Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Note de Jean-Pierre Frésafond :
Cet article m'a été adressé par Marcel Comby, en réponse à mon éditorial du 24/12/2012 "Au fur et à mesure que j'avance dans la réflexion ........"


Marcel Comby / Pour une unification du monde et son accomplissement / De l’intelligence des Ecritures à la pensée évolutionniste de Teilhard de Chardin
La CONSTITUTION PASTORALE SUR L'ÉGLISE DANS LE MONDE DE CE TEMPS est l'un des principaux documents de l'Église catholique romaine issus du IIe concile œcuménique du Vatican. Elle reconnaît, en fait, la nécessité et la valeur de toute recherche scientifique pourvue qu’elle s’inscrive dans une démarche respectant les valeurs de la foi.

« C’est en vertu de la création même que toutes choses sont établies selon leur consistance, leur vérité et leur excellence propres, avec leur ordonnance et leurs lois spécifiques. L’homme doit respecter tout cela et reconnaître les méthodes particulières à chacune des sciences et techniques. C’est pourquoi la recherche méthodique, dans tous les domaines du savoir, si elle est menée d’une manière vraiment scientifique et si elle suit les normes de la morale, ne sera jamais réellement opposée à la foi. »
« Bien plus, celui qui s’efforce, avec persévérance et humilité, de pénétrer les secrets des choses, celui-là, même s’il n’en a pas conscience, est comme conduit par la main de Dieu, qui soutient tous les êtres et les fait ce qu’ils sont. À ce propos, qu’on nous permette de déplorer certaines attitudes. »
Historiquement, le domaine de la Science et celui des religions ont connu différentes phases de conflits culturels ou de rapprochement. Il faut bien comprendre que la nature religieuse de l’homme a souvent mal composé avec les évolutions susceptibles de lui apporter une réalité nouvelle qu’il ne contrôle plus ; la Science ! Celle-ci est fondée sur la raison, faculté humaine qui peut représenter une source de danger pour la foi chrétienne. Et pourtant le langage rationnel est celui qui rend les choses intelligibles y compris celles qui s’inscrivent dans le champ de la métaphysique. En outre les dernières grandes découvertes scientifiques ont fait éclore de nouvelles manières de penser et de concevoir le monde qui apparaît ainsi de plus en plus complexe donc plus compatible avec les recherches en théologie. Les textes bibliques, et en particulier la Genèse, ne sont plus à prendre au pied de la lettre. Un grand scientifique : Teilhard de Chardin a apporté une large contribution dans la compréhension du Monde en raison de ses travaux sur l’évolution et sur la métaphysique. A plusieurs reprises, je me suis inspiré de ses écrits afin de les exploiter et de les prolonger même par des visions plus personnelles souvent basées sur l’expérience et sur le symbolisme : la matrice universelle représente un système d’organisation des réalités qui peut fournir une explication au fait que « Dieu créa l’homme à son image et à sa ressemblance ».

Le Père Joseph Ratzinger s’est exprimé ainsi dans un texte sur la théologie de l’Alliance dans le Nouveau Testament :
« Lorsqu'on dit de l'homme qu'il est l'image de Dieu, cela signifie qu'il est un être constitutivement en relation ; qu'à travers toutes ses relations et en elles, il cherche la relation qui est le fondement de son existence. L'Alliance serait ainsi la réponse à l'homme en tant qu'il est à l'image de Dieu ; en lui resplendirait celui et ce que nous sommes nous-mêmes et qui est Dieu lui-même : pour lui, qui est toute relation, l'Alliance ne serait pas dès lors quelque chose se trouvant à l'extérieur dans l'histoire, en dehors de son être, mais la manifestation de lui-même, « le resplendissement de sa face. »

La notion de relation n’est-elle pas universelle donc compatible avec le langage scientifique ? D’ailleurs, on ne peut comprendre et décrire le monde qu’en termes de relations et d’interactions qui sont les constituants de toute transformation, de toute évolution, de tout progrès.
Pour moi, l’univers admet à la fois une unité et une diversité organisées autour d’un schéma cohérent : d’une part cet univers comporte des niveaux de réalités bien distincts mais interdépendants suivants les règles de l’analogie ; d’autre part la structure du monde peut être dite quaternaire comme on le pense depuis l’Antiquité et cette affirmation se justifie pleinement lorsque l’on observe le langage des Ecritures. Pour un croyant et pour Teilhard en particulier, l’univers n’est pas un système clos sur lui-même, mais en perpétuelle évolution vers un accomplissement dans le Christ : une marche vers la Jérusalem céleste ! L’homme est associé au projet créateur de Dieu lui-même, mais la réalisation de l’Alliance est essentiellement liée au bon vouloir de la créature et de l’œuvre d’amour qu’elle saura produire. Toute créature en état de séparation volontaire d’avec son créateur est vouée à une destinée qui le privera de la vie suprême : une sorte d’évanouissement dans le chaos, dans un néant métaphysique et probablement dans une vie privée d’amour et de l’absence de Dieu.
 

Samedi 29 Décembre 2012 07:29