Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Jean-Pierre Frésafond / Un livre de Jean-Claude CARRIERE « CROYANCES »
Ce livre de Jean-Claude Carrière propose de nombreux sujets de réflexion sur les évènements ayant marqué différentes époques. Le débat est lancé avec une citation du philosophe ALAIN, extraite de son livre DEFINITIONS : « Ce mot désigne toute certitude sans apporter de preuve ». Voilà qui est bien dit pour entretenir la paix des peuples !

L’opposition des croyances est à la base de tous les conflits et sert de prétexte pour cacher les luttes d’ intérêts. L’absence de culture philosophique et religieuse ayant, de bonne foi, la volonté de fournir un raisonnement a un rôle de premier plan dans les conflits culturels et ce n’est pas là un péché de jeunesse qui est en cause, mais un instinct classique, inextinguible ; même les civilisations riches et modernes sont atteintes de ce mal qui n’est pas près de s’éteindre.

Ce dont je voudrais parler plus précisément concerne des oppositions internes chez l’individu qui essaye de faire la part des choses pour apaiser ce déchirement intime ; ce fut le cas chez Teilhard, quoi qu’en pensent et disent les intégristes qui veulent qu’une chose soit noire ou blanche, position binaires alors que la Sagesse est ternaire ; je m’explique : tout système d’opposition, si fort soit-il, peut se résoudre dans le « UN » à un niveau de conscience supérieure. Autrement dit, en langage symbolique, le binaire se résout dans le ternaire. C’est ce qu’a fait Teilhard tout au long de sa vie et, surtout, il l’a écrit dans toute son œuvre. Plus on lit Teilhard et plus on perçoit la fusion d’un panthéisme de convergence (et non de dispersion) et du christianisme… Comment ne pas le constater dans l’unification des « espèces » de la Sainte Eucharistie avec le Tout-Puissant et Celui qu’Il a envoyé sur terre pour annoncer la Bonne Nouvelle ? Est-ce une faute de ma part de parler ainsi ?

A sa vision du panthéisme, Teilhard joignait le concept de cosmogénèse, notion quasi scientifique laquelle, par l’idée de Dieu en tout, enrichit celle de la création qui évolue. Je ne fais pas de distinction entre les personnes catholiques qui pensent ainsi et les hérétiques qui pensent pareillement. Ces humains sont tous frères en Dieu; qui d’entre eux a le plus de mérite, celui qui a la foi du charbonnier ou celui qui est insatisfait et qui cherche ? Je ne répondrai pas à cette question car Teilhard l’a fait en s’adressant à la « multitude » et, avant lui, Jésus l’a fait à sa manière en narrant l’histoire de la « brebis égarée » et celle de « l’ouvrier de la onzième heure ».
Ni Jésus, ni Teilhard n’étaient monolithiques ; ils étaient composites.

J’ai osé rapprocher des paroles de Teilhard à la pensée de certains grands initiés intervenus depuis que l’Homme pense et ce depuis plus de 30 000 ans : peintures rupestres, arts religieux, mêlant leurs messages au chant de la terre. Peut-on imaginer les interactions résultant de milliards de milliards de pensées émises par tous ces foyers de noosphère ? La belle Histoire-Sainte de la catéchèse est l’une des notes de « la musique des anges » ; elle n’est ni le « la » autoritaire qui contient tout ni le brouhaha qui voudrait étouffer le « la » originel. La systémique décrit l’harmonie entre les centres individuels et la multitude ondulatoire.

Selon Jean-Claude CARRIERE « La croyance aujourd’hui l’emporte sur la connaissance. » Est-ce un bien, ou est-ce un mal ? Cette remarque judicieuse laisse rêveur…d'ailleurs, ce sont les deux points de vue qui laissent rêveur ; ils se prennent pour Dieu et en cela ils ont tort l’un et l’autre car le concept divin ne peut s’imaginer que dans l’harmonie et l’expliquer relève de l’aberration.
Dans cet ordre d’idée évoquons les trois religions du Livre que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam. Bien qu’il soit évident qu’elles aient la même origine, ce qui les différencie principalement ce sont leurs époques d’apparitions, chronologiquement successives, les contextes sociaux, leurs cultures respectives, les lieux d’origines. Les textes qui les soutiennent appartiennent à des siècles différents de l’histoire or, aucune langue n’est indépendante de son contexte et les intégristes de ces trois religions font tout le contraire ; là est l’erreur.

Une morale, quelle que soit son origine, peut se développer indépendamment des religions et si une morale laïque se développe cela prouve que les religions ont bien fait leur travail. Elles devraient même se réjouir de ce résultat. La devise de la France s’énoncera :
-Liberté consciente et responsable
-Egalité des humains relativement à leurs dons (voir Parabole des talents / Matthieu 25.14-30)
-Fraternité en un Dieu, Principe de l’univers
Désormais le mot « altérité » se traduira par le mot « amour », cette onde universelle qui explique la cosmogénèse. Dieu est énergie de toute chose dit l’apôtre Jean dans son Prologue et le répéter n’est pas une parole hérétique mais un thème de réflexion pour lutter contre les égoïsmes hyper développés.

Jeudi 6 Août 2015 17:40