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JP Frésafond/POUR YVOIR CLAIR
Jeudi 25 Février 2010Chapitre 13 du manuel d’étude et tome 2 L’ACTIVATION DE L’ENERGIE
Ce chapitre traite de plusieurs sujet apparemment éloignés les uns des autres mais qui, en réalité, conduisent au thème principal que Teilhard voulait traiter, à savoir : trois types de panthéismes exercent une attraction sur certaines personnes recherchant une voie en dehors des religions. A ma connaissance, personne avant Teilhard n’avait fait une telle analyse.
Son raisonnement est bâti sur les bases suivantes :
a)Un principe d’émergence semble déterminer la matière tout au long de son évolution. Je le cite de mémoire : Rien ne saurait éclater au grand jour qui ne soit déjà obscurément présent depuis les origines (information cachée).
b)Esprit et matière sont consubstantiels. Les comportements de l’un et de l’autre laissent entrevoir des similitudes comme la tendance à l’enroulement sur soi ou centration, les arrangements à des degrés montants (atomisme de l’esprit, 1er chapitre du manuel d’étude / tome-2)
c)Les comportements des sociétés humaines sont conformes aux lois de la biologie (sens de l’espèce).
d)Nostalgie de l’unité apparaissant à tous les paliers de l’évolution et de manière croissante vers le haut de l’échelle (principe de convergence et sens cosmique).
Ainsi, d’emblée, Teilhard entre dans le vif du sujet : le sens cosmique de l’humanité induit les pulsions religieuses et spirituelles, donnant ainsi un sens à la vie, ou pour le moins une espérance, à condition de structurer et d’orienter notre pensée, en harmonie avec l’évolution de l’univers et de la force qui l’anime. Je le cite : « Au sens stricte du terme, le panthéisme est opposé au personnalisme. Au sens paulinien du terme le panthéisme se définirait ainsi : Dieu en tous, tous en Dieu. Ramené à son essence, le problème de la sainteté est la recherche du « grand secret » qui permet à la particule que nous sommes de trouver ou de retrouver un contact communiant avec l’Autre et avec le Tout, seule manière de dépasser l’alternative proposée ci-dessous : panthéisme ou personnalisme. »
Si on les ausculte en profondeur, toutes les religions suggèrent des messages identiques à la pensée de Teilhard, sauf qu’une d’elles ne veut approfondir la question de notre place dans l’univers, la jugeant hors de portée de l’homme moyen. C’est un a priori injurieux pour l’Homme.
La réalité est autre, hormis le fait que la pensée de Teilhard met en porte à faux les doctrines religieuses sur certains points comme le péché originel, la réflexion de Teilhard nécessite une autre forme de catéchèse, un travail en profondeur qui n’est pas totalement compatible avec les stratégies grand public des différentes confessions. Dans ce domaine, Vatican 2 a fait des dégâts considérables en supprimant, notamment, le Prologue de Jean au début de chaque messe et maintenant,s ce texte n’est lu que le jour de Pâques. Pourquoi cela ? Parce que le début du Prologue de Jean est la définition même du panthéisme. Relisez les trois premiers logions pour vous en convaincre.
CLASSEMENT DU PANTHEISME SELON TEILHARD
1) Para panthéisme ou panthéisme de diffusion. Il s’agit de s’ouvrir tout grand, chercher à tout embrasser immédiatement et pour cela devenir tous. C’est la forme naissante des panthéismes ; geste impossible à réaliser.
2) Pseudo panthéisme ou panthéisme d’unification. Devenir un avec tous. Plutôt que de poursuivre une insaisissable multitude, pourquoi ne pas chercher à effacer tout ce qui entre en nous en provenance du monde extérieur. S’isoler de la superficialité multiple et sauvage du monde en descendant vers la zone indifférenciée de l’humanité où tout s’identifie à tout dans un fond commun . Ce geste s’appelle le monisme oriental qui, en Occident a donné la vie monacale.
3) Eu panthéisme (en grec « eu » = bien). C’est un panthéisme de convergence qui, selon Teilhard, est le seul à avoir potentiellement un avenir parce qu’il est dynamique. Il est la synthèse des deux précédents. Le panthéisme de base a toujours admis que pour vaincre le plural, il fallait le supprimer. Autrement dit , pour entendre la note fondamentale il faut faire silence en soi. Par cette démarche intérieure, on peut admettre que par le jeu miraculeux d’une certaine courbure de l’univers (voir définition dans l’annexe du tome-2 p. 147), chaque être particulier recèle la secrète vertu de se centrer et de rejoindre tous les autres centres, de s’harmoniser avec eux et ainsi devenir réellement un avec tous.
J’ai l’impression que cet ésotérisme teilhardien rejoint l’ésotérisme de la Cabbale soufie ou Boudhiste..
Les deux premières catégories de panthéisme décrites plus haut peuvent être définiess ainsi :
La première est une unité de base par dissolution et la seconde une unité de sommet par ultra différenciation. Selon Teilhard, ces deux théories inverses attirent les mystiques et c’est la raison pour laquelle il propose la synthèse des deux car l’une sans l’autre aboutit à une régression pour cause d’excès.
Partant ce cette analyse, Teilhard procède au classement des courants mondiaux des religions (dans le contexte du XXIe siècle, ses positions seraient à réactualiser) :
(a) Les religions d’Extrême Orient
(b) Le marxisme (pourquoi pas)
(c) Les religions chrétiennes.
Personnellement, je trouve curieux qu’il ne fasse pas allusion à l’Islam mais peut-être le classe-t-il dans la même catégorie que le christianisme par le fait que les deux courants se réfèrent au même Dieu ? Il ne parle pas non plus du Judaïsme pour la même raison peut-être !
Je ferais la même remarque pour les religions animistes et qui sont majoritaires en Afrique notamment. Cela est d’autant plus surprenant que l’animisme est lui-même une forme de panthéisme.
Teilhard a connu les pays musulmans et les pays animistes et je n’explique pas cette lacune.
En ce qui concerne le christianisme Teilhard fait deux remarques :
-Si l’on considère le message de Jésus, le Christianisme a un fond d’eu panthéisme (catégorie de synthèse).
-En revanche, dit Teilhard, l’Eglise présente un monde compartimenté en zones immuables jusque dans son état final. Le monde, selon l’Eglise, présente une étoffe mixte dans laquelle une incompréhensible matière reste accolée à un Esprit chosifié dont la substance spirituelle ne peut être cataloguée que comme un accident. Vision d’un cosmos fixe et non pas d’une cosmogénèse dynamique. Quant à la société humaine religieuse (toujours selon l’auteur) elle ressemble davantage à une association juridique qu’à un système biologique organisé. A toutes les religions, Teilhard formule la même critique : aucun de leurs écrits officiels ne décrit un sens cosmique.
Conclusion de Teilhard : Il ne saurait y avoir d’accès possible à un ultra humain qu’à l’aide d’une nouvelle forme d’énergie psychique dans laquelle la profondeur personnalisante de l’Amour se combinerait avec la totalisation de ce qui gît de plus essentiel et de plus universel au cœur de l’étoffe de l’univers et du flux cosmique qui l’anime. Mais cette nouvelle énergie n’est pas encore désignée par l’Eglise Chrétienne.
Avec ce 13e chapitre on comprend mieux pourquoi l’Eglise avait interdit à Teilhard de publier ses écrits progressifs et philosophiques. A l’époque l’Eglise avait mis ces dérives sur le compte des théories de l’évolution alors qu’Elle ne les avait pas encore admises. Maintenant, Elle ne le peut plus puisque les dites théories « ne sont plus des hypothèses ».
Au XXIe siècle, la pensée de Teilhard est partiellement récupérée par certaines catégories d’ecclésiastiques, après une sévère sélection des éléments actifs, et des transpositions plus ou moins heureuses de ceux-ci, jusqu’à noyer la pensée progressive de Teilhard dans un océan de pensées conservatrices ; mélange contre nature.
Son raisonnement est bâti sur les bases suivantes :
a)Un principe d’émergence semble déterminer la matière tout au long de son évolution. Je le cite de mémoire : Rien ne saurait éclater au grand jour qui ne soit déjà obscurément présent depuis les origines (information cachée).
b)Esprit et matière sont consubstantiels. Les comportements de l’un et de l’autre laissent entrevoir des similitudes comme la tendance à l’enroulement sur soi ou centration, les arrangements à des degrés montants (atomisme de l’esprit, 1er chapitre du manuel d’étude / tome-2)
c)Les comportements des sociétés humaines sont conformes aux lois de la biologie (sens de l’espèce).
d)Nostalgie de l’unité apparaissant à tous les paliers de l’évolution et de manière croissante vers le haut de l’échelle (principe de convergence et sens cosmique).
Ainsi, d’emblée, Teilhard entre dans le vif du sujet : le sens cosmique de l’humanité induit les pulsions religieuses et spirituelles, donnant ainsi un sens à la vie, ou pour le moins une espérance, à condition de structurer et d’orienter notre pensée, en harmonie avec l’évolution de l’univers et de la force qui l’anime. Je le cite : « Au sens stricte du terme, le panthéisme est opposé au personnalisme. Au sens paulinien du terme le panthéisme se définirait ainsi : Dieu en tous, tous en Dieu. Ramené à son essence, le problème de la sainteté est la recherche du « grand secret » qui permet à la particule que nous sommes de trouver ou de retrouver un contact communiant avec l’Autre et avec le Tout, seule manière de dépasser l’alternative proposée ci-dessous : panthéisme ou personnalisme. »
Si on les ausculte en profondeur, toutes les religions suggèrent des messages identiques à la pensée de Teilhard, sauf qu’une d’elles ne veut approfondir la question de notre place dans l’univers, la jugeant hors de portée de l’homme moyen. C’est un a priori injurieux pour l’Homme.
La réalité est autre, hormis le fait que la pensée de Teilhard met en porte à faux les doctrines religieuses sur certains points comme le péché originel, la réflexion de Teilhard nécessite une autre forme de catéchèse, un travail en profondeur qui n’est pas totalement compatible avec les stratégies grand public des différentes confessions. Dans ce domaine, Vatican 2 a fait des dégâts considérables en supprimant, notamment, le Prologue de Jean au début de chaque messe et maintenant,s ce texte n’est lu que le jour de Pâques. Pourquoi cela ? Parce que le début du Prologue de Jean est la définition même du panthéisme. Relisez les trois premiers logions pour vous en convaincre.
CLASSEMENT DU PANTHEISME SELON TEILHARD
1) Para panthéisme ou panthéisme de diffusion. Il s’agit de s’ouvrir tout grand, chercher à tout embrasser immédiatement et pour cela devenir tous. C’est la forme naissante des panthéismes ; geste impossible à réaliser.
2) Pseudo panthéisme ou panthéisme d’unification. Devenir un avec tous. Plutôt que de poursuivre une insaisissable multitude, pourquoi ne pas chercher à effacer tout ce qui entre en nous en provenance du monde extérieur. S’isoler de la superficialité multiple et sauvage du monde en descendant vers la zone indifférenciée de l’humanité où tout s’identifie à tout dans un fond commun . Ce geste s’appelle le monisme oriental qui, en Occident a donné la vie monacale.
3) Eu panthéisme (en grec « eu » = bien). C’est un panthéisme de convergence qui, selon Teilhard, est le seul à avoir potentiellement un avenir parce qu’il est dynamique. Il est la synthèse des deux précédents. Le panthéisme de base a toujours admis que pour vaincre le plural, il fallait le supprimer. Autrement dit , pour entendre la note fondamentale il faut faire silence en soi. Par cette démarche intérieure, on peut admettre que par le jeu miraculeux d’une certaine courbure de l’univers (voir définition dans l’annexe du tome-2 p. 147), chaque être particulier recèle la secrète vertu de se centrer et de rejoindre tous les autres centres, de s’harmoniser avec eux et ainsi devenir réellement un avec tous.
J’ai l’impression que cet ésotérisme teilhardien rejoint l’ésotérisme de la Cabbale soufie ou Boudhiste..
Les deux premières catégories de panthéisme décrites plus haut peuvent être définiess ainsi :
La première est une unité de base par dissolution et la seconde une unité de sommet par ultra différenciation. Selon Teilhard, ces deux théories inverses attirent les mystiques et c’est la raison pour laquelle il propose la synthèse des deux car l’une sans l’autre aboutit à une régression pour cause d’excès.
Partant ce cette analyse, Teilhard procède au classement des courants mondiaux des religions (dans le contexte du XXIe siècle, ses positions seraient à réactualiser) :
(a) Les religions d’Extrême Orient
(b) Le marxisme (pourquoi pas)
(c) Les religions chrétiennes.
Personnellement, je trouve curieux qu’il ne fasse pas allusion à l’Islam mais peut-être le classe-t-il dans la même catégorie que le christianisme par le fait que les deux courants se réfèrent au même Dieu ? Il ne parle pas non plus du Judaïsme pour la même raison peut-être !
Je ferais la même remarque pour les religions animistes et qui sont majoritaires en Afrique notamment. Cela est d’autant plus surprenant que l’animisme est lui-même une forme de panthéisme.
Teilhard a connu les pays musulmans et les pays animistes et je n’explique pas cette lacune.
En ce qui concerne le christianisme Teilhard fait deux remarques :
-Si l’on considère le message de Jésus, le Christianisme a un fond d’eu panthéisme (catégorie de synthèse).
-En revanche, dit Teilhard, l’Eglise présente un monde compartimenté en zones immuables jusque dans son état final. Le monde, selon l’Eglise, présente une étoffe mixte dans laquelle une incompréhensible matière reste accolée à un Esprit chosifié dont la substance spirituelle ne peut être cataloguée que comme un accident. Vision d’un cosmos fixe et non pas d’une cosmogénèse dynamique. Quant à la société humaine religieuse (toujours selon l’auteur) elle ressemble davantage à une association juridique qu’à un système biologique organisé. A toutes les religions, Teilhard formule la même critique : aucun de leurs écrits officiels ne décrit un sens cosmique.
Conclusion de Teilhard : Il ne saurait y avoir d’accès possible à un ultra humain qu’à l’aide d’une nouvelle forme d’énergie psychique dans laquelle la profondeur personnalisante de l’Amour se combinerait avec la totalisation de ce qui gît de plus essentiel et de plus universel au cœur de l’étoffe de l’univers et du flux cosmique qui l’anime. Mais cette nouvelle énergie n’est pas encore désignée par l’Eglise Chrétienne.
Avec ce 13e chapitre on comprend mieux pourquoi l’Eglise avait interdit à Teilhard de publier ses écrits progressifs et philosophiques. A l’époque l’Eglise avait mis ces dérives sur le compte des théories de l’évolution alors qu’Elle ne les avait pas encore admises. Maintenant, Elle ne le peut plus puisque les dites théories « ne sont plus des hypothèses ».
Au XXIe siècle, la pensée de Teilhard est partiellement récupérée par certaines catégories d’ecclésiastiques, après une sévère sélection des éléments actifs, et des transpositions plus ou moins heureuses de ceux-ci, jusqu’à noyer la pensée progressive de Teilhard dans un océan de pensées conservatrices ; mélange contre nature.
Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Jeudi 25 Février 2010 à 17:01
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