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"Du Zero à l'infini"
Editorial de Jean-Pierre Frésafond du 31 mars 2015


Marcel COMBY et Jacques SCHROEDT / commentaires sur l'article de J.P. Frésafond "Du zéro à l'infini"
1) Commentaires de Marcel COMBY

Jean-Pierre écrit :
« A priori, les réflexions sur les origines de l’univers amènent à s’interroger sur les relations entre le zéro et l’infini. Malheureusement, les mathématiciens sont impuissants pour définir les termes de l’éventuelle équation qui résoudrait cette énigme.
De la même manière, les raisonnements logiques conduisent à une impasse et en voici deux exemples :
a) Le néant est obligatoirement infini car s’il avait des contours il ne serait plus le néant.
b) L’infini est incompatible avec l’espace/temps… Dans de telles conditions, il faudrait admettre que le Créateur a fait sortir l’univers du néant… on nage dans l’absurde. »



 

En tant que spécialiste du langage mathématique, je pense que celui-ci est totalement inadapté pour décrire le réel et que, par conséquent, tu risques de te prendre les pieds dans le tapis en manipulant des concepts qui ne peuvent s’appliquer à la métaphysique et en particulier à l’origine de l’univers. Je me permets donc les réflexions suivantes :
- Le terme d’équation désigne une relation entre des quantités finies, ce qui exclut l’infini qui n’est pas un nombre. On sait seulement que le nombre 0 est son inverse. Cependant dans la tradition hindoue, il existe une symbolique qui rattache les réalités 0 et ∞ Pour moi l’usage des mathématiques ne peut que servir à exprimer la symbolique des formes et celle des nombres.
- Le néant n’est ni fini ni infini puisqu’il s’agit d’une réalité qui n’existe pas. D’ailleurs dire que le néant est infini est impropre en vertu du fait que l’on ne sait pas de quel infini il s’agit. En mathématiques, il existe (depuis Cantor) une hiérarchie entre différents infinis classés suivant leur cardinal. Si l’univers est infini, on ne sait pas expliquer pourquoi. On dit qu’il est indéfiniment fini…mais là on entre dans le domaine des énigmes ; quel est la forme de l’univers ?
- Que signifie : « L’infini est incompatible avec l’espace-temps » ? Encore ici de quel infini parle-t-on ? Dans l’espace-temps on distingue plusieurs types d’infinis. Ce que je crois comprendre, c’est que tu veux parler d’un infini métaphysique. Alors reprends le schéma de mon livre récent qui place l’homme entre le ciel et la terre, entre l’origine et le cosmos. Le concept d’origine doit prendre en compte la notion d’infinitude qui naturellement comme tu le dis est incompatible avec l’espace-temps. En fait, le Créateur fait sortir l’univers d’un néant qu’il nous est impossible de définir, auquel cas il n’y a plus rien d’absurde !!
- En somme, ce que je tiens à signifier, est que le langage de la logique formelle qui intervient dans le domaine scientifique ne peut s’appliquer que dans le contexte de l’espace-temps. Sinon ce langage s’appliquera dans le vaste domaine du symbolisme : Allah est grand ! le triangle équilatéral et la Trinité, les 12 apôtres et les 7 péchés capitaux, les 4 dimensions de l’amour divin, etc.



2) Commentaires de Jacques SCHROEDT

Cher Jean-Pierre,
C'est en 1946 que j'ai dévoré ce livre d'Arthur Koestler. Pour lui, le zéro était l'individu qui devait obéir passivement , et l'infini la patrie du prolétariat et sa dictature (nous étions en pleine période U.R.S.S.).

Pour toi, le zéro est l'être humain, l'infini, le mystère de Dieu.
Le problème : relation entre les deux.

Nous avons en commun 3 éléments :
-la même méthode de travail
-le même sens critique
-et un terme identique : : "l'onde"

Pour moi, 2 types d'onde :
-Le premier comprend celles qui existent dans notre univers. Nous en trouvons de nombreux modèles dont la plus connue est l'électro magnétique. Toutes s'arrêtent à la frontière espace-temps.
En 1946 notre professeur de physique-chimie, l'abbé Dalbet, nous en avait expliqué le principe : il nous avait fait sortir de la classe, muni d'une longue corde de marine. Il l'avait allongée sur le sol sur environ 30 mètres. En prenant une extrêmité, il avait agité fortement sa main de bas en haut, et nous avons tous assisté aux ondulations créées par son mouvement.
Cette expérience est bien primitive, nous dit-il. "il ne faut pas oublier que l'onde est un transporteur, et elle transporte par ondulations. Pour fonctionner, elle doit utiliser de l'énergie; mais là nous entrons dans le domaine de la science.

-On peut appeler le second type d'onde : métaphysique ou divin. Il comprend les ondes qui peuvent passer partout, aussi bien dans l'au-delà que dans l'espace-temps. C'est par ce type d'onde que Dieu envoie ses messages à la création.
C'est sur ce type d'onde que tu fais ton étude, ainsi que sur son énergie.
Bien amicalement, Jacques



DU ZERO A L'INFINI, éditorial de Jean-Pierre Frésafond du 31 mars 2015

A priori, les réflexions sur les origines de l’univers amènent à s’interroger sur les relations entre le zéro et l’infini. Malheureusement, les mathématiciens sont impuissants pour définir les termes de l’éventuelle équation qui résoudrait cette énigme.
De la même manière, les raisonnements logiques conduisent à une impasse et en voici deux exemples :
a) Le néant est obligatoirement infini car s’il avait des contours il ne serait plus le néant.
b) L’infini est incompatible avec l’espace/temps… Dans de telles conditions, il faudrait admettre que le Créateur a fait sortir l’univers du néant… on nage dans l’absurde.

Faute de mieux, il faut donc accepter que l’AVANT du moment UN de la création fait partie d’un « autre monde » étrange et inaccessible aux éléments de l’espace/temps.

Autre problème : il faut sauver le dogme de la REVELATION dont le mythe est indispensable pour faire prospérer une religion ; ce qui pousse à construire une hypothèse de travail : certains êtres humains surdoués sont dotés d’antennes compatibles avec les mystérieuses ondes spirituelles en activité dans cet autre monde qu’est l’univers de l’Esprit. Mais pourquoi cette mystérieuse onde de l’Esprit ne serait-elle pas l’énergie codée consubstantielle à la matière ? Nous parlons ici de l’énigmatique dedans des choses cher à Teilhard. Hermes Trismégiste relate un de ses rêves et écrit : « Dieu est énergie et information de toutes choses » ; idem dans le Prologue de Jean et dans la doctrine du Verbe Lumière qui nous vient de la Haute-Egypte, du dieu Râa.

Disons, pour mettre fin provisoirement à la discussion que cet « autre monde » est celui d’une onde, d’une énergie qui est « partout et nulle part » et nous entrons ainsi de plain pied dans la pensée scientifique contemporaine ! Et pourquoi cette onde n’interviendrait-elle pas dans le phénomène de la Révélation aux prophètes dont chaque religion a bénéficié, reprenant à leurs compte le même scénario de communication : feu, éclaire, voix, tonnerre, vent, etc … ?
Pour illustrer ce sujet je vais citer trois exemples prophétiques: Abraham, Moïse et Jésus, piliers des religions judéo-chrétiennes. Je m’explique en simplifiant :
(a) Dieu dit à Abraham : il n’y a qu’un seul Dieu, arrête de faire des sacrifices absurdes et cruels. Rassemble ton peuple sous mon nom, ainsi ta descendance sera grande.
(b) Ensuite Dieu dit à Moïse : « Je suis le Dieu d’Abraham ». Dis à ton peuple de suivre les commandements que je t’ai donnés. Celui qui ne les suivra pas sera exclu de ton peuple. »

(c) Enfin, Dieu dit à Jésus : Tu es mon Fils Bien Aimé..Je ne t’envoie pas pour juger le monde mais pour transmettre mon message d’amour ; telle est ma seule Loi « aime ton prochain comme toi-même ».
Ces prophètes suscitent une question : comment les ondes divines du « monde étrange » arrivent-elles à établir une communication avec des hommes possédant le don extraordinaire d’être des « prophètes » ?

La science peut nous mettre sur une piste : les yeux ne voient pas, les oreilles n’entendent pas mais c’est le cerveau qui voit et entend. C’est lui qui reçoit les messages codés émis par les yeux et par les oreilles, la science en atteste.

Et Dieu dans tout cela, que fait-Il ? Il utilise ce qu’Il a conçu. C’est Lui qui envoie des messages codés aux prophètes par un réseau de transmission de pensée que beaucoup d’hommes perçoivent entre eux. C’est un phénomène inconnu de la science. Pourtant, ces ondes voyagent dans l’infini, hors du temps, dans un éternel présent. Les apparitions de Jésus après sa mort sont peut-être du même ordre. Si on lit entre les lignes l’Evangile de Jean à propos de cette période, à chacune de ses apparitions, Jésus Surgit et disparait mystérieusement. Définition du mot apparition : « Manifestation subite d’un être, d’un objet. »

Conclusion : Si depuis l’apparition de l’humanité jusqu’à nos jours les traditions culturelles et religieuses se perpétuent cela signifie qu’elles correspondent à un besoin ; peut-être même sont-elles une trace fossile de Dieu qui, de son côté, ressent Lui aussi un besoin de création d’humanité pour entendre, Lui-même, l’écho de sa volonté et c’est peut-être pour cela qu’Il créa l’univers.

La pulsion religieuse qui anime l’homme correspond à un besoin de pérennité et, sachant que son corps est mortel, il se rattrape sur ce qu’il espère immortel : son âme, il offre à Dieu contre une éternité espérée. Par mesure de sécurité complémentaire, l’homme imagine un « monde des âmes » qui devient alors la garantie supérieure de salut… on est en plein dans un rêve !

Pour être admis dans le monde des âmes, il suffit de croire en l’existence d’un Etre Suprême, créateur du monde, et même une croyance au dernier moment est suffisante, selon la doctrine chrétienne. Personnellement j’irais même plus loin : il suffit de croire en la perfectibilité de l’homme et d’admirer la si merveilleuse chose qu’est le monde, il y a certainement un Créateur à son origine et le hasard est ainsi éliminé comme cause possible de la création. Mais, hélas, l’homme oublie souvent qu’il fait partie de cette merveille ; il n’est pas un figurant mais l’acteur principal. Le « miracle » est seulement le « coup de départ » et ensuite il revient à l’homme de participer et d’entretenir ce mouvement vers le haut. Si l’homme est passif c’est la probable simplicité qui s’établira tandis que, dans le cas contraire, c’est l’improbable complexité qui vaincra l’inertie universelle.
Nous devons choisir entre « les cendres froides de l’enfer » et le royaume glorieux des âmes, unique infini possible… sauf si le monde est absurde !

Mardi 21 Avril 2015 21:23