Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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"LE PHENOMENE HUMAIN"


Marcel COMBY / LA PRÉVIE / L’ÉTOFFE  DE  L’UNIVERS
Laissons d’abord s’exprimer Teilhard :

« L’Énergie représente actuellement pour la Science la forme la plus primitive de l’étoffe universelle. D’où une tendance instinctive de nos imaginations à la regarder comme une sorte de flux homogène, primordial, dont tout ce qui existe de figuré au Monde ne serait que de fugitifs « tourbillons », L’Univers, de ce point de vue, trouverait sa consistance et son unité finale au terme de sa décomposition. Il tiendrait par en bas…
Une observation plus complète des mouvements du Monde nous obligera peu à peu à la retourner, c’est-à-dire à découvrir que, si les choses tiennent et se tiennent, ce n’est qu’à force de complexité, par en haut».
Le phénomène humain (Page 37)



 

Poursuivons maintenant avec le Psaume 104 :

Tu as fait la lune pour marquer les temps,
le soleil connaît son coucher ;
tu poses la ténèbre, c’est la nuit,
toutes les bêtes des forêts s’y remuent,
les lionceaux rugissent après la proie
et réclament à Dieu leur manger.

Le soleil se lève, ils se retirent
et vont à leurs repaires se coucher ;
l’homme sort pour son ouvrage,
faire son travail jusqu’au soir.
Que tes œuvres sont nombreuses, Yahvé !
Toutes avec sagesse tu les fis,
la terre est remplie de ta richesse.

Le long de ces versets, nous découvrons bien sûr le mouvement, le déploiement des énergies, la beauté de la création, mais aussi le rythme. Rappelons-nous le vêtement qui recouvre la terre et posons-nous la question : le vêtement n’est-il pas confectionné à l’aide de deux sortes de fils : le fil de chaîne et le fil de trame. Nous sommes entrés là dans le monde de la dualité : jour – nuit ; travail – repos ; haut – bas ; supérieur – inférieur ; lumière – ténèbres…
La Chaîne, c’est le vertical, le transcendant, la lumière solaire, le masculin yang. Ce sont les Principes reliant tous les mondes et tous les états d’être. C’est le livre sacré par excellence, archétype de toutes les paroles.
La Trame, c’est l’horizontal, l’humain, les événements, le manifesté, le féminin yin, la lumière lunaire. La Trame correspond au schéma de cohérence énergétique de l’Univers, c'est-à-dire à des sortes de faisceaux énergétiques de nature ondulatoire, qui, en s’organisant selon un plan précis, vont générer les fondations de tout ce qui compose l’Univers. On peut comparer ces lignes aux méridiens de la médecine chinoise. Ce symbole de la trame n’est-il pas l’image de ces « sinusoïdes » lesquelles se faufilent alternativement au-dessus puis au-dessous des fils de chaîne. Tel est d’ailleurs le principe premier de tout tissage. Ici il s’agit de tissage « cosmique » dont on reconnait toute la complexité..
En outre, sur cette trame circulent des informations fondamentales, qui sont des énergies de nature ondulatoire. Nous pouvons penser là à nos émotions, positives ou négatives, ainsi qu’à toutes les bi – polarités qui permettent toute la dynamique de la Vie.
Ce que le symbolisme nous apprend encore, est que les fils de chaîne représentent ce qui apparaît immuable, les lignes de force sous-tendent la Manifestation ; le fil de trame représente au contraire ce qui est contingent, variable, muable, la substance unique qui se différencie en quatre éléments : air, eau, feu, terre. Alors, si l’on considère un fil de chaîne et un fil de trame, on s’aperçoit immédiatement que leur réunion forme la croix dont on connaît la sublime et universelle signification. Mais nous sommes là dans le pur symbolisme, transparence de toute chose. C’est là que l’Univers tient par le haut.
Naissance et mort se succèdent comme jour et la nuit ; elles se succèdent à l’image des phases de la lune, comme les phases de la respiration : inspire – expire, comme les battements de notre cœur : diastole – systole, comme les modes musicaux : majeur – mineur.
Dans son essence, la Vie est le retour au non manifesté et la mort est le passage vers une nouvelle manifestation, une « résolution des dualités », un processus de convergence vers le point Oméga évoqué par Teilhard. Au début de la Genèse, Dieu sépare…puis Dieu rassemble. L’Univers se trouve soumis à l’Union créatrice, réalité chère à Teilhard.

Vendredi 12 Mai 2017 09:36