Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Le mot amour dans la langue française est accaparé par le langage amoureux et s’insère mal dans le langage des physiciens. Il faut dire qu’en cette matière la langue française manque de mots : on aime sa femme, on aime le chocolat …En anglais c’est déjà mieux : on dit love pour sa femme et like pour le chocolat. En arabe, il existe huit mots différents pour exprimer ces genres de sentiments.

Cet état de fait n’est pas bénin car nous pensons avec des mots de notre langue usuelle et la pensée est directement liée à la culture d’un pays et c’est la culture d’un pays qui fait sa langue…

Les conséquences des mots sur la communication ont des effets considérables, plus il existe un grand nombre de mots pour exprimer un genre de sentiments, plus ces nombreux mots ont un sens précis ; Et inversement, avec peu de mots, chaque mot peut tout dire et ne rien dire.

Alors qu’en est-il de ce mot amour lié au mot énergie, et utilisé par Teilhard pour exprimer sa vision du cosmos ?
L’auteur veut nous faire comprendre que depuis la particule élémentaire jusqu’à l’Homme, c’est la même « énergie », la même « information » qui se manifeste de manière différente selon les paliers considérés lorsque deux éléments s’attirent ou se repoussent. C’est la même Energie Amour qui se manifeste tout au long de la chaîne de la matière, depuis la particule à la galaxie, en passant par le monde vivant.

Q’une particule soit attirée ou repoussée par une autre particule, tout le monde trouve cela normal. Mais lorsque l’on dit aux humains Aimez-vous les uns les autres les remarques fusent : « On ne peut pas aimer tout le monde. Aimer tout le monde c’est n’aimer personne. »
C’est à ce niveau de communication là qu’il faudrait avoir d’autres mots ; D’ailleurs, on peut utiliser des mots déjà existants comme comprendre l’autre, apprécier l’autre / ne pas comprendre ou apprécier l’autre , mais sans le haïr pour autant. Ce sont les mots haine, mépris, ignorance de l’autre qui devraient être supprimés de notre langage.

Il est normal que deux êtres vivants soient attirés l’un vers l’autre ou qu’ils se repoussent, dans un premier temps mais, dans un second temps, il faut tempérer ces sentiments. Déjà dans le monde vivant qui précède l’Homme on discerne des dispositifs dans l’instinct animal qui, pour la préservation de l’espèce, inhibent certains instincts destructeurs, ainsi chez les loups, le vaincu d’un combat expose sa gorge en signe de soumission à son vainqueur dont l’honneur est sauf et qui peut laisser le vaincu partir vers son exile. C’est une sorte de morale sociale inscrite dans les instincts, à laquelle les individus sont soumis malgré eux.

Paradoxalement à l’exemple des loups, dans l’espèce humaine qui a franchi le pas de la réflexion et a donc plus de liberté, l’individu ressent cette inhibition mais il peut s’en dégager s’il le veut. Liberté apparente seulement, et nous allons comprendre pourquoi.

Chez l’Homme, l’instinct est en partie couvert par le niveau de conscience que lui a conféré le palier dit pas de la réflexion et c’est justement cette réflexion qui détermine provisoirement ses automatismes. Ainsi, celui qui fait le bien agit ainsi parce qu’il ne peut pas agir autrement ; idem pour celui qui fait le mal. La seule liberté laissée à l’Homme est d’admettre ou non sa perfectibilité et ce choix est plus ou moins laissé à la liberté de conscience individuelle.
Consubstantiellement, l’Homme est en bascule sur l’avenir de l’évolution et, plus ou moins consciemment, il décide d’évoluer ou de ne pas évoluer. Là aussi, les différences de comportements sont liées à l’état de nos circuits neuronaux et à celui de notre patrimoine génétique.

Pour conclure, on remarque qu’une fois de plus c’est le principe d’émergence qui se manifeste. Puisque la matière se résout dans l’énergie, ce qui est admis par tous les scientifiques, cette énergie pour évoluer vers le plus complexe comme elle l’a fait est forcément porteuse d’une information. Cette énergie initiale se manifeste sous différentes formes : nucléaire, atomique, électromagnétique, complexifiante, évolutive et enfin, élan vital. Et dans cette forme élan vital, l’énergie voit sa trajectoire modifiée au niveau humain par une énergie/conscience qui vient peser sur ses tendances naturelles et dévoile une énergie spirituelle, d’une autre nature que les autres énergies.
Après l’équation Energie/matière, voici l’équation Esprit/matière. La matière est dotée d’un quantum d’énergie spirituelle qui va induire une tendance irrésistible de convergence vers le Point Omega.

Samedi 12 Avril 2008 18:20