Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Marcel Comby/chapitre 18/L'AVENIR DE L'HOMME/Le coeur du problème
Ce diagramme d’où jaillissent trois forces OX, OY, OR me fait penser au symbolisme de la Croix. Pour Teilhard , la Croix ne doit en aucun cas disparaître de l'horizon de la Foi, ni revêtir un caractère purement doloriste. Il précise :

« il est parfaitement vrai que la Croix signifie évasion hors du monde sensible et même en un sens rupture avec ce monde...
Par les derniers termes de l'Ascension où elle nous convie, elle nous force en effet à franchir un palier, un point critique par où nous perdons pied avec la Zone des Réalités sensibles...
Cet "excès" final , entrevu et accepté dès les premiers pas, jette forcément un jour, un esprit particulier sur toutes nos démarches ...
Et voilà précisément où gît la folie chrétienne au regard des "sages" qui ne veulent risquer sur un total " Au-delà" aucun des biens qu'ils ont actuellement entre les mains »
. ( Milieu Divin 118)

Au chapitre 18 de son livre : « L’avenir de l’homme » et dans le cadre de la crise religieuse moderne, Teilhard de Chardin tente d’expliquer les sources de conflit entre l’horizontalité, image de la modernité, et la verticalité, image de la foi chrétienne dans tout son absolu. Il parle de foi chrétienne rectifiée. Comme tout scientifique, il ne manque pas de recourir à un modèle mathématique dont le but est de résumer sa pensée. A son modèle je préfère celui de la roue ou celui de la rosace.
Avec le centre, le cercle et le carré, la croix est un des symboles les plus universels et les plus puissants. Son existence est attestée depuis le XVIème siècle avant J.- C. en Egypte et en Chine. Elle établit une relation avec les trois autres symboles dans certaines configurations géométriques présentes dans le patrimoine de nombreuses civilisations. Ce jeu de relations assez complexe fait de la croix le symbole le plus totalisant. Dirigée vers les quatre points cardinaux, la croix est associée à la notion d’orientation qui participe à tous les rapports de l’homme avec son environnement et les réalités cosmiques et transcendantales. Elle ouvre son centre sur l’extérieur et possède également une valeur ascensionnelle . Son pied, à l’instar des racines d’un arbre, plonge dans les enfers, alors que son sommet se dresse vers le trône de Dieu.
Dans les légendes orientales, la croix est assimilable à la symbolique du pont ou de l’échelle par le moyen duquel les âmes accèdent à Dieu. La tradition chrétienne a prodigieusement enrichi le symbole, en y représentant la passion du Sauveur et toute l’histoire du salut de l’homme. La croix symbolise le crucifié, le Christ, le Sauveur, le Verbe, la seconde personne de la Trinité. Des fêtes liturgiques et des hymnes lui sont consacrés : l’invention, l’exaltation, O Crux spes unica. La croix récapitule la création dans son aspect cosmique.

Irénée s’exprime ainsi : « Il est venu sous une forme visible vers ce qui lui appartient et il est devenu chair et il a été accroché à la croix de façon à y résumer en soi l’Univers ».

Cyrille de Jérusalem affirme que : « Dieu a ouvert ses mains sur la croix pour embrasser les limites de l’Oecumene et c’est pourquoi le Mont Golgotha est le pôle du monde ».

On retrouve aussi le symbolisme de la croix au sein de la nature. L’homme les bras étendus, par exemple. Le vol des oiseaux, le bateau et son mât et divers instruments agricoles utilisés dans le labourage de la terre, l’antenne de télévision, la croix gammée, etc…

La croix est présente dans certains thèmes bibliques. Elle est : arbre de vie (Genèse ), Sagesse ( Proverbes ), le bois de l’arche, les baguettes de Moïse qui firent jaillir l’eau, l’arbre planté au bord des eaux courantes, bois auquel est suspendu le serpent d’airain, autant de préfigurations de la croix. On doit faire remarquer la dualité qui caractérise le sens de la croix , en distinguant la croix du Christ souffrant, le gibet et la croix glorieuse, envisagée dans son sens eschatologique, celle de la parousie qui doit apparaître avant le retour du Christ.

Le mystère de la Rédemption est généralement conçu de la manière suivante :
L’homme déchu de l’état primordial et devenu esclave du péché, est « racheté » par le sang du Christ. Cette conception juridique, accessible à toute mentalité moraliste, mérite qu’on s’attarde sur le symbolisme qui permet de se délivrer des rigidités de la pensée.
Les notions de verticale et d’horizontale amènent à distinguer deux domaines
profondément différents :
 Le monde créé et l’univers visible ou mesurable qui se situe symboliquement sur un plan horizontal.
 Le monde spirituel ou surnaturel qui se situe symboliquement sur la verticale.
Le point de rencontre des deux directions orthogonales peut être considéré comme le « centre » d’un monde où s’établissent les communications entre le domaine de la manifestation et le domaine du divin.
Dans ces conditions, la spiritualité n’a rien à voir avec les seules interactions entre l’homme et les réalités terrestres, qui se situent alors sur la circonférence de la « Roue cosmique ». Elle est plutôt un « retour au centre » suivant les rayons de la roue, dont la configuration ne laisse pas sans évoquer le symbolisme évangélique de la « Porte étroite » ( Mat, VII, 13 ). Ce symbolisme est aussi celui du Cœur, qui n’est pas le siège du sentiment, mais le lieu de la manifestation du Principe Suprême, du Verbe ou du Saint – Esprit.

La dynamique de l’image réside dans le fait que le retour au centre ne peut se produire à l’initiative de la circonférence, mais par un rayonnement du centre qui atteint tous les points de la circonférence afin de les ramener au Centre vital.
La « chute » correspond en fait, à l’éloignement du Centre, à la rupture de l’unité et de l’harmonie avec le Centre et la dispersion suivant toutes les multiplicités sur la circonférence. Cette dernière constitue l’ensemble où se vit l’illusion de la séparativité.

La Rédemption est le « retour à l’Unité principielle. Citons ces affirmations évocatrices :

« Et moi quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi » ( Jean, XII, 32 )

«Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » ( Jean VI, 44 )

Caïphe prophétise que Jésus devait mourir « afin de réunir en un seul corps les enfants de Dieu qui sont dispersés » ( Jean XI, 52 )

On peut enfin citer l’Epitre aux Ephésiens où l’on découvre que le désir divin est de « réunir toutes choses en Jésus- Christ »
« …étant enracinés et fondés dans la charité, vous deveniez capables de comprendre avec tous les saints quelle est la largeur et la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, en sorte que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu » ( III, 17-19 )

Il importe de bien comprendre que le double mouvement d’éloignement du centre ( la Chute ) et de retour au centre ( la Rédemption ), est tout à fait analogue aux deux phases de la respiration ou aux pulsations du cœur. Par contre, il ne peut être conçu de manière anthropologique. Il est essentiellement intemporel.
Pour reprendre un langage symbolique, disons que cette « respiration mystique » ne s’effectue pas sur la circonférence, mais le long des rayons de la roue, ce qui est conforme à la parole évangélique : « Mon Royaume n’est pas de ce monde » ( Luc XVII, 20 ).
Il s’en suit que le mystère de la Croix est de caractère « extra social », donc non humain, bien que l’homme soit invité à vivre et à partager cet événement qui est à la base de toutes les réalités liées au Christianisme. La croix est souvent associée à la souffrance de l’homme qui se trouve inexorablement voué à supporter toutes les épreuves de sa vie.
D’ailleurs la forme de la croix suggère un écartèlement de la personne entre la voie de l’horizontalité et celle de la verticalité. On évoque parfois cette notion psychanalytique de « névrose chrétienne ».

En réalité, porter sa croix, signifie : tracer la croix à l’intérieur du cercle, c'est-à-dire réunir en son cœur le culte dévolu à Dieu par la foi, et le rapport avec l’humanité à travers la morale, la science et la politique, afin de tout ramener au Centre. C’est le sens de la direction OR du modèle teihardien.
Le Christianisme n’est pas qu’un humanisme universel ! En réalité la circonférence est fermée et on ne peut en sortir qu’en suivant la verticale :
« Celui qui perd sa vie la trouvera ».
En dépit du paradoxe, c’est la mort qui donne un « sens » à la vie. Elle est un accomplissement où tout ce qui a été effectué au cours de la vie est
« résumé » et « jugé ».

Dans le cadre des interrogations de Teilhard, on doit faire remarquer que la personne humaine contient, en son âme, à la fois un principe immanent et un principe transcendant qui fait que le conflit évoqué par lui est à considérer avec une grande prudence. De l’athéisme tout relatif au mysticisme le plus exalté, en passant par l’idéalisme d’un christianisme purement sociologique, il existe une myriade de comportements divers tous aussi respectables car fondés sur des expériences de vie. Il serait bon cependant de mettre l’accent sur certaines caractéristiques fondamentales du christianisme négligées par nos contemporains. Ainsi il convient d’examiner de plus près la grande question de la condition humaine à travers la souffrance dans tous ses aspects.

Dans le cadre des religions orientales, la pratique de la méditation fait qu’on applique les règles inspirées par Bouddha selon lesquelles l’homme doit échapper aux contraintes de son ego et se laisser conduire sans crispation vers un certain état de fusion avec les autres, avec l’univers tout entier. Dans cette démarche de la personne, il est largement question de s’affranchir de certaines formes de souffrances et d’acquérir une sagesse propice à l’éclosion d’un certain bonheur terrestre. Pour cette raison, on doit remarquer tout le succès rencontré en Europe par diverses philosophies d’origine extrême-orientales qui proposent une manière de conduire sa vie selon une logique satisfaisante pour des hommes soumis à tous les inconvénients de la société moderne. Le Bouddhisme, me disait un moine zen, est la plus rationnelle de toutes les religions. Il avait, en partie raison et on peut dire que la réalité de la réincarnation procède d’un raisonnement logique des plus cartésiens mais, en réalité, il s’agit là d’une hypothèse invérifiable.

Dans le cas du Christianisme, les choses ne se présentent pas sous le même aspect de bonheur immédiat, de lutte contre soi-même dans la recherche d’une perfection totalement immanente. Le problème de la souffrance, par exemple, ne peut être envisagé suivant un même schéma logique. La métaphysique orientale est une métaphysique tronquée car elle évacue l’essentiel du Mystère Chrétien et le symbolisme profond de la Croix du Christ. L’homme moderne ne saisit pas vraiment le sens qui en émane et il ne voit souvent que le côté doctrinal et dogmatique. Il n’y a qu’à ouvrir un débat sur la valeur et l’utilité des religions pour constater le vide qui sous tend une pensée démunie de repères véritables. Il est reconnu que de nos jours, la religion s’est figée dans de multiples opinions et démarches de caractère foncièrement individuel. De plus l’héritage chrétien devient de plus en plus impossible à transmettre.
La souffrance fait partie de notre condition terrestre mais reste toutefois un profond mystère. On dit d’ailleurs, pour les plantes du monde végétal, que même la fleur est associée à un processus de souffrance. Toute l’humanité est soumise à cette alternative de paix et de violence, de joie et de tristesse, de plénitude et de douleurs morales ou physiques. Tout homme est, au moins une fois dans sa vie, face à une épreuve, mais c’est souvent l’épreuve qui fortifie son être…à moins que cette épreuve ne le détruise… La souffrance reste une énigme et nous sommes devant elle des êtres souvent démunis mais libres, au moins en partie. L’échec est vécu comme un drame de sorte que la vieillesse et la mort enferment l’homme dans une situation d’angoisse qui le terrorise. Alors la vie devient un non sens et une recherche des seuls plaisirs immédiats. Même les religions ne jouent plus leur rôle de faiseuses de sens car l’être humain de notre temps ne comprend et n’admet que ce qui est “tangible” et d’ordre de l’émotionnel.

Durant son séjour ici-bas, l’homme rencontre, en de multiples occasions des états de souffrance physiques ou morales dont il ne connaît ni l’issue ni le sens. Son intelligence et sa liberté relative lui donnent souvent la possibilité de faire face à sa douleur par l’utilisation de thérapeutiques appropriées. Il existe des cas particulièrement tragiques où se trouvent en cause des contraintes morales ou religieuses qui affectent le mental et le soma de manière irréversible. L’illusion consiste à penser, en toute logique, que des circonstances plus ou moins malheureuses, peuvent conduire la personne concernée à un échec inexorable. C’est ainsi que certains vivront dans un perpétuel état d’insatisfaction pour des raisons diverses liées à un passé qui ne s’est pas très bien déroulé, à cause de soi ou à cause des autres,que sais-je? Des personnes reconnaissent : « ne pas s’aimer soi-même ! ».

La théologie chrétienne fournit une réponse à de multiples types de problèmes et s’inscrit nécessairement dans une anthropologie qui va à l’encontre des préjugés habituels.
-D’une part il n’existe aucune thérapie permettant, à tout moment, de prévenir et d’effacer définitivement la souffrance. Nous vivons à la fois avec notre liberté d’entreprendre tout ce qui nous conduira vers la guérison et avec la capacité plus ou moins grande de faire face à tout événement. Notre vie est d’une très importante complexité et une lutte permanente contre la déchéance passée, présente ou lointaine.

- D’autre part il faut bien comprendre et admettre que la souffrance de l’homme rappelle de manière mystérieuse mais inévitable les douleurs de la Crucifixion. Dans la théorie de l’évolution, on ne peut évacuer totalement l’idée que tout le vivant est soumis à l’épreuve d’un drame qui le concerne de la naissance à la mort et dont l’origine se situe dans le champ de la métaphysique. La doctrine chrétienne nous autorise cependant à faire face à toute situation insupportable mais elle n’autorise pas à en nier le sens mystique. L’homme est associé à la passion du Christ et à la Rédemption. Mais justement les Evangiles ne nous apportent pas seulement un message stoïcien, porteur des seules contraintes morales. Jésus nous parle essentiellement de souffrance mais aussi de guérison et ceci est fondamental dans la mesure où le message ne représente pas qu’une pure abstraction et un ticket de faveur pour la vie éternelle.
Je me permets de dresser un parallèle :

■ La science n’est pas seulement un ensemble d’équations mathématiques ; elle accorde une large place à l’expérience et à l’expérimentation. Cela, tout le monde le comprend et l’accepte. Nous sommes à la fois corps et esprit, filles et fils de la matière. De plus, il n’y a de science que du général, de l’universel.
■ La spiritualité chrétienne n’est pas non plus seulement un recueil de ce que certains appellent des « bondieuseries », des rites et des pratiques pour tout le moins formels ; elle accorde une large place à l’expérience et à l’œuvre de l’Esprit qui éprouve l’homme certes mais qui le guérit lorsque celui-ci se trouve en état d’abandon, de dépouillement de soi, de ce qu’on appelle la kénosis. L’œuvre de guérison peut se comprendre de différentes manières. « Dieu fait que les choses se fassent » écrit Teilhard. Il s’agit d’une bonne formulation mais elle est incomplète. Les choses vont beaucoup plus loin ; la relation de l’homme à Dieu comporte un certain travail sur soi qui entre dans le cadre d’une logique qui n’est pas la nôtre. C’est avant tout la volonté divine qui s’exprime et non la rationalité humaine. Dieu semble se manifester indirectement, incognito, mais, ce qui est difficile à faire admettre, c’est que Dieu peut se manifester directement et de manière singulière. On dira donc : il n’y a de métaphysique que du singulier et de l’improbable. Ce Dieu absent dont parlent les théologiens, ne l’est plus tout à fait ; mais le monde moderne a beaucoup de mal à intégrer le fait que la Christogenèse de Teilhard ne comporte pas qu’un aspect purement intellectuel. Cette présence authentique du Christ peut justement se traduire, soit dans une transformation psychique qui apaise l’esprit, soit par des manifestations d’ordre physique qui violent les lois naturelles. Le corps revêt autant d’importance que la psyché.

En parlant ainsi de ces choses là, nous abandonnons complètement le champ de la science pour ne retenir que le domaine le plus intime de la spiritualité. Teilhard peut avoir vécu ces expériences supra naturelles à sa manière.
Réconcilier nos civilisations déchristianisées avec les exigences de la morale chrétienne ne passe-t-il pas par une certaine révolution de la pensée et une saine conversion des âmes ? Le Christianisme, comme je l’ai entendu maintes fois, ne constitue pas en soi une religion au sens étymologique du terme, ni une philosophie, ni une culture, ni une idéologie. Il s’agit plutôt d’une Sagesse universelle qui comporte naturellement des valeurs que l’on retrouve facilement dans les spiritualités les plus antiques. Mais on ne doit pas l’enfermer dans un relativisme de circonstance qui ferait rêver tous ceux qui voudraient que ce soit Jésus et son Eglise qui s’adaptent à l’homme dans un renversement de valeurs. Cela n’est pas correct.. Mais cette révolution de la pensée que j’ai évoquée plus haut, s’adresse aussi à tous ceux qui ont pour charge de veiller à la conservation d’une pierre précieuse cachée encore dans sa gangue. Briser la coque du fruit, c’est sans doute ce que Teilhard désirait accomplir, avec les moyens dont il disposait. En fait, l’homme contemporain a atteint un étrange niveau de régression.

Nous sommes prisonniers des contingences : notre conception du monde, nos constructions intellectuelles, nos choix, nos organisations sociétales et toutes nos idées sur Dieu en fin de compte. Nous sommes limités par notre langage, par notre conscience cartésienne, par nos dialectiques qui s’affirment souvent comme l’expression de cette Vérité si lointaine. La condition humaine ne peut que nous engager à pratiquer la vertu de modestie ! Par contre les progrès de la Science et de la Recherche en général, ne dispensent pas de faire progresser les réflexions de fond sur le fait religieux et sur sa place dans le monde moderne.

Ce terme de « guérison » sur lequel j’ai volontairement insisté (et ce n’est pas là une foucade), n’est pas que la conséquence de nos recherches biologiques même si elles s’avèrent stupéfiantes ; il est aussi l’expression phénoménologique d’une réalité que Teilhard dirait cosmique. Je pense ne pas dériver en affirmant que, dans le cadre de la « Création continue », l’homme est associé dans la temporalité à tout le Mystère d’un Dieu qui s’est incarné, qui a souffert et qui a racheté chaque être humain. Il ne peut donc se soustraire à l’incertitude, à l’angoisse de la mort et à la souffrance. Par contre il possède, s’il le veut en toute liberté, la capacité d’avoir son regard tourné vers le ciel.

Dimanche 30 Octobre 2011 19:07