teilhard de Chardin


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Dans ce texte, surtout la conclusion, Teilhard évoque le problème de la vie; plus particulièrement de la transition matière/vie. Pour ma part j'ai principalement noté son rappel de l'atomisme, des propriétés qu'il attribue au grain élémentaire d'énergie, de la troisième (VII,pages 139-140°.
De ce fait, je pense ne pas le trahir en traduisant ainsi sa façon de voir les choses :

1- Dieu a orienté psychiquement chaque grain élémentaire d'énergie, dès le début, en le dotant d'une certaine intériorité.
2- Il a aussi laissé à chacun de ces grains une certaine marge de manoeuvre, ainsi que la possibilité d'entrer en contact avec d'autres grains de même affinité, pour bâtir des ensembles de plus en plus complexes.
3- Pour ces ensembles, les marges de manoeuvre augmentent en même temps que les complexités.
4- Les rencontres entre éléments sont ainsi le fruit et du hasard qui fait qu'ils se rencontrent, et du déterminisme qui oblige chaque grain ou ensemble à ne s'associer qu'avec un autre grain ou ensemble de même affinité.

En résumé, Dieu a lancé les choses en impulsant une certaine orientation, mais aussi une certaine liberté, si bien que l'évolution se poursuivra dans une certaine plage en tenant compte à la fois de l'impulsion initiale, et de la liberté associée.

A mon avis, Teilhard n'est pas arrivé tout de suite à cette façon "nuancée" de voir les choses. Le texte sur lequel nous nous penchons date de 1945. En rédigeant "Mon Univers" en 1925 il écrivait d'une façon moins fouillée "Je crois que si l'univers a réussi (...) c'est qu'il est au fond de lui-même dirigé par une puissance souverainement maîtresse des éléments qui le composent" (IX, p. 71).

Je pense qu'enttre 1925 et 1945 il a pris en compte les avancées de la science, notamment en astronomie. En 1925 on ne parlait encore ni des galaxies, ni de l'expansion de l'univers.
Dans une sorte de prolongement de ces avancées, il place une anticipation qui lui est propre et écrit : "A la mort de l'humanité, il est concevable que l'essence hominisée de l'univers continue à subsister, hors de l'appareil des énergies, au sein duquel elle s'est développée" (VII p. 144)

Jean-Pierre Fressafond
Rédigé par Jean-Pierre Fressafond le Lundi 4 Mai 2009 à 18:08 | Commentaires (0)