Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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pour notre réunion du 26/11/10 à BRIGNAIS


chapitre 3

Dans les points 1 et 2 / Education à la vie et Education de l’humanité, Teilhard aborde le thème qu’il dénomme « additivité dirigée », mêlant en cela l’hérédité des caractères acquis, qu’ils soient morphologiques ou psychologiques. A mon avis ils devraient être traités séparément en raison des complexités différentes du cerveau par rapport au reste du corps.
Pour ne considérer que l’évolution des formes, plus simple que l’évolution psychologique, la science butte encore sur le processus de ces mutations qui ont peut-être leur origine dans la matière initiale qui contient l’information transcendantale, celle qui pousse la matière à se complexifier, a priori et par tâtonnements aveugles aléatoires jusqu’à une infinie complexité. Les formes nouvelles seraient saisies et conservées dans une « mémoire » jusqu’au moment où un nouveau problème de survie est posé par l’environnement. Une mutation qui prospère équivaudrait presque à un nouveau phylum.
Cette furieuse pulsion de recherche joue à tous les niveaux d’organisation de la matière. Rappelons qu’à une époque très lointaine l’option carbone a été préférées à l’option silicium, le carbone étant un agent très actif dans les mariages des éléments chimiques. Qui a décidé cela ? Je ferai le rapprochement avec une idée du Professeur Rabischong de l’Université de Montpellier , qui a écrit un livre dont le titre est « Programme Homme ». Pourquoi n’existerait-il pas quelques chose en amont que l’on nommerait « Programme Matière » à l’origine de tous les programmes situés en aval ?

En ce qui concerne la transmission des éléments psychiques comme l’éducation parentale, on peut imaginer que ces expériences psychologiques passent, elles aussi, dans le patrimoine génétique ainsi que le suggère Teilhard ; si non comment ces préceptes éducatifs sur la survie, la chasse, pourraient-ils passer aux générations suivantes sous forme de caractères instinctifs. Cette idée a en outre l’avantage d’être intégrable dans l’évolution d’une espèce qui serait induite par ses propres membres. Donc, toute évolution est générée et transmise à l’espèce par les individus. Cela fait dire à Teilhard « Nous ne sommes pas plus intelligents que nos pères, mais grâce à notre expérience nous comprenons mieux ».
Dans la même ligne il extrapole le patrimoine de l’individu jusque dans le patrimoine culturel des sociétés et il écrit : « Humanité et éducation sont organiquement inséparables, c’est une réalité biologique. »

Par contre je réprouve ce qu’il dit dans le point 3 dont le titre est « Education et Chrétienté ». Certes, les religions chrétiennes sont les fondatrices des écoles, mais 2000 ans après la société laïque a pris en partie le relais, ce qui n’a pas été sans affrontements. Actuellement il est inutile, voire néfaste, de relancer le débat car les braises cachées sous la cendre peuvent encore s’enflammer.

Par ailleurs, quand Teilhard attribue à l’Eglise le monopole du « Verbe Incarné » et celui du « Verbe Lumière » il commet une erreur historique. C’est le Peuple juif qui a transmis cela aux Chrétiens ; le Peuple juif l’ayant lui-même reçu de Moïse qui, lui-même, tenait cette doctrine des religions égyptiennes. En Egypte, le Verbe Incarné était représenté par Horus, fils de la déesse Isis. Elle avait été fécondée par son époux, le dieu Osiris qui venait d’être assassiné et qu’elle avait mystérieusement réanimé pour accomplir l’acte. Nous pouvons rapprocher ce mythe égyptien du mystère chrétien de la Sainte Trinité.

CHAPITRE 3

-Point 1 : Les espèces animales (dont l’homme fait aussi partie) naissent, grandissent, vieillissent et meurent. Où en est l’espèce humaine dans son propre cycle ?
Elle est dans une phase critique de socialisation. Sur ce plan elle est moins évoluée que la fourmilière qui a atteint le degré de perfection pour laquelle elle était programmée. La fourmilière est une addition d’instincts dont le programme général interdit toute liberté à la fourmi.
L’humanité n’est pas une addition mais une synergie de consciences, ce qui est très différent puisque, dans ce cas, l’objectif est la liberté programmée.

On peut présenter l’humanité en termes mathématiques, cette représentation aide à comprendre ce que nous sommes : Soit 10 êtres humains autour d’une table. Nous avons ainsi la combinaison de 10 consciences ayant chacune une multitude de facettes que l’on peut exprimer par le factoriel 10 ; ce qui donne 3,6 millions de combinaisons de consciences qui interagiraient. Vertige de complexité qui tend vers l’infini et la liberté de conscience. Je suis ce que je suis, je suis ce que tu me fais.

L’humanité forme un tout humanisé dont l’objectif est la victoire de l’Esprit sur la matière, ainsi l’Homme est individuellement et intellectuellement responsable de l’évolution.

-Point 2 : « Etre ou ne pas être, telle est la question ». Mais de quoi s’agit-il ? Que faut-il être ?
Il faut être un homme achevé, ce qui signifie qu’il a atteint la plénitude de sa conscience.
Par exemple : l’homme peut décider de sacrifier son individualisme au profit de la collectivité, ou il peut décider l’inverse. Arrivé à un certain degré de conscience, l’homme peut se prononcer pour ou contre ce sacrifice, c’est son droit. Quoi qu’il en soit il a le devoir de résoudre ce dilemme, il n’a pas le droit d’être neutre ; sauf à perdre l’appartenance et le sens de l’espèce. Cependant, parfois, un prétexte légitime est invoqué pour motiver cette abstention : la vie a-t-elle un sens ? Le sens donne-t-il le goût de vivre ? Certains disent qu’ils ont fait une recherche et qu’ils n’ont rien trouvé. Les religions sont faites pour aider dans cette recherche. La science elle aussi commence à apporter une réponse avec son « principe anthropique » qui s’énonce ainsi : « Les effets prouvent la cause. Ou encore : si l’évolution arrive à l’homme cela signifie qu’elle a surmonté des difficultés énormes. Elle est donc capable d’aller jusqu’au bout. Cela sous-entend qu’il existe un principe directeur et concepteur.
L’échec est probable mais la réussite aussi et c’est la raison pour laquelle l’attitude neutre est une faute contre l’esprit.

Cependant religions et science doivent limiter leur message au niveau des connaissances humaines, l’imagination débordante de certains faux prophètes est néfaste. Le courant Energie/Amour est le meilleur postulat, il est scientifiquement probable et s’harmonise avec la foi et l’espérance.


Lundi 8 Novembre 2010 18:19