Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Chapitre 5 « L’AVENIR DE L’HOMME »


Le chapitre 5 peut être résumé avec une dizaine d’idées fortes. Le choix de ces idées est bien sur subjectif, variant ainsi en fonction de chaque individu. Ces idées sont les suivantes :
1- « Quelque chose de grand se passe dans le monde (…) ».
L’émerveillement et la curiosité nous animent.

2- Importance de l’espace-temps pour saisir la pensée de Teilhard car il s’y réfère souvent.
A plusieurs reprises il fait cette recommandation (voir étude sur le temps placée dans le site en janvier 2011)

3- Transposition conique de l’espace-temps pour soutenir l’idée du principe de convergence
avec l’image de deux cônes opposés par le sommet.

4- « C’est l’Homme qui fait l’évolution (…) »

5- « Prises dans la courbure de l’espace-temps, les masses de la matière animée et
pensante se resserrent et convergent vers la pensée ».


6- b[« Transportée dans le cône du temps, l’humanité se prolonge au-delà des individus »]b
. Voir « noosphère » .

7- « La surface de notre planète terre est limitée, cela génère un effet de compression, l’augmentation de la population provoque donc un « échauffement psychologique, lequel facteur incontournable induit la recherche et le progrès. »

8- « Qu’est-ce que le bien, qu’est-ce que le mal ? Le mal n’est pas le contraire du bien, il est l’ABSENCE de bien, ce qui est très différent ».

En examinant cette question de plus près, on pourrait dire que le mal est la force vitale de chaque espèce vivante qui tente,, au détriment des autres de recouvrir toute la surface de la terre. C’est la loi de la nature. Cette force d’expansion illimitée est génée par un autre force très orientée, qui s’est manifestée quand la vie a franchi le pas de la réflexion. Cette nouvelle force est axée sur la morale et un code de société, elle correspond à un phénomène nouveau : la montée de conscience. Plus la vision des choses est élevée, plus les libertés individuelles sont confrontées à un sentiment inverse et nouveau qui est la prise de responsabilité. On entre ici dans le système complexe des boucles de rétroactions internes et externes des individus qui modifient leurs consciences. La sortie vers le haut devient inéluctable et bien souvent à notre corps défendant.
Ainsi, le bien peut être défini par une nouvelle force montante qui s’oppose aux « mauvaises » forces d’inertie représentées par la vieille loi de la nature, ou élan vital. D’une autre manière, on pourrait dire que le mal n’existe pas, il est seulement un état-infra humain qui nous a précédés de plusieurs millions à un milliard d’années et qui laisse des traces fossiles.

9- L’image du Christ Universel est située au sommet du cône de l’évolution, juste avant le
point de singularité (cf étude sur le Temps).

10- . 1- « Le Christianisme se voit amené à découvrir au dessous de Dieu les valeurs du monde, ainsi que la réalité de Dieu qui est au-dessus du Monde ; deux mouvements inverses qui sont appelés à se pénétrer réciproquement ».

C’est ce dixième et dernier point qui va être développé ci-après, selon une interprétation personnelle mais néanmoins teilhardienne.

L’idée d’inter pénétration progressive de Dieu et des Hommes n’est pas nouvelle car elle se trouve déjà dans le symbole de l’étoile à six branches, connue sous le nom d’étoile de David. Il est intéressant de remarquer que l’étoile dite « des bergers » celle qui conduisit les rois mages à la crèche de Jésus, est, elle aussi, une étoile à six branches, et ce n’est pas un hasard.

Que signifie ce symbole de l’hexagramme ?
Imaginons un triangle équilatéral pointe en bas et un autre triangle équilatéral pointe en haut, les deux se touchant, opposés par leurs sommets. Le triangle du haut représente Dieu , force immanente et le triangle du bas représente l’Homme, force transcendante. Lorsque ces deux triangles ne se touchent pas, nous sommes dans le domaine de l’infra humain. S’ils se touchent, nous sommes dans le domaine de l’humain car le contact des x sommets des triangles représente l’apparition de la conscience, le pas de la réflexion a été franchi. L’Homme imagine enfin l’existence de son Créateur et il est en contact spirituel avec Lui : Mon nom est autre et le même pourtant pense-t-il dans son rêve… « Nous en Dieu, Dieu en nous » et se produit alors l’inter pénétration des deux triangles , l’étoile à six branches est achevée, apparait alors le Christ Universel, espérance rédemptrice.
Il n’y a pas de faute originelle, au stade infra humain l’Homme ne sait pas ce qu’il fait, et c’est lorsque l’Homme sait ce qu’il fait, c’est ensuite seulement, lorsque l’Homme est responsable que le moment est difficile. Mais l’Homme achevé qu’il deviendra peut-être, il le sait, ne pourra plus revenir en arrière. Il sera pris par Dieu et, malgré lui, il ne pourra plus s’en déprendre.

L’étoile à six branches est un symbole universel, repris par de nombreuses voies initiatiques, il peut les rapprocher, encore faut-il que les adeptes de ces voies le veuillent.
Teilhard s’en est sans doute inspiré lorsqu’il écrit : Le Christianisme se voit amené à découvrir, au dessous de Dieu, les valeurs du monde et, au dessus du monde, la réalité de Dieu. Il aurait même dû élargir ce précepte à toutes les religions ; il n’y a pas de sous-religion.

L’Homme achevé est un homme libre et le sage ne peut être qu’un homme libre. La pensée du sage ne dépend plus ni des religions, ni des politiques, ni des égocentrismes et, pourrait-on presque dire surnaturellement puisqu’il infléchit l’élan vital , sans l’annihiler mais seulement en le domptant.
Au commencement, les religions ordonnent et initient, et l’initié doit prendre le relais pour découvrir la vraie voie, celle qui rend libre, et transmettre à son tour. « Va dans le monde » dit-on au nouvel initié.


Jeudi 10 Février 2011 20:03