Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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"LE MILIEU DIVIN", Editions du Seuil, pages 105 à 129


Henri Guyot / ASCETIQUE CHRETIENNE
Le plan des commentaires proposés au sujet de ce chapitre s'articule autour des titres des paragraphes qui se présentent au fur et à mesure de la lecture.
La notion "être l'autre" semble être le pivot principal de la réflexion.

Pourquoi se pose t-on la question pourquoi "être l'autre" ?
C'est une notion qui naît de notre conscience ferme d'être un individu à part entière (moi c'est moi, moi je suis). Dans notre forteresse personnelle nous en arrivons à nous croire absolument original et égoïstement distinct des autres, alors que nous sommes constitués presque essentiellement de l'autre et des autres.
En effet :
1 - Sur le plan génétique, nous sommes principalement une mosaïque. Cette mosaïque est constamment modifiée et augmentée par :
a - les hasards et les nécessités des rencontres accidentelles de la vie.
b - notre propre volonté armée de nos forces physiques ou mentales ayant la capacité de nous auto-programmer (comme toute la chaîne du vivant du primordial au complexe - voire même à partir du minéral). Cette mosaïque est donc constamment enrichie et modifiée au niveau de nos gênes et de nos particules mitochondriales.
2 - Sur le plan des informations nous sommes constitués du résultat acquis de nos rencontres. Cela se construit en un amalgame "informé" grâce à l'éducation (école, enseignement familial), puis grâce à l'apprentissage, puis grâce aux expériences personnelles parcourues au long de la vie. Et, réfléchissons bien, et constatons qu'il y a peu de place pour imaginer des créations ex nihilo. Nous n'imaginons bien que ce nous avons déjà vécu à partir des briques de connaissances que nous avons précédemment rencontrées, acquises et accumulées et finalement utilisées parfois même partiellement et inconsciemment.
Peut-être peut t-on dire, puisque nous sommes ainsi, que nous sommes forcément unis à Dieu (ou au grand Principe si on n'ose pas nommer Dieu). En tous cas nous sommes des êtres qui sont toujours l'autre sous de multiples formes. Nous sommes des êtres "participés".
Chrétien ou non ce schéma en deux pôles (génétique - information) est le même pour tous avec bien sûr plus ou moins de contenu et des mosaïques, à terme, bien différentes. Nous en arrivons donc, au cours de notre vie, à être différents les uns des autres, mais faits d'un ensemble de multiples "copié-collé" semblablement absorbés.
Alors les principes "d'attachement" et de "détachement" cités chez Teilhard ne sont que des corollaires de ce schéma et le débat s’essouffle vite. Seule l'intensité vécue pour l'un ou l'autre terme varie.

Les"renoncements", les "conseils évangéliques", "l'autorisation du "maître des choses", "l'obéissance" et "les bienfaits que l'on prête aux vertus Chrétiennes" tels qu'ils sont cités ne sont que de l'outillage spirituel, certes non inutile, mais de peu de poids par rapport à la charpente plus solide du schéma précédemment évoqué.
La seule chose qu'il conviendrait d'ajouter serait la volonté et l'élan de la recherche personnelle, voire parfois collective, que nous pouvons ajouter à cette construction. Cette volonté est la seule chose qui puisse faire bouger les lignes

"Symbolisme de la Croix" : cela pourrait être un outil symbolique pour armer cet élan mais il me semble d'une autre nature que les informations constructives évoquées précédemment. C'est d'abord un sacrifice horrible et le premier réflexe est plutôt : non plus jamais çà ! "La voix royale de la Croix" n'a rien à voir avec la volonté de recherche spirituelle personnelle. Si on doit s'agenouiller devant la Croix c'est pour rendre hommage aux suppliciés de la terre et non pour provoquer l'élan de l'homme en avant..

"La contemplation et la chasteté". Pourquoi les associer, entre eux ou avec le reste de ce que l'on vient de dire?
1 - On ne voit rien venir avec la contemplation. Ne faut-il pas préférer la méditation ?
2 - La chasteté. Pourquoi diable ? Au contraire, et le goût de vivre alors ? Il est universel. Il doit se manifester assurément - bien sûr dans les limites nécessaires imposées par des compressions sociales bien connues.

"Quant à la puissance spirituelle de la matière" Dans le cadre du sujet on ne voit pas bien la nécessité de l'explorer. Surtout on ne voit pas bien pourquoi il faudrait opposer esprit et matière. N'y a t-il pas plutôt continuité ?

Finalement il faudrait encore en revenir aux visions de Saint François d'Assise : "sœur la terre, frère le soleil ou le vent, frères les oiseaux, sœurs les plantes, ... Frères, sœurs, vivons et aimons nous les les autres.

Henri Guyot - juin 2014
 

Vendredi 27 Juin 2014 16:58


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