Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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-J’ai longtemps douté de la persistance de la personnalisation de nos âmes dans l’au-delà et, après de longues réflexions sur ce thème récurrent, voire obsessionnel, je pense maintenant que Teilhard a raison : la personnalisation de l’esprit est la caractéristique essentielle de la cosmogénèse (voir le chapitre « Atomisme de l’esprit » dans tome-7).
Il ne peut en être autrement car le « JE », à quelque palier que ce soit, est issu de la loi de centréité-conscience mise en évidence par Teilhard et qui se vérifie à tous les niveaux de complexité.
Rappelons au passage qu’entre l’infiniment grand et l’infiniment petit, lesquels nous angoissent terriblement, Teilhard a placé l’infiniment complexe dont nous sommes, qui se développe sous nos yeux et qui donne un sens à la cosmogénèse.
Pour conclure sur ce thème, nous devons considérer que le « JE » universel est le point fondamental de la mystique.

-Autre sujet abordé dans ce chapitre : Création, Incarnation, Rédemption sont les phases essentielles du processus évolutif ayant pour caractéristiques la logique et la cohérence.
Après son apparition la matière se complexifie, ce qui en toute logique débouche sur l’apparition de la vie et enfin sur l’apparition de l’Homme avec « le pas de la réflexion ». Tout cela était prévisible, ainsi que l’arrivée hautement probable du Phénomène Christique.
Création, Incarnation, Rédemption sont les trois piliers sur lesquels s’appuie le phénomène humain. C’est ce que dit Teilhard d’une autre manière : « Création, Incarnation et Rédemption ne sont pas des faits localisables mais des mesures universelles généralisées ». On n’insistera jamais assez sur une telle présentation des choses. Je cite encore Teilhard : « Dieu ne peut créer sans que le mal apparaisse, ceci n’est pas une limitation de sa puissance, mais l’expression d’une loi ontologique inévitable, même pour Dieu qui, par la création s’immerge dans l’espace-temps. »
La réaction du public sur ce point est parfois surprenante : un lecteur de notre site me l’a reproché récemment : il admet les lois de l’évolution de la matière mais il refuse la moindre imperfection de Dieu, fut-elle locale et temporaire .Ce lecteur attend peut-être un miracle universel contre nature … C’est ça le pas de la réflexion voulu par Dieu :l’Homme a acquis le droit de penser librement et même si cela n’est pas conforme à une doctrine religieuse c’est beaucoup moins grave que de ne pas respecter son prochain ou de ne pas penser du tout. Respecter le dogme religieux … sur ce point Teilhard avait adopté une stratégie très souple pour se faire pardonner ses propos un peu hérétiques (Idées fortes n°s 5 et6) contradictoires à sa pensée profonde ; ainsi, joignant à « l’effort du Créateur » la notion « d’expiation du péché », deux mots qu’il a fustigés toute sa vie en les traitant de « repoussoir » pour les cherchants. On peut trouver des mots enflammés contre l’expiation et le péché originel dans « Ecrits de guerre » avec des lettres adressées au Père Valentin, son ami jésuite de toujours, dont un écrit le samedi Saint 1922. Eilhard traite aussi ce sujet dans le tome-1 et le tome-7 ainsi que dans d’autres livres.
-Dans l’Idée Forte n° 7 j’ai retenu cette citation : « L’idée fondamentale selon laquelle le Foyer Suprême se reflète dans chaque élément de conscience et les attire mais que, pour obtenir l’unification finale, il a été obligé de matérialiser sous forme d’élément vivant, soit un Centre Christique, intermédiaire entre l’Homme et Dieu. »
Ce message de Teilhard est génial car il est compréhensible par tous. Mais pourquoi l’a-t-il présenté en disant « Cela donne au christianisme toute sa valeur » ? Cette remarque est très bien pour les chrétiens mais supprime l’écoute de tous ceux qui ne le sont pas ; ce qui est d’autant plus incohérent que Teilhard utilise la notion de Christ Universel !

Quand les théologiens admettront-ils que la conscience humaine est une roue dont tous les rayons mènent au centre ? A quand la synthèse des religions ?
-Dans l’Idée forte n° 7 Teilhard écrit : « Le christianisme parait satisfaire au mieux la tendance qui porte l’Homme vers une sorte de panthéisme (…) »
C’est exact, mais seul l’ésotérisme chrétien révèle cette tendance évidente pour les spécialistes. Si les théologiens le voulaient bien, cette tendance serait accessible et compréhensible à un grand nombre de personnes , à condition qu’ils acceptent de parler clairement. La « langue de bois » est une coquetterie surannée , nous ne sommes plus au temps des monastères du haut Moyen âge . Le panthéisme n’est en contradiction ni avec la Genèse, ni avec le Prologue de Saint Jean et, selon ce principe, on ne peut pas être teilhardien sans avoir une tendance panthéiste.

Jeudi 28 Mars 2013 16:50