Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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« Comment je crois » Chapitre 2 / Transformation créatrice



Durant mon activité d’enseignant, j’ai rencontré des objets mathématiques assez intéressants quant à leur capacité d’entrer dans le domaine de la modélisation. D’une part j’ai rencontré en permanence la notion universelle de transformation et d’autre part j’ai suffisamment travaillé sur les matrices pour découvrir tout le symbolisme qu’elles contiennent. D’ailleurs curieusement les deux notions sont très liées de sorte que cette coïncidence soulève pour moi une question épistémologique qui est la suivante : Peut-on raisonnablement extrapoler à la théologie ce qui s’observe à un niveau inférieur qui est celui de la science ?

Dans le cadre de la transformation créatrice explicitée dans le livre de Teilhard : « Comment je crois » au chapitre 2, il est question de matière, de vide et de néant.

-N’oublions pas qu’au début du siècle dernier, le mot matière entrait dans le cadre restreint de la physique de Laplace : des objets matériels obéissant à des règles bien précises et d’une portée limitée. Une parcelle de Réel voilé pour citer Bernard d’Espagnat, une illusion du Réel par conséquent. Il n’est donc pas étonnant que notre ami Teilhard ait eu des difficultés avec ses confrères jésuites car en fin de compte ce mot matière est plein d’ambigüité.
La matière que nous voyons ressemble à un puits étagé au sein duquel se superposent des mondes très différents et de plus en plus étranges. Il faut donc s’entendre sur ce mot matière ; il ne s’agit pas en fait d’aspect extérieur. C’est cette dernière conception qui a fourni durant des siècles le mot « matérialisme » bien sûr condamné par l’Eglise catholique.

Enfin de compte où se trouve Dieu ? Est-il dans un espace sanctuarisé où personne n’est allé ? En fait, il se trouve au plus profond de la matière, au-delà du mur de Planck certes mais finalement on ne saura jamais ici-bas comment la réalité divine interfère avec les réalités que nous connaissons. C’est un mystère !

-Parmi ces réalités, se rencontre la notion de vide. A l’échelon macroscopique, il s’agit bel et bien d’une absence de matière au sens de Laplace et de Newton. A l’échelon microscopique les choses se compliquent terriblement. Le vide devient un espace rempli de potentialité et les objets deviennent des réductions de paquets d’ondes. A cet étage de la connaissance, peut-on parler de néant ? Même le Cosmos est r empli de matière et d’antimatière. Dans la mesure où les réalités deviennent de plus en plus complexes, est-on en mesure d’imaginer un Néant véritable ? Nous raisonnons là au sein de l’espace-temps et nous sommes absolument incapables de définir exactement tout ce qui se rapporte aux réalités situées hors de l’espace-temps.

Je reviens donc à l’idée de transformation créatrice. Ce que je veux souligner, c’est le rapport étroit entre la notion de transformation et celle de matrice. Scientifiquement une matrice est un tableau numérique composé de lignes et de colonnes dont le but est de préciser les différentes phases par lesquelles devront passer les éléments d’une transformation. Il s’agit donc d’un patron gonflé d’informations. Je m’en remets humblement au symbolisme. L’an dernier j’avais fait un bref exposé sur ce que j’avais appelé : la matrice universelle. Je pense que, pour rejoindre la pensée de Teilhard, cette transformation créatrice constitue un mouvement dont les modalités sont fixées par un projet. J’extrapole donc en affirmant que l’ensemble du monde créé a pour vocation d’être l’image et la dynamique d’un grand dessein dont Dieu a le secret. En conséquence, rien n’est figé dans les immensités de notre Univers.



Samedi 22 Septembre 2012 21:23