Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche






REFLEXION A PRESENTER LE 26/6/15


Jean-Pierre Frésafond/ maîtrise du monde et le règne de Dieu
« La maîtrise du monde et le règne de Dieu », tel est le titre du deuxième chapitre de la deuxième partie du livre « Les écrits du temps de la guerre ». Le texte comporte deux thèmes : le heurt, et l’harmonie

1) LE HEURT

Selon Teilhard, “ Historiquement, deux courants de pensée s’affrontent :
a) Celui de la nature et de la terre qui est en nous,
b) Celui qui descend du Ciel, celui de la religion qui prétend monopoliser la pensée, la science et les arts au nom de la révélation
»

Cet antagonisme n’est pas mort. De nos jours des affrontements de conscience se produisent encore ; qu’ils soient interreligieux ou inter laïcs. L’opposition entre le panthéisme et la christologie est un combat dépassé, dû au sens donné aux mots. L’opposition panthéisme/christologie peut être annulée par un seul mot : « Eucharistie ». Méfions nous des symboles car on peut leur faire dire tout ce que l’on veut. Les mots tuent autant que les armes. Je cite Teilhard : « Une certaine Eglise diabolise les religions de la nature… Les religions de la terre prétendent ne plus avoir besoin du Ciel au nom de la laïcité et du matérialisme… »

Dieu est partout et en tout, disent les uns ; Dieu est consubstantiel à la matière, disent les autres.. Où est la différence ?
J’invite les lecteurs à se replonger dans le tome-7, L’ACTIVATION DE L’ENERGIE où Teilhard développe une idée qui lui est chère : « l’atomisme de l’Esprit ». Cette métaphore est un effet de l’imaginaire lorsqu’il est plongé dans l’inconnu. Par nature, l’Homme veut tout expliquer, même l’inconnaissable. On n’y peut rien. Que tenter quand même de faire, face à cette tendance ? . Contrairement aux idées reçues, les religions ne sont pas faites pour nous soumettre à l’obéissance, mais pour induire en nous les sentiments de conscience et de morale. L’important est ce que l’Homme fait car les actes sont clairs; tandis que la parole ne l’est pas.

La théocratie est un concept humain, donc perverti ; alors que la Sagesse est un concept divin lequel induit en l’Homme le sens de ses actes pour vaincre les égoïsmes, il y a de la place pour tout le monde sur la terre, à condition de ne pas vouloir ce dont on n’a pas strictement besoin et à ce propos je cite Teilhard : « La notion de devoir humain a disparu ». La disparition du sens du devoir nous perdra.
Nous devons mettre au point des « écoles de Sagesse » capables de transmettre des messages subliminaux accessibles à tous les niveaux de la société.
Teilhard est conscient de la situation. Il écrit : « La religion du ciel, elle aussi, se sent amèrement impuissante et désarmée car, depuis qu’elle a répudié la nature, elle se sent étrangère parmi les hommes dont elle ne comprend plus le langage. Que de voies interdites se sont révélées fécondes ! »

Les courants de pensée, qu’ils soient laïques ou religieux, devraient imiter la nature laquelle a tout essayé, le système est bon ; il le sera d’autant plus que l’Homme a une conscience davantage développée que celle des autres espèces vivantes. Il ne lui manque que la bonne foi. « Que de vains subterfuges pour faire croire que l’on maîtrise tout le mouvement sur lequel on était emmené de force ! » remarque Teilhard.

2) L’HARMONIE

« Non, écrit Teilhard, le progrès humain ne saurait être suspecté d’être une force dangereuse… Mais toute force n’est-elle pas dangereuse ? Il ne saurait donc être suffisant pour l’Eglise de tolérer le progrès. Il faut qu’Elle se positionne sur ce point. » (mais qu’elle ne botte pas en touche » ajouterai-je).

Autrement dit : Les vérités gravées dans le marbre ne peuvent vivre que sous la lumière de la conscience . N’oublions pas qu’au Jardin d’Eden l’Arbre de Vie est planté à côté de l’Arbre de la Connaissance . Telle est la perspective de nos espérances. Le chemin traverse la jungle où tout se confond, le bien comme le mal ; seule la lumière de la Sagesse permet de les différencier mais qui est-elle ? Elle est le Christ Universel, Celui qui nous a précédés en ce monde, qui nous observe peut-être et qui nous attend patiemment. Notre réussite justifiera sa vie.
Extraite de ce chapitre, voici une citation de Teilhard pour vaincre les inerties : « Que plus jamais l’on puisse dire de Rome qu’elle a peur de ce qui bouge et de ce qui pense. »

Mercredi 17 Juin 2015 14:19