Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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JP Frésafond/COMPTE RENDU de LECTURE du LIVRE ECRIT PAR le PERE MARC CHABERT Intitulé  « POUR LA TERRE A RECONSTRUIRE »Sous-titré : « UNE VISION AVEC TEILHARD » Editions AUBIN
Il fallait que ce livre soit écrit pour faire connaître Teilhard au-delà du cercle des croyants inconditionnels.

Le Père Chabert, né en 1928, fait partie des prêtres qui ont reçu une longue et complète formation théologique, philosophique et littéraire. En homme lucide, libre et réalisé, il va plus loin que l’appareil religieux.

Je croyais bien connaître Teilhard, sauf que je ne le percevais qu’à travers ma propre sensibilité, et le père Chabert m’a fait découvrir un Teilhard qui, sur le plan théologique, était plus en avance que je ne le pensais encore.

Cependant, et cela concerne Teilhard, j’ai toujours quelques réticences à accepter « l’éternel féminin » tel qu’il est développé dans un tiers du livre. Je veux bien reconnaître la réalité d’un « éternel féminin » à condition qu’il soit assorti d’un « éternel masculin » ; les deux sont inséparables physiquement et spirituellement ; on ne peut glorifier l’un sans l’autre, ainsi va la loi de l’évolution et de la nature.
La reproduction sexuée, par rapport à la reproduction par bourgeonnement à l’identique, est la plus belle invention de Dieu, elle est l’instrument de la complexification qui est le troisième infini inventé par Teilhard.

Bien sûr, il faut protéger la Femme contre le machisme, promouvoir l’égalité de ses droits p ar rapport à l’Homme. Cependant je ferais remarquer que Teilhard lui-même ne développe pas beaucoup ces aspects de la condition féminine. Il ne faut pas diviniser la femme sans l’homme, les deux sont créés à l’image de Dieu, et je note que la dépravation des meurs sévit des deux côtés.
En lisant Teilhard sur le sujet n’oublions pas qu’il a été élevé principalement par sa mère, au milieu de ses sœurs et cousines. On ne parle pas assez de son père qui lui a transmis son attirance pour les sciences et que serait Teilhard sans elles, un « mystique au fond d’une caverne » sans doute ! Utilisant les relations de causes à effets, le destin en a voulu autrement et quand il était professeur au lycée du Caire il a failli choisir cette voie. Il n’aurait pas offusqué le Saint Office avec ses idées théologiques nouvelles, il n’aurait pas non plus été nommé à la direction d’un institut de paléontologie à Pekin et il n’aurait pas évolué dans le sens que l’on sait.

J’ai beaucoup apprécié ce qu’ a écrit le Père Chabert de la page 39 à la page 59, notamment sur l’Eglise primitive et les directives qu’Elle a proclamées entre les 3e et 4e siècles sur quatre questions importantes :
-L’éternel féminin,
-Une Eglise démocratique,
-Quelle Eglise pour la terre
-et enfin Une Eglise prophétique et œcuménique

Toutes ces déclarations étaient très belles mais elles furent rapidement oubliées.

Je retiens cette remarque personnelle du Père Chabert « La grandeur du prophétisme juif est d’avoir soutenu l’espérance messianique, épine dorsale du Premier Testament. »
L’auteur n’a pas inventé cette phrase véridique mais il l’a sortie de l’oubli.

Je conseille vivement la lecture du livre du Père Chabert, lequel avec une centaine de pages est moins rebutant que la « Somme » de Thomas d’Aquin, tout en étant aussi fort.
Cet ouvrage a aussi la qualité de faire connaître l’essentiel de la pensée de Teilhard, ainsi que de nombreuses citations dûment repérées de son œuvre. Tout cela donne une perspective à ceux qui veulent approfondir leurs connaissances sur le sujet.

L’auteur termine son livre par une description de la prêtrise en France ; elle est désespérée. Selon le Père Chabert, l’interdiction des femmes à la prêtrise, le célibat des prêtres, et le retard pris par la catéchèse peu adaptée au XXIe siècle, en sont les causes principales. Il souligne que les religions Réformées ont évité ces problèmes et elles ne sont pas anti chrétiennes pour autant.
Pour renforcer ses convictions, le Père Chabert cite le Pape Pie XII qui, en 1947, déclarait « Ce que l’Eglise fait, Elle peut le défaire ». Puisse notre Pape actuel ne pas oublier cette phrase.

Mardi 21 Juin 2011 17:07