Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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exercice de réflexion pour novembre
Après de multiples lectures de ce chapitre, j'ai opté pour ne citer aucune phrase sur le sujet de Teilhard par crainte d'en déformer le sens profond en sortant une citation de son contexte (à la fois historique et teilhardien) duquel on ne peut pas la détacher sans trahison.


Lutte de Jacob avec l'ange, par Delacroix
Lutte de Jacob avec l'ange, par Delacroix
Il suffit d’observer avec quelle violence peuvent œuvrer des forces de destruction et de haine pour se persuader que des forces antagonistes de vie, d’amour et de beauté soient aussi à l’œuvre. Pour faire simple je dirais que si on croit au diable, on ne peut que croire également en son contraire, Dieu. Telle est la loi de la dualité dans la matière.

Le niveau spirituel de Teilhard lui confère une vision au-dessus de la portée du vulgum pecus ; vision-refuge exacerbée dans un paroxysme d’ horreur sur le front de la guerre de 14/18. Oui, il est hautement probable que l’humanité soit « manipulée » comme des pièces de jeu d’échec par des forces invisibles que Teilhard, lui, perçoit, témoin du combat de Jacob avec l’Ange de Dieu (Genèse, chapitre 32). Le corps à corps dura toute une nuit et le vainqueur fut Jacob.

- Lucifer aurait-il revêtu ses apparences les plus séductrices quand Teilhard écrivit ces lignes à haute présomption d’incompréhension ? - Difficile, pour lui aussi, d’échapper aux extensions possibles, ambigües et perverses, entre bourreau et victime . Dans la suite de ses écrits au cours de sa vie, Teilhard exposera de manière moins « à chaud » l’existence des rapports antagonistes entre forces spirituelles.

- Teilhard n’évoque pas les Trêves de Noël de plusieurs brefs cessez-le-feu non officiels qui eurent lieu en 1914 et 1915 entre les troupes allemandes, britanniques et françaises hors de leurs tranchées respectives ; les États-majors firent donner l'artillerie pour disperser les groupes fraternisant les jours suivants et déplacèrent les Unités « contaminées » sur les zones de combat les plus dures. D’un point de vue chrétien et humain ces dissidents étaient pourtant dans le vrai…

Un peu d’histoire :
-La défaite humiliante de Sedan le 1er septembre 1870 ne fut pas sans conséquences Le traité de paix, signé à Francfort le 10 mai 1871, ampute la France de l'Alsace sauf Belfort, d'une partie de la Lorraine et des Vosges. Une somme de cinq milliards de francs or est demandée à titre de dommages de guerre. C’était à prévoir : 14/18 est, somme toute, une guerre de revanche, spirale infernale de la violence dans son implacable logique.

-Le traité-de-Versailles signé le 28 juin 1919 marque la fin des hostilités ; vraiment ? non car La protestation contre le diktat de Versailles allait être un des thèmes exploités par les groupes nationalistes, en particulier par les Nazis qui débridèrent l’horreur du second conflit mondial … spirale infernale de la violence, encore une fois.

Conclusion
Aujourd’hui, prenant consciences des duels phénoménaux qui mettent en péril l’Homme, ses droits et devoirs fondamentaux démocratiques et la planète, comment ne pas se sentir le dos au mur ? Nous n’ en sortirons vainqueurs qu’en inversant la spirale infernale de la violence faite à la Nature et à l’Homme. Si nous n’inversons pas dans le sens de la vie et de l’amour notre manière de penser et donc de vivre, le pari divin sur le devenir de sa création sera perdu. Nous serons, individuellement et collectivement des co-destructeurs au lieu d’être des co-créateurs.

Alors, comment "Tendre l’autre joue" sans se laisser piéger dans une toile d’araignée? Faire comme Ulysse qui se boucha les oreilles avec de la cire et se fit attacher fermement au mât de son bateau pour résister au chant ensorceleur des sirènes et continuer sa route. Il y a certainement plusieurs manières de le faire ! et le livre de René Girard (décédé le 4 novembre dernier) « je vois satan tomber comme l’éclair » est à prendre très au sérieux . L’un des arguments de ce livre est "Tout royaume divisé contre lui-même court à la ruine; et nulle ville nulle maison divisée contre elle-même ne saurait se maintenir.» (Mt. 2, 25). Il en va de même quand on combat Belzebuth au nom de Belzebuth dit Jésus.

«Abba lama sabachthani »crie l'homme Jésus agonisant (Matthieu 27/46). C’est l’épreuve des yeux de la foi quand Dieu ne nous parle que par son silence.

Mardi 10 Novembre 2015 11:13