teilhard de Chardin


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C’est dans les années immédiates d’après la deuxième guerre mondiale que le père Teilhard de Chardin donne une conférence ; la date mentionnée dans le livre est : 16 janvier 1947 à Paris
Qu’on me pardonne de rappeler cette date mais il me semble important de situer l’espace et le temps.
Donc en ce début d’année, le père va avoir 66 ans. Loin d’être abattu par une santé qui sera dans quelques mois un peu chancelante, il continue son combat ; il sait trop qu’il doit parler, tant d’amis sont derrière lui. Bientôt, pour certaines de ses idées, pour d’autres plus tard, la parole sera reconnue. Il a la confiance de celui qui ne recherche que la vérité et qu’importe !
Oui, que lui importe. Pourtant on lui en a encore fait voir l’année précédente ; il lui est interdit une nouvelle fois de publier le Phénomène Humain dont déjà il a terminé la rédaction en 1940 ; il doit se remettre au travail pour corriger, rectifier, de nombreux amendements sont imposés à son œuvre.(jusqu’à 240 par le père De Lubac nous raconte l’historien Patrice Boudignon ). Il a l’humilité et la patience de celui qui avant tout ne veut que le bien.
Et que dit-il cette fois encore en ce début d’année 1947 qui irrite tant certains doctes théologiens ?
Le problème avec Teilhard c’est que ses idées novatrices, tellement géniales, donnent des réponses nouvelles que de nombreux hommes attendent. Il rallume les lampes qui risquaient de s’éteindre et met qu’on le veuille ou non « un coup de pied dans la fourmilière »
Patrice Boudignon nous relate encore sur cette période : René d’Ouince, le supérieure direct du père Teilhard raconte l’émotion soulevée à Rome par sa notoriété croissante :
Teilhard est devenu subitement, non seulement une personnalité parisienne, mais une sorte de vedette dans le monde intellectuel et spécialement dans les milieux étudiants. … et encore,… si vous voulez salle comble, au risque d’y voir casser quelques chaises, il suffit d’inviter Jean-Paul Sartre ou le père Teilhard. Du coup, les inédits, comme par enchantements prolifèrent…Teilhard est de nouveau dénoncé à Rome ; il reçoit de son supérieur général, au début de 1947, ..l’ordre de mettre fin à cette circulation de textes qui n’ont pas été soumis à la censure officielle…etc.
J’ai regardé et voulu dire la tension qui régnait en ce temps là autour de Teilhard ; et cela n’était pas sans raison ; En effet, il nous parle de techniques qui ont un rôle biologique. Importance est faite aux sciences au risque, pensent certains, de « faire de l’ombre » à la philosophie théologique devenue parfois despotique, rigide, frileuse dans son immobilisme ; pendant ce temps les sciences dont les schèmes sont en constant changement et évolution demandent des débats et des réponses ; revenir à la loi première, évidente, complexité et conscience.
Le changement fait peur car il est incertitude et il est confortable parfois de vivre par le dogme. Pourtant , qu’on le veuille ou pas, tout change et constamment ;Quelques exemples ? En physique, Pierre et Marie Curie au début du siècle dernier, aujourd’hui le nucléaire, demain combien d’autres énergies seront dans la vie des hommes.
Les technologies industrielles, de la vie, de l’information, toujours plus affinées, espaces et groupes identitaires qui se construisent, s’arrangent et s’affirment ; et que dire des moyens d’expression et d’information en évolutions exponentielles.
Dans les sciences humaines, la psychanalyse, la psychologie analytique sont souvent peu ou mal connues en 1947 ; C.G. Jung a 73 ans et ce n’est que 10 ans plus tard qu’il acceptera de parler de lui ; de raconter son autobiographie .Aujourd’hui cette nouvelle approche de l’âme permet à l’homme de mieux se connaître. Les aspects cachés se découvrent, les richesses se dévoilent.

Certes, comme nous dit en conclusion le père, « la technique se présente de telle façon qu’elle nous fait accéder à des pouvoir d’un ordre plus grand… »Comment cela ?
A travers toutes les fibres de son être la personne humaine se construit toujours plus finie parce qu’il ne peut en aller autrement. L’homme entièrement responsable de lui même toujours plus riche, est évolution. L’homme religieux (de RELIGERE expérience, parcours religieux ) d’aujourd’hui se construit différemment de celui d’hier parce que son entité est différente car formée entre autres de l’apport des vitalités du passé ancestral, de celles plus récentes ainsi que de celles d’aujourd’hui.

L’homme « prend position sur une religion » me dit Teilhard, peut être compris non comme s’il s’agissait d’une espèce d’hégémonie religieuse établie a priori, mais comme l’aboutissement privilégié parce que finalement le plus enviable et donc le meilleur choix parmi tous.







Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Samedi 30 Mai 2009 à 14:37 | Commentaires (0)