Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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L’Association Lyonnaise. TEILHARD DE CHARDIN
remercie ses adhérents et ses auditeurs amis de leur fidélité,
Nous leur présentons nos meilleurs vœux à l’occasion des fêtes de fin d’année

CONTE DE NOEL 2009

Il était une fois un roi qui depuis son palais somptueux, dirigeait son royaume, conquis avec de nombreuses guerres. Sa richesse et sa puissance attiraient des meutes de courtisans serviles, ainsi que des conseillers philosophes « feux follets ». Ce souverain pensait que ses sujets ne l’admiraient qu’en vertu de son pouvoir et de son opulence. ; il ignorait qu’il était possible d’aimer une autre personne pour ses qualités humaines profondes, d’où sa course effrénée pour avoir plus.

Un jour, étant seul dans la salle du trône, alors qu’il cogitait sur la préparation d’une nouvelle campagne de conquêtes militaires, une fée lui apparut en tenant ce langage :

-« Majesté, vous me semblez très soucieux. »
-« Oui, Madame, car domination et gloire pour perdurer doivent être développées sans cesse. »
-« Majesté, vous devez être très malheureux. »
-« Non Madame, puisque je possède tout. »
-« Si vous possédez tout, pourquoi voulez-vous posséder davantage encore ? Serait-ce pour vous prémunir contre l’Au-delà ? »

A ces mots, le roi tremblait de rage contre cette femme qui osait lui parler comme à un enfant.

-« Oui, Madame, j’ai peur de la mort, mais que faire ? Dois-je construire de nouveaux temples pour les dieux ? »
-« Descendez au fond de vous-même, Majesté, vous y découvrirez tous les autres vous-même et les secrets de l’univers. »
-« Mais, Madame, que signifient vos paroles ? »
-« Mourrez à la vie charnelle et renaissez à la vie de l’esprit »
-« Allons ! Comment le vieil homme que je suis devenu pourrait-il renaître ? »
-« Demandez à vos philosophes et autres docteurs, c’est le moment de les mettre à l’épreuve. Pour l’heure, je n’ai rien de plus à vous dire et je reviendrai peut-être un jour. »

Interloqué et abattu, le roi convoqua ses conseillers et leur rapporta ce que la fée lui avait dit. Très alarmés, ils se concertèrent longuement, puis revinrent parler au roi.

-«Majesté ! Cette femme est une diablesse, elle veut vous pousser à la faute et ainsi ruiner votre royaume, elle jalouse votre gloire et votre pouvoir, elle veut vous faire douter de vous-même. Vous seul détenez la vérité ; vos paroles ne sont-elles pas gravées dans le marbre ? Bien au contraire, démontrez davantage encore votre domination à votre peuple et à vos vassaux en construisant des palais couverts d’or pour y donner des fêtes fastueuses. Edifiez des temples dans toutes les cités de votre royaume afin que les dieux vous comblent de leur bienveillance. Vos royales bibliothèques recèlent toutes les sciences de l’univers, nous y puiserons les secrets de la réussite des fêtes que vous nous ordonnerez pour éblouir vos vassaux avec votre sagesse. »

Ainsi fut fait. Cependant, de retour dans leurs fiefs, les seigneurs, jaloux et humiliés, s’unirent contre le monarque et complotèrent une guerre sans merci contre lui. Ils pillèrent ses palais et ses temples devant une population indifférente. Notre souverain n’eut la vie sauve que grâce à l’astuce et au courage de son Fou qui avait organisé sa fuite dans des montagnes sauvages et lointaines.

Après des semaines de marches, le souverain déchu et son fidèle valet découvrirent un refuge inespéré dans une caverne d’accès difficile à l’entrée de laquelle, gargouillait une source d’eau claire. Tout au fond de l’ antre souterraine s’écoulait un filet de lave en fusion, issue du centre du monde. Chaque jour à midi, le soleil apparaissait entre deux montagnes et ses rayons pénétraient jusqu’au fin fond de la grotte. Les forces de l’esprit rencontraient celles de la terre.

Le roi et son Fou se nourrissaient du lait des chèvres sauvages qui passaient à la tombée de nuit devant l’entrée de la grotte, trouvant ainsi un refuge contre les loups. Des oiseaux faisaient de même pour échapper aux vautours et ils donnaient leurs œufs aux hommes qui les protégeaient.

Ainsi, le vieux prince coulait des jours heureux, le brouhaha du monde ne troublait plus ses pensées. Il avait enfin trouvé la vision intérieure. Il découvrit cet Autre lui-même dans les pèlerins venus pour écouter sa parole. Ce potentat, autrefois isolé du monde dans ses sinistres palais, pouvait maintenant admirer le spectacle merveilleux de la nature et en découvrir les secrets.

Le vieux roi des montagnes vécut cent ans et plus; il ne comptait pas les années…
Un soir, la fée lui apparut et lui dit :

-Je te salue, roi des montagnes, as-tu vu l’épée plantée dans le rocher à l’entrée de ta caverne ?
-Non
-.Va voir.
-Oh ! mais hier elle n’y était pas.
-Oui, mais, aujourd’hui, elle y est, essaye de l’arracher du rocher.
-Mais c’est impossible, je n’ai plus de forces !
-Tu en as une autre. Essaye tout de même.

Le vieux roi tira sur l’épée et elle sortit en douceur du rocher. La fée lui dit alors :

-« Maintenant que tu SAIS, ô roi des songes, tu es digne de comparaître devant Lui. »
-« Ô ma fée, te reverrai-je, toi qui m’a sauvé ! »
-« Non, mon roi, tu ne me reverras plus,d’autres ont besoin de moi ici-bas. Adieu donc ! Depuis le ciel prie pour moi afin que j’ai la force de continuer ma mission sur terre. »

Le vieux souverain est mort depuis de nombreux siècles. Cependant, des pèlerins visitent toujours sa caverne pour y écouter sa parole, chaque soir à minuit. Il paraît même qu’à Noël des rois mages viennent lui rendre hommage.





Mercredi 16 Décembre 2009 20:50