Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Chapitre 9
("Comment je crois" – Teilhard tome 10 – Seuil page 153)




Pour moi, peut-être est ce à cause de ma propre insuffisance en culture théologique chrétienne, ce texte m'a paru assez souvent obscur voire entaché de contorsions intellectuelles parasites.

C'est pourquoi, en désespoir de cause, je me suis attaché à extraire de ces lignes les deux notions qui me paraissent dominantes, à savoir celle de l'incarnation et celle du mal. Ci-après voici quelques réflexions à leur sujet :

1 – L'incarnation :
D'une façon très générale et sans s'inspirer du mode célébratoire comme on a l'habitude de le faire au cours de la messe quand on invoque la présence réelle, on pourrait dire que l'incarnation est le processus qui met le monde en mouvement. Elle le met en mouvement en insufflant d'abord dans la matière ses transformations, puis chez les êtres vivants en insufflant leur évolution et leur goût de vivre. Ceci depuis le plus infime d'entre eux jusqu'aux plus évolués comme l'homme et sans doute l'ultra humain à venir (ou l'être ultra, quelqu'il soit, à venir).
Dans ce processus le Christ, pas forcément toujours historique, représente le messager divin entièrement et nécessairement humain. C'est un messager à image variable, cosmique, mais forcément humain et d'une forme parfois difficile à décrire (1) mais s'adaptant à chaque point de la courbe de l'évolution pour la rendre compréhensible à ceux qui sont en train de la vivre.

2 – Le mal :
Le mal ou sans doute le péché originel ou, je préfère l'origine du péché, représente les interférences des états successifs de l'évolution les uns avec les autres. Le plus souvent se sont les redondances cahotiques des états anciens de l'évolution sur les nouveaux états naissants qui en sont à l'origine. Par exemple survivance de réflexes ataviques ou conservateurs sur une avancée en science pure, en science sociale, en économie politique. Pour être plus explicite et s'exprimer encore plus en détail il en va ainsi de réflexes tribaux périmés vis à vis d'une conscience nationale plus large. Il en va encore ainsi des vieilles superstitions fétichistes vis à vis des métaphysiques plus universelles. Il en va ainsi de tous les intégrismes par rapport à une prise de conscience collective de certains groupes humains. Il en va ainsi mêmes pour certains intégrismes scientifiques (Galilée).

Teilhard, qui est résolument optimiste, semble penser que le mal peut aller en s'atténuant à l'approche du point oméga de l'évolution. Suivant l'humeur j'avoue pourtant que moi-même je n'en suis pas toujours sûr. En effet l'état de l'évolution étant toujours plus avancé, plus"ultra", plus puissant, voire plus "cosmique" il faut craindre que les redondances venant des états antérieurs soient plus dévastatrices. J'avoue donc que je n'arrive pas à monter un raisonnement sérieux permettant de penser le contraire sauf à se lancer dans l'avenir en ouvrant le parachute de la Providence divine. J'aimerais bien que ce parachute ne soit pas illusoire. Ou alors il faut s'accrocher à la bouée de sauvetage "aimer vous les uns les autres" et n'en déroger jamais.




-1- Il n'est pas facile d'imaginer ce que peut être une représentation christique pour la matiére, une bactérie , une algue, etc... Pourtant c'est bien un effort intellectuel à faire en se débarrassant des images historiques.


Dimanche 24 Mars 2013 17:49