Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Pages 47 à 61 - Récits du temps de guerre
Teilhard - collection cahiers rouges Grasset


Henri GUYOT / Christ cosmique et évolution
J'ai eu bien du mal avec le texte proposé à notre étude.
Teilhard évoque le concept "âmes saintes". Je ne trouve pas ce concept bien clair, aussi bien du coté de l'image que l'on peut avoir de l'âme que du coté de la sanctification de celles ci. Même si par la magie d'une rhétorique inspirée on peut évoquer la sanctification ou la sainteté ordinaire, on restera toujours sans réponse véritable sur le contour ou le contenu de ce que l'on appelle l'âme.

J'ai eu vraiment du mal à imaginer l'incarnation comme un processus christique amalgamant les âmes animant le monde à un instant T. Je m'imagine mal l'attelage. Je ne peux envisager l'incarnation que comme un programme en œuvre d'une façon permanente n'appartenant pas spécifiquement au Christ, mais à l'ensemble du cosmos, comme un loi physique universelle. Je la vois principe construisant le monde, certes selon un processus mystérieux, difficile à décrire mais sur lequel nous avons le devoir de chercher sans cesse. Il est à l’œuvre partout tout le temps aussi bien pour faire grandir un être animé ou non, homme, plante, pour faire proliférer des cellules mêmes destructrices, faire aussi se constituer toute la chimie des corps simples et composés. Faut-il alors accoler à ce principe une étiquette divine ? Pourquoi oui, pourquoi non ?
Oui à cause du mystère de sa genèse qui nous dépasse. Oui à cause des arrangements organiques parfois très complexes et comme orientés qu'il propose. ( c'est le thème de la recherche). Mais parler du Christ à ce sujet ce n'est qu'une façon de proposer une logorrhée tranquillisante à la description d'un phénomène architectural certes complexe, mais naturel et pas forcément ésotérique.
Non, ce n'est pas Dieu ou tout au moins pas comme ça. Dieu ne peut être dans l'état actuel de nos connaissances qu'indescriptible et impossible à nommer.

Il ne s'agit donc que d'une belle histoire à propos de laquelle chacun peut prier pour y découvrir la mesure de son humaine incompréhension..
Les visions primaires ou anciennes de l'incarnation sont belles; il faut de la tolérance.
Surtout cela n'exclue pas certains devoirs. Essentiellement celui de chercher même si on ne trouve pas. Et pourquoi pas prier, c'est un exercice salutaire pour le progrès.

Mais il est un exercice nécessaire complémentaire de cette recherche. Il est de nature didactique c'est la nécessité de la présentation de ce principe cosmique à un espace social large de façon à fournir un substrat conscient à cette recherche. Comme on le sait bien, on ne peut être complètement explicatif. Il faut procéder par symboles, ainsi que cela toujours été fait dans toutes les religions. Il faut toujours avoir sous la main une batterie de symboles évolutifs prête pour son époque.On ne peut plus le faire aujourd'hui avec une catéchèse datant du 18ème ou du 19ème siècle.
Cela représente un effort continu. Il y faut toujours l'amour, la foi et le goût de "l'en avant".


 

Vendredi 1 Mai 2015 12:48