Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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tome-10, « COMMENT JE CROIS »
Pour la réunion du 25 mai 2012



-Teilhard avait intitulé ce texte « Note sur la transformation créatrice ». Peut-être pensait-il à « L’Evolution Créatrice », titre que Bergson avait déjà utilisé différemment. Teilhard était en désaccord partiel avec Bergson quant aux conséquences de la théorie des différents modes de panthéisme ; d’ailleurs nous examinerons prochainement ce sujet dans le chapitre 6.
-Comme le suggère Teilhard dans le point 7 de mon résumé, revenons à l’examen de la Genèse où Dieu passe de l’état virtuel à l’état manifesté. Avant la Genèse, Dieu est hors espace-temps et, après, Il est dans l’espace-temps ; à ce stade, il est dans la matière, presque complètement « dilué » en elle comme le suggère Teilhard dans le point 16 du résumé. Mais, ô miracle, Il est à la fois dedans et hors matière car l’énergie divine initiale fonctionne sur deux modes différents selon une logique binaire dont l’infinie diversité des manifestations ne peut encore être saisie par l’intelligence humaine (voir le livre de Thierry Magnin p.131 L'expérience de l'incomplétude / Le scientifique et le théologien en quête d'Origine (éditions Lethielleux)

-Selon Teilhard, ces états virtuels et réels ne peuvent pas être assimilés à une chute (Y a t-il seulement un haut et un bas ? écrivait Teilhard dans son tome-1). Logiquement, nous ne pouvons nous baser que sur un postulat embryonnaire : la perfection divine est absolue dans l’état virtuel et elle est relative dans l’état manifesté ; c’est ainsi que se conçoit le TOUT. Alors, ne perdons plus de temps avec cette controverse mais focalisons nos efforts sur la transmission du message porté par Celui qui a le secret et que nous connaissons tous :Christos.

-Revenons brièvement aux trois premiers chapitres : Genèse, Eden, Serpent où nous voyons deux phases successives concernant le Jardin d’Eden.
-Dans la première phase, l’interdiction de manger les fruits de l’Arbre de la Connaissance est absolue et punissable de mort car la connaissance relative aux choses de l’univers sera dangereuse tant que l’humanité n’aura pas atteint un certain seuil critique de niveau de conscience.
-Dans la deuxième légende biblique , celle du Jardin d’Eden, après que le fruit défendu fut goûté par l’humanité, on a l’impression que Dieu avait tout préparé pour que le fruit défendu fut mangé. Le piège de la transgression nécessaire avait été délibérément placé par Dieu dans ce « fruit défendu ». Dieu s’en réjouit puisqu’il dit à Adam : « Maintenant tu es comme Nous, tu connais le fruit de la connaissance du bien et du mal. » Cette connaissance étant assimilée à un certain niveau de conscience requis pour que l’évolution poursuive sa montée ; si non le phénomène humain est perdu d’avance, échec par disparition de l’humanité.
-Ainsi peut être défini le mythe fondateur des religions chrétiennes. Ce mythe a bien fonctionné jusqu’à ce jour grâce à des tentations nécessaires :
- d’abord l’ange déchu Lucifer qui fut chassé du paradis pour avoir tenté de prendre la place du Créateur, avant le commencement de l’univers, sans …
-ensuite, survient le mythe du serpent dans lequel se cache Lucifer pour faire succomber Adam et Eve,
-et enfin, la tentation proposée par Lucifer à Jésus pour le faire succomber à l’orgueil, mais Jésus préféra l’amour universel à un pouvoir vénal.

-Depuis deux mille ans ce mythe fondateur a bien fonctionné mais les temps ont changé, il faut l’adapter aux temps nouveaux.
Les temps ont changé car fort heureusement connaissances et consciences se sont considérablement élevées. Cela dit, il ne faut pas en rester là, justement à cause de l’élévation de conscience qui n’est plus exclusivement confessionnelle mais aussi laïque. Le salut s’adresse à tous les humains sans exclusion. Plus que jamais foi et raison doivent s’unir, au même rythme que celui de la course poursuite entre conscience et connaissance. Rien ne peut barrer la route à la volonté de connaissance qui est dans le cœur de l’humanité car le Créateur l’a voulu ainsi pour que l’humanité atteigne son achèvement (Plérôme).

-Bien et mal sont deux aspects différents du même fruit. Thierry Magnin clarifie magistralement la thèse des contraires et des contradictions en se référant à Aristote dans le chapitre 7 de son livre cité plus haut (pages 143/179)

-Le « réseau internet divin » est en nous, c’est notre âme; l’interroger est une pratique qui relève de l’intimité. L’activation de cette fonction divine qui est en nous ne demande qu’à se développer, mais l’initiative vient de nous : pas de demande, pas de réponse (voir Evangile de Matthieu C/19-34 : Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice; et toutes choses vous seront données en plus.

-Nous disposons d’autres textes sacrés, éternels, et à la portée de qui veut bien s’en imprégner. Nous avons examiné la Genèse, mais il reste d’autres piliers au pont gigantesque de l’initiation, ils ont pour nom : Abraham, Moïse, Jésus, St Jean l’Evangéliste et l’apôtre St Thomas. Le langage de ces hommes pénètre indépendamment de nous dans notre conscience. Il suffit de lire et relire ces textes quand on en ressent le besoin ; tel est le miracle du langage symbolique, le seul à pouvoir transmettre l’indicible.


Jeudi 10 Mai 2012 18:19