Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Excellent, l’article de Marcel Comby sur la pensée religieuse de Darwin. Il confirme que la pensée de Teilhard de Chardin s’appuyait sur plus de vingt siècles de réflexion, notamment Aristote.
Mais les adeptes de ce qu’on appelle « la théologie naturelle », se sont succédées sans interruption, notamment au début de notre ère chrétienne avec les hermétistes qui, jusqu'à la fin de la Renaissance bravèrent les bûchers réservés aux hérétiques. Bien que les meurs n’étaient pas les mêmes à son époque, Darwin se protégea avec certaines précautions comme : « mystery of mysteries, la tentation des origines » ; il évita de mêler les notions de temps avec les mystères de la révélation. Contrairement à ce qu’écrit Marcel Comby, je pense que le fossé qui sépare Darwin de Teilhard De Chardin n’est pas si large ; en fait il n’y a que 50 ans de progrès scientifiques. Les successeurs évitent souvent les erreurs bien compréhensibles commises par leurs prédécesseurs.




Avant de traiter de ce sujet, il est nécessaire de le replacer dans un contexte historique.

La théologie naturelle
En théologie, il s'agit de la démarche qui consiste à connaître Dieu à partir de l'expérience du monde ; son but est de fonder l’affirmation rationnelle de l’existence de Dieu sur la connaissance de la nature. Elle fut fermement récusée par le philosophe Kant qui refusa toute validité à une preuve cosmologique de cette existence divine.

La religion dite naturelle apparut à l’apogée de l’Empire romain. La notion de théologie naturelle a été définie par Varron (116 – 27 av J-C) qui distinguait :
La théologie fabuleuse portant sur les mythes
La théologie politique portant sur la pratique sociale de la religion
La théologie naturelle ou physique portant sur la connaissance du monde
Le projet est de fonder l’unité religieuse de l’humanité.

La théologie biblique, accueillie par le judaïsme, reconnaissait la valeur de la démarche rationnelle de l’esprit en quête de Dieu. Cette démarche fut reprise par saint Paul influencé par la morale stoïcienne ; les païens sont reconnus coupables car ils rendent captive la vérité qui leur est révélée. Elle fut reprise également par les Pères de l’Eglise qui voient en la philosophie un moyen de préparation à l’étude des textes sacrés. L’amour de la sagesse mène à la révélation de manière continue. Le discours sur le cosmos fut intégré à la démarche qui établit rationnellement l’existence d’un Dieu unique et transcendant. Si Dieu se dit dans la Bible alors il se dit aussi dans la nature qui est pour cette raison comparée à un livre ; « Le Grand Livre de la Nature ».

La théologie médiévale fut marquée par l’œuvre de saint Thomas d’Aquin ; celui-ci développa une argumentation fondée sur le fait que si l’esprit humain n’a pas de saisie immédiate de Dieu, ni de son existence, ni de sa nature, parce que Dieu n’est pas un objet du monde, il a la capacité de passer outre les apparences et, grâce au principe de causalité, de connaître la raison d’être des choses. Ainsi de ce qui est donné sensiblement, l’esprit humain peut conclure à un principe qui n’est pas de l’ordre du sensible ; on ne peut donc pas parler de théologie naturelle qui, par la suite dans le cadre de la modernité engendrée par les sciences, procèdera d’une autre source.

La théologie naturelle de Raymond Sebond (XVe siècle) se trouve développée dans son ouvrage : « Grand livre de la nature ». L’auteur veut fonder une voie de salut universel grâce à toutes les capacités de connaissances de l’homme. Il développe deux thèmes : le premier est celui de l’homme microcosme de l’Univers entier, placé à l’articulation du sensible et du spirituel ; le second est celui de l’homme dominant le monde des êtres vivants par l’usage de la liberté ; c’est par son libres arbitre que l’homme est image de Dieu. Nous sommes en présence ici d’une véritable « science de l’homme » révélatrice de l’esprit nouveau lié aux progrès de la science et fondatrice de l’esprit de laïcité. Cependant le livre sera fortement critiqué, notamment par Montaigne qui ne voit pas de possibilité de fonder des certitudes sur les contingences d’un monde instable et limité. C’est à cette époque que s’opposent le Dieu des philosophes et le Dieu sensible au cœur. La théologie naturelle de Raymond Sebond a recueilli un grand succès dans le monde anglo-saxon, mais en revanche elle fut récusée par la tradition augustinienne, Pascal et la tradition janséniste.

La théologie naturelle de Newton et de ses héritiers, soutenue par l’Eglise d’Angleterre avec l’aval des grandes figures de la science, soutint que l’ordre est l’harmonie du cosmos renvoient rationnellement à la reconnaissance d’un principe appelé : Dieu. On reconnaît là ce qu’on appelle le déisme. Cette référence à Dieu repose sur la conviction que les arrangements, les structures et les constituants de la matière, la beauté du monde, le mouvement parfait des astres, requièrent une cause qui domine l’ensemble des phénomènes. L’Univers atteste un dessein créateur et donc une intelligence menant toute chose à sa fin. Boyle, pionnier de la chimie moderne, est une figure éminente de cette tradition ; il élabore une sorte de « physique théologique » qui se veut fondatrice de l’unité de la science et de la théologie. Pour lui la sagesse chrétienne n’est pas dogmatique, mais se situe dans la vie concrète.
Il faut noter que, tant chez Newton que chez Lamarck, la création est limitée au don de l’être fait au tout commencement du monde ; les schémas de pensée, à cette époque, ont un caractère mécaniste. Ainsi Lamarck pense que le créateur fait surgir du néant les corps qui constituent l’Univers ;il donne à la nature l’énergie suffisante pour que tout soit en mouvement de manière parfaite ; puis selon les lois de conservation de l’énergie, il dure « tant que son suprême auteur la laisse subsister.

La théologie de William Paley (1743 – 1805) ministre de l’Eglise d’Angleterre et professeur à Cambridge. Cet universitaire avait pour conviction que les hommes de science devaient être profondément religieux, car la religion incite au travail scientifique et la connaissance de la nature permet la glorification de l’intelligence divine. Il s’agit là encore d’un point de vue déiste selon lequel l’harmonie de la nature renvoie à Dieu. La philosophie de Paley se comprend en terme d’adaptation puisque cette qualité est induite par l’intelligence du créateur et par l’ordre de l’Univers ; le Créateur a su adapter au mieux les mécanisme du monde, ce qui conduit à un sentiment d’admiration voire de louange. La perfection de toutes les adaptations entrant dans le cadre d’une merveilleuse unité, témoigne, non seulement d’un dessein (design) intelligent, mais de l’existence d’un créateur. Il admet que tout n’est pas parfait, mais le mal est dû à la faute de l’homme (Gn 2 , 24).
Il faut savoir qu’au début du XIXe siècle, la théologie naturelle était très en vogue en Angleterre, ce qui avait pour conséquence de demander aux scientifiques et aux clercs de posséder des connaissances universelles. Ce point est important pour comprendre les débats actuels, car lorsque le jeune Darwin cherchait sa voie au seuil d’une carrière scientifique, il s’était orienté vers le statut de pasteur de l’Eglise d’Angleterre et était inscrit à Christ College de Cambridge Où l’on enseignait la théologie naturelle. La pensée religieuse du jeune Darwin était donc imprégnée de cette vision harmonieuse de la nature soumise à la volonté divine.

Venons-en maintenant à l’évolution de la pensée de Darwin.
Elle est étroitement liée à son itinéraire scientifique. Sa méthode : expliquer les changements du passé à la lumière des causes observables. Il a appliqué ce principe à la vie, sans renoncer à son désir de trouver des lois établies par Dieu qui manifestent son dessein dans l’harmonie d’une nature bien ordonnée. C’est dans cette perspective qu’il entreprit de trouver ce qui explique la variation des espèces. Pour ce faire, il introduisit le concept de sélection naturelle.
Cette idée était fondée sur l’expérience des éleveurs améliorant leur cheptel en privilégiant telle ou telle aptitude, mais aussi sur la reconnaissance que l’élimination des individus malades ou inadaptés constituait un bien pour l’espèce : la purifier ou même la modifier.
En 1838, Darwin commence à se référer au concept de population exprimé par Malthus ; il y découvre le fameux principe de la lutte pour l’existence ; il y voit que la sélection est due à la lutte et que celle-ci a un rôle créateur. Cette découverte de l’importance de la lutte pour survivre et perpétrer l’espèce mène Darwin à prendre de distances à l’égard de la théologie naturelle. Celle-ci reposant sur la conviction de l’harmonie naturelle, induit des questions fondamentales : peut-on conclure que Dieu utilise comme instrument la lutte pour la vie ?
Peut-on affirmer que Dieu œuvre pour le bien des vivants par des processus qui éliminent les plus faibles ? La loi de sélection naturelle qui moralement est inacceptable, peut-elle produire du meilleur à partir du moins bon ? La notion de lutte pour la survie efface donc le visage angélique de la théologie naturelle ; c’est ainsi que la pensée religieuse de Darwin en fut radicalement transformée. Ce désenchantement est assez commun chez nos contemporains avec le spectre des guerres, de la violence, des catastrophes, de la peur, du mal et de la mort.
Cette perspective n’invalide pourtant pas aux yeux de Darwin la notion de dessein divin : Dieu agit, et c’est bien ainsi, par les lois de la nature plutôt que par une intervention directe. En outre cette « guerre de la nature » n’admet-elle pas comme résultat la production des animaux supérieurs dont l’homme ? N’y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière de concevoir les lois de la vie qui se révèlent ainsi dans toute leur complexité ?
Darwin, dans un de son ouvrage autobiographique, consent pourtant au déisme (p 76) : « Une autre source de conviction de l’existence de Dieu, liée à la raison et non aux sentiments, me paraît de bien plus de poids. Elle découle de la difficulté extrême, presque de l’impossibilité, à concevoir cet univers, immense et merveilleux, comprenant l’homme avec sa capacité de voir si loin dans le passé et vers l’avenir, comme le résultat d’une nécessité ou d’un hasard aveugles. Une telle considération me pousse à considérer une Cause Première ayant un esprit intelligent, analogue à un certain degré à celui de l’homme ; et je peux être qualifié de déiste ». En fait, Darwin finit par récuser totalement la théologie naturelle pour les raisons suivantes :
La question de la finalité est remise en cause « il ne semble pas qu’il y ait une plus grande finalité dans la variabilité des êtres organiques ou dans l’action de la sélection naturelle que dans la direction où souffle le vent » (Autobiographie p 83)
La question de la souffrance dans le monde ; la présence de celle-ci s’explique par la loi de sélection naturelle et ne peut déboucher sur l’admiration romantique de la beauté du monde. On reconnaît ici une tendance de l’esprit très actuelle. En outre Darwin perdit une de ses filles âgée de 10 ans, ce qui lui fit dire qu’un Dieu bon ne pouvait lui apporter, par la mort, un destin si cruel.
La question de l’origine du phénomène religieux qui n’est, en fait, que le fruit de l’éducation : comment l’esprit de l’homme développé à partir d’un être aussi frustre que celui de l’animal le plus inférieur, mérite-t-il confiance lorsqu’il tire des conclusions aussi lourdes de sens que la reconnaissance d’un Dieu ?
Cet agnosticisme, bien présent d’ailleurs dans notre monde, n’empêche nullement Darwin de rester attaché à une vision chrétienne de l’homme : les valeurs morales dans l’humanité sont réelles et les lois de l’évolution en fondent les exigences. Darwin récuse l’esclavage. Cette position morale se trouve conforme à l’esprit des Lumières car elle rejette la prétention du christianisme à avoir le monopole du salut en condamnant les non chrétiens à des peines éternelles. La pensée religieuse de Darwin est un refus clair et motivé de la théologie naturelle de Paley, mais son attitude éthique reste dans la tradition chrétienne. Certes son épouse Emma aura une certaine influence sur lui si bien que son ouverture sur la transcendance est marquée surtout par une profonde humanité. En outre il convient de constater que Darwin ne mélange pas les genres ; ses confidences sur son évolution religieuse ne paraissent que dans son autobiographie et non dans son œuvre spécifiquement scientifique. Darwin est tout à fait une figure de la conscience moderne confrontée à des questions clés de la condition humaine : sens de la vie, rôle de la souffrance et de la mort.

En ce qui concerne le rapport entre création et évolution et le problème des origines, l’interprétation des observations repose sur certains critères bien définis : station debout, volume de la cavité crânienne, outils, art, etc. Selon que l’on choisisse tel ou tel critère, la réponse est différente. Le scientifique se trouve donc confronté à des interrogations philosophiques : qu’est-ce qui est propre à l’homme par exemple ? Or dans ce choix qui permet de déterminer le facteur décisif pour affirmer qu’il y a commencement ou non, Darwin était bien conscient de cette difficulté. Darwin, dans un esprit de prudence, prend donc ses distances avec un récit qui ferait de son propos un mythe de création ; il se contente de l’observation d’un naturaliste. Dans ses recherches, il a explicitement exclu les questions d’origine et de commencement et il expose les interprétations de ce silence dans un chapitre intitulé : « Mystery of mysteries : la tentation de l’origine ». Cette question de l’origine radicale est volontairement laissée dans l’ombre, puisque spécifiquement métaphysique !
A propos de l’idée d’accomplissement évoquée dans la notion de création continue, voici les dernières lignes écrites par Darwin dans son ouvrage L’Origine des espèces :
« Les formes (…), si différentes les unes des autres et qui dépendent les unes des autres de manière si complexe, ont toutes été produites par des lois agissant autour de nous. Ces lois prises dans leur sens le plus général sont la Croissance accompagnée de la Reproduction ; l’Hérédité, qui est presque impliquée par la reproduction ; la Variabilité issue de l’action indirecte et directe des conditions de vie, ainsi que de l’usage ou du défaut d’usage ; un Taux d’Accroissement si élevé qu’il conduit à une Lutte pour la Vie, et par conséquent à la Sélection Naturelle, qui entraîne la Divergence de Caractère et l’Extinction directe et indirecte des formes les moins améliorées. Ainsi c’est de la guerre de la nature, de la famine et de la mort que procède directement l’objet le plus sublime que nous soyons capables de concevoir, c'est-à-dire la production des animaux supérieurs ».

En ce qui concerne la notion de finalité, elle fait partie du débat scientifique avec la notion d’orthogenèse. Ainsi Bergson assume l’orthogenèse dans le concept d’élan vital. De même Teilhard de Chardin a fondé sa vision du développement de la vie sur ce qu’il a appelé : « loi de complexité conscience «, mise au service d’une vision du cours de la vie dominée par la notion chrétienne de personne. Le rejet de l’orthogenèse participe à une philosophie de la nature qui refuse toute vision d’ensemble des phénomènes, car la théorie de l’évolution ne donne pas à voir des lignes droites, mais des buissons, ou plutôt un corail. Nous en arrivons à Darwin qui a écrit : « Le Corail de la vie », pour dire que de Darwin à Teilhard il existe un fossé incommensurable !



Charles Darwin (1809-82)
Darwin is the first of the evolutionary biologists, the originator of the concept of natural selection. His principal works, The Origin of Species by Means of Natural Selection (1859) and The Descent of Man (1871) marked a new epoch. His works were violently attacked and energetically defended, then; and, it seems, yet today.
Charles Robert Darwin was born at Shrewsbury. His father was a doctor and his mother was the daughter of Josiah Wedgwood. Darwin first studied medicine at Edinburgh. Will as they might, it soon became clear to the family, and particularly to young Charles, that he was not cut out for a medical career; he was transferred to Cambridge (Christ's Church, 1828), there to train for the ministry. While at Cambridge, Darwin befriended a biology professor (John Stevens Henslow, 1796-1861) and his interest in zoology and geography grew. Eventually, Darwin came under the eye of a geology professor, Adam Sedgwick (1785-1873). Just after a field trip to Wales with Sedgwick -- during which Darwin was to learn much from "Sedgewick's on-the-spot tutorials" and was to develop "intellectual muscle as he burnt off the flab"1 -- he was to learn, that, through the efforts of Professor Henslow, that he had secured an invitation to go aboard the Beagle, which, apparently, was being outfitted by the admiralty for an extended voyage to the south seas. In a letter, Henslow was to advise that "you are the very man they are in search of." Desmond and Moore were to write: "The admirals were scouting out someone to accompany Capt. Robert FitzRoy on his two-year survey of coastal South America. FitzRoy, only twenty-six himself, wanted a young companion, a well-bred 'gentlemen' who could relieve the isolation of command, someone to share the captain's table. Better still if he were a naturalist, for there would be unprecedented opportunities. The ship was equipped for 'scientific purposes' and a 'man of zeal & spirit' could do wonders, Henslow enthused. Charles might not be a 'finished naturalist,' but 'taking plenty of Books' would help, and he was the obvious choice."2
Needless to say, though there was some anxious moments, Darwin was accepted by those responsible for the voyage. The plans for the cruise of the Beagle were extended, in that it was to take place over the best part of five years (1831-36) and was to take in the southern islands, the South American coast and Australia. While aboard the vessel, Darwin served as a geologist, botanist, zoologist, and general man of science. It was rare to have aboard a sailing vessel of the early 19th century a person who could read and write, let alone one, such as Darwin, who could appreciate the necessity of applying scientific principles to the business of gathering data and carrying out research on it. I am sure that the telling of Darwin's travels and observations, while aboard the Beagle, would be an interesting topic in itself, but for my purposes here, I need only say, that Darwin gained an experience which would prove to be a substantial foundation for his life's work; the almost immediate result was the publication of his findings in 1840, Zoology of the Beagle.
"When on board H.M.S. Beagle as naturalist, I was much struck with certain facts in the distribution of the organic beings inhabiting South America, and in the geological relations of the present to the past inhabitants of that continent. These facts, as will be seen in the latter chapters of this volume, seemed to throw some light on the origin of species- that mystery of mysteries, as it has been called by one of our greatest philosophers. On my return home, it occurred to me, in 1837, that something might perhaps be made out on this question by patiently accumulating and reflecting on all sorts of facts which could possibly have any bearing on it. After five years' work I allowed myself to speculate on the subject, and drew up some short notes; these I enlarged in 1844 into a sketch of the conclusions, which then seemed to me probable: from that period to the present day I have steadily pursued the same object. I hope that I may be excused for entering on these personal details, as I give them to show that I have not been hasty in coming to a decision." (Darwin's opening paragraph to The Origin of Species, 1859.)
It was likely Darwin's reading of Adam Smith which led Darwin to his decisive breakthrough.3 ("Adam Smith was the last of the moralists and the first of the economists, so Darwin was the last of the economists and the first of the biologists.") Darwin read not only about those "laws" that govern the accumulation of wealth, but also those "laws" which lead to being poor. In regards to these poor "laws," Darwin read Malthus' Essay on Population:
"In October 1838, that is fifteen months after I had begun my systematic enquiry, I happened to read for amusement Malthus' Population, and being well prepared to appreciate the struggle for existence [a phrase used by Malthus] which everywhere goes on from long-continued observation of animals and plants, it at once struck me that under these circumstances favourable variations would tend to be preserved and unfavourable ones to be destroyed. The result of this would be a new species. Here then I had at last got hold of a theory by which to work."4
Personally speaking, Darwin, directly on account of his early adventures (with his evidence and his conclusions: zoological, botanical, geological and paleontological), could no longer subscribe to the teachings of Genesis, viz., that every species had been created whole and have come through the ages unchanged.5 All the evidence supports (and none exists that disproves) the proposition that life on earth has evolved; life started out slow and small, and our current state of existence is as a result of some process working upon natural materials throughout a period that consists of millions and millions of years. The question for Darwin is what is this process, a question which, for twenty years, Darwin worked on. He considered his own personal experiences which were considerable and the data that he had gathered. He read and read widely; he abstracted the learned journals; he talked to breeders of domesticated animals. And only after years of work did Darwin feel himself ready to express himself. More years were to pass, during which he gathered more and more evidence, when, in 1859, Darwin came out with his scholarly presentation, The Origin of Species.6
In 1859, Darwin's shattering work, The Origin of Species, came out ("a sell out in one day"); it is now recognized as a leading work in natural philosophy and in the history of mankind. Simply stated, Darwin's theory is that things, and, in particular, life, evolves by a process which Darwin called "natural selection." "Currently we accept the general idea that biological development can be explained by mutations in combination with natural selection. In its essential parts, therefore, Darwin's theory of development has been accepted. In Darwin's time mutations were not known about; their discovery has led to extensive modifications of his theory, but it has also eliminated the most important objections to it. ...
We are beginning to see that the awesome wonder of the evolution from amoeba to man - for it is without a doubt an awesome wonder - was not the result of a mighty word from a creator, but of a combination of small, apparently insignificant processes. The structural change occurring in a molecule within a chromosome, the result of a struggle over food between two animals, the reproduction and feeding of young - such are the simple elements that together, in the course of millions of years, created the great wonder. This is nothing separate from ordinary life. The wonder is in our everyday world, if only we have the ability to see it."7 (Alfvén's Atom, Man, and the Universe.)
Darwin's "evolutionary and comprehensive vision" is a monistic one, it shows that our universe is a "unitary and continuous process," there does not exist a "dualistic split," and that all phenomena are natural. Darwin's idea, it is written,
"is the most powerful and the most comprehensive idea that has ever arisen on earth. It helps us understand our origins ... We are part of a total process, made of the same matter and operating by the same energy as the rest of the cosmos, maintaining and reproducing by the same type of mechanism as the rest of life ..."8 (Sir Julian Huxley.)
The theory of evolution is no longer just a theory; an overwhelming amount evidence has accumulated since Darwin. Darwin's theory has never been successfully refuted. Darwin discovered a law just as surely as Copernicus, Galileo and Newton discovered laws: natural laws. Just as the earth is in orbit and has come to be and is depended on the force of gravity, a natural law; so life has come into being and exists and is depended on the force of natural selection. One need not necessarily understand the why or the how of it, but a natural law such as gravitation or selection nonetheless exists, whether a particular puny human being, or group of them believe it or not.
The theory as presented in Darwin's The Origin of Species, I should say, was not new to the world and it cannot be attributed to Darwin. The theory, contrary to popular belief has been around since Aristotle and Lucretius. Darwin's contribution is that he gathered indisputable evidence, and he SET forth a theory on how evolution works, the theory of natural selection. Darwin: "It may be said that natural selection is daily and hourly scrutinising, throughout the world, every variation, even the slightest; rejecting that which is bad, preserving and adding up all that is good; silently and insensibly working, whenever and wherever opportunity offers, at the improvement of each organic being in relation to its organic and inorganic conditions of life. We see nothing of these slow changes in progress, until the hand of time has marked the long lapses of ages, and then so imperfect is our view into long past geological ages, that we only see that the forms of life are now different from what they formerly were."9
We will let Julian Huxley sum up Darwin's place in the history of science:
"Darwin's work ... put the world of life into the domain of natural law. It was no longer necessary or possible to imagine that every kind of animal or plant had been specially created, nor that the beautiful and ingenious devices by which they get their food or escape their enemies have been thought out by some supernatural power, or that there is any conscious purpose behind the evolutionary process. If the idea of natural selection holds good, then animals and plants and man himself have become what they are by natural causes, as blind and automatic as those which go to mould the shape of a mountain, or make the earth and the other planets move in ellipses round the sun. The blind struggle for existence, the blind process of heredity, automatically result in the selection of the best adapted types, and a steady evolution of the stock in the direction of progress...
Darwin's work has enabled us to see the position of man and of our present civilization in a truer light. Man is not a finished product incapable of further progress. He has a long history behind him, and it is a history not of a fall, but of an ascent. And he has the possibility of further progressive evolution before him. Further, in the light of evolution we learn to be more patient. The few thousand years of recorded history are nothing compared to the million years during which man has been on earth, and the thousand million years of life's progress. And we can afford to be patient when the astronomers assure us of at least another thousand million years ahead of us in which to carry evolution onwards to new heights."

Bibliographie
Qu’est-ce que la théologie naturelle? Paul Clavier (poche)
Création par Evolution Jean-Michel Maldamé (le Cerf)
La Genèse et la Préhistoire J. B. Cornelius (Ed Lanore)
The Scientists Charles Darwin Web
Programme Homme Pierre Rabichong (PUF)

Vendredi 16 Septembre 2011 13:20