Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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réflexion pour le 28/11/2014 sur livre tome-4 / LE MILIEU DIVIN


Jean-Pierre Frésafond / EPILOGUE « EN ATTENTE DE LA PAROUSIE » /
Toutes les citations du texte ont été prélevées dans l’EPILOGUE

-La quintessence de la pensée de Teilhard est ici, dans l’EPILOGUE, et je souhaite que physiciens et théologiens s’abreuvent du contenu de la « dive bouteille ». Chaque être humain, fut-il le moins docte, possède en lui le germe de la pensée mystique, c’est une chance inouïe, la seule voie qui conduise au Milieu Divin.

-« Ségrégation et agrégation sont les éléments bons ou mauvais du monde. »

Ainsi, Teilhard donne la formule du bien et du mal, échelle de valeurs présente dans tous les élans vitaux, seule l’apparition de la conscience permet de distinguer l’un ou l’autre, toujours différents d’un contexte à l’autre. Cela étant, que deviendront les âmes n’ayant pas surmonté cette épreuve ? Mais attention, ne nous prenons pas pour des dieux car nos âmes ne sont peut-être que les molécules d’un gigantesque organisme divin. J’ai la conviction profonde que les forces de l’Esprit divin existent et agissent dans tout l’univers, mais de là à les adorer peureusement il y a un pas que je ne peux pas franchir. Dieu fait que « les choses se fassent » , Il gère des flux de pensées mais je doute qu’Il aime en particulier chacune, cela n’étant qu’une belle histoire nécessaire racontée à l’humanité naissante pour qu’elle ne désespère pas car c’est d’elle que dépend le succès du . processus. Dieu est l’inventeur du « programme » mais l’Homme en est la cheville ouvrière.

-« Croyons en la Révélation, fidèle appui de nos pressentiments. »
Tout est dit dans cet énoncé. Les intuitions sont les voies de communication avec le Créateur qui fait voir par nos cerveaux ; Il peut le faire de manière foudroyante ou progressives selon nos capacités, les prophètes ne sont pas les seuls à bénéficier de ce merveilleux instrument. Tout le monde a des « yeux intérieurs » qu’il faut ouvrir.

« Un jour, annoncent les Ecritures, la tension accumulée entre l’Homme et Dieu atteindra les limites des possibilités fixées pour le monde et ce sera la fin. »

Nous sommes tous plus ou moins Christ en puissance, il nous appartient de découvrir et de développer les germes qui sont en nous. Les mots « Christ » et « Messie » ont la même signification : « celui qui a le secret ». La voie de la connaissance conduit plus ou moins à des découvertes : Dieu est dans le TOUT ? Il est dans la matière laquelle, sans Lui, ne serait pas. La matière se résout dans les énergies lesquelles, à leur tour se résolvent en Dieu.

Sous les forces enfin libérées des vraies affinités, les atomes spirituels du monde viendront occuper dans le Christ la place que la structure vivante du plérôme leur désigne. »

Et Teilhard ajoute : « Telle sera la consommation du Milieu Divin… Sur cet évènement, il serait vain de spéculer ( précepte très fort de Teilhard) la fin du monde est une issue. »Teilhard ne dit pas laquelle alors j’ajouterais : et le commencement d’un autre monde. Si les mondes de l’univers sont infinis, on peut donc toujours en ajouter un.

Le Christ est brièvement venu parmi nous… Jésus ne reviendra que si nous l’attendons beaucoup. »
Peut-être conviendrait-il de modifier ainsi la phrase : je remplacerais le mot « attendons » par « si nous participons beaucoup ». N’oublions pas que nous sommes la cheville ouvrière des phénomènes humains. Avec un « Christ » par planète habitée, , le corps du Christ universel doit représenter une véritable armée d’élite obéissant à la hiérarchie divine pour que se réalisé la suite de l’histoire sans fin du monde spirituel. J’ai du mal à penser qu’il ne se produise rien après la Parousie, sans quoi ce joli monde s’ennuierait et recommencerait à faire des bêtises .Teilhard propose une suite.

Ne l’oublions pas, le surnaturel est un ferment et une âme et un organisme complet ; Dieu veut transformer la matière, mais Il ne saurait se passer de celle-ci. »
Après cette tirade, comment ne pas voir l’expression d’une pensée panthéiste ? Cessons de traiter d’hérésie une telle vision des choses ; nous ne sommes plus à l’époque de l’inquisition. J’imagine que les Papes contemporains à cet extrémisme n’ont pas eu les moyens de freiner cette effroyable dérive ; tout comme les trois derniers Papes n’ont pas eu les moyens d’empêcher les mouvements anti Teilhard de ces cinquante dernières années. Dans la masse formée par un milliard et demi de chrétiens il y aura toujours le petit clan des progressistes et l’immense majorité des gens simples qui ne comprennent que le catéchisme d’antan.. Alors il faudra bien qu’un jour l’Eglise se décide à divulguer deux niveaux de catéchèse , ne serait-ce que pour réduire le flot des insatisfaits.
Les traditionnalistes trahissent le Christ qui, un jour de colère a dit (de mémoire) , qu’il n’est aucune vérité qui ne doive être cachée sous le boisseau. Tous les chrétiens, quel que soit leur niveau de conscience, sont capables d’intégrer le message secret du Christ et la voie ouverte par le principe d’évolution de la matière laquelle, en langage teilhardien, est nommée « dedans des choses ». Dieu est dans le TOUT dit l’Eglise, ce qui signifie que Dieu est dans la matière. On peut bâtir une histoire merveilleuse sur cette base. Teilhard pose la question en ces termes : « Quel corps donnerons-nous à nos espérances d’aujourd’hui ? Celui d’une espérance immense et totalement humaine ? »

La vraie voie pour entrer dans le Milieu Divin est la voie mystique, c’est la voie du rêve, compréhensible par tous. Tout le monde l’attend inconsciemment ; elle est basée sur le merveilleux et le bon sens. Foi et raison ne sont pas incompatibles car la raison n’est pas forcément le langage des scientifiques ; les bouddhistes l’ont bien compris en appliquant le principe de cause à effet sans entrer dans les détails.
Le principal objet des religions est de donner une motivation, un sens à la vie. Il faut expliquer ce que signifie aller de l’Alpha vers l’Omega avec des mots simples ; c’est possible.
La foi est un état de tension indépendant, elle n’a besoin de la science que dans des cas très rares, ceux où la doctrine était liée à une erreur scientifique comme ce fut le cas avec Galilée dans laquelle la science avait raison (la terre n’est pas plate et le soleil ne tourne pas autour d’elle) ; ou encore l’affaire Teilhard dont la théorie était fondée : l’univers est une cosmogénèse et la matière est en évolution. Ces deux exemples ne sont pas les seuls et la raison peut venir au secours de la foi, mais cela reste une exception : la foi est une ligne de force intime et indépendante. Vouloir transformer la science en religion est une erreur et l’inverse aussi, d’ailleurs, comme par exemple la tendance fixiste qui prône la sortie de l’Homme d’u processus d’évolution de la matière.
Les progrès scientifiques sont un produit humain constant dont les religions devraient tenir compte régulièrement. Même Dieu tient compte des lois de la nature dont Il est l’auteur et Teilhard va souvent dans ce sens.

-" Regardons la terre, d’où vient ce désordre dans la société ? l’humanité traverse une crise de croissance. "

Cette remarque est récurrente dans l’œuvre de Teilhard. Il va même jusqu’à dire que les crises aigües dont souffre la société sont normales, inévitables et génératrices de progrès. La vie dans le Paradis Terrestre était impensable mais, heureusement, dans l’Eden l’Arbre de vie n’était pas seul, il était accompagné de l’Arbre de la connaissance. Ces deux arbres représentent deux forces qui s’affrontent dans la vie. L’élan vital est une bonne chose qui devient mauvaise quand elle se heurte à l’élan de conscience qui, lui, requiert de la maîtrise quand il se heurte à notre prochain.
Dans notre conscience il y a ainsi deux échelles de valeur qui doivent être complémentaires. L’accès à la Parousie est totalement dépendant de cet équilibre harmonieux interne. Il faut greffer, au sens arboricole du terme, une branche de l’arbre de la conscience-connaissance sur l’arbre de vie. Ce n’est pas seulement en priant Dieu que l’humanité obtiendra ce résultat, mais en trouvant en elle-même la volonté et la force d’opérer cette greffe. C’est ce que veut dire Teilhard dans la citation suivante : « Plus l’homme sera grand, plus l’humanité sera unie, consciente et maîtresse de sa force. »

Ce n’est pas la théologie qu’il faut développer car Dieu est indicible, la méditation la descente au fond de soi-même sont les seules voies à procurer un certain bonheur positif qui rayonne, à son tour, dans l’environnement humain. « Diviniser n’est pas détruire mais sur créer. Nous ne saurons jamais assez tout ce que l’Incarnation attend encore des puissances du monde. »

L’humanité ne peut compter que sur elle-même pour atteindre la Parousie. Jésus nous a montré le chemin et ses pas sont inscrits dans la terre sur laquelle nous marchons. La Révélation est en nous, sachons la trouver et l’écouter.

Vendredi 14 Novembre 2014 19:43