Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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C’est une notion difficile, car elle ne repose que sur des hypothèses et non pas sur des lois scientifiques vérifiables et vérifiées. Elle n’en est pas moins très probable et séduisante.
Quelles pourraient être les idées qui permettraient de la consolider?
Dans les sciences conjoncturelles: en philosophie il faudrait lire, nous dit-on, Aristote, Spinoza, Leibniz, Hegel, Spencer. C’est le domaine toujours des hypothèses et rien d’autre. Il n’est certainement pas à négliger, mais ne donne pas de sécurités complètes. Ce domaine n’est essentiel que parce qu’il est comme l’intuition précédant la loi.
Dans les sciences exactes:
L’atome lui-même avec son noyau et ses électrons en est une image vraiment précise. D’autant que les possibilités multiples que lui confèrent ses valences chimiques potentielles lui donne de nombreuses occasions de s’organiser soit en chimie des corps simples, soit en chimie organique, soit encore en cristallographie. Les atomes s’assemblent enfin en longues chaînes de protéines élaborant la pré-vie et la vie.
Cela permet à Teilhard de dresser le tableau que nous connaissons:
1 — Biosphère
2 — Réflexion et hominisation
3 — Coréflexion
4— Point oméga.
C’est dans la quatrième étape, montée vers le point oméga, que l’on comprend mieux la notion de “centration”.
Mais d’abord il faudrait bien que l’on reconnaisse que cette idée de point oméga n’est pas très claire. Peut-être même n’est-elle pas très claire pour Teilhard lui-même. On ne peut pas le lui reprocher. Il nous la montre comme très probable et très séduisante. Je suis également séduit, mais pas trop par les petits dessins adjoints au texte proposé ce jour qui font, à mon avis, pas très scientifiques et un peu bande dessinée.
Je préférerais que, pour le moment dans l’état de nos connaissances actuelles, nous nous contentions pour conforter l’idée de centration (conforter seulement et non pas affirmer) de lui accoler la notion de Christ universel.
Le Christ universel est pour moi la figuration humaine du but de recherche poursuivi. Il est le personnage humain évolutif dont nous avons besoin pour avancer dans cette voie car sans son humanité fraternelle nous ne serions pas capable de discerner celui que l’on pourrait appeler Dieu et qui est encore imprononçable à contours infra humains.
Certes, on peut essayer d’imaginer ce point ultime: est-il énergie, amorisation, fraternité, notion cosmique partagée, communion de la chair, communion des saints, résurrection, vie éternelle? Je sais que je devine, mais je sais que je ne sais pas. Je sais que j’ai le devoir de chercher.
Peut-être ceux qui sont qui sont capables d’élans mystiques y voient plus clair.
On peut chercher chez Saint-François d’Assise par exemple et entre autres. On peut aussi demander à Teilhard. Voir à ce sujet page 49 Le milieu divin, citation ci-après:
c. .Nous pouvons maintenant rapprocher l’une
de 1 ‘autre la majeure et la mineure de notre
syllogisme, pour en saisir le lien et la conclusion.
S’il est vrai, de par notre Credo, que les âmes
passent si étroitement dans le Christ et en Dieu,
- s’il est vrai, de par les constatations les plus générales de l’analyse psychologique que le sensible
passe si vitalement dans les zones les plus spirituelles de nos âmes, - force nous est de reconnaître que
tout ne fait qu ‘un dans le processus qui, du haut en bas, agite et dirige les éléments de l’Univers. Et nous commençons à voir plus distinctement se lever, sur notre Monde intérieur, le grand
soleil du Christ-Roi, du Christ « amictus Mundo », du Christ Universel. De proche en proche, de relais en relais, tout finit par se raccorder au Centre
suprême « in quo omiia constant ». Les effluves émanés de ce Centre n’agissent pas seulement
dans les zones supérieures du monde, là où s’exercent les activités humaines sous une forme distinctement surnaturelle et méritoire. Pour sauver et constituer ces énergies sublimes, la puissance du Verbe incarné s’irradie jusque dans la Matière; elle descend jusqu’au fond le plus obscur des puissances inférieures. Et l’Incarnation ne sera achevée que lorsque la part de substance élue que renferme
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tout objet, - spiritualisée une première fois dans nos âmes, et une seconde fois avec nos âmes en Jésus, - aura rejoint le Centre définitif de sa complétion. «Quid est quod ascendit, nisi quod prius descendit, ut repleret omnia. »
Par notre collaboration qu’il suscite, le Christ se consomme, atteint sa plénitude, à partir de toute créature. C’est saint Paul qui nous le dit. Nous nous imaginions peut-être que la Création est depuis longtemps finie. Erreur, elle se poursuit de plus belle, et dans les zones les plus élevées du Monde. « Omnis creatura adhuc ingemiscit et parturit. » Et c’est à l’achever que nous servons, même par le travail le plus humble de nos mains. Tels sont, en définitive, le sens et le prix de nos actes. En vertu de 1’ interliaison MatièreAme-Christ, quoi que nous fassions, nous ramenons à Dieu une parcelle de l’être qu’il désire. Par chacune de nos oeuvres, nous travaillons, atomiquement mais réellement, à construire le Plérôme, c’est-à-dire à apporter au Christ un peu d’achèvement.
50 (fin de citation)

Lundi 2 Mars 2009 11:47