Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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A PROPOS DU COLLOQUE A L’UNIVERSITE LYON-3 LE 26/09/09


Teilhard appartient à tout le monde car il s’adressait à la multitude. Sa pensée appartient autant aux athées, aux hérétiques qu’aux chrétiens.

Aux chrétiens il n’apporte que la confirmation de leur foi, c’est très fort, mais ce n’est pas la mission la plus importante, qui est d’envoyer un signe aux âmes en perdition et en recherche, soit la moitié de la population.

Pour les athées, les matérialistes, les rationalistes, les nihilistes, la pensée de Teilhard est la seule ayant une chance d’être écoutée, si non entendue, ouvrant ainsi une vision sur le sens possible de l’évolution, et une logique d’achèvement, si non un but qui n’est pas le néant.

Point n’est besoin d’être docteur esthéologie, es philosophie, es psychologie, en physique et en biologie pour entrer dans la pensée de Teilhard, pour la comprendre il suffit d’avoir du bon sens, un désir de Dieu, une « libido cosmique » comme il l’a écrit lui-même.

Certains religieux, universitaires et autres intellectuels se sont approprié Teilhard, l’analysant, le disséquant, sans jamais faire de synthèse générale. Ils ronronnent et tournent en rond, parlant un langage obscure et sophistiqué qui n’a aucune chance d’être écouté et entendu par les cherchants. Ils n’ont pas compris, ou pas voulu convenir que les choses de l’esprit peuvent être dites clairement et simplement.

Certains adeptes inconditionnels de Teilhard ne lisent que ses textes poétiques dans lesquels sont cachés des messages subliminaux de sa vraie pensée philosophique, celle qui est interdite par l’Eglise. Car il s’agit bien de cela, les Ordres savants parlent de Teilhard en cercles restreints d’intellectuels, mais pas un Curé en chaire n’en parlera dans son église, ni un Evêque dans sa cathédrale : le monitum de 1962 du Saint-Office n’est pas désactivé.

Pourquoi les Facultés Catholiques et les Universités laïques se disputent-elles la pensée de Teilhard ? Aurait-il plusieurs facettes, ce Jésuite dérangeant ?
-Les Facultés Catholiques disent qu’il est monobloc et refusent de voir sa pensée panthéiste, que d’ailleurs, Teilhard reconnaît lui-même, notamment dans certaines de ses nombreuses lettres à son amie Lucile Swan, qu’il a beaucoup aimée. Il a déclaré dans plusieurs de ses livres que son panthéisme était de nature convergente, comparé à celui de Bergson qui était de nature diffuse.
-Les Universités laïques, elles, sont surtout intéressées par le Teilhard scientifique et philosophe qui ne pouvait se satisfaire du seul dogme chrétien. Il a notamment contesté le
dogme de la chute originelle, allant jusqu’à dire que c’était un repoussoir pour les cherchant. Ce fut le point de départ de sa mise à l’écart. Mais évolutionnisme oblige, il a intégré l’esprit à la matière, repoussant ainsi l’acte créateur à l’époque du big bang. Il a ainsi démoli la théorie des créationnistes qui situent la Genèse à quelques milliers d’années avant notre ère, alors qu’il faut compter en milliards d’années ; la différence n’est pas grande !

Cette théorie de l’évolutionnisme, entrevue par Buffon, développée par Darwin, et perfectionnée par Teilhard, ne déplait pas aux scientifiques modernes qui ne repoussent plus systématiquement l’idée d’une information qui serait cachée dans l’énergie initiale dans laquelle se résout la matière. Les scientifiques laïques ne vont pas jusqu’à dire que c’est Dieu qui se cache dans la matière, car le milieu scientifique ne le tolèrerait pas, cependant, ils admettent que du hasard seul il ne peut rien sortir de complexe si les dés n’étaient pas pipés. La matière est complexe, c’est la raison de son évolution et, s’il n’y avait pas de la conscience cachée et indétectable dans l’énergie initiale, non seulement il n’y aurait pas eu dévolution, mais il n’y aurait pas eu occurrence de cette conscience, telle qu’elle nous appartient, quand les humanoïdes primitifs franchirent « le pas de la réflexion ».
Teilhard a eu cette idée de génie d’établir une corrélation entre complexité/centréité/conscience.

Cette pudeur que montrent les universitaires laïques est en fait l’effet d’un pur conformisme, et j’en ai eu la preuve qui m’a été fournie par un universitaire. Lorsque j’ai proposé à Lyon-3 le thème du colloque du 26 septembre 2009 originellement rédigé ainsi : « La pensée de Teilhard peut-elle induire une spiritualité laïque ? » j’ai eu la surprise amusée que l’on me demande de changer deux mots à ce titre. Cela donna « La pensée de Teilhard peut-elle générer une conscience laïque ? »
On peut s’amuser de cette infime différence dans les mots, mais si l’on considère le chemin parcouru depuis un siècle par les Universités laïques, on se rend compte qu’en 1900 aucune université n’aurait accepté de débattre publiquement sur ce thème, quel que soit le vocable utilisé, et c’est, justement, l’infime différence entre ces mots qui donne une idée de l’évolution des esprits.

Je ne me fais pas beaucoup d’illusions sur l’envie du grand public à débattre sur ce thème à Lyon-3 en septembre prochain. Seule une certaine élite sera ouverte à la discussion. J’espère que les étudiants viendront car il ne s’agit pas d’un thème réservé aux anciens.

Depuis que je m’investis dans la diffusion de la pensée de Teilhard, j’observe que le grand public, j’observe que le grand public éprouve une certaine appréhension vis à vis de ce qui concerne "foi et raison" et je le partage en deux grandes catégories :
-Il y a ceux qui ont peur de parler de la métaphysique car elle concerne l’au-delà de la vie physique, et ils cachent leur légitime peur de la mort en affichant une indifférence feinte sur ces questions
-Et il y a ceux qui ont déjà fait leur propre démarche spirituelle et qui ne veulent pas la remettre en question ; juste pudeur qui leur interdit d’en parler.

Nous sommes donc face d’une alternative fermée, alors, que devons-nous faire, nous, la branche spinoziste des teilhardiens modernes ?

Un certain sens du devoir et de l’altérité me commande de continuer la communication car il en sortira forcément quelque chose, or, un résultat si mince soit-il est déjà un résultat important dans ce domaine. Donner un sens à la vie est le seul moyen de lutter contre l’angoisse existentielle.


Je rappelle que VOUS TROUVEREZ SUR NOTRE SITE TOUS LES RENSEIGNEMENTS PRATIQUES CONCERNANT CE COLLOQUE REUNISSANT CINQ INTERVENANTS DE HAUT NIVEAU, LE SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2009 de 9 H à 17 H.

Vendredi 3 Juillet 2009 18:56