Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Le biologiste français Didier Raoult vient de publier un ouvrage intitulé : « Dépasser Darwin ». Ce chercheur est spécialisé en microbiologie à la faculté de médecine de Marseille. On lui doit des découvertes comme celle des virus géants (mimi virus). Didier Raoult explique pourquoi le darwinisme, érigé en dogme, est en train de voler en éclats. Avec la révolution génomique, l’homme devient un écosystème à lui tout seul, un monde dans lequel cohabitent des millions de micro- organismes. Cet écosystème évolue dans d’autres écosystèmes qu’il modifie et qui le modifient. On sait actuellement que 8% de l’ADN humain est constitué de vestiges de gènes qui nous ont été transmis par des virus. Durant longtemps on a pensé que nous descendions d’un ancêtre commun : le SAPIENS. En mai 2010, on a découvert que l’ADN prélevé sur des os de NEANDERTALIEN a révélé que 1 à 4 % de nos gènes viennent de Neandertal. Il y a donc eu rencontre et métissage de sorte que l’arbre généalogique de l’espèce humaine est anti-darwinien car notre ancêtre procède de deux souches bien distinctes. Le fameux « virus géant » dont on a décrypté le génome permet d’émettre l’hypothèse selon laquelle, à côté des trois grandes formes de vie – bactéries, eucaryotes et archaea- il en existerait une quatrième : celle des grands virus à ADN. Les virus sont aujourd’hui des entités biologiques les plus abondantes et la source de plus de la moitié des gènes de l’univers connu. Dans l’arbre darwinien, si les espèces s’étaient définitivement séparées, il n’y aurait plus d’espèces vivantes sur notre planète. En fait l’idée de Darwin relève de la vision laplacienne selon laquelle tout ce qui existe sert à quelque chose et que tout ce qui ne sert pas est éliminé. Depuis on a découvert le « gène égoïste » qui ne cherche qu’à se reproduire sans se soucier de la finalité. Certaines bactéries ont jusqu’à 40 % de gènes qui ne servent à rien. L’évolution peut alors sélectionner une capacité qui n’est pas un avantage à un moment T, mais qui peut le devenir plus tard. Les travaux sur les virus (par exemple celui de la variole) ont montré que le principe de sélection naturelle n’apparait que de manière conjoncturelle. L’évolution vue par Darwin est avantageuse dans la mesure où elle est à la base une source de progrès puisque c’est le plus fort qui l’emporte. Le processus de sélection opère dans un sens à une certaine époque, mais il aurait pu opérer dans l’autre sens à une autre époque. Selon Raoult, l’imagination de la nature est colossale ! Ils le montre d’après le comportement des bactéries et des virus qui est absolument imprévisible. Ce qui était peu virulent hier, peut devenir mortel demain et réciproquement. Il existe dans le déroulement de la vie des micro-organismes comme des phénomènes d’émergence. La recherche sur les gènes a révélé que ces entités du vivant ne relevaient pas d’une logique banale. Ils constituent un monde étrange où les phénomènes d’évolution sont des phénomènes de création. Contrairement à ce que pensait Darwin, la création ne s’est jamais figée ! Le corps humain contient un nombre considérable de micro-organismes qui se livrent une guerre sans merci qui va se solder par la suprématie d’une population sur l’autre. Le savoir scientifique doit tenir en compte de ces phénomènes de catastrophe au sein du vivant afin de toujours remettre en cause les théories précédentes. La révolution génomique a mis fin à la longue période des certitudes. Quand on sait que les virus géants sont constitués de gènes provenant à la fois d’animaux, de plantes, de bactéries et d’autres virus géants, il est légitime de penser que l’on est loin de l’ancêtre commun cher à Darwin. Raoult dit que Darwin était inévitable dans notre culture judéo-chrétienne. Darwin apportait au monde une vision d’ordre et d’organisation qui, en fait, permettait une certaine représentation d’un Dieu puissant, unique et infiniment intelligent. Ce qui se passe de nos jours, c’est le retour vers une pensée qui met en valeurs les mythes associés aux dieux de l’Antiquité. On peut évoquer là Apollon et Dionysos. Autrement dit, si l’on raisonne en termes d’évolution, on doit mettre en lumière deux sortes de processus qui se superposent. D’une part le transfert vertical des gènes à l’intérieur d’une même espèce avec ses modifications progressives sélectionnées par l’environnement ; d’autre part le transfert latéral des gènes entre espèces différentes via l’action brutale exercée par les micro-organismes. Nous sommes là en pleine complexité et non plus sur le schéma darwinien !!

Jeudi 15 Décembre 2011 21:23