Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Texte dédié aux néophytes de la pensée de Pierre Teilhard de Chardin


Jean-Pierre Frésafond / LE GOUT DE VIVRE PAR L’INITIATION A LA PENSEE DE TEILHARD
(I) INTRODUCTION
La pensée de Teilhard est tout à fait adaptée à l’époque moderne, du point de vue scientifique et philosophique, elle est susceptible d’éveiller l’intérêt des penseurs de plus en plus nombreux qui vivent en dehors des religions mais qui, malgré cela, s’intéressent à la spiritualité et cherchent à donner un sens à leur vie. L’évolution de l’univers est mise en évidence par la pensée de Teilhard et la cosmogénèse place l’homme en acteur de l’évolution et son rôle garantit la bonne fin du phénomène.

(II) LA VIE DE TEILHARD DE CHARDIN
Issu d’une aristocratie provinciale, Teilhard est né à Sarcennat en Auvergne dans la gentilhommière familiale en 1881. Jusqu’en 1898 il reçoit une éducation familiale, sa mère, petite nièce de Voltaire, lui enseigne les lettres et la religion catholique. Son père, naturaliste amateur, lui donne un éveil scientifique.
-De 1898 à 1897, il est élevé au collège jésuite de Mongré près de Villefranche Sur Saône. En 1895 il réussit son premier baccalauréat et en 1897 il obtient le deuxième (philosophie). En 1898 il est reçu au baccalauréat de mathématiques.
-En 1899 il entre au « Petit Séminaire » jésuite à Aix en Provence.
-En 1901 il prononcera ses premiers vœux dans un autre séminaire jésuite à Laval dans la Mayenne.
-En 1902 il fait sa deuxième année de « juvénat » chez les jésuites anglais à Jersey ; les jésuites français ayant été chassés hors des frontières.
-De 1905 à 1908 il est lecteur de chimie et de physique au collège secondaire jésuite de la Sainte Famille au Caire. Durant ses loisirs il découvre le métier d’archéologue en participant à des fouilles. Mais il s’oriente fortement vers la mystique ; ses supérieurs ayant d’autres projets pour lui le rappellent en Angleterre.
-De 1908 à 1912 il fait 4 années de théologie à Hastings. Il est ordonné prêtre en 1911. Son goût pour la paléontologie se développant, un premier entretien avec le professeur Marcelin Boule, maître de conférence et de recherches au Museum d’Histoire Naturelle à Paris et cette rencontre fut déterminante.
-En 1913, tournée des cavernes préhistoriques en Europe avec le grand expert en la matière, l’Abbé Breuil. Ils resteront amis et confidents jusqu’à la fin de leur vie.
-1914, début de son deuxième cycle de théologie à Canterbury.
-De 1915 à 1919, il est mobilisé comme simple soldat brancardier. Il exerce sur tous les fronts de la grande guerre. Son colonel veut le nommer capitaine-aumônier, ce qui lui permettrait de rester sur les arrières, mais il refuse pour rester en compagnie des simples soldats. Il reçoit plusieurs décorations avec citations à l’ordre de l’Armée, puis la Légion d’Honneur à la finde la guerre. Il est démobilisé en 1919.
-De 1919 à 1920, il passe à la Sorbonne trois certificats de licence es-sciences naturelles.
-En 1920 il s’attaque à sa thèse de doctorat qu’il soutient brillamment en 1922. Il devient professeur adjoint de géologie à l’Institut Catholique de Sèvres.
-1923, départ en Chine dans le désert des Ordos près de la Mongolie. En fait, il a été destitué de son poste d’enseignement en raison de ses idées jugées trop avancées concernant l’évolution.
-Entre 1924 et 1925, intermède parisien durant lequel il défend avec vigueur ses thèses transformistes.
-Entre 1926 et 1927 : 3 campagnes de fouilles en Chine du Nord et en Mongolie orientale. Séjour en France en 1927, puis campagne de fouilles un peu partout dans le monde jusqu’en 1939. Il participe à « LA CROISIERE JAUNE » Paris-Pékin d’André Citroën. Son équipe est l’auteur de la découverte de « l’Homme de Pékin » (400 000 ans) et du sinanthrope (2 millions d’années).
-De 1939 à 1946 il est bloqué à Pékin par l’armée japonaise et il vit en circuit fermé avec la communauté scientifique internationale. C’est pendant cette période qu’il écrit son chef d’œuvre LE PHENOMENE HUMAIN dont la publication est refusée par l’Eglise ; de même pour LE MILIEU DIVIN, ouvrage mystique.
-De 1946 à 1955 il vit surtout à New York car il est interdit de séjour de longue durée en France. Le Vatican lui a interdit d’accepter la chaire qui lui était proposée au Collège de France, mais on ne peut lui interdire d’accepter sa nomination comme Membre de l’Institut. Il fait don de son œuvre, soit le contenu de 30 livres environ, à sa secrétaire, Jeanne Mortier, universitaire, afin que la fondation qui est créée puisse publier son œuvre ; ce qui fut fait sous le nom « Association des Amis de Pierre Teilhard de Chardin.
-Teilhard mourut le jours de Pâques 1955 à New York.
-En 1962, suite à l’immense succès littéraire de Teilhard, Vatican-2 promulgue un « Monitum » (ou avertissement) interdisant la lecture et l’enseignement de Teilhard par toutes les institutions catholiques du monde, à quel que niveau que ce soit.
-Octobre 2012, réhabilitation de Teilhard par le Vatican, avec Benoît-16.

(III) L’HOMME TEILHARD DANS LA VIE, QUI EST-IL ?
-Durant son enfance, Teilhard s’intéresse à la nature et aux choses qui la composent. Il recherche quelque chose d’éternel et c’est pour cette raison qu’il collectionne des objets métalliques lourds, tels des socs de charrues. Mais il est déçu car le métal s’oxyde. Alors il collectionne des morceaux de roches qu’il découpe avec un marteau sur les falaises… pas de chance, les minéraux eux aussi s’oxydent. Son intuition l’oriente vers les « énergies » comme celle du soleil qu’il croit éternel.
-Sa curiosité naturelle le fait passer de la géologie à la biologie, puis à la paléontologie, pour arriver à la philosophie et à la théologie.
6Certaines personnes considèrent que les connaissances de Teilhard sont, maintenant, surannées ; rien n’est plus faux. Il avait des idées très avancées sur la génétique, la physique relativiste et la physique quantique, également sur la communication moderne (avec les gros ordinateurs
de l’époque), l’astrophysique et le nucléaire, comme en témoigne son rapport sur le cyclotron de Berkley qu’il visita.
-Ses années passées dans les tranchées et ses aventures dans les déserts ont fait le reste : il devint un homme vrai, un « éveillé ».
-Le père jésuite, Pierre Leroy, a passé 20 ans de sa vie en Chine en travaillant sur les chantiers avec Teilhard et ils ont beaucoup échangé épistolairement. Pierre Leroy a écrit un livre de recueil de la correspondance énorme de Teilhard avec d’autres scientifiques, des philosophes, et notamment des femmes. On découvre ainsi un autre homme : dans ses livres Teilhard veut convaincre ; dans ses lettres il se confie. On discerne ainsi qu’il n’a pas cessé de douter, d’espérer, surtout à la fin de sa vie. Certaines de ses lettres sont extrêmement touchantes. Teilhard était un solitaire contrarié.

(IV) OU CONDUIT LA PENSEE DE TEILHARD ?
Teilhard n’était ni un Nostradamus prédisant les destins, ni un mystique façon Blaise Pascal le jansénite, et encore moins un professeur Tournesol. Teilhard était un homme équilibré, sincère, fidèle, érudit et curieux. Beaucoup de ses visions prospectives se réalisent actuellement dans de nombreux domaines publiques.
Après Buffon, Lamarck et Darwin qui tous ont travaillé sur l’apparition et l’évolution des espèces animales, Teilhard continua sur leur lancée, mais il y intégra l’Homme qui, jusqu’alors, classé à part. Il travailla en amont sur l’évolution de la matière, sur sa phase énergie jusqu’au pas de la réflexion caractérisant l’hominisation. En cela il fut un pionnier.
Postulat de base : Dieu est énergie et informations de toute chose.

(V) ARGUMENTAIRE DE LA THEORIE DE THEILHARD ET SES CONSEQUENCE
Le mythe du péché originel commis par le premier couple humain et la somme des souffrances à supporter pour le rachat de cette faute constitua la pierre d’achoppement entre Teilhard et l’Eglise catholique. Pour Teilhard, en effet, la logique de l’évolution est en contradiction avec la logique de « faute ». . Les dysfonctionnements sont chose normale lors des premiers pas d’un prototype. Teilhard ajoute que le mythe du péché originel et de la souffrance qui s’en suit agissent comme des repoussoirs à l’égard des non croyants qui recherchent un foyer de spiritualité. La position de l’Eglise est d’autant plus illogique qu’elle est contraire aux trois premiers livres de la Bible traitant de la création du monde, lesquels sont absolument reconnus par le Saint Office étant les piliers du christianisme. Chose surprenante, ils décrivent, eux aussi, une évolution.
Voici le problème que cela pose : S’il n’y a pas de faute à racheter, à quoi sert donc le Rédempteur ?
-Pour cause d’évolution imparfaite au départ, le rôle du Rédempteur est différent et encore plus nécessaire : Il doit éclairer la voie, le monde a enfin un sens qui se révèle à nous en toute évidence.
-L’homme a enfin pris conscience que Dieu a besoin de lui pour achever l création et qu’il est l’acteur principal de ce drame.
Teilhard pense que le phénomène terrestre et le phénomène humain ont de fortes probabilités d’être reproduits parmi les milliards de planètes similaires à la nôtre, dans les milliards de galaxies constituant cet univers indéfiniment ; d’où sa suggestion du CHRIST UNIVERSEL. Dans toutes ces planètes l’avènement d’un Christ est un phénomène à très haute probabilité.
Nous sommes en COSMOGENESE ; Il est tout à fait normal que le début du processus évolutif connaisse des dysfonctionnements. Tout cela est écrit clairement dans la Genèse et je ne comprends pas que Teilhard ne l’ait pas utilisé.
Voici un résumé du 1er livre intitulé « SEPT JOURS ». Je précise que les rédacteurs de ces 3 premiers livres se sont inspirés de la cosmogénèse de Moïse (Livre des principes qui étaient dans l’Arche d’Alliance des Hébreux), traduit de l’hébreu en français par Fabre d’Olivet (1768/1825) dans son œuvre « LA LANGUE HEBRAIQUE RESTITUEE ». Ce que je vais vous décrire est une contraction de texte.
-1ère phase Dieu crée le ciel et la terre.
-2ème phase La terre était chaos, les ténèbres planaient sur les surfaces des abimes mais le souffle de Dieu planait sur les eaux.
-3ème phase Dieu dit « Que la lumière soit et la lumière fut ».
-4ème phase Dieu sépara la lumière des ténèbres.
-5ème phase Dieu crie à la lumière « JOUR » puis Il crie aux ténèbres « NUIT » et dit : « JOUR 1 ». (Il invente le temps).
-6ème phase Dieu sépare la terre des eaux.
-7ème phase Dieu fait pousser les végétaux.
-8ème phase Dieu crée les animaux aquatiques.
-9ème phase Dieu crée les animaux aériens.
-10e phase Dieu crée les animaux terrestres.
-11e phase Dieu fait tout le monde vivant et Il dit « Nous ferons Adam le glébeux à mon image ». (La glèbe est la terre ensemencée).
-12e phase Dieu crée la réplique de Dieu à son image, et Il l’a créé mâle et femelle.
-13e phase Dieu met le monde vivant sous la responsabilité de l’Homme qui l’exploitera lui-même.
Fin du Livre « JOUR 7 ». Le Livre-2 est nommé « JARDIN D’EDEN » et le Livre-3 « UN SERPENT NU ».
On peut se demander pourquoi Teilhard ne s’est pas servi de ces textes bibliques pour faire admettre son point de vue ; idem pour le PROLOGUE de Jean, qui reprend le texte biblique.
Curieusement, le Pape Benoit-16 recommande de lire Teilhard, la Genèse et le Prologue dans son livre publié en 2005 « LA FOI CHRETIENNE HIER ET AUJOURD’HUI » page 40. On se souvient que pendant Vatican-2 le Pape de l’époque a proclamé que « l’évolution était plus qu’une hypothèse ».
En octobre 2012 Teilhard a été réhabilité par le Vatican. Sera-t-il enfin au programme d’études universitaires ? Cela mettra-t-il fin au pillage de sa pensée dans les milieux scientifiques, lesquels ne donnent pas toujours leurs références et tentent ainsi de s’approprier ses idées ?

(VI) PARTICULARITES DE LA PENSEE DE TEILHARD

1- principe d’ émergence : Depuis son origine et sous toutes ses formes de manifestation, la matière est énergie et information, causes premières de son auto-organisation ; d’où l’idée scientifique d’un principe d’émergence que Teilhard énonce ainsi : «RIEN NE SAURAIT APPARAITRE AU GRAND JOUR MAINTENANT QUI NE SOIT DEJA OBSCUREMENT PRESENT DEPUIS LE COMMENCEMENT » Ainsi l’évolution complexifiante et intelligente de la matière était une information déjà inscrite dans les tourbillons de chaleur et de lumière des énergies d’origine.
Autre citation de Teilhard : (tome 10) « La matière est un réservoir d’esprit ». Teilhard sanctifie la matière et l’évolution, il les adore au même titre que l’Etre Suprême et le Christ car tous trois ne font qu’un ‘voir son « HYMNE A LA MATIERE » dans le tome 13 « LE CŒUR DE LA MATIERE » pages 89 à 90). : «( …) je te bénis, matière, et te salue, non pas telle que te décrivent, réduisent ou défigurent les pontifes de la science et les prédicateurs de la vérité ; un ramassis disent-ils de forces brutales, ou de bas appétits, mais telle que tu m’apparais dans ta totalité et ta vérité (…) »
Avec cet hymne Teilhard se fit traité de panthéiste. Ce Dieu qui est dans la matière, ce Dieu-Nature pourrait-on dire, est-ce vraiment une hérésie ? Dieu dans la matière n’est ni plus ni moins qu’une autre forme d’Eucharistie : « Le Corps du Christ, le Sang du Christ » sont dans le Pain et le Vin …

2- principe de complexification-centréité-conscience.L’explication est dans le titre qui décrit un processus naturel vers lequel tend la matière. Quelle est cette mystérieuse énergie qui anima cette suite logique dont le dernier stade est la conscience qui précède l’état de responsabilité ? Teilhard complète les 2 infinis de Pascal par un 3ème, celui de la complexité.

3- Le phylum humain (phylum = gerbe)
Les nouvelles espèces sont des “gerbes » qui jaillissent. Elles sont des formes nouvelles de vie. L’Homme ne descend pas du singe, pas plus que les espèces animales descendent les unes des autres. Il faut beaucoup de temps pour qu’une nouvelle espèce soit suffisamment peuplée et puisse laisser des traces . L’arrivée de l’Homme fut donc très discrète et les restes humains les plus anciens ont 2 à 3 millions d’années. Mais les premiers individus sont apparus bien plus tôt car des premières traces humaines ont été trouvées en Afrique, en Asie. Un phylum mal adapté disparait et laisse la place à un phylum mieux adapté qui a surgi.
Les mutations qui permettaient le surgissement d’espèces nouvelles sont un phénomène encore inconnu. La nature est indifférente, elle n’a pas de «conscience. Elle est un milieu dans lequel les lois du hasard s’exercent dans les grands nombres selon les règles de la probabilité. La nature n’a pas de sentiments, elle est une masse grouillante d’êtres vivants qui veulent occuper toute la place !
Tous les génotypes humains, comme ceux de toutes les espèces vivantes, sont bien protégés, les hybridations sont toujours stériles et l’hérédité des caractères obéit aux lois découvertes par Mendel En principe, l’hérédité des caractères acquis est impossible mais Teilhard pense qu’il y a des exceptions dans le domaine des instincts comportementaux et il les nomme « hérédité additive ». Ainsi, les animaux auraient-ils un instinct caché dans leurs gènes pour réagir aux variations de leur niche. Mais lorsqu’une espèce animale est transportée dans un autre milieu qu’elle ne connait pas, il est parfois possible qu’elle s’y adapte et ses nouvelles adaptations deviennent héréditaires. Ce processus est mal connu. Peut-être ont-ils une conscience et une intelligence plus développées qu’on ne le suppose ?

4- Teilhard pense que l’apparition des espèces nouvelles s’est produite à une certaine époque de la vie de notre planète.
Il pense également que la boîte crânienne de l’Homme et son cerveau n’évolueront plus. En revanche, la grande majorité des circuits neuronaux ne sont pas encore utilisés et c’est de ce côté-là que le cerveau gagnera en productivité, dans une proportion infinie selon les règles systémiques de la complexité. On peut aussi que les progrès de la conscience humaine sont infinis.
Autre remarque de Teilhard : la méditation modifie les structures neuronales et en fait progresser les réseaux vers plus de complexité.

5- La noosphère
Ou “sphère de l’esprit” constitue le grand pari de Teilhard. L’Homme est issu de la glèbe et il y retournera d’une certaine manière. Cette semence qui est dans la matière est d’une nature inconnue mais nous la ressentons. Sa présence est nommée « esprit » par Teilhard qui, utilisant une métaphore en parlant de « l’atomisme de l’esprit » postule que cet esprit se comporte comme les ondes qui nous entourent. Les « ondes » produites par le cerveau rodent autour de la terre et constituent cette hypothétique noosphère.
Notre noosphère, ainsi que la noosphère des autres planètes « terre » de l’univers convergent vers le point hypothétique de l’Esprit Créateur, le « Point Omega ».
Parti de l’Alpha, l’esprit produit par nos consciences tend à s’intégrer dans le point Omega., convergence suprême de toutes les énergies, et qui est l’achèvement du phénomène évolutif et universel de la matière. Les âmes des créatures rejoignent leur Créateur !
Rappelons ici une parole du Christ : « « Je suis l’Alpha et l’Omega ».
Cette théorie teilhardienne est optimiste, compréhensible par l’homme ordinaire, et donne un sens à la vie.

6- Principes d’irréversibilité et de finalité
Double pari lancé par Teilhard.
-Pour la finalité, il ne prend pas trop de risques : l’univers est soit infini, soit indéfiniment fini. Le résultat est presque le même dans les deux cas. Une évolution a forcément une fin, à la quelle succède une autre évolution quelque part ailleurs.
-Pour l’irréversibilité, c’est un autre problème et ses arguments sont très aléatoires, je le cite de mémoire : « Si depuis le commencement de l’univers à nos jours tant de circonstances négatives se sont opposées au développement et n’ont pas réussi à stopper le processus, c’est qu’il y a une vérité quelque part qui est plus forte que ces circonstances négatives et que rien n’empêchera l’évolution d’aller jusqu’à son terme. »
Teilhard sort son joker : « Si notre planète court vers l’échec, du point de vue universel ce n’est pas très grave car c’est bien le diable si cela ne réussit pas sur une des milliards de planètes similaires. »
Mais tout le monde se fiche du sort des autres planètes et en dernier recours Teilhard nous annonce : « Si nous n’aidons pas le créateur, l’échec se produira certainement et tout disparaitra, même les forces de l’Esprit. Dieu a besoin des Hommes. »
Ne sombrons pas dans la déprime. L’humanité est encore au stade du bébé par rapport au début de l’univers. Voyons plutôt :
Transformons les années en seconde :
-Les 15 milliards d’années de l’univers deviennent 483 ans et l’Homme a 34 jours.
-Le milliard d’années possibles pour la vie de l’humanité donne encore 32 ans à vivre, soit plusieurs centaines de fois le temps que nous avons déjà vécu.
Tout est possible, même une autodestruction !

(VII) LE TEILHARD MYSTIQUE
La pensée scientifique et philosophique de Teilhard que nous avons examinée précédemment se retrouve intégralement dans les tomes I et VII de son œuvre : LE PHENOMENE HUMAIN et L’ACTIVATION DE L’ENERGIE ; Nous allons aborder maintenant ses pensées théologiques et mystiques qui sont développées dans le tome-4 LE MILIEU DIVIN, ce dernier livre étant très différent des deux précédents. On pourrait penser qu’il n’ont pas été écrits par le même auteur, mais ce n’est pas le cas.
LE MILIEU DIVIN est composé de 5 parties intitulées :
1) Divinisation des activités
2) Divinisation des passivités
3) Vue d’ensemble de l’ascétique chrétienne
4) Le Milieu Divin
5) L’attente de la Parousie (mot qui signifie « achèvement »
Le MILIEU DIVIN propose une théologie nouvelle qui permet d’adapter la doctrine chrétienne traditionnelle aux impératifs du processus d’évolution de la matière. « Dieu a besoin des Hommes » pour que réussisse la cosmogénèse. Sans l’aide active de l’humanité, la grande aventure risque d’échouer ; la parousie est un seuil critique difficile à franchir.
Quoi qu’il en soit, les deux livres (PHENOMENE HUMAIN et MILIEU DIVIN) ont été refusés 2 fois par le Vatican :
-Le première parce qu’il était trop en avance
-Le seconde parce qu’il était trop intime et difficilement compréhensible par le croyant lambda.
Mais pour les personnes qui s’impliquent dans la collaboration afin que réussisse la Parousie, on n’en est pas à un siècle près dans un processus qui durera un milliard d’années et plus … Les supérieurs hiérarchiques de Teilhard n’ont cessé de lui dire : « Faites de la science, mais pas de théologie ». Mais il était têtu, il n’en a jamais tenu compte et faisait même l’inverse.
Il a eu raison d’agir ainsi puisque 60 ans après sa mort l’Eglise a entrouvert la porte en réhabilitant Teilhard mais quant à son œuvre les vannes sont loin d’être ouvertes. Cela me fait penser à ce qu’a écrit Teilhard quelques semaines avant sa mort : « Même mes plus chers amis jésuites, ceux qui m’ont soutenu pendant 20 ans, peu d’entre eux sont en « régime » de cosmogénèse, ils sont restés en « régime » cosmos fixe. »

(VIII) LE TEILHARD GNOSTIQUE
La particularité qui n’est pas toujours facile à comprendre chez Teilhard était de faire l’apologie du concept Dieu-Matière des panthéistes, tout en disant bien haut qu’il n’était pas panthéiste car sa version à lui était convergente alors que le panthéisme de son rival, Bergson, était un panthéisme de dispersion … Mais quelle importance cela peut-il avoir étant donné qu’on n’aura jamais de notre vivant la réponse et que l’important est surtout que l’énergie spirituelle que nous dégageons soit éternelle et, cela n’est pas un détail ; c’est fondamental.
D’ailleurs l’Apôtre Jean auquel il se réfère quelques fois ne disait rien de différent, tout comme la doctrine du Verbe-Lumière des égyptiens qui en est à l’origine et que Moïse a transmise aux hébreux, lesquels l’ont transmise à leur tour.
Il y a tout dans cette doctrine du Verbe-Lumière. Ce sera ma conclusion.
Il y a la « Lumière » énergie d’amour qui rassemble tout ce qui est épars.
Il y a le Verbe, cette « Information »intelligente qui organise la matière en des formes de plus en plus complexes et performantes.
Il y a le résultat de cela qui est le dégagement d’une troisième force qui est la conscience.
La doctrine du Verbe-Lumière est compatible avec toutes les croyances ; elle est même compatible avec ceux qui n’ont pas de croyance et là est le miracle opéré par l’humanité universelle car les personnes qui « doutent » sont la « religion » qui de loin rassemble le plus de monde.
 

Jeudi 16 Octobre 2014 16:24