Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Jean-Pierre Frésafond/ Suite à l'article de Marcel Comby "Noosphère et liberté chrétienne"  paru dans le n° 48 de la revue Teilhard Aujourd’hui
C’est avec intérêt que j’ai relu l’article de Marcel Comby (membre de notre Association lyonnaise) intitulé « Noosphère et liberté chrétienne », paru dans le n° 48 de la revue Teilhard Aujourd’hui. Je dis « relu » car j’avais déjà publié ce texte sur notre site en juin 2013.

Au début de son article Marcel Comby localise la noosphère ; c’est ce point précis qui a déclenché ma réflexion.

Le cerveau humain est un organe vivant et « localisé » qui émet des ondes en continu et qui cesse d’en envoyer dès qu’il est mort.
Teilhard propose l’hypothèse selon laquelle ces ondes, spirituelles, survivent après la mort physique et que ce sont elles qui alimentent la noosphère et je me pose la question : un organisme entièrement spirituel peut-il être localisable ? Etant immatérielle la noosphère n’est pas localisable, elle est d’une autre nature et je la définirais comme la « résonance harmonique » des ondes spirituelles. De ce fait, il n’y a pas non plus de « convergence ». En conséquence, la thèse du panthéisme de convergence selon Teilhard disparait aussi, et Bergson avait raison de parler d’un panthéisme de dispersion. Les religions Hindouistes aussi ont raison d’évoquer le Grand Esprit de l’univers.

Mais, nous le savons, par volonté pédagogique Teilhard utilise souvent la métaphore comme, par exemple : le dedans et le dehors des choses (le dedans des choses est cette mystérieuse information « qui fait que les choses se fassent »), l’énergie radiale et l’énergie tangentielle (tome-1) . Dans son tome-7 il propose une seule et unique Energie initiale qui se manifeste différemment sur l’échelle montante de la complexification de la matière.

Selon la théorie de la relativité, la vitesse de la lumière serait une limite infranchissable. C’est une hypothèse de travail qui fait consensus, mais qui n’interdit pas de chercher une onde qui dépasserait les 300 000 km/seconde.
En fait, ce qui motive secrètement les scientifiques c’est de trouver le « code divin » caché dans les énergies subatomiques (cf boson de Higgs, et d’autres ondes initiales). Si l’information initiale était décodée, trouverait-on Dieu ? Je pense que l’Eglise n’a pas trop de soucis à se faire de ce côté-là !

Imaginons qu’un jour des appareils scientifiques arrivent à détecter et à mesurer la vitesse des ondes spirituelles, que ces ondes se déplacent à une vitesse d’un ordre infiniment supérieur à celui de la lumière … cela confirmerait l’hypothèse de coextensibilité de la moindre pensée à un point éloigné à des milliards de milliards d’années lumière nous rejoignant en un milliardième de milliardième de seconde … le temps n’existerait presque plus, nous serions dans le monde divin.

Avec sa théorie de l’atomisme de l’esprit (tome 7) Teilhard a extrapolé les lois de la physique dans le domaine de la spiritualité ; peut-être est-ce contestable ?
L’énergie de l’Esprit obéit à des lois divines, séparées de nous par des milliards de milliards de paliers supérieurs au palier de l’hominisation. La connaissance des lois divines est inatteignable par l’Homme, Dieu est une asymptote. Mais pourquoi chercher Dieu quelque part alors que la citation de St Paul (proposée par Marcel Comby) donne la réponse : Dieu est Tout en tous. L’Homme (même Jésus) ne peut être Dieu qu’après sa mort physique. Le Créateur et sa manifestation sont des genres différents d’existence. C’est le diable qui sans doute m’a inspiré ce texte, j’appelle les théologiens à mon secours !

La seconde partie du titre de Marcel Comby est « Liberté Chrétienne ». Là, le seul lien que j’ai pu établir avec la noosphère est le droit à l’hérésie … je m’explique. Il y a souvent confusion dans l’interprétation dans le mot « liberté » qui n’est pas le droit de faire tout ce qui nous passe par la tête, mais le droit de faire ce que notre conscience autorise. Pour exercer sa liberté, il faut d’abord découvrir sa conscience et, ensuite, apprendre à l’écouter en se détachant de ce qui n’est pas nécessaire. Ce n’est pas évident à réaliser, c’est même le travail de toute une vie. Autrement dit, chaque individu possède le droit de s’excommunier au titre de la liberté absolue de conscience.

Jeudi 9 Janvier 2014 18:57