Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin

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J’ai le plaisir de vous communiquer un texte rédigé par le professeur agrégé de philosophie à Bourges, Eric DELASSUS, intitulé EVEIL ET REVELATION
Nous avons déjà réfléchi sur les analogies entre bouddhisme et christianisme selon Teilhard, thème qui ne reste jamais sans réactions.
-Révélation et éveil
-Concept de faute originelle
-existence ou non existence d’un Etre Suprême avec ou sans nom
-Relations de l’Esprit avec l’humanité et l’inverse.
-Théorie des liens de cause à effet (impermanence, nihilisme, illusion, etc…)

Je remercie notre ami Marcel Comby de nous avoir fait découvrir ce penseur et de pouvoir ainsi lui transmettre mes chaleureux remerciementpour nous avoir autorisés à publier son texte.
JP Frésafond, président de l'Association Lyonnaise Teilhard de Chardin


Par Eric Delassus / EVEIL ET REVELATION
Cher Monsieur Frésafond,
comme convenu lors de notre conversation téléphonique vous trouverez ci-joint mon article. Je vous serai donc reconnaissant de bien vouloir préciser sur votre site que cet article a été rédigé en 1998 et qu’il est possible pour mieux connaître l’évolution de ma pensée de consulter mon blog à l’adresse suivant : http://cogitations.free.fr
Je vous joins également un lien vers les Presses Universitaires de Rennes où vous trouverez la fiche présentant mon livre : De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=2597
Avec mes plus sincères remerciements pour l’intérêt que vous portez à mes travaux.
Bien cordialement.

Eric Delassus
Cogitations2 - http://cogitations.free.fr

 

« Ne pas rire des actions des hommes, ne pas les déplorer, encore moins les maudire, mais seulement les comprendre. » Spinoza

b[EVEIL ET REVELATION

L’objet de cet article portera sur le rapport entre les notions d’éveil et de révélation.

S’il fallait d’ailleurs donner une sous-titre à celui-ci nous pourrions l’intituler : comment le divin (ou ce qui en tient lieu, car pour le bouddhisme nous verrons que ce terme peut porter à controverse) se manifeste-t-il à l’homme ? Voire même pour être plus précis : comment l’homme, ou certains hommes d’exception, ont-ils l’intuition du divin ?
Si nous comprenons ces deux grandes traditions religieuses que sont le bouddhisme et les religions du Livre, c'est-à-dire issues de l’Ancien Testament (1), il apparait que deux voies s’offrent à nous pour répondre à cette question : l’éveil et la révélation.
S’agit-il de deux voies totalement distinctes et n’ayant entre elles rien de commun ou ne contiennent-elles pas malgré leurs différences des points de rencontre, signe de l’universalité du sentiment religieux ?
C’est à cette question que nous allons maintenant tenter de répondre.
Dans le cadre d’une première approche nous sommes tentés d’opposer ces deux voies d’accès pour entrer en relation avec la réalité suprême, puisque d’un côté l’éveil se présente comme un processus intérieur par lequel l’esprit soulève de lui-même le voile de l’illusion qui le maintenait dans la souffrance et l’ignorance, tandis que de l’autre la révélation se présente comme une manifestation extérieure de Dieu qui se dévoile, qui se montre à l’homme considéré comme incapable de l’atteindre lui-même.
En effet si nous comparons le chemin du Bouddha historique et celui emprunté par un prophète comme le fut Moïse nous constatons ces différences :
-Dans l’itinéraire du Bouddha il y a d’abord une crise existentielle, celle qui nous est décrite dans le Canon Pali (2) et qui nous relate les quatre rencontres décisives (3) qui conduisirent le prince Gautama à abandonner sa vie de prince pour mener tout d’abord la vie d’un religieux solitaire puis ensuite pour s’écarter des excès de l’ascétisme et atteindre l’éveil par la découverte Des Quatre Nobles Vérités (4) et du Noble Sentier Octuple (5).
-En revanche le chemin suivi par Moïse semble être quant à lui dirigé de l’extérieur par ma Main de Dieu qui le désigne comme un élu et lui transmet la loi qu’il devra ensuite communiquer et imposer à son peuple. Ainsi la vision du buisson ardent (6) (Exode-3) nous montre Dieu choisissant Moïse pour libérer Israël et lui révélant sa puissance par le bâton devenu serpent (7) (Exode-4) afin qu’il puisse guider et convaincre son peuple.
D’un côté nous avons donc celui qui deviendra Bouddha et qui de lui-même s’oriente vers un itinéraire spirituel afin d’accéder à la sagesse et de l’autre un élu de Dieu qui reçoit de l’extérieur (presque malgré lui) le message d’une puissance supérieure.
C’est pourquoi nous pourrions également dans cette première approche mettre en parallèle l’opposition entre processus intérieur et manifestation extérieure avec l’opposition classique de la philosophie occidentale entre immanence et transcendance.
En effet le bouddhisme laisse plutôt supposer l’immanence de la réalité suprême qui se dévoile lorsque l’esprit s’est libéré du monde phénoménal illusoire qui n’est que vacuité. Ainsi la poursuite des biens matériels, la volonté de s’affirmer comme sujet, la soif de promouvoir le moi est reléguée au rang des désirs vains et sans consistance pour conduire à l’anéantissement de toute subjectivité, à la libération du samsara (succession des naissances et renaissances) , au respect du Dharma (la loi) et à l’accession au Nirvana , cette extinction de soi qui se présente comme une sorte d’union avec l’ineffable offrant la délivrance.
Contrairement à cela la révélation se présente comme la manifestation d’une puissance supérieure, transcendante qui viendrait dicter aux hommes une loi qu’ils sont incapables de découvrir par eux-mêmes.
Ainsi comme cela est relaté dans la Genèse Dieu crée l’univers et l’humanité et tant que créateur semble agir sur ses créatures comme un souverain sur ses sujets.
L’épisode du péché originel (Genèse 2 et 3) est d’ailleurs à ce sujet significatif puisqu’il y est fait question de l’interdiction imposée par Dieu aux hommes d’accéder à à la condition de leur liberté (la connaissance du bien et du mal).
Ainsi si nous en restions à cette première approche nous pourrions en conclure que nous avons avec la notion d’éveil , l’idée d’un cheminement libérateur permettant à l’homme d’accéder à la vision d’une réalité immanente qui lui serait masquée par les illusions créées par les désirs du sujet qui se perçoit comme absolu et indépendant alors qu’il n’est qu’un maillon dans la chaîne de l’interdépendance des causes et des effets qui rend impermanentes (8) toutes les apparences sensibles.
A l’opposé la notion de révélation conduirait à considérer les religions du Livre comme des doctrines de la soumission de l’Homme devant, pour racheter sa faute originelle, obéir sans hésitation aux commandements de Dieu, quels que soient ceux-ci, l’épisode du sacrifice d’Abraham (Genèse 22) met d’ailleurs en évidence cette nécessité d’une soumission totale au Dieu de l’Ancien Testament.

Cependant sans vouloir pour autant gommer les différences profondes qui séparent le bouddhisme et les religions du Livre nous pouvons nous interroger sur le caractère superficiel de cette première analyse et rechercher s’il n’y aurait pas une communauté spirituelle à laquelle conduiraient l’éveil comme la révélation.
Il convient d’ailleurs de se poser la question de savoir si l’on doit réduire l’éveil et la révélation à la simple découverte ou à la seule transmission d’une loi.
Dans cette optique le bouddhisme se réduirait à une sagesse pratique, une éthique permettant d’accéder à la sérénité ici bas et le message de l’Ancien Testament se limiterait à la loi transmise par Dieu au peuple d’Israël pour qu’il puisse atteindre la terre promise et vivre en paix.
Si chacune de ces deux dimensions occupe une place considérable dans chacune des deux doctrines religieuses elles ne doivent pas pour autant occulter les dimensions spirituelles qu’elles contiennent chacune en germe et qui se trouveront accentuées par les évolutions ultérieures qu’elles subiront avec la naissance du courant Mahayana (9) pour le bouddhisme et la naissance du christianisme pour les religions bibliques.
Ainsi l’éveil n’est pas simplement la découverte d’une loi qui rend plus sage, plus vertueux et plus heureux, c’est véritablement une renaissance de l’esprit qui, s’affranchissant de l’illusion de la subjectivité s’unit, retrouve la réalité ultime dont il est issu, ce qui est le fruit d’une expérience de type mystique. Ainsi, comme cela est dit dans Les questions de Milinda (10), l’observation de la loi n’est pas la seule fin à poursuivre, elle conduit également au Nirvana (11) présenté comme un délice résultant de l’extinction du moi.
A ce niveau également un parallèle peut, toute proportion gardée, être établi avec l’Ancien Testament. En effet la révélation ne semble pas toujours se limiter à la manifestation d’un être tout puissant transmettant la loi. Elle est aussi apparition de ce avec quoi l’esprit tend à s’unir pour se réaliser pleinement. Si par exemple nous consultons les psaumes, nous pouvons y découvrir plusieurs images possibles de Dieu.

- Il peut s’agir du Dieu terrible et intransigeant :
« Servez le Seigneur avec crainte, e
exultez en tremblant ;
rendez hommage au fils
si non il se fâche et vous périssez en chemin,
un rien et sa colère s’enflamme !
Heureux tous ceux dont il est le refuge »
(Psaume 2)

-Mais il peut également s’agir d’un Dieu plus compatissant venant au secours des plus faibles :
« Devant l’oppression des humbles et la plainte des pauvres,
Maintenant je me lève, dis le Seigneur,
Je mets en lieu sur celui sûr qui l’on crache. »
(Psaume 13)

-ou du Dieu créateur lui-même avec lequel on tente de s’unir en glorifiant sa création :
« Les cieux racontent la gloire de Dieu,
Le firmament proclame l’œuvre de ses mains.
Le jour en prodigue au jour le récit,
La nuit en donne connaissance à la nuit.
Ce n’est pas un récit, il n’y a pas de mots,
Leur voix ne s’entend pas.
Leur harmonie éclate sur toute la terre
Et leur langage jusqu’au bout du monde.
(Psaume 19)

Ainsi sans pour autant vouloir gommer les profondes divergences qui séparent ces deux traditions religieuses, il n’est pas impossible de leur trouver des caractères communs. Certes nous avons d’un côté, avec le bouddhisme, une religion sans Dieu (au sens où nous l’entendons en Occident), tandis que la Bible nous commande d’avoir foi en un Dieu transcendant et personnel parlant aux hommes, pour paraphraser Spinoza, comme un souverain s’adresse à ses sujets.
Nous avons aussi avec le bouddhisme une sorte de religion de la déconstruction qui réduit en pures illusions tout ce que nous avons tendance à substantifier spontanément, ce que nous individualisons ou posons comme réel en soi. Pour le bouddhisme tout se fond et se perd dans l’interdépendance des causes et des effets et l’impermanence qui en découle. Toute détermination est illusion, le monde phénoménal est vacuité et la réalité ultime est atteinte dans le cadre d’un intuition indicible.

En revanche la Bible semble poser la réalité de tous les êtres dans la mesure où ils sont issus de la création divine, d’un acte mystérieux permettant le passage du néant à l’être.
D’un autre point de vue la Bible peut être considérée comme étant à l’origine d’une religion de la mauvaise conscience de l’homme face à lui-même et à Dieu, par sa faiblesse morale il s’est rendu coupable du péché originel et doit désormais rechercher son salut.
Le bouddhisme quant à lui ne semble pas considérer le malheur de l’homme comme le produit d’une faute dont il serait coupable, mais plus comme étant tout d’abord le produit de son ignorance, même si ensuite il doit faire effort pour atteindre la maîtrise de soi et accumuler les mérites qui lui permettent de se délivrer du Samsara (12).
Ainsi si l’on se fie à la traduction du D’hammapada (les sentences de la loi) que propose P. Crépon dans son anthologie du bouddhisme ,, ceux qui ne suivent pas cette loi ne sont pas qualifiés de pécheurs mais d’insensés (13).

Cependant éveil et révélation se rejoignent au-delà de ces divergences dans la mesure où loin de s’opposer comme pourrait le laisser croire notre première analyse ils semblent s’interpénétrer ou se contenir mutuellement. En effet comment pourrait-il y avoir éveil s’il n’y avait hors de ce moi illusoire quelque manifestation extérieures dévoilant la réalité ultime et donc la révélant.
En effet si l’on développe la comparaison avec l’éveil physiologique, l’éveil du corps, la sortie du sommeil, nous constatons qu’il s’agit le plus souvent d’un processus interne stimulé , déterminé, par des facteurs externes. Le corps qui a recouvré ses forces est prêt à s’éveiller, mais le plus souvent cet éveil est déterminé par un élément extérieur, la levée du jour ou un bruit soudain.
N’est-ce pas en quelque sorte ce qui se produit chaque fois que le prince Gautama fait l’une de ces rencontres décisives dont nous avions parlé au tout début de notre exposé. Mais ces rencontres ne suffisent pas, il faut que l’esprit voit au-delà de la réalité apparente cette autre chose à quoi il aspire, qu’il se sente appelé par elle tout en s’orientant vers elle.
D’autre part, comment pourrait-il y avoir révélation s’il n’y avait pas chez celui qui reçoit la parole de Dieu l’intuition intérieure de Dieu lui permettant de reconnaître le caractère divin du message qu’il reçoit. En effet l’élu pourrait ne voir que magie dans les miracles de Dieu et s’il les reconnait comme divins c’est que la présence divine est déjà en lui. Finalement la révélation est plus une reconnaissance qu’une découverte, mais une reconnaissance provoquée par l’intervention de Dieu.
A ce niveau nous sommes confrontés à une difficulté inhérente à la nature même de notre sujet et nous aurions tendance à laisser en quelque sorte parler le silence pour mieux comprendre ce que signifient Eveil et Révélation. Car ce à quoi l’esprit s’éveille et ce qui se révèle à nous, n’est-ce pas finalement ce que l’on ne peut dire, ce que l’on ne peut se représenter par la pensée conceptuelle. Il ne s’agit pas en effet de cet indicible dont parle Hegel pour désigner la pensée obscure et inachevée (14) qui se situerait au-delà du langage, mais il s’agit plutôt de la pensée dans sa plus grande clarté qui nous conduit au-delà du langage. Il s’agit de ce à quoi on accède peut-être par le langage (pour dépasser le langage il faut passer par lui), mais que le langage ne peut dire.

Ce à quoi l’esprit s’éveille et qui se révèle à lui est finalement l’indéterminé, non pas au sens de la matière informe, mais au sens où il se situe au-delà de toute détermination, au-delà de l’être.
Peut-on dire que ce qui est au principe même de l’être « est » ?
C’est donc par une intuition silencieuse que s’offre à nous ce que la Bible nomme Dieu (mais ce mot désigne en fait celui que l’on ne peut nommer) et ce que les bouddhistes ne nomment pas , ce que certains traducteurs nomment « ainséïté », ce qui est ainsi, mais n’est-ce pas déjà trop en dire ?
Nous pouvons donc au terme de cette brève analyse penser que ces deux traditions se rejoignent dans l’intuition d’une présence , d’une présence qui nous dépasse pour nous permettre de mieux nous réaliser en vivant et agissant selon les principes les plus élémentaires de la justice, de l’amour et de la compassion pour autrui qui seront d’ailleurs cultivés plus amplement par la tradition mahayaniste et le christianisme. Certes, le débat reste ouvert quant à savoir s’il faut personnaliser ou dé-substantialiser cette présence indéterminée parce que finalement au-delà de toute détermination.

Eveil et Révélation sont donc deux manières parallèles (puisque distinctes, elles poursuivent la même direction) de répondre à l’esprit qui a compris que le culte du moi et la soif pour les plaisirs sensibles et la possession des biens matériels ne lui apporteront jamais la satisfaction à laquelle il aspire.

« La loi du Seigneur est parfaite, elle rend la vie ;
La charte du Seigneur est sûre, elle rend sage le simple.
Les préceptes du Seigneur sont droits, ils rendent joyeux le cœur ;
Le commandement du Seigneur est limpide, il rend clairvoyant.
La crainte du Seigneur est chose claire, elle subsiste toujours ;
Les décisions du Seigneur sont la vérité, toutes elles sont justes »
. (Psaume 19)

« Les sages cheminent en tous lieux, apaisés ; jamais ils n’expriment aucun désir ; touchés par le bonheur ou frappés par le malheur, leurs paroles ne varient point ». (D’Hammapada, sentence 83)


(1) Les références aux Ecritures renvoient à la Traduction Œcuménique de la Bible (T.O.B.)
(2) Nous nous référons pour ce qui concerne les textes appartenant à la littérature religieuse du bouddhisme ancien à l’anthologie constituée par Pierre Crépon et intitulée « Les fleurs du Bouddha »/Albin Michel/collection Spiritualités vivantes.
(3) Les Fleurs du Bouddha, Anthologie du Bouddhisme, pp.35 à 37
(4) Les Fleurs du Bouddha pp 45 à 47
(5) Fabrice Midal, « La pratique de l’éveil de Tilopa à Trungpa, pp13,14, Editions du Seuil, Colletcion Points-Sagesse
(6) Le Buisson Ardent : « Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiâne. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson.Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré. Moïse dit « je vais faire un détour pour voir cette grande vision. Pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? ». Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson :
« Moïse, Moïse ! » Il dit « me voici ». Il dit « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. »Il dit : « Je suis le Dieu de ton père. Dieu d’Isaac et de Jacob. » Moïse se voila la face car il craignait de regarder Dieu. Le Seigneur lui dit : « J’ai vu la misère de mon peuple en Egypte et je l’ai entendu crier sous les coups de ses garde-chiourme. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des égyptiens et le faire monter de ce pays vers un bon et vaste pays, un pays ruisselant de lait et de miel vers le lieu du cananéen, du hittite, de l’amorite, du perizzite, du hivvite et du jébusite. Et maintenant, puisque le cri des fils d’Israël est venu jusqu’à moi, puisque j’ai vu le poids que le égyptiens font peser sur eux, va, maintenant ; je t’envoie vers Pharaon, fais sortir d’Egypte mon peuple, les fils d’Israël. Moïse dit à Dieu : « Qui suis-je pour aller vers Pharaon et faire sortir d’Egypte les fils d’Israël ? » « Je suis avec toi, dit-il, et voici le signe que c’est moi qui t’ai envoyé : quand tu auras fait sortir le peule d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne. »
(7) Dieu révèle sa puissance à Moïse : « Moïse répondit : mais voilà ! Ils ne me croiront pas, ils n’entendront pas ma voix. Ils diront : le Seigneur ne t’est pas apparu ! » Le Seigneur lui dit : « Qu’as-tu à la main ? » « Un bâton », dit-il. . « Jette le à terre ». Il le jeta à terre : le bâton devint serpent et Moïse s’enfuit devant lui. Le Seigneur dit à Moïse : « « Etends ta main et prends le par la queue ». Il étendit la main et le saisit : le serpent redevint bâton dans sa main. « C’est afin qu’ils croient que le Seigneur t’est apparu, le Dieu de leurs pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Le Seigneur lui dit encore : « Mets donc la main dans ton sein ». Il mit la main dans son sein et la retira : sa main était lépreuse, couleur de neige. Le Seigneur dit : « Remets ta main dans ton sein ». Il remit la main dans son sein et la retira : elle était redevenue normale. « Alors, s’ils ne te croient pas et n’entendent pas la voix du premier signe, ils croiront à la voix du signe suivant. Alors, s’ils ne croient pas plus à ces deux signes et n’entendent pas ta voix, tu prendras de l’eau du fleuve et la répandras sur la terre et elle deviendra du sang. »
(8) « Sermon sur l’absence de soi et l’impermanence », Les fleurs du Bouddha, pp.47 à 49.
(9) Le mahayana ou « grand véhicule » désigne une forme du bouddhisme qui est apparue et s’est développée entre 150 avant JC et 100 après JC et qui se caractérise principalement par l’adoption totale de la voie du bodhisattva, de celui qui, sur la voie de l’éveil, refuse de l’atteindre de manière définitive tant que toutes les créatures ne seront pas libérées du cycle des naissances et des renaissances et qui se donne pour tâche de les aider sur ce chemin.
(10) Pierre Crépon : Les fleurs du Bouddha. « Les questions du roi Milinda » sont présentées sous forme d’extraits, pp. 121 à 135. On trouve également des extraits de ce texte dans le livre d’Alexandra David-Neel « Le bouddhisme du Bouddha » / Editions du Rocher,collection Press-Pocket, chapitre 2, pp. 59 à 58.
(11) Nirvana : « extinction », état ineffable, immuable, obtenu par l’absence, l’arrêt de tout désir, cessation, état de délivrance atteint par les Bouddha et les Arhant. « Arhant : méritant, vénérable, saint qui a atteint la quatrième étape de la délivrance, qui a obtenu le Nirvana en cette vie et ne renaîtra pas nulle part car, chez lui, les passions et les erreurs sont toutes définitivement épuisées ». Définitions tirées de l’ouvrage de Jean Boisselier « La sagesse du Bouddha » / Découverte, / Gallimard.
(12) Samsâra : « Fait de passer, transmigration, succession des naissances et des renaissances au monde, condition humaine. » Définition tirées de l’œuvre de Jean Boisselier, « la sagesse du Bouddha ».
(13) « Les Fleurs du Bouddha », sentences 60 à 75, pp. 66 à 68.
(14) Georg Wilhelm Friedrich Hegel, « Encyclopédie des sciences philosophiques, Philosophie de l’esprit, Esprit théorique, traduction A.Vera Alcan.
 

Lundi 25 Novembre 2013 11:45