teilhard de Chardin


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Teilhard évoque une nouvelle fois l'évolution de la matière, sa vitalisation progressive liée à une complexité de plus en plus grande. L'humanité évolue en qualité - si l'on peut dire – mais aussi en quantité, d'où un phénomène de rapprochement des individus, de plus en plus important et dense.
Cette interrelation entre les habitants de la planète crée des liens entre eux, des jeux d'influence de plus en plus vite et loin, d'où la notion grandissante de notre responsabilité. On pense bien sur –c'est un peu un lieu commun – à la responsabilité d'un chef d'état qui entraîne son peuple dans une guerre dont il connaît l'absence de cause, à la responsabilité du chercheur qui, par ses travaux, permettra de détruire ou estropier une partie de l'humanité, au fanatique (politique ou religieux) qui entraîne dans sa folie un groupe d'individus. ces exemples prennent à notre époque, une importance démesurée car ils peuvent – par les moyens de communication, de transmission – s'étendre à la planète entière.
Qu'en est-il alors de "l'ultra responsabilité" dont parle Teilhard ?
Il ne s'agit pas –bien évidemment – d'une responsabilité juridique, mais ontologique. Cependant le juridique peut intervenir, c'est la loi pour tous.
Si l'individu est trop inconscient pour ignorer son semblable, ou l'environnement, la loi interviendra pour le sanctionner, mais une responsabilité imposée par la loi n'est ni vraie ni profonde. La loi est un garde fou, ce n'est pas elle qui donnera de la conscience à l'individu.
"L'homme se trouve lié à la valeur et au perfectionnement de tous les autres autour de lui" Teilhard ajoute "c'est une nécessité cosmique". Cette responsabilité vient du plus profond de l'homme, c'est une pulsion qui le projette vers l'Autre, c'est un intime commandement, fruit d'une "ultra responsabilité" qui cette fois a toute sa valeur. C'est un échange entre "l'Autre" et "moi", mouvement qui valorise les deux parties.
En écho à la phrase de Teilhard répond celle de Lévinas traduisant Hillel :
"si je ne suis pas responsable de moi, qui sera responsable de moi ? ; si je suis responsable que de moi, serai-je encore moi ?"




Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 1 Février 2010 à 17:37 | Commentaires (0)