Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche






Galerie

L'Avenir de l'Homme, éditions du Seuil, chapitre 19



« A partir d'un degré suffisant d'hominisation, « la chaîne planétaire » génératrice de l'humain, ne saurait plus continuer à fonctionner que dans une certaine atmosphère de consentement, c'est-à-dire finalement sous l'action de quelque désir »(Page:361, L'Avenir de l'Homme).

Le goût de vivre, l'envie, le souci de l'autre, ne se sont jamais aussi bien démontrés, il me semble, que maintenant : le teléphone portable générateur constant de connections des êtres, enfants comme adultes; « Fil à la patte »péniblement supporté par certains, addiction réelle pour d'autres... Ne se fait-il pas plus généralement acteur de lien social?, en d'autres termes, activation de l'énergie?

Et les réseaux sociaux pour ne parler que d'eux, désomais omniprésents, jusqu'à en être parfois despotiques ne « canalisent »-ils pas,(ou canibalisent ? ) jugements et actes de nombre de personnes?

Les informations du monde comme celles de la cité, les faits de société, les frasques en tout genre, alimentent les groupes et les forums, construisant ou déconstruisant drames et potins.
Les interconnexions sociales sont de plus en plus présentes, forces réelles, créatrices, imaginées et construites par la technique et le progrès.

Obligation est faite de constater que la marche, sinon la course, du monde est là et tellement là que beaucoup, parmi des hommes et des femmes, commencent à prendre le vertige et demandent l'arrêt ou tout au moins la décélération du mouvement qu'ils pensent devenu fou...

Tant de choses ont changé depuis les années 50 du siècle dernier et pourtant Teilhard est toujours d'actualité.

Laissons le dire à nouveau:
« ...Fonctionner finalement sous l'action de quelque désir, dans une certaine atmosphère de consentement... »; paroles réactionnaires si elles sont mal comprises et par suite entre autres exemples, les jugements émis sur les dogmes qui peuvent, si on y réfléchiT bien, ne plus être d'actualité, devenir obsolètes?
Mais il me semble que là n'est pas le propos.

L'Homme ne s'accomplira dans sa totalité que si il le veut et le goût de vivre dans la vérité est, de toute façon, mouvement, donc en direction vers...,en route pour tous les possibles.

Le temps est à l'attrait, au désir; pour la religion par exemple, tiédeur et habitude font partie du passé et source de désintérêt; le partage et l'amour pour une idée, ou un état (situation), dit-il encore, là est l'humanité en cours de totalisation, la chaleur psychique, l'atmosphère cordiale, qui soudent les âmes et les unifient(sic).

A la suite de ces propos, même s'ils se veulent volontaristes et sont attirants, Teilhard fait entrevoir un manque et il dit:
« Seule finalement ...une perspective, une espérance, …est capable de soutenir jusqu'à la fin notre course en avant...
Mais cette cime précisément, c'est-à-dire ce sommet attendu de l'anthropogénèse, sous quelle forme, sous quels traits essayer de l'imaginer? »


Alors Teilhard propose deux idées ou solutions:
1) La solution collectiviste;
L'humain s'organisera de plus en plus dans le souci du bien être de chacun dans une maîtrise de lui-même, vivra avec et à côté de l'autre dans un esprit d'unité; monde auto et ultra suffisant, ultra individualisé, rouages bien huilés, etc,
2) La solution personaliste;
Dans le premier schéma, des égoïsmes, des esprits partisans ne peuvent manquer d'apparaître, l'état étant statique. L'histoire nous a fourni maints exemples et pour certains, cataclysmiques de leur fin, comme une déstructuration programmée et in fine leur autodestruction.
Teilhard suggère donc comme solution, une force réelle d'amorisation clé de voûte de la noosphère, catalyse de tout incommunicable Réfléchi sublimé au cours des temps(sic), et permettez-moi d'ajouter vision possible bien qu'osée d'Eternité.

L'auteur dit encore:
« La découverte graduelle,...non pas seulement de quelque chose mais de Quelqu'un... »
Et comme en écho:
« Si l'un de vos enfants vous réclame du pain, lui donnerez-vous une pierre... »(LucXI,11).
N'est-ce pas la quête, pour certains peut-être la vision, et pour tous ceux qui le veulent, simplement et de toutes leurs forces, le regard?
Et le dénouement? .
La réponse est avec l'exemple de Paul sur le chemin de Damas (Actes XXII,10), ou celui de Jean de la Croix, ou plus près de nous et peut-être plus lisible, de l'Abbé Pierre un 1er février 1954, et combien d'autres.

La Terre, de laquelle je suis, source, berceau, bien précieux, en devenir pour toutes les ouvertures; Les couleurs de peau qui encore font peur, ne sont-ils pas dérisoires?, Bien sûr existe les drames, les désastres, les morts, mais aussi les richesses dans le coeur de l'autre, qui étonnent, puis remplissent de joie et d'espoir;
Là, n'est-il pas au fond, le commencement et les premiers pas vers ce que Teilhard appelle et désire de toute son énergie et qu'il nomme:
« Les forces de vision commune et d'unanimisation »?

Dimanche 27 Novembre 2011 15:25