Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

Recherche






"LE PHENOMENE HUMAIN", la Prévie, chapitre 3


Marcel COMBY / LA TERRE JUVENILE
La terre juvénile représente pour Teilhard le substrat matériel sur lequel va germer la Vie. Notre paléontologue insiste sur le fait qu’il existe un Dehors de la matière, celui que nous voyons et que nous savons transformer physiquement, et un Dedans invisible et mystérieux qui a valeur de psychique et de conscience.

Energie et matière : Ces deux notions sont de nature universelle

 


Pierre Teilhard de Chardin et Carl Gustav Jung ont, en leur temps, établi une relation entre l’énergie psychique et l’énergie cosmique. Jung est parti de l’hypothèse que dans l’homme les processus psychiques sont liés à un ensemble complexe de facteurs interagissant au niveau de l’inconscient collectif, de l’inconscient individuel et du conscient. Ce sont des processus énergétiques sans origines précises qui interfèrent les uns avec les autres à l’intérieur d’un vaste système. La dynamique des processus transformant la Terre, l’homme et le cosmos est celle d’un système fermé. Il existerait donc une unicité de l’univers qui demeure encore de nos jours un grand mystère de la nature.

Selon Teilhard de Chardin, l’énergie est l’élément originaire et le plus intimement lié à l’univers, à notre planète et à la vie elle -même. L’énergie est, à l’origine, de nature psychique, se différenciant ensuite en énergie physique et en matière. La matière contiendrait donc l’esprit de manière immanente. Teilhard part du principe que l’immatériel se manifeste d’autant plus que la composition de la matière se complexifie. La vie, la conscience et la conscience réfléchie sont nées de l’interaction du matériel et du spirituel dans des îlots de complexification de notre univers, au sommet duquel l’homme culmine.
Selon Teilhard de Chardin, toutes les choses n’ont pas seulement un «dehors» que nous connaissons tous, mais elles ont aussi un «dedans» qui fait que le potentiel intérieur et les structures immatérielles ne se manifestent qu’à partir d’un certain degré de complexité. L’évolution est une montée spirituelle qui a sa source dans la « puissance spirituelle de la matière». Pour tenter de saisir le sens des intuitions de Teilhard, il est nécessaire de connaître ce qui se passe réellement au plus profond de la matière, compte tenu des découvertes en physique de l’infiniment petit.

La créativité innée du monde physique
Supposons que le bigbang ait produit un Univers qui soit un système dans lequel certains états soient bien plus probables que d’autres. Il est raisonnable et vraisemblable de penser que cet Univers se soit construit de préférence à partir d’états probables constituant un continuum plus ou moins uniforme d’atomes se déplaçant au hasard en tous sens. Mais si l’Univers avait dû naître de cette manière, il se serait présenté sous une forme monotone à l’infini. En réalité tout est parti d’un quelque chose de très compact, ultra chaud, prêt à subir une expansion ; ce n’est que dans un futur éloigné qu’il dégénèrera vers sa mort thermique. Il est intéressant de noter que l’état initial de l’Univers réside dans sa potentialité pure et simple investie dans le scénario du bigbang. Si l’on évoque le thème de la créativité humaine, on sait que tout œuvre se trouve d’abord en germe dans la tête de son auteur. Bien au contraire ce qui caractérise la créativité de l’Univers est une potentialité innée bourrée d’information qui sera investie dans la réalisation d’objets ayant un sens et une mission, une potentialité qui émerge seulement lors de l’écoulement du temps parmi toute une panoplie d’états plus ordinaires, une sorte de hasard chanceux qui serait à la base du principe anthropique.

La matière est capable de s’auto-organiser
La théorie de l’évolution par sélection naturelle démontre que l’être humain a évolué au cours du temps à partir d’ancêtres plus primitifs lesquels, à leur tour, proviennent au départ de composés chimiques inanimés : la « soupe primordiale ». C’est le résultat, non d’une pensée initiale, mais de phénomènes naturels. Tout a émergé de la nature organisatrice de la matière. Il s’agit de l’aptitude, propre à certains constituants de la matière, de s’assembler et de pouvoir ainsi générer des structures dont les conformations et les propriétés sont les plus diverses. Exemple assez étonnant : en mélangeant deux gaz tels que l’oxygène et l’hydrogène, on constitue un système hautement inflammable et détonant ; mais si l’on réussit à fusionner, atome par atome, chacune de ces deux substances, cela donne lieu à la formation de molécules d’eau, liquide qui justement sert en particulier à éteindre des incendies. Il en est de même du sel de table, encore appelé chlorure de sodium, qui est la combinaison d’un métal explosif avec un gaz hautement toxique. Ne parlons pas de la haute puissance symbolique du sel dans les récits évangéliques. Notre monde est formé de constituants fondamentaux qui s’apparentent davantage à des pièces de Lego plutôt qu’à des éléments géométriques simples : sphère, cube, tore, etc. Dans un monde régi par le second principe de la thermodynamique, il existe de multitudes de poches d’activité évoluant en sens inverse de celui du désordre. Qu’y a-t-il de plus ordonné et de plus compliqué que le cerveau humain ? La mécanique quantique a permis, dans une large mesure, d’avancer dans la compréhension de l’auto organisation des atomes ; ceux-ci s’assemblent et engendrent des entités appelées molécules dont les propriétés sont totalement différentes des constituants initiaux.

Une théorie générale de l'auto-organisation ?
Les sciences de la complexité débouchent sur une nouvelle vision des processus d'auto-organisation. Mais la théorie du chaos qui se consacre à de tels processus évoque, par son appellation, son contraire. La génération d'ordre à partir du désordre ne permet pas de se représenter de manière claire et synthétique la généralité des phénomènes considérés. De nombreux auteurs ont cherché à faire la synthèse des grands courants de pensée sur l'évolution, l'organisation et la complexité croissante. Certains avaient noté la différence profonde entre les deux grandes dérives de la matière vers la vie et l'entropie. D'autres, comme Teilhard de Chardin, ont cherché à expliquer par une loi de "complexité / conscience" l'émergence de la vie, de la pensée et de la conscience réfléchie. D'autres encore comme Francesco Varela, Jean Piaget, Edgard Morin, ont mis en avant les conditions d'autonomie d'un système complexe au cours de son évolution créatrice.
 

Jeudi 31 Août 2017 10:51


Commentaires

1.Posté par latraiche le 04/10/2017 17:30
Cher Marcel J'ai pris un tres grand plaisir a lire ton travail . En ce moment je suis un peu par monts et par vaux c'est pourquoi je ne suis pas aux réunions !!!! Heureusement que vous etes la pour faire avancer la pensée de Teilhard A bientôt Amicalement christiane


Nouveau commentaire :