Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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-Il faut bien dire que les récits bibliques de la Genèse ou les catéchismes anciens sentent la poussière des choses antiques.
-Il est maintenant évident qu'il n'existe pas de traces archéologiques du péché originel et du paradis terrestre.

Les propositions philosophico-théologiques contournées sur ces sujets paraissent un peu tirées par les cheveux. Elles font penser au cabotinage des grands artistes d'art moderne cherchant à donner de la valeur et de l'importance esthétique à des créations qui en sont dépourvues.
Il n'en reste pas moins vrai qu'une croyance refondée selon le principe de "l'évolution-conscience" de Teilhard n'est ni facilement assimilable sans peine, ni utilisable commodément tous les jours. Les nouveaux aspirants croyants souffrent beaucoup en essayant de bien comprendre.

Bien sûr il suffit, diront les teilhardiens, d'accepter l'hypothèse du Christ cosmique tirant le monde vers le point oméga. Il est un modèle humain permettant d'adapter en tout temps et en tout lieu progression spirituelle personnelle ou progression du groupe. C'est facile à écrire, mais pas facile à faire.

Il faudra bien un jour se mettre au travail et créer un nouveau catéchisme évolutif. L'idée du Christ cosmique est assurément bonne, mais ressemble à une idée jetée en l'air dont chacun se débrouille comme il peut. Il faut absolument proposer un cadre et une image, voire une liturgie nouvelle, sinon comment convaincre :
1° bien entendu ceux qui se déclarent incroyants ?
2° ceux qui se déclarant croyants ne peuvent croire que dans le cadre majestueux d'une magnifique église baroque ou dans l'ombre d'une basilique habitée d'orgue et de chants grégoriens ?
Comme pour tous ceux qui s'accrochent à des objets pieux ou à des icônes.
Bref pour tous ceux qui ont besoin de supports matériels pour croire.

-Je sais bien qu'esthétique et mystique sont cousines. Faut-il alors proposer à nouveau, élans de lumière et méditations, hymnes à la beauté, à l'amour, à la solidarité ?
-Faut-il alors proposer des constructions architecturales comme Le Corbusier ou Matisse à Vence et illuminer de poésie les propositions de Teilhard ou, comme il y a beaucoup plus longtemps, Saint François d'Assise ? Il semble bien d'ailleurs que Teilhard ait été assez régulièrement tenté ( Cf. la Messe sur le monde et le Milieu divin).
Il faudrait en même temps admettre que solidarité et civisme peuvent, s'ils restent laïques et matérialistes, courir le risque de voisiner avec des comportements ataviques relevant plus de l'égoïsme primaire et de peurs compulsives. Il manque un moteur.

Finalement le péché originel est peut-être là, dans ce hiatus entre élévation et risque d'assèchement moral ordinaire.
Le péché originel devient alors non plus péché des origines, mais origine des péchés coutumiers de chacun. Il est là, à cause de la présence permanente de ce hiatus matérialiste.
La confession ne devient plus alors qu'une thérapie spirituelle permettant de se remettre en phase avec le moteur émotionnel de "l'évolution-conscience". Du même coup la prière prend une réalité bien plus tangible en s'exerçant de la même façon et non plus, comme trop souvent, à travers les oripeaux d'une récitation dépassée.


Vendredi 27 Avril 2012 12:19