l’effort commun de promouvoir l’avenir de l’individu et celui de l’espèce,
-Fraternité, sens partagé d’une interliaison organique essentielle entre tous les hommes (cf chap 14-15)
Démocratie libérale ou dirigée ? (débat de 1948), deux formes apparemment contradictoires d’idéal social ? Non, . deux composantes naturelles à harmoniser. D’où : La « technique » de la démocratie :
-Conditions générales des institutions :
-Judicieux mélange de laisser faire et de fermeté ( !) propre à chaque peuple
-Laisser à l’individu un angle maximum d’orientation libre à l’intérieur duquel développe son originalité
Assurer et favoriser les courants de convergence indispensables à la réalisation de l’Anthropogénèse (organisations collectives, avec le risque inhérent –facisme – nazisme – communisme
Donc s’attendre à de nombreux essais et tâtonnements propres à chaque « pièce inégalement maturée »
Conditions ultimes :
-Entretenir et accroître dans la conscience humaine le sens de l'espèce
-Polarisation et convergence sans coercition, atmosphère d’unanimité ( !)
Donc DEFI toujours à poursuivre ?
Reprise des acquis précédents sur la vie, la réflexion : « Essence exceptionnelle du phénomène Pensée, capacité de se saisir dans un passé, un présent, un avenir » (p.281)
La socialisation, phénomène essentiel de l’hominisation (p.282) : l’homme ne se personnalise complètement que solidairement avec tous les hommes (organisation en réseau). D’où, en conscience, éveil en chacun d’un principe fondamental d’obligation d’agir solidaire (p.288).
La vie n’est pas un simple état, elle représente un vaste « mouvement dirigé » lié à la structure même de la Cosmogénèse : elle a un fil (p.293).
Donc la Révélation chrétienne rejoint la réalité organique expérimentale : l’individu humain ne s’achève et n’existe pleinement que dans une unification de tous les hommes en Dieu. (p.285).
« L’Eglise, axe même du rassemblement » (Quelle Eglise ?).Cf conclusion du chapitre 15 : le succès biologique de l’homme (face expérimentale de la Parousie) est non seulement une probabilité, mais une certitude, puisque le Christ est déjà »ressuscité (certitude dérivée d’un acte de foi surnaturel qui laisse subsister, à leur niveau, toutes les anxiétés de la condition humaine (p.304-305)
Chapitre 15 Les directions de l’avenir :
a) La montée continue de l’unification sociale (p.295,cf,supra)
b) La montée de la technique, du phénomène industriel, permet la montée de la vision vers un maximum de conscience pour un minimum d’efforts ; toujours plus de conscience formée sur des agencements toujours plus compliquées, pour plus d’autonomie (p.298) ; "non pas puissance d’asservissement mais force de libération" .
Les conditions de l’avenir De survie (respect de l’ecosystème). Prenons garde !
De santé : gérer l’explosion démographique, tournant dangereux !
De synthèse : de par la nature même du phénomène réfléchi, la personnalisation centrique requiert une atmosphère d’unanimité : b[« liées entre elles par coercition dans la fonction seule, les particules régressent (p.302) ; seule une union réalisée par amour et dans l’amour a « physiquement » la propriété de personnaliser les éléments qu’elle organise. »]b "Je persiste à croire à l’existence cachée de forces d’attraction liées au rayonnement de quelque Centre ultime (à la fois transcendant et immanent) de rassemblement psychique" (ou spirituel ? )
Conclusion personnelle C’est donc par la foi au Christ que nous pouvons croire au triomphe de l’humanisation, loin du « désespoir » de Comte-Sponville. Mais quel Christ ? Celui qui donne l’énergie spirituelle à des hommes capables, par l’action, de « sauver » leur part de société.
Chapitre 16 – L’essence de l’idée de démocratie
a) Rappel de l’état évolutif présent de l’humanité, en cours de compression planétaire et de compénétration psychique, donc d’irrésistible Unification, cfp.230 : « opérée dans la sympathie, l’union ne limite pas, elle exalte les possibilités de l’être . » ; sous réserve d’exalter l’originalité de chaque élément du système : « Totalisation personnalisante » (contraste avec le clivage redouté p.174 ? question de terme, d’horizon ?)
b) Définition et interprétation biologique de l’esprit de démocratie
. Ses attributs :
- Liberté, « chance offerte à chaque homme d’aller au bout de lui-même"
-Egalité, droit de participer selon ses moyens à l’effort commun de promouvoir l’avenir de l’individu et celui de l’espèce,
-Fraternité, sens partagé d’une interliaison organique essentielle entre tous les hommes (cf chap 14-15)
Démocratie libérale ou dirigée ? (débat de 1948), deux formes apparemment contradictoires d’idéal social ? Non, . deux composantes naturelles à harmoniser. D’où : La « technique » de la démocratie :
-Conditions générales des institutions :
-Judicieux mélange de laisser faire et de fermeté ( !) propre à chaque peuple
-Laisser à l’individu un angle maximum d’orientation libre à l’intérieur duquel développe son originalité
Assurer et favoriser les courants de convergence indispensables à la réalisation de l’Anthropogénèse (organisations collectives, avec le risque inhérent –facisme – nazisme – communisme
Donc s’attendre à de nombreux essais et tâtonnements propres à chaque « pièce inégalement maturée »
Conditions ultimes :
-Entretenir et accroître dans la conscience humaine le sens de l'espèce
-Polarisation et convergence sans coercition, atmosphère d’unanimité ( !)
Donc DEFI toujours à poursuivre ?
Jean-Pierre Fressafond
Omaha-beach.fr

