Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Je regrette que la pensée de Teilhard de Chardin ne puisse pas s’exprimer complètement en ne proposant que le premier temps d’un d’une réflexion qui en comportait plusieurs.

Aussi je vous propose d’élargir le débat par de nouvelles citations de Teilhard : « Dans l’Homme, jusqu’ici, nous n’avons considéré que l’édifice individuel : le corps avec ses mille millions de noyaux nerveux. Mais l’Homme, en même temps qu’un individu centré par rapport à soi (c’est-à-dire « une personne »), ne représente-t-il pas un élément, par rapport à quelque nouvelle, et plus haute synthèse ? Nous connaissons les atomes, somme de noyaux et d’électrons, les molécules, somme d’atomes, les cellules, somme de molécules… N’y aurait-il pas, en avant de nous, une Humanité en formation, somme de personnes organisées ?... » ( t.V Pierre Teilhard, je m’explique, pp. 65-66)
« Il faut, essentiellement, que les unités humaines, prises dans le mouvement se rapprochent entre elles, non pas sous l’action de forces externes, ou dans le seul accomplissement de gestes matériels, mais, directement, centre à centre, par attrait interne. Non pas coercition, ni asservissement à une tâche commune, mais unanimité dans un même esprit. C’est par affinités atomiques que s’échafaudent les molécules. Pareillement, à un plan supérieur, c’est par sympathie (et par sympathie seule) que, dans un univers personnalisé, les éléments humains peuvent espérer accéder à une plus haute synthèse ». Ibid, tome V, page 152.

Une esquisse d’une dialectique de l’Esprit doit tenir compte des idées communément admises par l’enseignement d’une idée binaire « Je pense donc je suis » du philosophe Descartes. Cette affirmation est étonnante alors que l’auteur recommandait le doute sur les avancées scientifiques et cette affirmation ignore la relation avec l’autre. Cette pensée a permis des avancées scientifiques importantes mais a contrario a exacerbé l’individualisme moderne.
Teilhard nous rappelle la nécessité d’une évolution trinitaire, et je cite un passage de la Ière prédication de Carême du P. Cantalamessa, ofmcap, à Rome le vendredi 13 mars 2009 en présence du pape et des membres de la curie romaine, dans la chapelle « Redemptoris Mater » au Vatican :

3. L’Evolution et la Trinité

Le discours sur le créationnisme et l’évolutionnisme se déroule généralement dans un dialogue avec la thèse opposée, de nature matérialiste et athée, et donc de ce point de vue, nécessairement apologétique. Dans une réflexion comme celle-ci, faite par des croyants, nous ne pouvons nous arrêter à ce stade. Nous arrêter ici signifierait rester ici signifierait rester prisonniers d’une vision ‘déiste’ du problème, pas encore trinitaire, et donc pas spécifiquement chrétienne.
C’est Pierre Teilhard de Chardin qui a ouvert le discours sur l’évolution à une dimension trinitaire. L’apport de ce chercheur dans la discussion sur l’évolution a essentiellement consisté à introduire dans cette discussion la personne du Christ, à en avoir aussi fait un problème christologique.
Son point de départ biblique est l’affirmation de Paul, selon laquelle « tout a été créé par lui et pour lui » (Col 1,16). Le Christ apparaît dans cette vision comme le Point Oméga, c’est-à-dire comme sens et aboutissement final de l’évolution cosmique et humaine. Le moyen et les arguments avec lesquels le chercheur jésuite arrive à cette conclusion peuvent être discutés, mais pas la conclusion elle-même. Maurice Blondel en explique bien la raison dans une note écrite pour défendre le penseur Teilhard de Chardin dans laquelle il dit que face aux horizons agrandis de la science de la nature et de l’humanité, on ne peut pas, sans trahir le catholicisme, rester sur des explications médiocres et des manières de voir limitées, qui font du Christ un incident historique, qui l’isolent dans le cosmos comme un faux épisode, et semblent faire de lui un intrus ou une personne dépaysée dans l’immensité écrasante et hostile de l’Univers.
Ce qui manque encore, pour une vision complètement trinitaire du problème, c’est une considération du rôle de l’Esprit Saint dans la création et dans l’évolution du cosmos. Le principe de base de la théologie trinitaire l’exige, selon lequel les œuvres ad extra de Dieu sont communes aux trois personnes de la Trinité, chacune participant avec sa propre caractéristique.

Teilhard, avec la notion du dedans des choses, énonce une liaison vers plus de complexité dans l’évolution, ce qui n’est pas encore prouvé scientifiquement. Quant à la notion ESPRIT-MATIERE elle est la propriété de l’étoffe de l’univers. Il n’y a pas, concrètement, de la matière et de l’esprit, mais il existe seulement de la matière en voie de spiritualisation (VI, p.74).


Lundi 27 Avril 2009 16:36