Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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-Ce chapitre est tellement riche et complexe que le lecteur profane, sans formation scientifique ni philosophique particulière se trouve submergé. Cependant, au fil des pages, certaines notions nous font réagir plus particulièrement. Par exemple : "Le progrès est lié à un accroissement de l'union" et Teilhard précise : "L'union vraie crée".
Il est évident que l'isolement voulu, sorte de macération stérile unipersonnelle, ne peur qu'être négatif. Il y a union entre le professeur et ses élèves; le professeur est le maître d'oeuvre de l'accroissement intellectuel de ses élèves, et peut-être même spirituel, tant peut être grande et parfois insoupçonnée l'influence du maître. De cette rencontre maître-élève les deux parties sortent enrichies.

-Teilhard a ensuite cette formule qui peut paraître paradoxale à la première lecture : "L'union différencie".
Si nous l'appliquons aux groupements humains, nous voyons bien que le fait de se mesurer, de se frotter à autrui ne peut que nous enrichir, sur tous les plans, nous faire "PLUS" et donc renforcer ce qui nous différencie d'autrui, non dans un esprit de compétition, mais dans le désir de s'augmenter.
Nous mastiquons et digérons ce qui vient de l'extérieur, nous l'amalgamons à ce que nous sommes déjà, notre terreau intérieur s'est nourri.

"L' absolument étranger seul peut nous instruire" dit Levinas; rencontrons des individus, des sociétés très différentes de nous, fuyons comme la peste la pensée unique, et notre personnalité s'accroîtra... évidemment s'il s'agit d'une "UNION VRAIE", la seule qui soit créatrice d'un nouvel état, et s'il s'agit d'une VRAIE rencontre, en profondeur.

-Une autre réflexion de Teilhard nous alerte : "Le coefficient de conscience est la véritable mesure absolue de l'être dans les êtres qui nous entourent".

Là encore, si nous appliquons cette définition aux êtres qui nous entourent, force est de constater que certains semblent avoir développé un certain poids de conscience, d'autres pas.
Si l'on parle de "mesurer l'être" c'est bien évidemment à cette "conscience-étalon" qu'il faudra se référer : la valeur de l'individu n'est pas -ou ne devrait pas être- dans le paraître, dans l'avoir, mais dans l'être. Il ne semble pas que la société actuelle (dans son ensemble) ait bien pris conscience, et c'est le cas de le dire, de cette différence essentielle.

Mais on peut espérer que, grâce à la réunion, à l'agglutination de plus en plus étendue d'individus conscients, le niveau de conscience de l'humanité atteindra jun n iv eau de plus en plus élevé. L'humanité peut ainsi se transformer tout en restant une humanité, mais avec un changement de qualité; de la même manière que l'eau qui bout se transforme en vapeur tout en restant, par nature, eau. Ce sera alors une sur-humanité, le point Omega sera en vue.


Lundi 2 Mars 2009 10:27