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JP Frésafond/La pensée de Teilhard peut-elle engendrer une conscience laïque ?
Jeudi 22 Octobre 2009
Si j’avais été intervenant au colloque du 26 septembre 2009, j’aurais développé le thème proposé « LA PENSEE DE TEILHARD PEUT-ELLE ENGENDRER UNE CONSCIENCE LAïQUE ? » sur les bases suivantes :
1ère formule
On pourrait répondre en un seul mot, OUI, à la question titre, tout en conseillant quand même aux personnes de l’auditoire de visiter la pensée de Teilhard. Mais ce serait un peu court.
2e formule
On pourrait développer l’idée qu’un laïc agnostique ou athée produise une pensée dans la même ligne morale que la religion chrétienne. Cette idée n’est pas plus insolite à notre époque où tout le monde est au courant de tout dans ce contexte français toujours un peu révolutionnaire et vote pour la suppression du monopole de l’Eglise sur la charité et la morale. On pourrait aussi en rester là.
3e formule
Approfondir la fiction d’un scientifique athée produisant les mêmes pensées que Teilhard, ce qui ne serait pas illogique, compte tenu du fait que l’un et l’autre utiliseraient des données scientifiques communes ; encore faudrait-il qu’ils exploitent la même logique de raisonnement. Cette fiction est de moins en moins absurde. On a d’ailleurs un exemple de ce cas de figure avec la naissance du principe anthropique qui est le plagiat du principe d’émergence de Teilhard.(En 1980 Hubert Reeves écrivait : « Si une Intelligence Suprême a permis que l’univers se fasse, il n’est pas absurde »
Après l’énoncé de ces conférences imaginaires, lançons plus loin le bouchon, on pourrait proposer le thème : « A quoi servent les religions ? » Dans le contexte intellectuel actuel, cette question est plus complexe qu’il ne paraît car il faut y intégrer des paradoxes, eux-mêmes très complexes. Je schématise :
1- Une partie de la population a besoin des religions pour entreprendre une réflexion sur la morale et la mystique. Le passage de la religion d’Etat au libéralisme cultuel n’a pas fait disparaître ce besoin.
2- Selon leurs niveaux intellectuels et sociaux certaines personnes peuvent -et veulent- se passer des religions pour approfondir et développer seules leur évolution dans les domaines philosophiques, mystiques et moraux.
Dans le premier cas de figure, celui des personnes qui ont besoin d’être « coachées », les religions sont obligées de maintenir la doctrine des dogmes.
Dans le second cas de figure, celui des personnes capables d’évoluer seules, elles considèrent le maintien des dogmes religieux comme des diktats intolérables. C’est l’une des raisons pour lesquelles les églises sont maintenant moins pleines qu’il y a un demi siècle. Maintenant, les niveaux d’éducation et des moyens de communication ont pour conséquence directe le refus de la pensée unique et l’atténuation de la peur stupide poussant les personnes à s’agripper à ce que l’on considère -plus ou moins à tort- comme des superstitions.
Les paradoxes énoncés ci-dessus sont difficilement conciliables, sauf à proposer à l’Eglise de tenir un double langage. C’est une fiction.
1- Pour les Fidèles : respectez nos dogmes
2- Pour les hérétiques : évoluez seuls mais restez dans la ligne morale chrétienne.
Hélas, si l’Eglise tenait ce double langage, les personnes concernées par le besoin de religion (1ère proposition) ne comprendraient pas la seconde, et les Eglises se videraient encore davantage.
Heureusement, une catégorie intermédiaire existe dans cette alternative, et grâce à elle, on peut espérer que, l’évolution des esprits aidant, ce paradoxe s’atténuera peut-être un jour.
Mais il existe un problème plus grave. C’est celui des personnes qui vivent en dehors des systèmes religieux, qui, malheureusement, n’ont pas trouvé la voie philosophique, et s’enlisent dans des doctrines nihilistes ou qui -autre hypothèse- sont tombées dans les filets commerciaux des sectes marchandes de bonheur. Ces personnes n’ayant pas trouvé de sens à leur vie sont plongées dans la terrible angoisse existentielle, elles évoluent vers de profondes déchéances morales et physiques.
Ce n’est pas avec un inamovible discours religieux que reviendront dans l’enclos toutes les brebis égarées. Seul un message dans la même veine que la pensée philosophique de Teilhard aura une chance de redonner le goût de vivre à ces âmes en errance.
Les religions doivent estimer (et tolérer) à leur juste valeur les diverses « consciences laïques », au sens de « spiritualité » du terme, lesquels courants de pensée ne sont pas apparus ex nihilo mais, bien au contraire, sont les héritiers involontaires des ex-religions d’Etat.
Bien des libres penseurs se disent athées, alors qu’ils ne sont que des anticléricaux. Cette guerre contre l’Eglise, et la réponse symétrique de l’Eglise, sont surannées, elles n’ont plus de cause, mais elles sont enracinées dans les inconscients. Il s’agit donc d’un réflexe fossile. Cette pierre d’achoppement est absurde.
Les personnes auxquelles l’Eglise promet les flammes de l’enfer et qu’Elle voudrait faire monter de force dans un train sur rail unique ne demandent qu’une carte IGN pour trouver par elles-mêmes un itinéraire à travers la forêt et atteindre un sommet.
A chacun son sommet du haut duquel se contemple la beauté de Dame-Nature.
Vade retro satanas, ton péché originel n’existe pas. Dame et Dieu Nature sont faits pour être connus par les humains, et inversement.
1ère formule
On pourrait répondre en un seul mot, OUI, à la question titre, tout en conseillant quand même aux personnes de l’auditoire de visiter la pensée de Teilhard. Mais ce serait un peu court.
2e formule
On pourrait développer l’idée qu’un laïc agnostique ou athée produise une pensée dans la même ligne morale que la religion chrétienne. Cette idée n’est pas plus insolite à notre époque où tout le monde est au courant de tout dans ce contexte français toujours un peu révolutionnaire et vote pour la suppression du monopole de l’Eglise sur la charité et la morale. On pourrait aussi en rester là.
3e formule
Approfondir la fiction d’un scientifique athée produisant les mêmes pensées que Teilhard, ce qui ne serait pas illogique, compte tenu du fait que l’un et l’autre utiliseraient des données scientifiques communes ; encore faudrait-il qu’ils exploitent la même logique de raisonnement. Cette fiction est de moins en moins absurde. On a d’ailleurs un exemple de ce cas de figure avec la naissance du principe anthropique qui est le plagiat du principe d’émergence de Teilhard.(En 1980 Hubert Reeves écrivait : « Si une Intelligence Suprême a permis que l’univers se fasse, il n’est pas absurde »
Après l’énoncé de ces conférences imaginaires, lançons plus loin le bouchon, on pourrait proposer le thème : « A quoi servent les religions ? » Dans le contexte intellectuel actuel, cette question est plus complexe qu’il ne paraît car il faut y intégrer des paradoxes, eux-mêmes très complexes. Je schématise :
1- Une partie de la population a besoin des religions pour entreprendre une réflexion sur la morale et la mystique. Le passage de la religion d’Etat au libéralisme cultuel n’a pas fait disparaître ce besoin.
2- Selon leurs niveaux intellectuels et sociaux certaines personnes peuvent -et veulent- se passer des religions pour approfondir et développer seules leur évolution dans les domaines philosophiques, mystiques et moraux.
Dans le premier cas de figure, celui des personnes qui ont besoin d’être « coachées », les religions sont obligées de maintenir la doctrine des dogmes.
Dans le second cas de figure, celui des personnes capables d’évoluer seules, elles considèrent le maintien des dogmes religieux comme des diktats intolérables. C’est l’une des raisons pour lesquelles les églises sont maintenant moins pleines qu’il y a un demi siècle. Maintenant, les niveaux d’éducation et des moyens de communication ont pour conséquence directe le refus de la pensée unique et l’atténuation de la peur stupide poussant les personnes à s’agripper à ce que l’on considère -plus ou moins à tort- comme des superstitions.
Les paradoxes énoncés ci-dessus sont difficilement conciliables, sauf à proposer à l’Eglise de tenir un double langage. C’est une fiction.
1- Pour les Fidèles : respectez nos dogmes
2- Pour les hérétiques : évoluez seuls mais restez dans la ligne morale chrétienne.
Hélas, si l’Eglise tenait ce double langage, les personnes concernées par le besoin de religion (1ère proposition) ne comprendraient pas la seconde, et les Eglises se videraient encore davantage.
Heureusement, une catégorie intermédiaire existe dans cette alternative, et grâce à elle, on peut espérer que, l’évolution des esprits aidant, ce paradoxe s’atténuera peut-être un jour.
Mais il existe un problème plus grave. C’est celui des personnes qui vivent en dehors des systèmes religieux, qui, malheureusement, n’ont pas trouvé la voie philosophique, et s’enlisent dans des doctrines nihilistes ou qui -autre hypothèse- sont tombées dans les filets commerciaux des sectes marchandes de bonheur. Ces personnes n’ayant pas trouvé de sens à leur vie sont plongées dans la terrible angoisse existentielle, elles évoluent vers de profondes déchéances morales et physiques.
Ce n’est pas avec un inamovible discours religieux que reviendront dans l’enclos toutes les brebis égarées. Seul un message dans la même veine que la pensée philosophique de Teilhard aura une chance de redonner le goût de vivre à ces âmes en errance.
Les religions doivent estimer (et tolérer) à leur juste valeur les diverses « consciences laïques », au sens de « spiritualité » du terme, lesquels courants de pensée ne sont pas apparus ex nihilo mais, bien au contraire, sont les héritiers involontaires des ex-religions d’Etat.
Bien des libres penseurs se disent athées, alors qu’ils ne sont que des anticléricaux. Cette guerre contre l’Eglise, et la réponse symétrique de l’Eglise, sont surannées, elles n’ont plus de cause, mais elles sont enracinées dans les inconscients. Il s’agit donc d’un réflexe fossile. Cette pierre d’achoppement est absurde.
Les personnes auxquelles l’Eglise promet les flammes de l’enfer et qu’Elle voudrait faire monter de force dans un train sur rail unique ne demandent qu’une carte IGN pour trouver par elles-mêmes un itinéraire à travers la forêt et atteindre un sommet.
A chacun son sommet du haut duquel se contemple la beauté de Dame-Nature.
Vade retro satanas, ton péché originel n’existe pas. Dame et Dieu Nature sont faits pour être connus par les humains, et inversement.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 22 Octobre 2009 à 14:07
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