Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Non croyance et espérance, deux mots à mon sens bien étranges aujourd’hui

-l’un, suite logique du siècle des lumières c’est à dire en simplifiant avec les réserves qui en sont la conséquence, est « mise de côté » de pensées , de religions, vues comme imposées comme non argumentées etc., et donc à rejeter ou tout au moins à considérer comme suspectes.

-L’autre terme, espérance est étonnement
parce qu’ouverture, renouvellement, mouvement ; l’histoire tellement captivante dans toutes ses richesses individuelles et collectives ses moments dérisoires et ses instants sublimes…

Mais remémorons-nous un peu de ce passé ,en définitive, nous appartient. Il est en plus par notre culture, une partie de nous-même que nous le voulions ou non. Nous ne pouvons pour notre propre évolution personnelle et sociale, que nous sentir concernés ; misères et grandeurs de l’âme !... Voyageons donc un peu dans ce passé. On pourrait l’appeler apologie des hommes premiers…

Donc, nous savons que, archéologues, paléontologues et bien d’autres savants des sciences de l’homme et de la terre, ont trouvé de façon incontestable des empreintes, des objets, des statues, des éléments importants de la manière de vivre, de croire, d’appréhender l’espace le temps, la vie la mort, de nos ancêtres les plus éloignés

Nous connaissons aujourd’hui très précisément les civilisations d’il y a quelque cinq mille ans avant notre ère ; par exemple, le récit du Paradis Terrestre du livre de la Genèse de la Bible peut s’appliquer, a-t-on coutume de dire, à la Mésopotamie de ce temps là. Ce pays, alors grand jardin fertile entre le Tigre et l’Euphrate avec les villes Ninive, Assur ou Babylone, région que l’on situe actuellement vers l’Iraq et l’Iran.
La croyance religieuse y est déjà très présente la déesse mère y est invoquée. Rappelons que l’écriture n’existe pas encore mais de nombreux dessins sont présents, des scènes de la vie journalière …prémices aux caractères cunéiformes et des évolutions futures que l’on sait.
Les Ziggourats à 5 ou 7 étages font penser à la Tour de Babel (Genèse ch11/1-9) . Le temple de Ninni-Zara 2600 ans avant notre ère témoigne par de nombreux vestiges d’une foi ardente des membres de la cité.

Dans le livre Sumer de L’Univers des Formes collection dirigée par André Malraux et André Parrot chez Gallimard, on lit : « L’Humanité, dès la fin du 4ème millénaire avait voulu dresser une échelle entre la terre et le ciel, pour s’assurer à tout prix la descente de ses dieux. Voilà pourquoi elle construisit cette « montagne », sans cesse rehaussée » Au sommet de l’édifice sacré il y avait, pour recevoir la divinité, un sanctuaire plutôt petit. Seuls les prêtres attendaient que le cortège céleste, ayant navigué sur l’empyrée, (séjour des divinités) eût accosté à l’embarcadère terrestre. Des offrandes lui avaient été offertes. Après cet hommage des fidèles à leur suzerain, celui-ci descendait vers la ville, pour pénétrer dans la résidence qu’on lui avait depuis longtemps préparée. La divinité allait maintenant habiter au milieu des hommes, pour s’y manifester, c’est-à-dire en accordant au pays les dons qui assurent la vie. Tout dans le culte répondait à ce dialogue noué entre la terre et le ciel.

Pourquoi évoquer cette partie de l’histoire des hommes ?
Certains dirons que ces temps étaient dans l’obscurantisme le plus primaire !
qu’il y était fait recours aux dieux parce qu’il y avait impuissance des hommes.
Pourtant nous avons des éclairages déjà en lisant les écrits anciens de la Bible sur l’Esprit réel qui était présent (« L’Esprit planait sur les eaux »Gn). Dans l’homme de la terre des germinations successives donnaient à nouveau des fruits.(des embryogenèses comme dit le P. Teilhard).
MoÏse et les Tables de la Loi sur le Sinaï après le périple de la marche dans le désert c’est l’Alliance (voir Exode ch. 19 et 20).On pourrait dire une étape, un espace nouveau apparaît chez quelques hommes et le monde en sera inondé. Comme cela se passe souvent, levier insignifiant si seul mais qui fait bouger l’ensemble.

Puis la marche du temps avance ; les consciences ou plutôt l’esprit de la terre continue son évolution. De la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), il est maintenant proposé : aime ton prochain comme toi même,…pardonne à celui qui t’a offensé ( Matthieu ch. 5 / 38…) et pour te retrouver, ferme la porte derrière toi…

Quelle évolution ! Mais, ne suis-je pas un peu loin du sujet « non croyant » ?
Dans le mot non croyant il y a la négation : ne pas vouloir croire, ne pas se sentir concerné ou ne pas vouloir se sentir concerné par la croyance. Je dirai que s’il y a refus c’est en général à juste titre ; les causes peuvent être multiples ; l’injustice, la pauvreté en face de la richesse, la servilité en face du despotisme, l’instabilité en face de la suffisance ou la négation en face de la science, l’aveuglement face à l’évidence …etc.

Les premiers siècles de notre ère sont bien loin ; tant d’espérances avaient à nouveau germé. Pierre l’ancien, puis Paul le fougueux, Jean et les autres, tous les autres, apôtres parmi les juifs et les gentils, bougeaient le monde romain, une des civilisations les plus puissantes d’alors. Les temps étaient-ils meilleurs ? Certainement pas si on regarde l’histoire. Pourtant nous pouvons dire également que le phénomène chrétien de P. Teilhard était bien présent avec les apports d’avant dans leur pleine originalité bien sûr mais simplement une nouvelle dimension permettait d’autres réalisations, chance que nous avons par la loi de l’évolution.

Plutôt que m’exprimer de façon trop approximative et dès lors pas assez compréhensible je laisserai le père T. terminer par les quelques phrases prises dans son livre b[Le Phénomène Chrétien :
«Principe de vitalité universelle, le Christ, parce que surgi homme parmi les hommes, s’est mis en position, et il est en train depuis toujours, de courber sous lui, d’épurer, de diriger et de sur-animer la montée générale des consciences dans laquelle il s’est inséré. Par une action pérenne de communion et de sublimation, il s’agrège le psychisme total de la Terre. Et quand il aura ainsi tout assemblé et tout transformé, rejoignant dans un geste final le foyer divin dont il n’est jamais sorti, il se refermera sur soi et sur sa conquête. Et alors nous dit St Paul, « il n’y aura plus que Dieu, tout en tous »
…L’Univers s’achevant dans une synthèse de centres, en conformité parfaite avec les lois de l’Union »



Lundi 26 Octobre 2009 13:57