Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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1) Edito de J.P. Frésafond, Président de l’Association Lyonnaise Teilhard de Chardin

Nos Associations Teilhard De Chardin vont mourir en raison de l’âge moyen de leurs membres.
Si l’on veut que la jeunesse connaisse et s’intéresse à Teilhard, il n’y a qu’un moyen, c’est d’inscrire son œuvre au programme des études universitaires.

J’ai donné mon pouvoir au Président G. Donnadieu pour que cette question soit à l’ordre du jour de l’Assemblée Générale de l’Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin / Ile de France, qui va se tenir les 26 et 27mars 2011 :

De nombreuses personnalités sont inscrites dans le codex des auteurs étudiés dans les Universités Françaises dans les filières scientifiques ou littéraires ; pourquoi l’œuvre de Teilhard de Chardin n’y figure-t-elle pas ?

Treize livres de Teilhard sont édités par les Editions du Seuil et quelques autres ailleurs. Mais il existe 6000 pages de communications scientifiques écrites par Teilhard et qui dorment dans les placards de la Fondation Teilhard de Chardin fondée juste après sa mort. Ces documents ne sont pas numérisés et rien n’est fait pour les rendre facilement accessibles. La cause de cette discrétion excessive est l’absence de demande de la part des étudiants qui, pour la plupart, ne connaissent pas le nom de Teilhard.

Cette lacune est typiquement Française, dans nos Universités on compte quelques centaines de publications concernant Teilhard, alors qu’aux U.S.A. il y en a plusieurs centaines de milliers.

On peut comprendre ce black-out sur Teilhard dans les Facultés Catholiques puisque le Vatican a interdit Teilhard depuis les années 30 et cet oukase a été confirmé avec le monitum de 1962 ; Mais de la part des Universités d’Etat ce vide est absurde. Un professeur de philosophie m’a dit que l’écriture de Teilhard était « baroque » ; un autre le qualifie de « poète » alors qu’aucun ne l’a lu complètement.
Des professeurs de filières scientifiques m’ont dit que Teilhard était « décalé » et qu’il n’était pas habilité pour parler d’autre chose que de paléontologie.

Teilhard a toujours été au courant de la pointe des recherches scientifiques. N’oublions pas qu’il fut l’ami de Sir Julian Huxley prix Nobel de biologie et premier Directeur de l’ UNESCO. Il fut également ami d’Albert Einstein. Lamarque, Darwin furent les précurseurs dans les études de l’Evolution, mais ils buttèrent au fond d’une impasse : l’Homme ne descend pas du singe . C’est Teilhard qui, après avoir pris connaissance des précédentes études trouva l’issue du labyrinthe en proposant la naissance de phylum , comme des « gerbes » , issus du hasard des mutations ; mutations fort opportunes il faut bien le dire.

De nos jours, des spécialistes de la paléontologie comme Yves Coppens, Pascal Pic, ne se réfèrent officiellement jamais aux travaux de Teilhard et ils ne citent son nom que dans des préfaces et à l’occasion des anniversaires de Teilhard, ils ne peuvent pas faire autrement.
Quelques vulgarisateurs comme Jean-Claude Hanesse sur France-Inter dans son émission « Sur les épaules de Darwin » ne cite jamais Teilhard, entre Darwin et lui il n’y a personne.

Même le Père François Euvé s.j., titulaire de la chaire de Teilhard de Chardin dans l’Université Catholique de Paris-Sèvre est très discret sur Teilhard ; notamment dans ses publications et communications ex-cathedra.

Et pourtant, Teilhard était un authentique scientifique dans des spécialités telles la biologie et la géologie (deux licences avant 14/18) et en paléontologie (doctorat en 1920).
Il connaissait les limites de la science de son époque et avait su tracer des perspectives d’avenir sans se tromper ; il suffit de lire ses écrits concernant la biologie, la génétique et l’avenir de l’énergie nucléaire. Il avait un siècle d’avance, c’est pour cela qu’il était et qu’il est encore gênant, pour ceux qui ne sont pas à son niveau d’intelligence.
On peut difficilement le prendre en défaut dans le domaine scientifique et paradoxalement pour le prêtre qu’il était ce serait plutôt dans le domaine des autres religions qu’il serait critiquable car muet.

C’est donc au nom de l’Association Lyonnaise Teilhard de Chardin que je demande officiellement à l’Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin (qui fut créée en 1955 à Paris) de faire les démarches d’inscription au codex, conjointement avec la Fondation Teilhard de Chardin (créée en 1955), la première Institution « diffuse » et la seconde « conserve », c’est leur rôle et leur devoir.

Espérons que la réhabilitation de Teilhard sera moins longue à venir que celle de Galilée. Je compare ces deux personnages car leurs découvertes furent d’un égal génie. Les Editions du Seuil pourraient éventuellement intervenir dans ces démarches.


2) Marcel CombyLa pensée de Teilhard et la physique moderne : Pouquoi la philosophie de Teilhard de Chardin n’est-elle pas dans les programmes universitaires Français ?

Bien avant d’avoir ouvert un seul livre sur Teilhard de Chardin, je m’étais imaginé que l’Univers avait une structure dite « feuilletée » en raison de divers plans ordonnés du monde, reliés entre eux par des analogies que les mathématiciens appellent isomorphismes. Ainsi au vide que nous connaissons (absence de matière) dans notre macrocosme, correspondent au niveau subatomique les états dits « virtuels » ou vides de potentialité. Puis à un niveau supérieur (métaphysique), les chrétiens parlent du VERBE qui représente toutes les manifestations de Dieu et en particulier l’Incarnation. Toute cette configuration n’est-elle pas ce que Teilhard nomme le « Dedans des choses ».

Pendant la première moitié du siècle dernier, Teilhard a conçu une théorie de l’évolution biologique qui n’était pas en accord avec la physique de son temps. Par contre elle se rapproche davantage de la physique moderne, non matérialiste et non déterministe. Dans le cadre de cette dernière, on peut dire que matière et esprit ne constitue pas un dualisme réducteur, mais un élément de conscience qui participe à l’Evolution. La physique quantique propose que la base primordiale du Réel soit justement une vie interne qu’on peut nommer « Conscience ». Dans cet espace feuilleté dont j’ai parlé, cette conscience se manifeste à tous les niveaux de la réalité ; en outre la réalité représente un TOUT non séparable.

La non – séparabilité du réel, dans la physique quantique, représente une propriété de l’Univers fort déroutante mais tout à fait captivante et je m’explique : Si deux particules ont été en contact, elles constituent un système qui interagit quelle que soit la distance qui les sépare, ce que l’on ne peut concevoir en physique classique. C’est le principe « d’intrication ». En physique traditionnelle, celle de Laplace, tout objet peut être localisé en vertu d’une logique mathématique déterministe qui fixe les bases de calculs pour tout phénomène observable. Le monde de la physique quantique est un univers incertain, soumis au hasard, où les particules peuvent en permanence changer de position, de vitesse, de trajectoire et d’énergie. Ainsi l’importance de la Conscience et la non – séparabilité du réel, sont parmi les thèses les plus caractéristiques de Teilhard. « A perte de vue, tout autour de nous l’Univers tient par son ensemble. Et il n’y a qu’une manière réellement possible de le considérer. C’est de le prendre comme un bloc, tout entier…l’Etoffe de l’Univers correspond à une seule figure : elle forme structurellement un Tout ». (Le phénomène humain, p. 32, 33)

Si la réalité est un Tout, tous ses états, réels ou virtuels, s’étendaient depuis toujours et partout à travers la totalité de l’univers. L’émergence de la vie n’est donc pas limitée à un seul point singulier du temps, ni en un lieu singulier tel notre planète. La Vie n’est ni un événement ni un accident superficiels, mais une réalité en émergence permanente à travers la moindre fissure tout comme l’herbe à travers le goudron de nos routes. La Vie se déploie alors inlassablement jusqu’à des limites extrêmes, extérieurement en Complexité et intérieurement en Conscience. La physique des particules montre un monde si étrangement organisé autour de fabuleuses myriades d’interactions que nous pouvons envisager que ce monde possède un « esprit » qui unifie parfaitement cette réalité que l’on pourrait appeler « Âme ». Pour Teilhard, toute unité de matière, si peu évoluée ou si immature soit-elle, possède un rudiment d’immanence, c’est-à-dire une étincelle d’esprit.
La physique classique n’offre aucune base pour supposer que la matière soit dite : « pré vivante » et que la conscience y joue un rôle quelconque dans les processus physiques. Pour notre regard, beaucoup de choses paraissent complètement mortes. Par contre la physique

quantique nous apprend que les particules sont des objets « actifs ». Cette activité se traduit par ce qu’on appelle des « sauts quantiques » spontanés. Ceux-ci sont régis par certains principes spécifiques : l’information, les ondes de probabilités, l’ordre d’états virtuels. Les particules se comportent donc comme des êtres vivants munis, il est vrai, d’un rudiment de conscience capable de réagir à telle information. Il existe alors toute une hiérarchie d’états qu’on appellera : « intelligents ». L’intelligence, dans ce cadre là, est la capacité d’utiliser l’information de façon organisée pour une existence et une finalité. Des aspects de conscience se manifestent à tous les niveaux du réel. Au-delà de cette hiérarchie dont le sommet est la conscience humaine réfléchie, on doit se demander s’il existe un niveau de conscience non limité par les structures matérielles de notre monde et par les contraintes de l’Espace – Temps. En outre, l’existence de chaque niveau d’intelligence est conditionnée par l’existence des autres niveaux ; c’est un des principes de la Vie qui est diversité et unité. Alors au fond de la réalité, on peut soupçonner l’existence d’une intelligence suprême, transcendante.
Dans ce modèle de hiérarchie des systèmes intelligents, chaque avancée de l’évolution biologique correspond à une intégration plus étendue d’un sous-espace plus grand que celle du niveau précédent. Teilhard propose donc que l’évolution mène les êtres vers une spiritualité croissante. Il attribue à la conscience une énorme importance et invente le concept de « Dedans des Choses ». Au fond de nous-mêmes existe depuis toujours un intérieur, de sorte que l’Etoffe de l’Univers possède une face interne et une face externe : « Coextensif à leur Dehors, il y a le Dedans des Choses ». Cette représentation du monde, aussi déconcertante soit-elle pour notre imagination, nous montre un aspect différent de la Matière originelle ; sous le feuillet physique et mécaniste initial, on doit concevoir, aminci à l’extrême, un feuillet biologique, comme je l’avais pressenti depuis quelques années. L’explication des diverses phases de la Vie se fonde sur les jeux de connexions entre états virtuels et états réels, des fonctions d’ondes et des distributions de probabilités. Depuis le niveau le plus élémentaire du monde des particules, jusqu’au niveau divin du réel, c’est l’éruption de la Conscience dans le monde matériel qui est la force motrice de l’émergence du Complexe. « En créant les esprits humains, la conscience cosmique a trouvé une nouvelle façon de surgir sur la scène. ».

Avec la naissance des êtres humains, tout un développement nouveau commence : abstraction, logique, archétypes, choix et inventions raisonnés, mathématiques, arts, sentiments, sensations, imagination, etc…effervescence du centre explosant sur lui-même. Cependant il est impossible de décrire cette force qui nous introduit dans le monde des idées sensible à l’information, élément non matériel. Elle n’est pas quantifiable mais elle produit des effets observables pouvant être quantifiés. Cette prodigieuse et complexe Evolution, transférée dans les mains d’êtres conscients d’eux-mêmes, exige que ces êtres aient un but afin de préserver cette force vive. Cette Evolution devient, en quelque sorte, libre de disposer d’elle-même, responsable de son avenir. Alors se pose la question de l’angoisse de se sentir enfermé dans l’Espace – Temps. Teilhard a perçu ce danger selon lequel l’Homme ne fera jamais un pas dans une direction qu’il sait bouchée. C’est le paradoxe de l’Evolution.
« Une seule chose, mais qui est tout. C’est que nous soient assurés l’espace et les chances de nous réaliser, c'est-à-dire d’arriver, en progressant, (directement ou indirectement, individuellement ou collectivement) jusqu’au bout de nous-mêmes » (Teilhard, loc. cit. p. 230)

Le but de l’Evolution dont la fonction est ainsi définie est le Point Oméga. Le but de l’humanité est d’atteindre ce point où la Conscience de l’humanité s’unira à la Conscience qui est active dans l’Univers, marquant l’achèvement en dehors de l’espace – temps. Ainsi Teilhard propose l’hypothèse « d’un Foyer universel », non plus d’extériorisation et d’expansion physiques, mais d’intériorisation psychique, vers où la Noosphère terrestre en voie de concentration par complexification semble destinée à aboutir dans quelques millions d’années. On aboutit à l’idée de transcendance, hors de cet espace – temps, dont les propriétés sont exprimables par un esprit scientifique. L’évolution vers ce point Oméga peut être considérée comme le processus par lequel nous apprendrons à exister dans une réalité « non séparée » afin d’entrer dans une réalité transcendante. Le réel possède la nature d’un Tout indivisible, mais il a une structure d’états cohérents virtuels, d’où des objets séparés singularisent par actualisation. Oméga ne peut être conçu que comme le point de rencontre entre l’Univers parvenu à la limite de centration et un autre centre encore plus profond. Ici s’insèrent le problème de Dieu et celui de la non localisation. Certains chercheurs ont proposé que les processus de non localisation relèvent d’une réalité extérieure à l’Espace – Temps, et que le processus fondamental qui régit la Nature se trouve également en dehors de cet espace – temps. « Ce processus devient donc métaphysique car il inclut la physique, dont il est à la fois en arrière et en avant ». (Stapp) L’hypothèse d’une réalité transcendante est à notre époque une proposition inévitable qui peut servir de base à l’engagement humain pour tout ce qui concerne les nécessités de base non individuelles.

Pour Teilhard, nous participons à un processus continu d’Evolution qui exige de tout individu un engagement personnel. Se pose alors la question de l’évolution des espèces dans l’histoire de la vie. Les espèces naissent, puis au bout d’un certain nombre d’années ou de siècles, disparaissent pour laisser place à une autre espèce. Qu’en est-il alors du destin de l’espèce humaine ? De nos valeurs morales ? Des religions ? Nous voyons apparaître en ce début de XXIe siècle, un développement exponentiel des techniques et un rapprochement spectaculaire des nations de notre planète associé à un raccourcissement des distances. Est- il patent de reconnaître dans cette nouvelle configuration, l’avènement d’un monde nouveau ?
On assiste bien à une évolution planétaire qui nous fait penser au principe fondamental d’interconnexion de toutes choses. Maintenant que nous connaissons le principe de non séparabilité, il nous faut savoir adhérer sans doute à une moralité et une conscience cosmiques. « Tout âme qui s’élève… élève le monde ! » écrivait en son temps Elisabeth Leseur. Il nous faut établir une connexion entre nos découvertes scientifiques et nos théories éthiques ou religieuses, tout en résistant aux méfaits planétaires de la désinformation ou de la mauvaise information. Teilhard voulait créer une science qui unit le cosmique, l’humain et le divin ; mais comment une telle union est possible ?

L’évolution biologique est expliquée comme un processus de transition entre des états
quantiques et le darwinisme ne fait que décrire quelques phénomènes observés ; il reste donc à l’interpréter différemment. Par exemple le hasard est identifié comme un mode de sélection entre des états préexistants et l’ordre spontané de l’évolution découle de l’actualisation de l’ordre virtuel préétabli de l’Univers. Cet ordre visible dépend donc d’un ordre plus profond qui siège dans le monde des particules. Dans l’évolution biologique, on doit admettre que des propriétés de la réalité nous sont dévoilées par des entités d’ordre quantique. Aussi peut-on affirmer que la physique quantique n’est pas seulement à la base de principes physiques nécessaires pour construire notre corps, mais aussi de principes qui se rapportent à notre esprit. Teilhard dit que l’Homme a des besoins spirituels, non pas parce qu’il est descendant
d’animistes, mais parce que son esprit a besoin d’être en contact avec le fond spirituel du réel qui est de même nature que lui. Si la NATURE était CONSCIENCE alors il semblerait patent que notre propre conscience aspire à communiquer avec elle. Ceci demeure une hypothèse qui se traduit par le fait que l’Homme n’est pas indépendant, mais lié à une partie transcendante de la Réalité. Ceci étant, référons -nous à cette parole de Saint Augustin : « Nisi credideritis, non intelligitis » (Si vous n’avez pas de croyance, vous n’aurez pas de savoir). Pour Teilhard, la Conscience du monde n’est pas autre chose que la Conscience du Christ cosmique ; ceci révèle son aspiration visionnaire qui témoigne de ses convictions scientifiques et de sa foi religieuse. Nous entrons avec lui dans le domaine des émotions les plus profondes. Devant un monde de plus en plus inquiet des risques énormes d’une utilisation perverse des
technologies, ne serait-il pas nécessaire et vital pour les croyants que de repenser les dogmes
de la foi chrétienne, juive ou musulmane, dans une autre dimension qui leur confèrerait cette
émotion qui emporte l’esprit vers une Sagesse et une sérénité nouvelles. Cette synthèse réalisée par Teilhard constitue une voie qu’il serait absurde de négliger.

Nous autres scientifiques, porteurs de savoir les plus divers, avons une responsabilité
gigantesque dans le devenir d’un monde entraîné dans une spirale planétaire que nous ne
saurons peut-être un jour plus contrôler.
Se pose donc le problème du Mal, celui engendré en particulier par les excès terrifiants
consécutifs à des manipulations insensées de nos capacités scientifiques et technologiques. Les découvertes en mécanique quantique aussi bien que les visions mystiques de Teilhard, ne font que décrire l’extrême profondeur de la nature humaine et faire reculer les limites de notre savoir sur le mystère de l’Homme. En fait, dans une théorie de l’évolution, ne convient –il pas d’attribuer à ce que nous appelons « Mal », une réalité ontologique nécessaire pour la Vie, dans la mesure où elle fait partie d’une structure d’ordre cosmique insufflant dans l’Homme la redoutable capacité d’être à la fois infiniment complexe et
infiniment libre. Notre époque est marquée justement par l’accélération de la complexité au
sens planétaire et des moyens qui nous permettent de grignoter toujours plus de liberté. Reste
à notre conscience de ne pas se laisser asservir par des forces internes et externes qui nous
éloignent de la vraie Sagesse, celle qui privilégie l’être sur l’avoir ; ne pas céder à
l’enfermement physique et mental, à cet engourdissement de l’esprit qui rend aveugle, sourd
et muet, devant l’aspiration de l’autre.
La pensée de Teilhard et les principes de la physique moderne enseignent que notre Univers
est un monde ouvert. Si on réfute à présent le dualisme matière – esprit alors il existe un ordre
moral naturel comme il existe un ordre physique. D’où l’importance en famille et à l’école de
l’éducation au valeurs morales et religieuses, au sens critique, à la responsabilité, à la curiosité
et la créativité.

L’histoire de ce « bébé – médicament » montre combien nous sommes
interpellés dans nos convictions les plus profondes. Contrairement à ce qui s’affirmait
autrefois à propos de la volonté divine, nous sommes amenés aujourd’hui à parler un langage
qui englobe le rôle de la science dans notre vie quotidienne. Où se situe la morale dans telle
action humaine ? Où se situe, pour un croyant, la volonté de Dieu ? Tel est le challenge pour
l’homme de bonne volontL’histoire de ce « bébé – médicament » ne pose-t-elle pas la question du contrôle et de l’entretien de ce que Teilhard appelle « les forces de finalité » ? Teilhard évoque deux voies :
- Celle de la moralisation de l’invention selon laquelle tout progrès scientifique et technique, fasse naître des obligations internes de nature spirituelle ; sachant que l’Evolution, en rebondissant réflexivement sur soi, doit se moraliser. Ce pouvoir d’arrangement réfléchi devrait engendrer autour de soi une atmosphère toute nouvelle d’exigences spirituelles. Pour un croyant, il s’agit de retrouver la vertu d’Espérance dans un Monde apparemment désenchanté.

-Celle qui rend le Monde, non seulement respirable, mais habitable pour la Pensée. Le plus « activant » des mondes possibles se situe dans la recherche d’une vision du Monde où l’âme doit se sentir le plus sensibilisée, le plus libre, le plus active. Le Christianisme y émerge en tête de son pouvoir d’immortaliser et de personnaliser dans le Christ, jusqu’à la rendre aimable, la totalité temporo – spatiale de l’Evolution. (Teilhard, L’avenir de l’homme)

La philosophie de Teilhard engage de se faire une conviction et une foi touchant l’avenir et la valeur de l’œuvre dont l’homme, devenu « quasi-démiurge », se trouve désormais chargé.
Pourquoi Teilhard n’est-il pas inscrit en France dans le codex universitaire, alors qu’il l’est aux Etats-Unis ?




Lundi 21 Mars 2011 17:17