Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Marcel COMBY / Compte rendu du colloque intitulé : Du Big Bang à la Noosphère
J’ai participé à un certain nombre de colloques dont le premier aux alentour de 1980 à l’abbaye de Sénanque durant une semaine sur le thème : « Christianisme et Hindouisme ». La durée du stage avait permis à chacun de bien approfondir le sujet, d’autant plus que la diversité des participants apportait une certaine richesse aux débats avec toutes les thèses contradictoires que suscitait un pareil sujet tout neuf à l’époque.

Un sujet de colloque sur un thème teilhardien de grande ampleur, ne peut être efficace auprès d’un public très hétérogène que si l’on respecte les conditions suivantes :
- Allonger la durée du colloque. Une journée + quelques heures restent insuffisants
- Ménager des ateliers pour faciliter les rencontres et l’élaboration de questions actuelles
- Demander aux intervenants de proposer des explications moins abstraites
- Eviter de s’en tenir à des réflexions de nature trop générale
Les réactions de l’étudiante en fin de stage a montré d’une part le manque de culture de la part des jeunes, d’autre part leur absence de sens critique sur un sujet donné ; ils en sont réduits à étaler leurs états d’âme et à raconter leur vie.



En ce qui concerne les notions abordées :

- Expliquer que la théorie du Big Bang n’est pas réellement adéquate bien qu’elle soit actuellement acceptée par tous les astronomes de haut niveau.
- Insister sur la notion d’espace – temps et sur les questions qui se posent dans l’exploration du cosmos et dans l’étude des réalités métaphysiques.
- La notion d’évolution aurait dû faire l’objet d’une intervention spéciale et d’un débat
- Les lois régissant le monde quantique sont mal connues du public. On devrait montrer que la recherche scientifique s’appuie sur plusieurs mondes physiques : celui de Laplace et le déterminisme, celui d’Einstein et la relativité, celui de Feynman et les fantastiques découvertes dans l’univers subatomique…et les multivers ! Le Père Thierry Magnin est spécialiste de ces questions mais on aurait aimé savoir ce que science et religion s’apportent mutuellement et en quoi consiste la vertu théologale dite : espérance. Cette notion d’espérance est, en fait, un peu galvaudée car on fait rarement appel au symbolisme. Le symbole est la transparence de toute chose !
- Bertrand Vergely s’est récemment exprimé publiquement sur le « mariage pour tous » et son idée sur l’homme nouveau est concentrée sur la notion de « constructivisme » en tant que perspective prométhéenne pour l’avenir de l’homme. Si Etienne Klein avait été présent, il aurait justement évoqué le problème des nanotechnologies et de leurs applications sur la nature humaine, autre manière d’envisager le constructivisme. Reste à décrire comment imaginer le salut de l’homme dans une perspective teilhardienne dont le maître mot est Christogénèse et non pas seulement le contrôle raisonné de la science et des technologies.
- Au sujet de l’intervention de Philippe d’Iribarne, il est bon de répéter que, dans toutes questions relatives au social et au politique, la seule réponse à donner et elle n’est pas insignifiante, tout repose sur l’éducation et sur la connaissance de l’homme en matière de capacité à créer l’harmonie dans toutes les transactions sociales et familiales. L’ignorance de soi-même et de l’autre est généralement la cause des conflits.
- On n’a pas entendu beaucoup le mot « Noosphère ». S’agit-il d’une simple abstraction pour combler un vide conceptuel ou bien d’un Corps vivant et organisé autour de la notion de convergence vers Omega, alors la Croix en est sa colonne vertébrale. Le sens de la vie et plus particulièrement le sens du christianisme est contenu dans le mystère de la Croix qu’on ne peut ignorer au bout d’un chemin aussi long que celui indiqué par les organisateurs du colloque : « Du Big Bang à la Noosphère ! ». Il était bon de montrer tous les aspects stupéfiants d’un monde plongé dans la technologie numérique, mais il aurait été bien inspiré de réfléchir comment ce monde peut s’inscrire dans un cadre qui respecte la vision de Teilhard selon laquelle le Christ est la finalité. On est en droit de poser la question de l’adaptation de l’Eglise catholique à une société occidentale qui se trouve confrontée à un avenir très incertain.

Jeudi 19 Décembre 2013 19:53