Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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En ces instants de l'année où beaucoup fêtent la naissance de Jésus, n'est-ce pas un moment important pour approfondir la christologie du monde des chrétiens ?
Encore une fois, aujourd'hui nous avons une opportunité, car nous avons des clés pour une nouvelle espérance, repenser l'esprit religieux ; le mouvement dynamique rénové, espoir pour les hommes qui le désirent, donne un vrai sens à la vie ; il y a là source de grand intérêt et une véritable raison pour accéder à des mondes nouveaux et avoir une raison d'être heureux de vivre.

Jadis, il nous était enseigné que des premiers hommes, à un moment donné, avaient « péché », et, en conséquence, les suivants, pécheurs puisque de leur descendance, seraient marqués par cette malédiction. Alors, des chaines devraient nous entraver à la suite des temps..., la pénitence serait notre lot et mortification et cilice nous accompagneraient afin de laver la souillure...
Cette vision de la Rédemption fonctionnait dans une approche fixiste, non évolutive de la nature humaine, et la chrétienté s'en est accommodée pendant de nombreux siècles ;
En ces temps-là, on pensait la terre comme centre de l'univers, et l'homme, nature la plus aboutie dans l'échelle de la création portait une lourde responsabilité : il avait voulu devenir semblable à son créateur ! Par suite, la conséquence de cet insupportable orgueil le vouerait pour les siècles et les siècles à devoir « gagner son pain à la sueur de son front ».

Aujourd'hui se découvre une nouvelle espérance.
Nous savons, à la lumière de la science, que le monde, la vie, sont en constante évolution. La pensée évolue, la christologie se découvre un nouveau sens !
En regardant autour de moi, je vois et presque à chaque instant, (à la mesure la vitalité de mon éveil), « les réalités évolutives ».
La nature humaine n'est pas fixée, créée une fois pour toute, mais elle s'inscrit dans la durée.
Dans ma façon de penser, de vivre, d'évoluer, je suis, jour après jour, différent, enrichi et aussi parfois appauvri..., dans ma vivance, mon existence, avec mes frères les hommes.

Mais la prise de conscience du mouvement constant de la vie n'a pas gommé le mal dont parle la Genèse ! Cependant « le péché originel » est repensé, revisité, et Teilhard le dit en ces termes :
« Le Mal cesse, d'être un élément incompréhensible pour devenir un trait naturel de la structure du monde ».

Le but premier de l'homme n'est pas d'expier les péchés du monde, mais d'être acteur pour l'unité avec ses frères de la Terre, œuvrer chaque jour pour plus d'amour, d'unité avec l'homme-matière, et Teilhard exhorte à suivre le modèle :
« Celui, Jésus, qui surmonte structurellement en Lui-même, et pour nous tous, les résistances à l'unification opposée par le Multiple, les résistances à la montée spirituelle inhérente à la Matière ».
Oui, la Matière non seulement s’ennoblit, elle se spiritualise, n'est-ce pas là l'ultime but de la Terre ? Gigantesque raison de vivre ! Et consolation envers ceux que nous avons aimé et qui ne sont plus.

« L'évangélisme d'aujourd'hui se présente comme l'animateur de l'action humaine, à laquelle il apporte l'idéal précis d'une figure divine, historiquement entrevue, en laquelle se concentrent et se sauvent les précieuses essences de l'univers » (Teilhard).
C'est-à-dire que j'ai l’opportunité exceptionnelle, et de plus la voie tracée, l'invitation pour une nouvelle épopée de la vie ; je suis acteur dans la durée et dans l'intensité, pour la réalisation de moi-même et des autres, partie prenante du devenir du Monde ; affaire captivante, unique, et à laquelle il serait dommage de ne pas participer.

L'élan nouveau est donné et comme le dit Teilhard :
Adorer n'est plus se tourner vers Dieu et délaisser les choses, mais être partie prenante active et solidaire dans l’œuvre de création, complètement, corps et âme.
Aimer les autres c'est être en accord avec tous ceux qui, en de nombreuses actions, individuelles comme humanitaires, aident à la mesure de toutes leurs possibilités,
« la vie donnée pour l'avancée commune ».

Être pur c'est regarder et affronter sereinement l'ombre qui peut faire peur, être en harmonie avec la complémentarité dans la clarté, le respect et le don.
Être détaché c'est ne pas laisser prise à l'envie de garder, vouloir penser et agir comme si ce qui avait été donné hier, demain pouvait être repris.
Être résigné c'est, après avoir fait tout ce qu'il était possible de faire, s'en remettre à l'Unique dans une confiance totale.

Le Christianisme doit faire peau neuve, et les schémas de jadis ne sont plus acceptés. La rénovation est indispensable nous dit-il, inévitable, sinon l’attrait ne pourrait plus exister.
« Si le sel perd sa saveur... » (Matt V,13)

Et enfin, toujours de Teilhard :
« Après bientôt deux mille ans, il faut que le Christ renaisse, qu'il se réincarne dans un monde devenu trop différent de celui dans lequel il a vécu.
...Le Messie que nous attendons, est le Christ Universel, c'est-à-dire le Christ de l'évolution ».





Lundi 31 Décembre 2012 12:38