Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Comme annoncé : complément à la contraction de texte éditée le 17/1/2011



1- INTRODUCTION
De quelle nature est donc le temps qui mène notre vie comme une barque sur un fleuve ? Serait-il une illusion, une projection de la conscience ?
Conscience … voilà le mot car le temps n’existe que s’il y a une conscience pour l’observer et, inversement, la notion de conscience est liée à celle que nous avons du temps.
Alors le temps serait donc perçu différemment d’une conscience à l’autre puisqu’il n’y a pas deux consciences identiques ? Le temps est hétérogène, il est haché, il n’est pas une ligne continue universelle, à chacun, à chaque chose son temps, le temps est rythmes. Cette notion est assez ancienne puisque le maître ouvrier qui fabriqua l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg avait déjà une idée précise sur la question puisqu’il inscrivit sur son horloge en lettres d’or sur fond bleu ciel : « LE TEMPS APPARENT »

Pour faciliter l’approche de l’étude du temps, nous allons dire qu’il existe trois grandes familles de temps :
Le temps humain
Le temps de la matière
Le temps divin

2- LE TEMPS HUMAIN
Selon l’âge de l’individu, selon ses occupations, selon l’heure, la notion de temps est perçue différemment. Par exemple, les périodes de rêve sont hors de la conscience temporelle, chez l’adulte un peu, mais surtout chez l’enfant. Ainsi, après avoir rêvé en jouant, l’inquiétude sort brutalement le jeune enfant de son rêve, il demande où est sa mère et quand celle-ci lui répond il est rassuré et repart pour un nouveau voyage dans le rêve, hors du temps.

Dans la mémoire de l’adulte, le début de sa vie est un film haché en petites séquences séparées par des trous noirs, non gravés dans la mémoire. A cela il existe une explication, au début de la vie de l’enfant toutes les connections neuronales ne sont pas faites, raison pour laquelle il ne sort que peu de souvenirs avant l’âge de trois ans.

A l’inverse, la conscience temporelle de la personne âgée est continue car elle observe sans cesse un temps qui lui est compté, il est rare et l’on observe avec angoisse son écoulement ; d’autant plus que la personne est désoeuvrée.
L’occupation, comme le rêve, sont un facteur de hachure du temps. Si les occupations sont incluses dans des cycles saisonniers comme c’était le cas dans les sociétés paysannes d’autrefois, la vie d’écoulait au rythme des saisons de manière presque uniforme d’une année à l’autre, cela induisait une fausse quiétude car les changements lents sont peu perceptibles. Seuls les changements importants et brutaux comme le passage de la traction animale à la traction motorisée sont susceptibles de donner une impression de révolution.
Dans les sociétés modernes, les médias sont les grands responsables de l’angoisse croissante des êtres humains, l’incessante pluie d’informations bouscule une vie que l’on voudrait sans changements. Ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui. Le sol s’échappe sous nos pieds. L’observation du temps est maintenant continuellement en éveil et notre conscience temporelle ne connait pas de repos, l’anxiété est croissante, notre besoin de fuite et d’évasion aussi.

Les occupations, la philosophie et le rêve sont les seuls remèdes contre l’appréhension, des privilégiés savent en profiter, les autres usent de divertissements plus ou moins stériles, de drogues et autres paradis artificiels, de relations sexuelles variées et en excès ou, tout simplement, s’autodétruisent par la déchéance ou le suicide. Le goût de vivre est une flamme fragile qu’il faut protéger et entretenir par la connaissance de soi et la recherche d’une philosophie personnelle.

La notion que l’on peut avoir du temps est la pierre angulaire sur laquelle s’établit notre système de pensée. Il faut savoir s’élever au-dessus du temps pour trouver un sens à l’univers.

Voici une explication au sentiment d’accélération du temps au cours d’une vie humaine :
-Pour un enfant de six ans, trois ans représentent la moitié de sa vie, c’est long pour sa propre conscience du temps.
-Pour un vieillard de quatre vingt dix ans , trois ans représentent le trentième de sa vie, c’est bref pour sa propre sensibilité.

A l’inverse des fluctuations dans la notion de temps, il existe le temps mis en sommeil de l’homme incarcéré pendant une longue durée. Pour lui, cette période vécue en prison est une mise entre parenthèses afin d’attendre de manière moins consciente le moment où, libéré, il vivra réellement à nouveau.

Plus répandu, et de manière intime, sur l’oreiller les battements de notre cœur sont une horloge chargée d’angoisse que l’on repousse en changeant de position car nous fuyons les pulsations de cet organe qui rythme inexorablement l’existence. Dans un autre domaine, le temps n’est pas le même selon les religions : année solaire, année lunaire …

Enfin, il faut noter que la conscience du temps qui s’écoule n’est pas le propre de l’homme ; les animaux domestiques entre autres mémorisent les habitudes le leur maître et savent lui rappeler qu’il est l’heure de la promenade. Les animaux migrateurs eux aussi « savent » que c’est l’heure du grand départ pour fuir la rigueur de la saison froide ; comment le savent-ils ? Ce n’est pas uniquement par l’instinct car certains animaux comme le castor « oublient » d’hiberner quand ils ont été implantés dans une région chaude mais ils retrouvent opportunément ce réflexe quand ils sont réimplantés en été dans une région où les hivers sont rigoureux. Ceci est d’autant plus surprenant dans le cas d’animaux qui n’ont jamais vécu en pays à hivers rigoureux… quels sont leurs indices ?

3 LE TEMPS DE LA MATIERE
La matière est une autre approche pour appréhender la notion de temps. Tout bien considéré, on est obligé d’admettre que le temps existe parce qu’il y a de la matière et quelqu’un pour l’observer. En effet, s’il n’y avait ni matière ni particules qui se déplacent ou changent d’état, il n’y aurait ni temps ni espace à observer. C’est la raison pour laquelle Albert .Einstein a inventé la notion d’espace/temps. Le même savant a donné une définition de la matière qui colle à cet « environnement » : la matière est une courbure de l’espace/temps. Cette définition demande une explication.
Imaginons une particule qui se déplacerait dans le néant, vers l’infini (scenario virtuel), elle irait absolument tout droit parce qu’elle ne rencontrerait à proximité de sa trajectoire aucun objet susceptible de dévier (par attraction) son parcours.
En effet, la ligne droite n’existe pas dans l’univers en raison de la force d’attraction du plus gros sur le plus petit. C’est pour cette raison que l’univers est courbe. Mêmes les ondes subissent cette force. Une telle caractéristique fait que plus il y a de particules dans un secteur de l’univers et plus les trajectoires de chacune d’elles s’incurvent et se transforment en spirales, se compressent les unes vers les autres jusqu’à former un micro système de particules lequel, tournant avec d’autres noyaux forme les atomes qui, faisant de même, arrivent au stade de la matière tangible. J’ai sauté quelques phases pour être plus simple mais c’est approximativement ce qu’il se passe. Cette force qui dévie les trajectoires joue bien entendu pour les objets plus gros comme les météorites ou les planètes.
Ainsi nous pouvons dire que le temps de la matière est hétérogène, il est différent à chaque niveau d’organisation de l’univers. Le temps des atomes est différent du temps des particules qui le composent et de celui des galaxies. Non seulement le temps est multiple entre les éléments de la matière, mais il n’est pas le même pour l’objet observé et celui qui l’observe car il varie en fonction de la vitesse de l’observé et de l’observateur. Lorsque les mesures de ce temps « élastique » se font par rapport à la vitesse de la lumière, la compréhension de ce phénomène sera plus aisée si on le compare au phénomène acoustique bien connu du véhicule à moteur à explosion qui, lorsqu’il s’éloigne de l’observateur, le son du moteur décroit en fréquence en raison du temps que met le son à parcourir une distance de plus en plus grande.

Transposons ce processus sur la lumière : imaginons que nous sommes dans un vaisseau spatial se déplaçant à une vitesse équivalente à 90% de celle de la lumière. A nos yeux l’univers serait un gigantesque arc en ciel, bleu devant nous, devenant progressivement vert puis jaune sur nos côtés en enfin rouge à l’arrière. Dans notre déplacement nous approchons à grande vitesse des galaxies qui sont devant nous et nous nous éloignons de manière corollaire de celles qui sont derrière. Ce mouvement influence notre perception de la couleur. Si nous diminuons la vitesse du vaisseau l’arc en ciel s’estompe. Quand nous rejoignons notre base terrestre nous nous retrouvons dans la situation où toutes les galaxies s’éloignent de nous et la lumière devient uniformément rouge. Voici l’intérêt de cette démonstration.

Bien que différents, tous les temps se valent mais pour des raisons pratiques les astrophysiciens utilisent un temps dit « cosmique » qui est celui de tous les observateurs pour qui la lumière de fond de ciel est rouge. L’avantage du temps cosmique est d’être celui de la majorité de la matière de l’univers et c’est par rapport à lui qu’ont été mesurés l’âge et les dimensions contenus dans l’univers.

D’après les vitesses d’éloignement des galaxies entre elles les calculs ont fixé provisoirement la date du big bang à quinze milliards d’années (approximativement) avant nous. Une « seconde » de temps cosmique n’a rien à voir avec une seconde du temps fixé par nos horloges. A cette époque il n’y avait pas encore d’atomes, il n’y avait que de l’énergie constituant une « purée » initiale en bouillonnement et les notions de temps et d’espace étaient très différentes ; on pourrait même dire qu’elles avaient tendance à être inexistantes, s’approchaient du concept d’éternité qui se définit par la formule « hors du temps » ou encore par celle-ci « éternel présen …

Mais revenons sur terre avec une image simple et concrète : le temps n’est pas le même pour toutes les molécules de l’eau d’un fleuve suivant que l’on considère le courant central ou le courant qui est à proximité des berges du fleuve.

4 LE TEMPS DIVIN
Si nous admettons que le temps est lié à la matière et à l’espace, cela génère les notions de passé/présent/avenir.
Le temps que nous allons examiner maintenant est l’éternel présent, autrement dit : le temps divin.

Une autre idée doit aussi être examinée. On ne discute plus l’équation d’Einstein énergie/matière ; encore faut-il se demander de quelle énergie il s’agit. Pour répondre, je pose le problème différemment : il n’existe qu’une seule énergie universelle mais elle se manifeste différemment selon les parcours :
1- L’énergie primitive du temps de Planck,
2- L’énergie nucléaire,
3- L’énergie atomique
4- L’énergie électromagnétique
Tout cela est admis par la science.
Il en existe une 5ème : l’énergie esprit qui englobe toutes les autres, totalement inconnue et non admise par la science et pourtant, s’il y a une information cause de l’évolution, il se pourrait que ce soit cette 5ème énergie. Je propose à la réflexion de poser une équation esprit/matière … Les johanistes ne devraient pas la repousser puisqu’elle correspond exactement au Verbe Lumière dont il est question dans le Prologue de Jean. Dès lors, ’hypothèse du temps divin ne devrait plus poser de problème ! Et ce d’autant moins que le Genèse dans la Bible dit que Dieu créa le monde en 7 jours. Si on rapprochait le temps de la Bible du temps de la science, cela donnerait quelque chose dans ce goût là, une succession de phases situées après le temps zéro :
1ère phase Explosion initiale nommée big bang.
2ème phase Peu de temps après l’explosion, développement de la phase quarkienne. Dans la purée initiale les quarks engendrent les nucléons.
3ème phase Les nucléons engendrent les noyaux dans les creusets stellaires.
4ème phase A la surface des étoiles et dans l’espace interstellaire les noyaux engendrent les atomes lesquels, à leur tour, engendrent les molécules. Ces dernières évoluent en direction d’une extrême complexité.
5ème phase Dans la soupe des océans primitifs apparition des molécules organiques.
6ème phase Les molécules organiques engendrent les cellules vivantes.
7ème phase Dans les océans et sur les continents les cellules engendrent les végétaux et les animaux. L’évolution de ce monde vivant va très vite aboutir à l’Homme (les temps biologiques sont plus rapides que les temps géologiques).

C’est un astrophysicien connu qui avait imaginé une échelle évolutive de la matière en 7 phases et je n’ai fait que la rapprocher des 7 jours de la Genèse.
Dans ce processus qui s’est déroulé sur une période de 15 milliards d’années, on remarquera que la progression n’a cessé de s’accélérer. Au début on comptait en milliards d’années, puis en millions d’années à la fin. Avec la phase évolutive du phylum humain on ne compte plus qu’en milliers d’années et bientôt les phases vont se compter en siècles.

Que le temps divin se définisse en esprit/matière n’est pas une idée nouvelle si l’on considère cette parole attribuée à Enoch :Dieu est un feu qui brûle le feu, Il est maître du temps » (…)

Voici une manière simple pour se représenter la notion d’éternel présent contenue dans le temps divin :
Examinons deux lignes droites qui se croisent, formant l’image d’une croix. La ligne horizontale figure l’univers spatio-temporel. La ligne verticale représente l’univers infini de l’esprit. Maintenant, plaçons les pointes d’un compas imaginaire sur deux points équidistants sur l’axe horizontal par rapport à l’axe vertical. Les branches du compas forment un certain angle. Maintenant imaginons que ce compas s’allonge démesurément vers le haut. On observe que l’angle formé par les branches du compas se resserre considérablement alors que les pointes du compas sont restées à leurs places. Si l’on continue d’allonger vers l’infini les branches du compas celles-ci tendent à être parallèles et les deux pointes du compas semblent se confondre en un seul point. Passé, présent, futur sont confondus dans le présent divin.

5- CONCLUSIONS
-Intégrer le temps dans la réflexion est indispensable pour ne pas faire fausse route dans la conduite de la pensée. C’est d’ailleurs ce que recommande Teilhard dans ses livres.

-Question inévitable : pourquoi Dieu a-t-il créé l’univers, était-ce une nécessité absolue ou un luxe inutile ? Nous ne connaîtrons jamais la réponse, alors, libérons les imaginations.

-Ce qui est certain c’est que Dieu est une Entité extrêmement puissante, son énergie est bourrée d’informations.

-Energie, Information, volonté, voilà le ternaire divin qui lui a permis de sortir de sa solitude.

-L’énergie divine se consomme-t-elle comme les autres énergies ? Quand la matière aura disparu et que nos âmes auront rejoint Dieu, peut-être que Dieu sera plus fort qu’avant puisque nous serons avec Lui. Si tel n’était pas le cas, à quoi aurait servi la divine manip ?

-Enfin, pour terminer sur une note cynique : Dieu a été le plus grand physicien de tous les temps. Il inventa la réaction en chaîne : avec de l’énergie, Il fabriqua de la matière (voir phase 1). L’Homme essaya de l’imiter avec une réaction en chaîne inverse : avec un petit peu de matière, il fabriqua beaucoup d’énergie (voir Iroshima dans la phase 7)

Mercredi 26 Janvier 2011 17:51