Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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CHAPITRE 3,TOME 10, "COMMENT JE CROIS"
Réflexions proposées pour le 24 février 2012


Ce travail suit le même schéma que la liste d’idées fortes sélectionnée page par page (voir article du 31/01/2012)

Page 35 Si une causalité dominante sert l’influence divine sur l’univers, cela signifie que la matière qui le compose est déterminée ; déterminée par qui ? On peut penser que le Créateur avait mis toutes les informations nécessaires au développement de l’univers quand Il en posa la première pierre. On peut même penser qu’Il introduisit des balises dans la matière pour suivre son développement et communiquer avec les éléments que nous sommes.

Page 36 Et c’est peut-être grâce à ces balises que nous pouvons ressentir la Présence d’un Créateur, ayant ainsi la possibilité de capter ses ondes d’immanence. Seuls les êtres qui ont activé leur balise peuvent capter en eux-mêmes ce que l’on peut supposer être des messages du Créateur. C’est peut-être le principe de ce que les religions nomment la Révélation. Précisons toutefois que les lois du hasard dans les grands nombres jouent un rôle incontournable. « Influence divine sur le hasard » dit Teilhard … « Les dés sont pipés » disait Einstein.

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Tout ce réseau d’échanges et d’influences compose ce que Teilhard nomme « L’Ame du monde » (ou noosphère). Cette Ame du monde agirait sur le tout et sur l’élément. Ce serait donc à chaque élément individualisé de découvrir en lui ce miracle de communication afin, par la suite, de développer en lui ce pôle de sensibilité nouvelle communément appelée « âme ».

Page 38 L’élément est habité par la Cause dit Teilhard. On croirait entendre Jésus, priant en solitaire dans le Jardin des Oliviers avant son arrestation. (Voir la prière sacerdotale du Christ dans l’Evangile de Jean dont l’esprit est : « Dieu en nous, nous en Dieu »)
Dire que Dieu fait que les choses se fassent ou La Cause Première est un mystère inatteignable est un pléonasme ; qui pourrait prétendre à cette connaissance suprême hormis Dieu ? Ne suffit-il pas de constater les effets pour avoir la certitude de l’existence de la Cause ? Dans ces conditions, il n’est plus nécessaire de nous creuser inutilement la cervelle pour en savoir plus mais, croyons et agissons ; c’est tout ce que nous demande le Créateur pour l’aider dans la réussite de l’œuvre. Cessons de tourner autour du pot comme le font la plupart des intellectuels ; allons droit au but, envoyons la balle au centre, au « centre de l’idée » bien sûr.

Page 39 Ici Teilhard propose une réflexion sur les miracles : Si l’on excepte les cas très rares et plus ou moins contestables de résurrection (mis à part ceux de l’Evangile), il n’y a pas dans l’Eglise de miracle hors de portée des forces de la nature. En disant cela Teilhard se met à dos les fondamentalistes et les marchands du temple. Beaucoup de lieux de pèlerinages sont basés sur des légendes et des mythes qui font du bien à beaucoup de personnes. Quant aux résurrections charnelles, il y a peut-être confusion avec les résurrections spirituelles ; ce que laissent entendre les Evangiles assez clairement et chacun a le droit d’interpréter à sa guise, c’est une liberté absolue de conscience. Miracles ou forces inconnues de la nature ? Il ne s’agit ni de superstition ni de blasphème. L’important est d’admettre le miracle suprême de la manifestation et de l’évolution de la matière. L’Evangile de Jean fait dire à Jésus ressuscité, s’adressant à Marie-Madeleine qui voulait le toucher : « Ne me touche pas » tu ne sais pas de quelle nature est ma présence.

Page 40 « Pour comprendre la Cause première il faut développer une certaine sensibilité de l’âme dit » dit Teilhard dans ce texte. A mon sens, les religions ne développent pas assez cette idée et ce pour une bonne raison : l’âme fait concurrence au dogme de la Révélation des Ecritures, il est interdit de remettre les dogmes en question.
Je me pose la question suivante : qu’est-ce donc la Révélation si ce n’est une intuition de l’âme humaine ; intuition plus intense chez les prophètes que chez le vulgum pecus, bien qu’elles soient de même essence. L’Evangile mettra tout le monde d’accord sur un point lorsqu’il fait dire à Jésus : Cherchez d’abord le Royaume et le reste vous sera donné de surcroît (Matthieu VI-33)

Page 41 Problème ! En quoi est-il amoindrissant, selon Teilhard dans ce texte, de s’en tenir aux trois questions qu’il pose tout en les considérant comme dégradantes pour celui qui les pose ? Voici ces questions :
1- Animalité et rationalité sont-elles compatibles ?
2- L’univers tient-il par la seule intelligence de ses éléments ?
3- Dieu peut-Il faire surgir l’univers ex nihilo ?
Pour autant, voici mon avis :
1-La rationalité n’est pas incompatible avec l’animalité (bien des éthologues le pensent) qui est en nous, êtres humains. L’opposition de ces deux caractéristiques est, en réalité, une complémentarité puisqu’elles interagissent l’une sur l’autre. En les plaçant à un niveau supérieur, il n’y a pas d’opposition qui ne se résolve dans l’unité.
2-Je ne comprends pas la raison de cette question, surtout venant de Teilhard. Bien sûr, l’univers tient par l’intelligibilité de ses éléments lesquels, par principe, sont le point de départ obligé de l’évolution. Cet élément intelligible de base de l’évolution est la seule alternative opposable au néant.
3-Dieu peut-Il faire surgir l’univers ex nihilo ? Bien sûr que non car du néant il ne peut rien sortir ; sauf si ce néant contient l’IDEE mais si c’était le cas il ne s’agirait plus du néant qui, par définition ne contient rien. Il faut admettre que l’idée (comme toutes les idées d’ailleurs) a une existence réelle. A ce propos, je rappelle ce qu’a écrit Teilhard dans le tome-9 « Science et Christ » page 229 : Ne nous acheminons-nous pas inévitablement vers une conception toute nouvelle de l’Etre où s’associerait à une fonction synthétique générale comme des fonctions algébriques contenant un terme imaginaire ?
Si le néant contient une idée, il ne s’agit plus du néant mais du chaos qui se définit comme un ordre caché.

Page 42 « Le Créateur n’a pas le champ aussi libre que nous le pensons » dit Teilhard. C’est évident et cela ne lui enlève pas la qualité de perfection qui lui est attribuée. L’idée du Créateur, pour parfaite qu’elle soit, ne l’exonère pas de s’intégrer dans un contexte de temps. L’évolution dans son principe est une complexification, phase après phase ; les choses se font l’une après l’autre, le facteur temps est donc incontournable. La Genèse dit que l’univers fut créé en six jours. Nous avons là une notion de temps, Dieu est parfait, mais pas tout de suite.
Ces difficultés à surmonter évoquées par Teilhard ne constituent pas une chute et encore moins une faute mais, bien au contraire, une montée partant du faiblement conscient au plus fortement conscient. Si le fait que Dieu s’investisse dans la matière était une faute, Dieu qui est parfait ne l’aurait pas commise. Teilhard va dans ce sens quand il dit : « Pour faire une âme Dieu n’a qu’une solution : créer le monde ».Mais ce que dit là Teilhard amène une question : pourquoi Dieu a-t-il créé le monde, par amour pour nous où parce qu’il en éprouvait le besoin.

J’arrête ici ma réflexion et les pensées relevées aux pages 42,43,44,45. On les retrouvera ultérieurement dans l’étude de ce livre très prometteur en échanges.

Dimanche 5 Février 2012 14:15