Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Ecrits du temps de guerre
Les Cahiers rouges - Grasset pages 215 à 232


Henri GUYOT / L'âme du monde
Le titre est déjà passionnant.
J'ai donc cru, avec quelque chose de l'enthousiasme d'un explorateur, que j' allais trouver dans ces lignes des amorces de synthèses effaçant nos divergences. Et puis au milieu du texte j'ai trouvé des phrases telles que: " l'âme du monde c'est l'esprit de la matière" ou bien " l'âme du monde est à l'antipode de l'énergie du physicien" (?).
J'ai ainsi cru, qu'à la manière d'André Siegfried dans son livre l'Ame des peuples, j'allais voir se construire les schéma descriptifs d'ossatures communes à tous les peuples. Mais j'ai lu que "l'âme du monde était le schisme dans la charité". Je n'ai pas vraiment compris.

J'ai cru aussi que Teilhard, analysant la somme des courants spirituels qui nous parcourent, allait nous dire où est la source du fleuve qui pourrait nous unir. Mais Teilhard a évoqué "la mésentente entre le dogme et la pensée libre".
Que m'aurait-il donc plu de découvrir dans ce texte?
Il m'aurait plu de découvrir, plutôt que l'évocation de cette mésentente, une autre idée. Par exemple que Teilhard dise que cette mésentente c'est celle qui s'installe entre l'archaïsme des dogmes et l'évolution. L'évolution toujours plus moderne de la pensée libre. Il est vrai que c'est plus facile à dire maintenant qu'à l'époque où il écrivait ces lignes.
Il m'aurait plu, comme un sociologue pourrait le faire, de découvrir des éclairsissements sur les comportements sociétaux des peuples. Bref de découvrir quelques idées sur la psychologie sociale, voire de la psychiatrie: en effet les peuples peuvent être outragés, s'indigner, aimer, se révolter ou au contraire vénérer d'autres nations. Leur comportement mérite d'être étudié dans leur ensemble et non pas en rester réduit à faire l'objet d'études de désinformation pour les écoles de guerre.
Il me plairait, en quelque sorte, que chez les âmes et les peuples on nous révèle les synapses qui nous font nous reconnaitre et nous assembler.
Sur ces réflexions j'ai cherché dans le texte de Teilhard les citations qu'il serait possible de classer selon ce thème plus chaleureux et j'ai relevé ces quelques mots que j'ai eu plaisir à lire:
"Cousinage entre âme des peuples et noosphère."
"L'âme du monde, son absolu, son intimité, sa grandeur, son extra ou supra individualité, son mystère palpable".
"L'âme du monde, réalité inévitable plus immédiate que le Christ".
"L'âme du monde vit du verbe inséré en elle".
En somme, de beaux sujets de réflexion. Mais le plus beau sujet de réflexion ne serait-ce pas la notion d'archaïsme et conséquemment la nécessité d'envisager l'étude d'une nouvelle science de la spiritualité? Elle serait débarassée de tous les vieux oripeaux dogmatiques, bref serait une vraie science, comme la physique, la chimie, l'astronomie. Peut-être faudrait-il lui inventer pour son discours une autre méthode, non cartésienne peut-être et originale. Pourquoi pas? On vient bien d'inventer des ordinateurs quantiques.

Vendredi 26 Février 2016 12:03