Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche






Galerie
Catherine GODINOT / MILIEU DIVIN : ATTRIBUTS, NATURE, ACCROISSEMENTS,PROGRES COLLECTIFS(COMMUNION DES SAINTS ET CHARITE)
Dans ce chapitre, TDC nous montre comment nous sommes envahis par le Milieu divin et à quel point il est présent partout dans le Monde.

1 - Les Attributs du Milieu divin.

TDC nous présente le Milieu Divin dans lequel le Monde se situe avec, des termes quelquefois poétiques mais, à mon point de vue, souvent avec un optimisme peut-être à la limite du rêve.
La première qualité de ce Milieu divin est de rassembler et d'unir harmonieusement. Il est aussi immense comme le Monde, Vaste et « innombrable comme le flot scintillant des créatures » (p.122), proche mais inatteignable. « En lui, la mort devient une résurrection » (p.123).
« Le Milieu Divin est en réalité un centre qui a le pouvoir de réunir les êtres en son sein. » « Tous les éléments de l'Univers se touchent et y concentrent ce qu'ils ont de plus pur et de plus attrayant ». Ce qui est négatif reste à l'extérieur de ce cercle. Dans le milieu divin, tout devient idyllique : par exemple c'est la « confluence de toutes les beautés » (p. 126).
Un point essentiel provient de ce que le Milieu Divin nous permet de nous unir (c.a.d. de devenir l'autre), tout en restant nous-même. Lors de leur adhésion, les élus trouvent en Dieu la consommation de leur adhésion individuelle (p.127). Avec Ste Angèle de Foligno, nous dirons « le Monde est plein de Dieu ».
L'immense enchantement du Milieu Divin va plus loin : au sein du Milieu Divin, les choses se transfigurent mais par le dedans. « Le païen aime la terre pour en jouir, le chrétien pour la rendre plus pure et s'en évader. Le païen cherche à épuiser le sensible et à en épuiser la joie, il adhère au Monde ; le chrétien cherche à capter ou subir les énergies qui le mèneront au Ciel, il pré-adhère à Dieu. Le païen pense que l'homme se divinise en se fermant sur soi. Le chrétien ne voit sa divinisation que dans l'assimilation par un Autre.... Le comble de la vie est la mort par l'union. (p.131).
« Le mysticisme chrétien extrait sans en prendre les éléments mauvais ou suspects tout ce qui circule de plus doux et de plus fort dans toutes les mystiques humaines ». (p.132) TDC qualifie cette situation « d'indifférence passionnée ». (expression difficile à comprendre!) Plus loin, il affirme « tout m'est tout et tout ne m'est rien. Tout m'est Dieu et tout m'est poussière : voilà ce que l'homme peut dire avec une égale vérité suivant l'incidence du rayon divin. Il ne cherche pas à sortir de ces contradictions mais se penche sur la nature du milieu divin.

2. La Nature du milieu divin. Le christ Universel et la grande communion.

L'immensité de Dieu est l'attribut essentiel du milieu divin. Mais sous quelle forme s'applique-t-elle à l'humanité ? L'essence du christianisme répond :« le verbe incarné, notre Seigneur Jésus Christ. Dieu nous enveloppe et nous pénètre en nous créant et en nous conservant ». (p.133). Le créateur nous garde sous la forme d'une aspiration essentielle vers lui.
A ce stade TDC invoque une transformation unitive opérée par Dieu pour nous maintenir en sa présence, une réplétion quantitative et une consommation quantitative de toutes choses C'est le mystérieux Plérome où l'un et le multiple se rejoignent.(p136). Bien que ce langage paraisse obscur, TDC insiste ici sur le besoin de rassemblement en Dieu qui nous anime.

L'Âme organisatrice du plérôme, selon Saint Paul, c'est celui en qui tout se réunit et se consomme, le Christ mort et ressuscité (p.136). L'immensité divine, par suite de l'incarnation, s'est transformée pour nous en omniprésence de christification (p137). Depuis les origines jusqu'à la Parousie, en passant par la manifestation historique de jésus et les phases de croissance de l'église, un seul événement se développe dans le monde : l'incarnation réalisée en chaque individu par l'Eucharistie.
Toutes les communions des hommes passés, présents et futurs forment une seule communion. L'eucharistie doit envahir la vie du chrétien. En effet, dit TDC « ma vie doit devenir grâce au sacrement un contact avec vous sans limite et sans fin. Cette vie se découvre comme une communion par le Monde avec Dieu ». (p.143). Mais pourquoi faudrait-il aimer un homme qui a vécu il y a 2000 ans alors que nous avons des parents, des frères, des sœurs, des amis aimables autour de nous ? C'est qu'il ne s'agit pas seulement d'un semblable à aimer mais d'un Dieu à adorer.

3 – Les accroissements du milieu divin

« Le royaume de Dieu est au dedans de nous-mêmes. Quand le christ apparaîtra sur les nuées, il ne fera que manifester une métamorphose lentement accomplie, sous son influence au cœur de la masse humaine » (p.145)

a. L'apparition du milieu divin. Le goût de l'être et la diaphanie de Dieu

Le monde apparaît pour le mystique chrétien baigné d'une lumière interne qui intensifie le relief. Cette lumière est le rayonnement engendré par la synthèse en Jésus de tous les évènements du Monde. Le grand mystère du christianisme c'est la transparence de Dieu dans l'univers, sa « Diaphanie » : pas seulement le rayon qui effleure mais le rayon qui pénètre. La perception de l'omniprésence divine est une sorte d'intuition ; elle est un don.

b. les progrès individuels du milieu divin : la pureté, la foi et la fidélité

1- La pureté : ce n'est pas seulement l'absence de fautes mais c'est une puissance à faire naître le divin parmi nous. Est impur le jouisseur ou l'égoïste qui ralentit l'unification vers Dieu. Est pur celui qui arrive à stimuler cet élan vers Dieu et à nous attirer vers le Centre. La pureté s'entretient par le recueillement, la prière, les sacrements.

2- La Foi : Ce n'est pas seulement l'adhésion aux dogmes chrétiens. « C'est la conviction pratique que l'Univers entre les mains du créateur continue à être l'argile dont il pétrit à son gré les possibilités multiples » (p.155). D'après TDC, si nous ne croyons pas, tout va mal, si nous croyons, tout devient rose. Encore une fois TDC montre son optimisme proche du rêve. Que fait-il des malheurs de Job ?
Plus loin, il modère cependant son propos : « Sous l'action transformatrice de la foi qui opère,...l'Univers est susceptible sans changer extérieurement de traits, de s'assouplir, de s'animer, de se suranimer » (p.157). Nos échecs, notre mort peuvent être transformés en lui.
Le Monde nous apparaît parfois effroyable, des cataclysmes se multiplient pour détruire ce que nous avons construit. Mais, si nous croyons, nous verrons ces drames sous un nouvel angle plus heureux.

3- La Fidélité : « Parce que, d'un cœur pur, nous aurons cru,... le Monde ouvrira devant nous les bras de Dieu » (p. 160). La fidélité nous aide à rester dans le Cercle du Milieu Divin. « Elle met en jeu les ressources offertes par toute passion à notre désir de communion » (p.160). La fidélité n'a point de limites dans son pouvoir communiant. Elle nous entraîne vers toujours plus d'Amour. Cette fidélité n'est pas statique. Elle nous permet de progresser . Pour chacun de nous, « des désirs plus grands succèdent aux moindres, les renoncements priment sur les jouissances, la mort consomme la vie » (p.162).

c. Les progrès collectifs du Milieu Divin. La communion des Saints et la Charité.

1. Nous ne sommes pas seuls au Monde. Il est essentiel de nous préoccuper de notre prochain. Pour pouvoir s'occuper des autres, le chrétien doit assurer sa sanctification personnelle en ayant conscience que nous avons chacun une infime partie du Monde à diviniser.

« Même si le chrétien a donné à ses désirs toute la pureté, à ses prières toute sa foi, à son action toute la fidélité possible » (p.168), il lui reste encore beaucoup à faire pour diviniser son Univers. Il est impossible d'aimer le Christ sans aimer les autres. « Automatiquement, les Milieux divins individuels tendent à se souder les uns aux autres... La seule étreinte humaine capable d'embrasser dignement le Divin est celle de tous les bras ouverts ensemble » (p. 170). Ceci n'a rien de facile. Certains de nos semblables ne nous paraissant pas du tout sympathiques, il est bien difficile de les aimer. Mais nous devons apprendre « à forcer les cloisons de nos égoïsmes, … à abandonner nos petitesses, et à nous aventurer , appuyés contre vous, sur l'océan inconnu de la Charité » (p. 173).

Alors que jusqu'ici, nos yeux étaient tournés vers la lumière, nous n'avons pas cessé de sentir derrière nous, l'ombre et le vide, la raréfaction ou l'absence de Dieu. Il y a autour de nous des choses malignes, des ténèbres. L'église nous demande de croire à cet Enfer. Cela paraît inconcevable de vouer les pêcheurs à une éternelle souffrance. Bien que TDC admette l'Enfer, son éternel optimisme lui fait affirmer que les puissances du Mal ne peuvent pas troubler le milieu divin. « Les tentations et les maux se convertissent en bien et excitent le brasier de l'Amour » (p.176). Il nous dit : « L'enfer ne gâte rien dans le Milieu divin... Il y ajoute une profondeur qui sans lui n'existerait pas. La cime ne se mesure bien que par l'abime qu'elle domine » (p.176). « Les feux du ciel et les feux de l' enfer ne sont pas deux forces différentes mais les manifestations contraires de la même énergie » (p.177).
Il termine par une prière : « Que les flammes de l'enfer ne m'atteignent pas - ni aucun de ceux que j'aime (Il y en aurait -il qu'il n'aime pas?) –. Qu'elles n'atteignent personne, Mon Dieu !

Mardi 21 Octobre 2014 15:52