Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Les idées contenues dans ces pages sont déjà largement exprimées dans l’œuvre de Teilhard. Nombreux sont ceux qui considèrent que le monde et l’univers dont nous sommes intrinsèquement constitués évoluent dans leur ensemble en direction d’une unité paroxystique croissante (point Ω). Cependant quelques incertitudes demeurent :

1° Il n’est pas toujours clair pour certain que cette évolution soit une création d’unions amorisantes.

-Pourtant, dans la crise économique actuelle – que nous n’avons pas fini de traverser – nombreux sont déjà ceux qui ont évoqué le manque de valeurs amorisantes contenues dans les mécanismes économiques.
-Pourtant l’univers tout entier, en tant qu’ensemble évolutif, porte en lui ses capacités de transformation. Elles sont visibles pour la matière et l’univers quoique évoluant à un rythme moins rapide que le vivant (géologie, cosmologie). Elles sont aussi très souvent visibles pour le vivant ( Remy Chauvin entre autres, l’a montré en de multiples exemples à travers toute son œuvre en particulier Dieu des hommes, Dieu des fourmis). Elles sont souvent visibles également pour les comportements de la famille et des groupes sociaux.

2° /L’évidence de l’action d’une énergie christique n’est pas claire non plus.

Cette énergie n’apparaît pas tant qu’elle ne se dégage pas des visions d’un catéchisme obsolète que nous avons tous appris et plus ou moins mémorisé. Le mot christique en lui-même évoque un enseignement religieux issu d’un passé fixiste pré-galiléen. Ainsi on ne peut voir le « phénomène Christ » comme un modèle véritablement humain et innovant, permettant une approche sensible des mystères situés à proximité de l’unité paroxystique citée plus haut. Cette approche est toujours au-delà de l’état d’évolution dans laquelle nous nous trouvons. Il faudrait trouver un autre nom que Christ pour représenter ce personnage humain, enseignant en prise directe avec le monde spirituel que nous souhaitons approcher; sans pour autant négliger les aspects historiques et leur critique éventuelle.

Le travail qu’il convient maintenant d’aborder réside dans le repérage des modes opératoires à utiliser pour avancer dans l’évolution. Faut-il d’ailleurs en rechercher et se contenter, ces observations faites, de conclure par une formule du style : Dieu y pourvoira (formule déjà archaïque telle quelle) ?

-Pourtant on constate déjà que la prise de conscience des notions précédentes n’est pas sans influence sur notre propre comportement, qu’il soit professionnel, social ou privé.
-Pourtant on sent aussi que les idées de Teilhard ont le pouvoir de réduire les oppositions, qu’elles soient religieuses, politiques, inter générationnelles ou même nées au sein de l’intime personnalité de chacun.

Autrement dit, il existe des signes encourageants.
Ainsi donc, la recherche des modes opératoires d’un Christ cosmique moderne est importante ; elle l’est aussi dans les modes opératoires utiles à dégager de l’évolution de la foi des uns et des autres. On ne peut plus se contenter des règles d’un catéchisme du 19ème siècle.

Cette recherche est ardue, car cette attitude, d’autre part, parait s’opposer aux habitudes et méthodes positivistes acquises dans la pratique et dans l’enseignement des sciences dites raisonnables. Peut-être faut-il simplement changer de comportement, s’armer de courage et flotter en somme dans cette recherche, dans le hasard et l’incertitude, comme l’oiseau dont les ailes agitées lui permettent de flotter dans l’inconsistance de l’air. C’est le pari de Pascal. Il faut essayer et on s’aperçoit brusquement que l’on a changé d’axe comme Galilée.

Une philosophie nouvelle est peut-être en train de naître du monde scientifique




Dimanche 2 Mai 2010 05:56