Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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Association des Amis de P. Teilhard de Chardin, Le Caire, 25-31 octobre 2002
Colloque Paris – Le Caire

Disponible au grand public via google


En mai 2010 le grand jésuite et teilhardien Henri Boulad disparaissait après une longue carrière d’enseignant au Collège de la Sainte Famille au Caire.
Henri Boulad a mené aussi une carrière internationale de conférencier.
En 2002 il participa au colloque organisé au Caire par l’Association des amis de Pierre Teilhard de Chardin. Voici un reportage présenté par Remio Vescia auprès d’Henri Boulad à propos de Teilhard dont il appréciait, à juste titre, l'actualité de la pensée scientifique et philosophique, intensifiée par une perspectivet prophétique. Cet enregistrement vocal, sur le vif, a été directement traduit en texte écrit.
J.P. Frésafond, Président



Présentation par M. Remo Vescia
Le Père Boulad, d’abord, est un Egyptien et il n’est pas inutile que vous connaissiez un autre
Egyptien, qui comme le Père Nabil Gabriel aime Teilhard, qui vient souvent en France, qui fait des
conférences, qui écrit des livres, en français et en arabe – en voici un, écrit en arabe, le Père vous dira
mieux que moi comment il se prononce (le Père le dit en arabe et le traduit : L’homme, l’univers et
l’évolution entre science et foi). Vous voyez que ce sont des sujets éminemment teilhardiens. Sans
plus attendre, nous allons écouter le Père Boulad nous dire la pertinence de Teilhard aujourd’hui.

Père Henri Boulad
Merci, Monsieur Vescia.
Le livre que je viens de citer est la condensation d’une vingtaine d’années de conférences sur
Teilhard adressées à la jeunesse à travers toute l’Egypte et ces conférences ont été rassemblées par un ami à moi qui en a fait un livre.
Teilhard, je l’ai découvert en 1956, dès la parution du Phénomène Humain, et ce fut pour moi un
éblouissement. Je trouvais dans Teilhard ce que je cherchais depuis longtemps, ce que je n’avais
jamais pu exprimer et ce qui m’a été donné comme une réponse à des questions. Au point que sa
pensée ne fait plus qu’un avec la mienne, au point que mes confrères, avec une pointe de malice,
m’appellent ‘Boulad de Chardin’… Vous me pardonnerez donc si ma pensée se mêle à celle de
Teilhard, car elles ne font plus qu’un.

Je voudrais tout de suite aborder ce thème qui m’a été demandé : Pertinence de Teilhard
aujourd’hui.


Il est de bon ton de dire que Teilhard est dépassé – que de gens ‘intelligents’ me disent : tu crois
encore à Teilhard, mais c’est dépassé !
- Bien sûr, Platon aussi est dépassé, 2500 ans, figurez-vous !
-L’Evangile est dépassé, 2000 ans, etc.
Nous cédons à une mode qui consiste à s’accrocher au dernier penseur, au dernier livre paru et à la philosophie à la dernière mode, notamment à celle qu’on appelle la ‘post modernité’ qui a déclaré la mort des grands systèmes, des idéologies, des méta-récits –Heidegger et avec lui Wittgenstein, ont dit que la métaphysique était morte avec le dernier des philosophes qui serait Hegel qui a osé un système. On dit maintenant que toute personne qui s’accroche à un système est un peu arriérée. Et nous sommes tombés dans la déconstruction – Gilles Deleuze, Jacques Derrida, le surréalisme… tout ceci exprime et engendre en même temps un monde cassé, un monde éclaté, brisé, morcelé, éparpillé, atomisé, la mort du sens. Pour moi, la grande maladie d’aujourd’hui n’est pas la mort des espèces animales ou végétales, mais la mort du sens, ce qui est beaucoup plus grave, au nom d’un positivisme étroit, étriqué, au nom de certains systèmes comme ceux dont je parlais tout à l’heure, comme celui de Lévi-Strauss avec le structuralisme – on évacue le sujet, il ne reste que la structure : ce n’est pas moi qui pense, ce n’est pas moi qui parle, ‘ça’ pense, ‘ça’ parle par moi – ça ! C’est une véritable culture de la mort de la pensée, et nous sommes dans une période de scepticisme désabusé, d’agnosticisme blasé, de morosité. Complaisance dans l’irrationnel, goût de l’incohérence, romantisme de l’absurde, pessimisme généralisé.
Aujourd’hui il est incongru et indécent de croire à quelque chose. C’est sur cette fresque qui me paraît exprimer assez bien le courant actuel que se détache un besoin fou – besoin d’unité, de clarté, de cohérence, de sens. Il y a la modernité qui a cru à tout cela, il y a la post-modernité qui l’a détruit, et maintenant nous sommes, à mon avis, dans une post-post-modernité, car la jeunesse actuelle ne se satisfait plus de ce déconstructivisme généralisé et il y a actuellement un besoin, une recherche de sens. L’homme a plus que jamais besoin aujourd’hui de voir clair, besoin d’une vision globale, d’une Weltanschauungcomme on dit en allemand.

Teilhard donc se présente à nous comme un prophète de l’unité. Une unité qui va avec une grande simplicité – certains disent : c’est trop beau pour être vrai ou c’est trop simple pour être vrai ! Mais si la simplicité était le signe de la vérité, précisément ? Car le fond du fond du réel est simple, car Dieu est l’Etre infiniment simple, et la vérité, si elle n’est pas simple, n’est plus la vérité.
Nous avons un culte de la complexité qui fait que pour paraître intelligent il faut être compliqué. L’univers est un, cela paraît être un pléonasme, et c’en est un car uni-versum signifie que l’univers est un. Le mérite de la science contemporaine est d’avoir découvert cette unité du cosmos, et Teilhard l’a exprimé dans des termes à mon avis inégalés.

Un des problèmes de l’université d’aujourd’hui c’est qu’elle a été infidèle à sa vocation – un,
univers, université, vous voyez bien le rapport. L’université, au lieu d’être la science de l’un, la
synthèse du tout, la cohérence du réel, l’intégration des savoirs, est tombée dans cette atomisation dont je parlais tout à l’heure, et finalement un universitaire sort avec son diplôme sous le bras et sa
spécialité dans la tête, mais il a raté l’essentiel de l’université qui est une vision du tout. Tant qu’on ne saisit pas l’univers dans sa totalité, on ne peut pas comprendre sa propre spécialité. Je pense que Teilhard, en intégrant l’ensemble des connaissances dans un tout unifié et harmonieux, nous aide à
penser. Penser, c’est saisir le monde dans son unité. Il n’y a de pensée que de l’un, dès qu’on est dans le multiple, on ne peut plus penser. Penser, c’est saisir la cohérence du tout. Je pense que la pertinence de Teilhard aujourd’hui tient précisément à cet éclatement des savoirs et à cette hyperspécialisation que je dénonçais tout à l’heure.

Nous sommes dans un monde de croissance exponentielle des connaissances, c’est effarant, un monde de plus en plus complexe et compliqué, un raz-de-marée informatique qui nous submerge, qui nous agresse – voyez le nombre de revues, de magazines, de programmes de radio et de télévision, sans parler d’Internet. Certains me disent : presse sur tel bouton, et tu auras 264 pages sur tel mot, c’est passionnant ! Je dis merci, et je prends mes distances, car finalement nous sommes submergés par le quantitatif, la quantité des informations et leur complexité font que nous n’arrivons plus à saisir ce monde dans sa totalité et sa simplicité, ce qui s’appelle penser.

Trop de tout, aujourd’hui !… au point que nous en arrivons à perdre notre âme. Nous mourons
d’indigestion, à partir d’un matériel disparate, hétéroclite, que nous n’arrivons plus à intégrer : les
arbres cachent la forêt. D’où un besoin de recul pour gérer cette complexité. Gérer la complexité, je
pense que c’est là le grand défi d’aujourd’hui, et c’est là que Teilhard peut nous aider. Il nous aide parce que, à mon avis, et j’exagère peut-être, mais je ne pense pas, c’est le seul homme à avoir intégré dans un tout cohérent des disciplines aussi disparates que la physique, la chimie, la biologie, la préhistoire, la paléontologie, l’ethnologie, l’anthropologie, la sociologie, la philosophie, la théologie, la mystique, la politique, l’économie et j’en passe… A mon avis, la vérité d’un système tient à sa capacité d’intégrer le tout – je dis bien le tout. Un système qui n’intégrerait pas le tout du savoir pèche, à mon avis, par quelque chose d’essentiel. Toute philosophie se veut une science du tout. Je pense que des hommes comme Thomas d’Aquin ont essayé de penser ce tout, mais dans une certaine perspective. Un homme comme Hegel a essayé de penser ce tout, mais en se limitant à l’histoire humaine, il n’a pas englobé l’histoire de l’univers. L’analyse de Hegel se limite à une tranche d’histoire assez limitée. Toynbee aussi a essayé de créer son système, mais il a pris les civilisations telles que nous les connaissons, l’avant et l’après lui ont échappé.

Teilhard s’est situé dans la totalité du phénomène : le phénomène, rien que le phénomène, mais tout
le phénomène – c’est l’une des ses phrases. C’est-à-dire en remontant jusque ce que les savants
appellent aujourd’hui le Big Bang et en refluant vers un avenir qu’il postule au terme de l’évolution.
Et à partir de là, il a découvert une loi que vous connaissez tous, la loi de complexité/conscience. Je
voudrais résumer ce qui est derrière cette loi. L’univers part de ce qu’on appelle un atome primitif où
la matière totale de l’univers était rassemblée dans la pointe d’une épingle, avec le poids qu’il a
actuellement. Puis ce fut la grande dispersion. Et au coeur de cette dispersion, il y a un phénomène
contraire de rassemblement, d’unification que Teilhard a décelé, par une succession de constructions
de plus en plus élaborées, de plus en plus complexes, qui permettent l’émergence d’une réalité qui se
trouvait déjà à l’origine à l’état latent, mais qui finit par apparaître, dans la mesure où cette matière
primitive se rassemble, se complexifie et s’unifie. On s’est toujours demandé d’où venait la vie sur
Terre, et des savants très sérieux ont dit qu’elle venait d’une autre planète. Mais pourquoi d’une autre
planète ? Teilhard nous dit : la vie est déjà une propriété de la matière, elle est déjà contenue dans la matière, à l’état infinitésimal. Et qu’est-ce qui lui permet d’apparaître ? C’est justement ce
rassemblement. A partir du moment où la matière a pu se rassembler sur elle-même, se synthétiser
avec elle-même, se complexifier suffisamment, à partir des atomes, puis des molécules, puis des
méga-molécules puis des acides aminés, et cette espèce de chaîne interminable où la matière rassemble ses éléments et se complexifie. Chaque grain de vie contenu dans chaque atome se rassemble comme dans un entonnoir et nous avons ce qu’on appelle l’apparition de la vie, il y a environ trois milliards huit cents millions d’années. L’apparition de la vie n’est pas un phénomène venu d’ailleurs, il est ce qu’on appelle une émergence : la vie était là, elle est apparue. Vous direz : et Dieu dans tout ça ?

Continuons notre voyage à travers l’évolution, et nous verrons cette vie commencer avec des
organismes unicellulaires, puis se complexifier à son tour en organismes pluricellulaires, puis nous
arrivons aux vertébrés qui sont une unification de cet organisme à travers un axe central, finalement
cet axe prend une direction qui est celle du cerveau, lequel se complexifie au point de permettre, là
encore, une deuxième émergence qui est celle de la conscience ou de la pensée. D’où vient la
conscience ? D’où vient la pensée ? D’ailleurs ? de Dieu ? Non. De même que chaque grain de matière était porteur en lui d’un quantum de vie, ainsi chaque grain de vie est porteur en lui d’un quantum de conscience…

C’est ainsi que tout à coup a jailli la pensée il y a environ trois millions d’années, phénomène
encore tout récent. Nous voyons là qu’il y a une espèce de déploiement d’une réalité originellement
présente, qui ne fait qu’apparaître à travers des seuils successifs. Je parle de seuils, c’est un mot
important dans la pensée de Teilhard, car le seuil est un basculement, un changement d’ordre
qualitatif, une réalité neuve apparaît – seuil de la vie, seuil de la conscience. Nous avons toujours
pensé que nous étions au bout du chemin, au bout du voyage et que nous plafonnions. Mais Teilhard a
senti que les mêmes phénomènes de complexification et d’unification, qui se sont produits au niveau
de la vie et de la conscience, étaient en train de se produire au niveau de la société : ce qu’il a appelé la socialisation.

Le phénomène de la socialisation est un phénomène essentiel à constater, à suivre et à
poursuivre et où mène-t-il ? Cela a commencé il y a environ douze mille ans, dans ce qu’on appelle la
révolution néolithique, quelque part en Irak, quelque part en Turquie : premiers villages, première
organisation des hommes, et avec cela non seulement le village, mais le bourg, mais la ville, mais la
capitale, mais le pays. Et puisque nous sommes en Egypte, voyez un peu le Nil, les deux branches puis la grande queue vers le sud, mais il y a ce qu’on appelle des ganglions le long de cette ‘colonne
vertébrale’ – avec un gros ganglion cérébral qui est Le Caire, où nous sommes – la capitale jouant le
rôle précisément d’intégration de cet ensemble géographique et sociologique qu’on appelle un pays.
Avec l’exemple du Nil et de l’Egypte nous avons l’image assez frappante de ce que peut être une
société en voie de socialisation. Mais au-delà de cette socialisation au niveau local ou national,
Teilhard a discerné, très vite, ce qu’il appelle la planétisation, c’est-à-dire non seulement des nations qui s’unissent à l’intérieur d’elles-mêmes, mais des nations qui entrent dans un réseau au plan
mondial. Avant même que cela se passe, trente ou quarante ans avant Marshall Mac Luhan qui a parlé
du ‘village global’, Teilhard l’a tout de suite vu, il en a parlé de façon beaucoup plus cohérente. Un
village global, oui, comme dit Teilhard quelque part : l’âge des nations est passé, il s’agit maintenant, si nous voulons survivre, de construire la Terre. Ce thème de la mondialisation sera traité par l’un des conférenciers, je n’y entrerai pas, mais je veux simplement dire que quelque chose se passe, et quoi ?
C’est une communication des hommes les uns avec les autres, dont l’Internet et le portable, et les
radios et tous les moyens de communication constituent une espèce de filet, de réseau qui enserre la
Terre. Imaginez Air France, TWA, Egypt Air, Swissair, les trains, les communications, les routes, les
autobus, tous les Internet, tous les portables etc. et vous aurez une petite idée du réseau dans lequel la Terre est enserrée, enfermée. Teilhard, avant même que tout cela existe, l’a senti, l’a pressenti. La
Terre est prise dans un réseau étroit de communications, qui fait que nous allons vers un monde un,
vers une pensée une. Il semble que la Terre, en ce moment, est en train de devenir une espèce de
super-cerveau. Ce qui se passe dans ma petite tête avec ses cent milliards de cellules, est en train de se passer sur la Terre avec ses six milliards d’hommes et tous ceux qui sont à venir. Une pensée
une : autrefois, une pensée, pour se communiquer d’un savant à l’autre, mettait des mois, puis des semaines, puis des jours ; maintenant c’est en temps réel que les pensées se communiquent, que les idées se complètent et de ce va-et-vient émerge une pensée de type global, et nous ne sommes qu’au commencement de la révolution informatique et de la communication.

Mais Teilhard a tout de suite compris que ce corps qui se construit sur la Terre a besoin d’une âme.
Et c’est le problème de l’âme de la Terre, de L’esprit de la Terre, pour reprendre un de ses titres, qui
se pose aujourd’hui. La science, la technique, la technologie, sont en train de construire un corps, mais
la communication est-elle au niveau des appareils ? Suis-je plus proche de vous parce que vous êtes à
deux mètres de moi ? Et ceux qui sont à six ou sept mètres sont-ils plus loin de moi ? Qu’est-ce
qu’être proche ou être loin ? qu’est-ce que communiquer ? Communiquer n’est pas une question de distance, ni d’appareil, ni d’instrument. C’est une question d’âme. Et finalement, Teilhard
que la grande force latente, dans ce monde, c’est l’amour. L’amour, comme il dit quelquefois, c’est l’affinité de l’être pour l’être. Cet amour que l’on trouve au niveau du couple, de la famille, de
l’amitié, au niveau de la société, c’est le secret de demain. C’est par l’amour que le monde s’unifiera
ou il ne s’unifiera pas. La technique n’est que l’instrument, n’est qu’un moyen, mais si l’âme manque,
ce monde n’aboutira pas.

Teilhard a une réponse aussi au problème de la démographie. Un certain nombre de penseurs bien
intentionnés crient à la catastrophe - nous atteindrions la cote d’alarme, attention, six milliards, nous
sommes au plafond, la Terre ne pourra pas nourrir… ! En 1994, j’ai fait une intervention à la
Conférence de l’ONU sur le Développement qui s’est tenue ici au Caire, une intervention sur le mythe
de la surpopulation. Quel mythe ! Les grandes sociétés pharmaceutiques sont derrière cela, pour
vendre tous leurs produits. et un certain nombre d’hommes politiques veulent précisément nous
affoler. Et Teilhard répond : la vie ne se multiplie pas pour se multiplier, mais pour rassembler les
éléments nécessaires à sa personnalisation. Cette vie n’est pas anarchique, la croissance
démographique n’est pas anarchique, elle tend vers quelque chose. Il s’agit de rassembler tous les
éléments nécessaires à la personnalisation de l’humanité, de l’univers.

Et c’est cette personnalisation qui va être le dernier point de mon intervention. Là encore, Teilhard a discerné, quelque part en avant de nous, quelque part en avant de l’homme, de l’humanité, une surhumanité. Non pas un surhomme, dit-il, mais une surhumanité. Car avec les films américains qui nous arrivent – les E.T. avec une tête grosse comme ça – on croit que nous allons vers des êtres
hypercérébralisés, horribles à voir, comme quoi l’homme, qui n’est pas au bout de son développement, aurait un cerveau de plus en plus gros. Bien sûr le cerveau humain est passé de 500 centimètres cubes à 1.500 aujourd’hui.
Mais ce n’est pas dans ce sens que va l’évolution, Teilhard l’a tout de suite vu. Il ne s’agit pas
d’une hypertrophie de l’individu, il s’agit d’une communion de l’espèce. Ce n’est pas dans le sens
d’une individualisation de plus en plus poussée que va l’évolution, car cette direction a toujours
montré qu’elle était une impasse, la preuve : l’atome à partir du seuil de 82, rejette son surplus de
particules qu’il n’arrive plus à intégrer, il y a un seuil de saturation de l’atome qu’on appelle la
radioactivité. La cellule, qui a cherché elle aussi à se construire en individualité close avec des êtres
unicellulaires comme la paramécie, a échoué et a tout de suite compris que le sens de l’évolution allait vers une socialisation d’éléments légers. Teilhard a aussi compris que c’est finalement dans ce sens que l’évolution humaine avançait, c’est-à-dire l’humanité ne va pas vers le surhomme mais vers une surhumanité. C’est dans le sens d’une collectivité organisée et organique, d’une collectivité unie en communion profonde que va se dégager l’élément dernier à venir, le seuil dernier à franchir.
Ce seuil, Teilhard l’a appelé Oméga à partir de l’Apocalypse de Saint Jean - Je suis l’Alpha et l’Oméga, à partir de l’alphabet grec : alpha et oméga – et il a compris que quelque chose nous attend au terme, que quelque chose nous aspire vers ce terme, car, dit-il, l’évolution n’est pas née par derrière, mais par devant, elle nous aspire en avant.

Ce pôle ultime de convergence universelle où toute la réalité de l’univers est appelée à cohérer, est
devant nous, mais pas seulement devant nous, il est en nous, en travail. Et là encore, pour revenir à ce que je disais tout à l’heure, de même que la vie existait à l’état infinitésimal dans chaque grain de
matière, de même que la conscience existait à l’état infinitésimal dans chaque grain de vie, ainsi
Oméga existe à l’état infinitésimal dans chaque grain de conscience, Oméga est déjà là – « Le
Royaume de Dieu est au milieu de vous, le Royaume de Dieu est en vous ». Ce Royaume de Dieu
proclamé par Jésus, c’est, traduit en termes teilhardiens, Oméga, le point de convergence universel.
Comment, et quand apparaîtra Oméga ? Eh bien ! lorsque l’unification de l’humanité sera assez forte,
assez réelle pour que ces grains d’Oméga diffus en chacun de nous puissent converger – encore une
fois l’image de l’entonnoir… Lorsque l’humanité aura atteint vraiment son unité, à ce moment-là
Oméga apparaîtra. Il ne viendra pas d’ailleurs ; l’Evangile dit ‘Le Fils de l’Homme viendra sur les
nuées du Ciel’… non, il ne viendra pas sur les nuées du ciel, il émergera de la Terre, de l’humanité,
c’est de dedans que naîtra le point final, qu’il se prépare.

Et ce n’est pas un hasard si l’Evangile a mis comme loi unique, comme commandement unique,
l’amour : la seule loi de l’évolution, et la seule loi du Cosmos, c’est l’amour, et c’est par lui que
viendra le terme. J’ai fait une conférence, il y a un certain nombre d’années : La fin du monde,
cataclysme ou apothéose ? Dès qu’on parle de fin du monde, tout le monde pense aux étoiles qui vont
nous tomber sur la tête, aux tremblements de terre, aux volcans qui vont exploser, à toutes les
catastrophes qui vont fondre sur nous, en se référant à ce qu’en dit Jésus dans l’Evangile ou à ce qu’en dit Saint Jean dans son Apocalypse, au point que le mot Apocalypse a fini par signifier ‘catastrophe’.
Pour Teilhard, Oméga, évidemment, ne paraîtra pas sans une crise, mais une crise de croissance, une crise de naissance. Et cette crise, il est difficile de l’imaginer, mais ce sera un retournement où le
dedans deviendra un dehors – Apo/calypse : apo = ab, calypso = révéler, Apocalypse et révélation ont finalement la même étymologie. C’est ce ‘dedans’ qui est en travail depuis quinze milliards d’années , plus les quelques milliards à venir – Dieu seul sait quand cela se passera… - qui tout à coup va apparaître, et la réalité émergera dans toute sa splendeur, un enfantement qui aurait duré quelques
dizaines de milliards d’années…. Vous me direz : à quel mois sommes-nous, septième, huitième ?
Cela, bien malin qui le dira. Nul ne connaît le moment, pas même le Fils, seul le Père, nous a dit Jésus dans l’Evangile. Autrement dit, ce terme à venir ne tient qu’à nous finalement, et c’est là ce qui montre le sérieux de notre Histoire : l’Histoire, c’est nous qui la faisons, elle ne s’écrit pas sans nous ; l’avenir, c’est nous qui l’inventons ; Oméga c’est nous qui l’engendrons, qui l’enfantons, qui le préparons. Et c’est ce qui montre finalement le sérieux de notre Histoire – c’est sérieux, l’Histoire – car nous sommes porteurs de toute l’évolution. Teilhard l’avait bien vu : la clé de l’évolution, c’est l’Homme, et ce n’est pas pour rien qu’il a appelé son livre central Le Phénomène Humain : l’homme, flèche montante de l’évolution, oui, c’est lui la clé. Et par pure… coïncidence ? – parlons de coïncidence si vous voulez – les savants d’aujourd’hui viennent de découvrir ce qu’on appelle ‘le principe anthropique’. J’ai ici un article paru dans Etudes il y a quelques années, qui parle justement du principe anthropique : la découverte que le monde d’aujourd’hui, tel qu’il existe, est un monde planifié pour l’homme. Je vous cite un homme qui n’est pas suspect de religiosité, Hawking, ce
handicapé, sur sa chaise roulante, qui pense les univers dans un cerveau hyperlucide, mais dans un
corps complètement détruit. Voici l’une de ses pensées : pourquoi l’univers est-il tel que nous le
voyons ? La réponse est simple : s’il avait été différent, nous ne serions pas là. En d’autres termes,
l’évolution, à chaque bifurcation, s’est trouvée devant un choix : je vais à gauche ou je vais à droite ?
Elle a choisi tantôt à droite, tantôt à gauche… à partir de quoi ? du hasard ? Les savants d’aujourd’hui
ont calculé que l’univers, laissé aux lois du hasard et du calcul des probabilités, aurait mis non pas 15
milliards d’années à faire l’homme, mais 250 milliards d’années à faire une cellule, une seule cellule !
ne parlons pas de vous et de moi. Finalement, parler de hasard dans cette évolution, c’est refuser une
approche scientifique du réel. Il y a donc un projet au coeur de l’évolution, un projet qui, lentement,
achemine cette évolution vers quelque chose, et ce principe anthropique exprime en termes
scientifiques aujourd’hui ce que Teilhard avait vu, que l’homme est la clé de l’évolution.

Dernier point : allons-nous vers un univers anonyme, impersonnel, une collectivité de type
totalitaire ou allons-nous vers un univers personnel ? – Esquisse d’un univers personnel, c’est l’un
des écrits de Teilhard. C’est là justement le génie de Teilhard, c’est d’avoir compris que ce pôle
intégrateur au terme du processus ne sera pas du type fusionnel, mais unitif. La différence entre la fusion et l’union est de taille, car il s’agit de deux visions contraires et opposées. Ce pôle poussera chaque individu au maximum de lui-même dans le sens de sa propre ligne et de sa singularité, vers uneémergence de ce qui le fait le plus lui-même, et ce qu’il appelle une sur-personnalisation – nous seronssur-personnalisés, je serai moi-même Henri Boulad à la puissance epsilon, car je refuse d’être autre chose, je refuse d’être noyé dans une grande soupe qu’on appellera humanité, collectivité – cela suffit, les camps de concentration et les systèmes soviétiques, je veux être moi-même ! C’est cette maximisation de chaque être humain par effet de convergence universelle et de communion qui permettra l’émergence d’Oméga. Donc, d’Alpha où nous avons un tout indifférencié, vers ce déploiement qui est l’univers que nous connaissons, l’individualisation est une étape indispensable dans laquelle vit l’Europe aujourd’hui – qu’est-ce que la Révolution française, qu’est-ce que les siècles des Lumières, sinon justement la découverte de l’individu : moi, mes droits… Et nous croyons que nous sommes arrivés au seuil, au sommet, pas du tout, nous sommes appelés à un dépassement de l’individu vers ce qu’on appelle la personne. C’est ce qui nous attend, demain. Merci.


R. Vescia – Merci, mon père. Je n’ai jamais entendu une synthèse de la pensée de Teilhard aussi
brillante en aussi peu de temps. Et quand je dis brillante, excusez la pauvreté de mon vocabulaire, car
elle est tout sauf brillante : elle est profonde, elle est intime, elle est vraie, et je vous invite à vous
appuyer sur cette magnifique synthèse que vient de nous faire le Père Boulad, pour non seulement lui
poser des questions, mais pour planter notre tente au milieu de ce désert d’Egypte où nous sommes,
afin que nous campions pendant cette semaine, ensemble, sur des sommets élevés.

Avez-vous des questions à poser ?

M. Sélim Sednaoui – Je vais choisir deux questions parmi les mille et une que j’aurais envie de
poser…

- Je ne vois pas du tout comment la conscience peut émerger de la complexité, parce que si je
fais un ordinateur, si je le complexifie au maximum, jamais cet ordinateur ne deviendra conscient, je
pense. C’est ma première question.

Autre question : vous parlez de la fin et d’Oméga, et que vous-même y serez, mais où serons-nous dans des millions d’années ? à moins que l’on croie à la survie de l’âme, évidemment… Et je ne vois pas comment nous, tout ce public qui est là, va profiter de toute cette émergence, de la surpersonnalisation, etc. ?


H. Boulad :

- Par rapport à l’émergence de la vie et de la conscience, il y a deux théories et Teilhard
ne tranche pas.

-La première théorie dit : si vous prenez de la matière dans un laboratoire, et que vous
la complexifiiez suffisamment, vous arriveriez à en extraire ‘son jus’ si je puis dire, c’est-à-dire la vie.
Théoriquement, il n’est pas exclu que des savants prennent de la matière et en quelques années fassent
tous les mouvements que l’évolution a faits pendant trois milliards huit cents millions d’années, pour
arriver un jour à nous dire : tiens ! une cellule, dans mon éprouvette. On peut dire que, théoriquement,
c’est possible, puisque cette loi devrait être reproductible.

-L’autre théorie, vers laquelle je penche davantage – et je pense que Teilhard va plutôt aussi dans cette ligne - c’est celle-ci : la Terre – je parle de la Terre, je ne parle pas encore de l’univers – a lentement dégagé son quantum de vie qui, tout à coup, a percé l’écorce, dans un certain point du temps et de l’espace – on ne saura jamais où la vie est apparue – et à partir de là, a débordé, a envahi la Terre dans ce qu’on appelle la biosphère, et ce phénomène ne serait pas reproductible. En d’autres termes, la Terre, à un moment de son histoire, a livré son âme, et cette âme s’appelle la vie, et c’est fini, cela s’est fait une fois et ne se renouvellera plus. L’âme de la Terre c’est maintenant ce que nous appelons la vie sur Terre, la biosphère. Vous avez le choix entre les deux.
De même pour la conscience. On pourrait dire : des savants très intelligents, Bill Gates et
compagnie, pourraient faire des ordinateurs de plus en plus compliqués, etc. Vous savez
qu’actuellement, si l’on voulait faire un ordinateur capable de gérer ce qu’un cerveau humain est en
train de faire, il aurait à peu près la taille de la Terre… A supposer que l’on aille vers une
miniaturisation de plus en plus grande, peut-on imaginer qu’un jour des savants, en laboratoire, fassent
jaillir la conscience, un être humain, un être pensant ? Théoriquement, là encore, c’est possible. Mais
je pense que, là encore, la vie a livré son quantum de conscience une bonne fois, là où s’est faite
l’apparition de l’homme, pour reprendre un des titres de Teilhard. Et à partir de là, ce fut la noosphère
dont vous parlera le Père Madelin demain. Voilà une réponse rapide à votre première question.


Deuxième question : vous parlez d’un paradis futur dont nous serions exclus. Cela, c’est la vision
de Karl Marx. Le grand soir de Karl Marx, c’est un paradis futur dont nous serions exclus, que nous
allons peiner à fabriquer et à construire, mais dont nous ne sommes pas les partenaires. Or – j’ai tout
un livre là-dessus - mourir, qu’est-ce que c’est ? Mourir, c’est réintégrer le grand courant de vie dont je suis issu, et sous forme personnalisée. Là je rejoins la réincarnation, mais revue et corrigée par Henri Boulad. Il y a une intuition très profonde dans la réincarnation. Car mourir ce n’est pas aller
dans un univers extraterrestre, quelque part ailleurs, ni dans un enfer en dessous, ni dans un ciel audessus Mourir, c’est s’unir, mourir c’est poursuivre son itinéraire personnel à travers l’humanité présente. En fait, il n’y a qu’une seule humanité, une seule, c’est l’humanité qui existe aujourd’hui sur la Terre : ceux qui sont passés sont là, en moi, je porte en moi tous mes ancêtres et eux me portent en eux. Comme disait Pascal, l’humanité est comme un seul homme. On retrouve cette idée chez beaucoup de penseurs Soufis musulmans, on la retrouve chez Montaigne : chaque être humain porte en lui la forme totale de l’humaine condition. Et j’ai trouvé ceci avant-hier dans El-Hallaj, mystique musulman : qu’est-ce Adam, sinon toi-même ? Donc, les morts ne sont pas morts, ils vivent en nous, ils poursuivent en nous leur itinéraire et finalement, Oméga, c’est l’émergence de toute l’humanité passée, sous la forme de l’humanité qui existera à ce moment-là, pour la grande révélation qui sera celle de ce jour. Alors, la mort, je n’y crois pas. Et dans cette perspective, je dirai très brièvement, car j’ai beaucoup parlé et écrit là-dessus, que l’évolution est une clé d’interprétation de la mort qui est extraordinairement claire et simple, pour celui qui accepte d’entrer dans sa logique.

M. Ernst : Pour ceux qui ne me connaissent pas, je représente ici la Fondation Teilhard de Chardin.
A propos de cette plaque, je voudrais dire quelque chose au Père Gabriel. Il y a moins de 48 heures,
j’étais dans une petite ville toute proche de Paris, pour inaugurer un buste de Teilhard de Chardin dans un lycée qui a choisi le nom de ‘Lycée Teilhard de Chardin’. En vous voyant tout à l’heure inaugurer cette plaque, je me disais : il y a ce réseau qui se constitue, car les plaques restent, les gens qui passent devant les lisent. Dans ce lycée, le buste a été installé dans la rotonde par où passent tous les élèves et tous les professeurs, et tous les matins des centaines d’élèves et de professeurs verront un beau buste de Teilhard de Chardin – c’est la version Malvina Hoffmann. Et maintenant, quel autre projet de plaque ou de buste ? Il faudra faire appel à l’ami André Peltre qui va nous aider. Je rêve, quant à moi, de quelque chose, c’est non plus une plaque ou un buste, mais une stèle en pleine nature, sur une colline au sud de l’Aisne, à l’endroit où Teilhard, en 1917, en observant de loin la ligne de feu, a eu la grande intuition que l’humanité allait vers son unité. C’est extraordinaire : devant le spectacle de forces qui étaient en train de se déchirer, il a vu, au-delà de cela, qu’on allait vers l’unité.
J’espère qu’avec le concours de gens dynamiques, nous arriverons à réaliser cela, pour compléter le réseau. A ce lycée j’avais à présenter la pensée de Teilhard, on m’avait donné trente minutes… Je m’en suis tiré, mais pas avec la même profondeur que vous. Et j’ai beaucoup aimé votre réflexion sur la modernité. C’est un terme que je n’aime pas – quand je parle de Teilhard, je parle de son actualité, et pas de sa modernité. Parce que quand on parle de modernité, on sait qu’il y aura une post-modernité, puis une post-post-modernité… Tandis que l’actualité c’est toujours là, et je trouve qu’il vaut mieux parler de l’actualité. Car Teilhard est un prophète, fondamentalement, et la modernité est un costume beaucoup trop étroit pour un prophète !

Je voudrais ajouter une dernière chose, puisque vous êtes tous là. Le Père Boulad a très bien montré le désenchantement qui vient de toute la ruine des idéologies. Alors, n’employez jamais le mot ‘teilhardisme’ – c’est employé quelquefois : cela donne l’impression d’un système, d’une idéologie, alors que Teilhard, c’est une vision prophétique, dont nous pouvons, à chaque étape de nos vies, vérifier la pertinence. J’en profite donc pour exorciser le mot teilhardisme. Le Père Martelet qui n’est pas là, m’a souvent fait cette remarque : pitié, ne parlons pas de teilhardisme !

R. Vescia : Mon père, si vous permettez je voudrais répondre aux propos de M. Ernst, avant que
vous le fassiez vous-même – vous voudrez bien excuser cette interférence dans le débat…
Il n’est pas nécessaire de placer des bustes et des plaques seulement, pour poser des jalons : nous
allons en poser ensemble, au cours de ce Colloque, en faisant don des oeuvres complètes de Teilhard à
la Bibliothèque d’Alexandrie, et cela me paraît un jalon important dans ce même esprit. Et toujours
dans ce même esprit, je vous ai invités, à travers une lettre adressée à « Diane », à apporter un livre de
Teilhard que vous avez particulièrement aimé, pour l’offrir ici, en Egypte, à qui vous voulez, dans un
geste, justement, d’amour, de communication, de partage. C’est également une façon de poser des
stèles, je pense. A ce sujet, je voudrais vous dire que la liberté de votre geste reste totale, c’est un geste auquel je vous invite, mais que vous êtes libre de le faire ou pas, d’une part, et que d’autre part vous êtes tout à fait libre de le faire envers qui vous voulez. Vous pouvez, par exemple, décider de le donner à une bibliothèque, pour qu’il ait plus de chances d’être lu par plusieurs, et il y a deux bibliothèques dans ce Collège. Il y a aussi la Bibliothèque d’Alexandrie où nous irons mardi, et entre les deux il y a la Bibliothèque des Dominicains, qu’un certain nombre d’entre vous aura l’occasion de visiter lundi.

Mais il n’y a pas que des bibliothèques auxquelles on peut donner un livre, il y a tout simplement
l’ami de rencontre, que vous avez envie d’honorer avec votre don. C’est dans cet esprit que j’ai
obtenu, à l’avance, une autre forme d’expression analogue à celle que vous évoquez, Monsieur Ernst, à
travers ce magnifique dessin que l’on a joint à votre dossier. Nous avons parmi nous l’auteur de ce
dessin, une demoiselle à qui je demande de se lever, elle s’appelle Aïdi, elle a fait ce dessin pour vous, elle partage avec nous l’amour de Teilhard, elle est Egyptienne, elle vit à Alexandrie, nous
communiquons par Internet, et elle m’a envoyé ce magnifique dessin, dont j’ai vu tout de suite qu’il
fallait en faire l’affiche de notre Colloque. Et dans un geste généreux, tout à fait dans ce même esprit,
elle a décidé de vous l’offrir, pour être l’image que vous emporterez en souvenir de ce Colloque. Je
salue à travers elle sa Maman qui l’accompagne, avec qui je communique également, Madame Suzette …… qui, à Alexandrie, a décidé de faire connaître et briller l’esprit de Teilhard, et d’organiser une exposition Teilhard. Aussi, elle accueillera tout document qui pourra alimenter cette exposition, et je lui en ai apporté quelques-uns. Merci par avance, Madame, et merci à vous tous, car encore une fois ce sont des manifestations de ce genre qui nous permettent de poser de petits lumignons sur notre
chemin, de manière à éclairer un peu la route autour de nous.

Lundi 11 Octobre 2010 10:16