Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Contraction de texte faite par Jean-Pierre Frésafond, sujet de réflexion pour notre réunion du 28/3/2014, tome-10, « COMMENT JE CROIS », Editions du Seuil


inédit écrit par Teilhard à New-York, le 5/6/1953

-Après des siècles de disputes, la question de l’âge des origines humaines est enfin réglée, mises à part les escarmouches entre créationnistes et évolutionnistes ainsi que les controverses sur l’exclusivité d’un phénomène humain. Mais ces consensus précaires ne règlent pas les problèmes de compatibilité entre l’évolution de la matière et le péché originel, rejetés à l’étage supérieur, celui de l’existence de phénomènes « planète terre » dans l’univers.
Voilà ce que je crois voir et que je voudrais faire apercevoir à « qui de droit » en montrant ce que donnent jointes trois propositions ; vue séparément chacuneest scientifiquement admise.
-La première :
La matière tend à se constituer en éléments de plus en plus gros et, lui aussi, le phénomène vital, se place dans le prolongement de ce processus.
-La deuxième :
La vie extrapole donc ce processus en ajoutant à la complexification extérieure un nouveau processus intérieur, celui du développement de la conscience et de la réflexion, ce qui correspond à l’apparition de l’homme à la dernière période de l’ère tertiaire, le pliocène.
-La troisième :
Il existe dans l’univers des millions de galaxies en chacune desquelles la matière a la même composition et subit la même évolution que celle de notre voie lactée.

Chacune de ces trois propositions rassemble l’agrément des personnes spécifiquement compétentes (astronomie, biochimie, anthropologie) et pourtant, si ailleurs dans l’univers des protéines semblables aux nôtres apparaissent et se développent et si, dans ces autres planètes, la vie se développe aussi haut que possible, et si de surcroit il y a des millions de systèmes solaires similaires aux nôtres, dans ces conditions alors, comment ne pas voir surgir dans notre pensée la certitude qu’il existe des millions de phénomènes humains dans l’univers ? Cette alternative est la plus probable et l’idée qu’il ne puisse exister qu’une seule planète terre dans l’univers est une absurdité. Cela induit la question suivante : comment les théologiens vont-t-ils réagir ? Une attitude traditionnelle semblable de leur part ne serait pas comprise , alors comment aborder le problème ?

-I) QUE FAUT-IL EVITER ?

Face à la probabilité scientifique de l’existence de plusieurs planètes humanisées que proposent les théologiens ?
a- Ils décident qu’une seule de ces planètes habitées a commis le péché originel et qu’un rachat de cette faute ne concerne pas les autres planètes
b- Ou bien ils examinent l’hypothèse que les autres humanités n’ont pas commis de faute originelle car elles ont été mises au courant des problèmes rencontrés par la genèse terrestre.
c- Enfin, ils jouent sur la probabilité qu’aucune autre planète habitée par des hommes est possible dans l’univers, notre planète serait unique.
Il ne faut pas être grand clerc pour penser dans l’état actuel des connaissances que la première de ces solutions est absurde, dans la mesure où elle implique la mort liée au péché originel qui pourrait ne pas exister dans certains points de l’univers, échappant ainsi au lois de la matière …

La deuxième solution est ridicule, comment sans un miracle invraisemblable les autres planètes habitées pourraient être prévenues des risques encourus en cas de désobéissance du premier couple humain ?

Enfin, la troisième solution est humiliante dans la mesure où l’Eglise voudrait sauver le dogme à tout prix, même celui de lancer une raison absurde. Il faut trouver un autre échappatoire.

- II) CE QUE NOUS POUVONS FAIRE

L’existence de ces autres planètes habitées n’est pas une certitude, ce n’est qu’une probabilité. Il n’est donc pas nécessaire de développer une théologie à leur usage, par contre, il faut ouvrir notre théologie classique à cette éventualité. Voici ce qu’il est possible de proposer à la réflexion :
a) Soit l’univers est psychiquement convergent sur lui-même,
b) Soit le Christ est universalisé dans un phénomène à l’échelle de l’univers , en utilisant l’effet de convergence de l’énergie spirituelle sur elle-même. Il s’agit de l’énergie dégagées par toutes les éventuelles noosphères . S’il existe effectivement des millions de mondes habités, le principe fondamental est inchangé et son intérêt s’accroît à la mesure de cette échelle universelle aux yeux du chrétien. Le Christ universel est issu d’une cosmogénèse.
Additif de Teilhard : Une noosphère humaine christifiée s’étend désormais à tout l’univers , un univers convergent et centré . Ce nouveau Christ universel est une troisième nature du Christ

Mardi 25 Février 2014 19:12